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Posts Tagged ‘Zaynab’

Quelques temps après le mariage de Hafsa, une autre veuve, Zaynab bint Khazima Ibn-l-Harith  fit son entrée dans la maison du Prophète . De sa biographie, l’histoire n’a retenu que peu de versions d’ailleurs contradictoires.

Le Prophète  l’épousa au mois de ramadan, après avoir été divorcée de Tufayl Ibn al-Harith. On ne sait pas exactement combien de temps elle resta auprès de son mari. Les uns disent qu’elle vécut auprès de lui deux ou trois mois, puis mourut. D’autres disent qu’elle vécut huit mois avant de rentre l’âme. Quoiqu’il en soit, elle ne connut les liens conjugaux que pendant un délai relativement court.

Si les écrits des historiens divergent sur la longévité de Zaynab auprès du Prophète, par contre, ils sont tous d’accord sur la description de son portrait moral. Elle est décrite comme une femme bonne, généreuse et très compatissante envers les pauvres. Il n’y a pas un livre qui mentionne son nom, sans y ajouter « Umm l Masakin » (La mère des indigents)

Dans la sira d’ibn Hicham, elle est ainsi décrite : « Elle était appelée Umm-l-Masakin parce qu’elle les nourrissait et distribuait des aumônes en leur nom. »

Zaynab  est morte alors qu’elle n’avait que trente ans. Le Prophète  pria sur sa tombe et l’enterra dans le cimetière de Baqi’. Elle rendit l’âme, compatissante envers les pauvres et satisfaite de son sort. Elle ne connut ni convoitise ni jalousie. Ce fut la première des Mères des croyants à avoir été ensevelie en ce lieu. Ce fut la seconde femme, après as-sayida Khadija , à mourir du vivant du Prophète.

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Hafsa  était la fille de ‘Umar ibn Al-Khattâb, mecquois de la tribu des Adî. Sa Mère s’appelait Zaynab bint Maz’ûn. Elle est née cinq années avant la Révélation, la même année que Fâtima, la fille du Prophète.

Le veuvage de Hafsa

Hafsa était mariée à Khunays Ibn Hudhâfa Ibn Qays. Celui ci émigra d’abord en Abyssinie et ensuite à Médine. Il participa à la bataille de Badr et à celle d’Uhud où il fut grièvement blessé. Il mourut quelques temps après à la suite de ses blessures. Il laissa ainsi Hafsa, fille de Umar Ibn Khattab, veuve alors qu’elle n’avait que dix-huit ans.

Umar était triste de voir sa fille, si jeune, vivre dans le veuvage. Chaque fois qu’il rentrait à la maison, il ne supportait de la regarder si belle et si agile, condamnée à demeurer sans foyer. Ce fut alors qu’il décida de lui choisir un mari digne d’elle. Il jeta son dévolu sur Abu Bakr, l’ami intime de l’Envoyé de Dieu.

Abu Bakr écouta la proposition de Umar avec tendresse et sympathie. Cependant, il se tut et ne lui donna aucune réponse, ce qui était considéré comme un refus. Umar s’étonna que son ami n’accepte pas sa fille alors que c’était lui même qui la lui proposait. Umar contint sa colère. Il se tourna vers Uthman Ibn Affan dont la femme Ruqiyya, fille du Prophète, venait de mourir des suites d’une longue maladie. Malheureusement, Uthman lui dit :

Je ne veux pas me marier pour le moment.

Cette fois, Umar laissa éclater sa colère. Il ne pouvait accepter deux refus successifs. Il se dirigea alors vers le Prophète  pour se plaindre de ses deux Compagnons et lui déclarer :

Comment, lui dit-il, refuser d’épouser Hafsa alors qu’elle est en pleine jeunesse et en pleine forme ?

Le Prophète  sourit et répondit :

Hafsa épousera un homme meilleur que Uthman et celui ci épousera une femme meilleur que Hafsa.

Umar comprit alors que Muhammed  désirait épouser sa fille. Il bondit de joie et serra fortement la main du Prophète en signe de remerciement. C’est ainsi que les malheurs de Hafsa avaient pris fin et que le Prophète  créa un lien de parenté avec son amis Umar.

Quelques tensions

Hafsa arriva dans la maison du Prophète, où vivaient déjà Sawdah et Aïcha. Si la première manifesta sa satisfaction, la seconde s’inquiétait de voir l’arrivé d’une épouse aussi jeune qu’elle et intelligente. Mais, en fin de compte, elle la prit pour amie et confidente.

Hafsa accepta volontiers l’amitié de Aisha d’autant plus que le nombre des épouses du Prophète augmentait. Il est vrai que son père, Umar, la mit en garde contre une éventuelle rivalité avec Aisha.

Sache que tu n’es rien devant Aisha et ton père n’est rien devant le sien, lui dit-il avec modestie et humilité.

Un jour que ‘Umar faisait des reproches à son épouse, celle-ci lui répondit sur un ton auquel il n’était pas habitué. Il lui demanda la raison de ce comportement nouveau et elle lui apprit que les Épouses du Prophète  lui répliquaient et considérait donc qu’elle pouvait en faire autant !

Parlant de Hafsa, elle ajouta : « II y en a une qui, du matin au soir, lui dit tout ce qu’elle pense sans hésiter. » ‘Umar, préoccupé, se rendit auprès de Hafsa et l’interrogea à ce sujet. Hafsa lui confirma ce qu’avait dit sa mère. Devant sa réponse affirmative, il s’emporta en lui disant :

– Je te mets en garde contre le châtiment de Dieu et la colère de Son Messager. Que ta beauté ne te trompe pas. Si c’était moi, je t’aurai répudiée.

C’est à dire qu’il lui ordonna d’être soumise et obéissante.

L’affaire de Maria, la copte :

Un jour, Maria vint voir le Prophète  pour une affaire la concernant. Il s’isola avec elle dans la chambre de hafsa qui était absente, en visite chez son père. En revenant à l’improviste, elle souleva le rideau de son lieu de séjour et vit les deux conjoints en discussion. Elle attendit le départ de Maria. Cette attente lui parut longue car elle se sentait debout sur des charbons ardents. Elle entra dans sa chambre et dit à son mari :

J’ai vu qui était avec toi dans ma chambre. Si je ne t’avais pas aperçu, tu aurais eu des rapports avec elle alors qu’elle n’en avait pas le droit.

Elle lui fit une scène terrible et ne cessa de lui faire des reproches jusqu’à ce que son époux lui promette de ne plus avoir de rapports intimes avec Maria. Il lui demanda, en contre partie de garder secrètement cet événement. Cependant, Hafsa ne pouvait pas garder de secret pour ‘Aisha. Elle lui dévoila ce dont elle avait été témoin et la promesse que lui a fait le Prophète. Cela ne fit qu’attiser la jalousie de Aisha et des autres femmes qui en voulaient à Maria d’avoir pris un tour intime qui ne lui appartenait pas.

Selon des commentateurs, ce serait en cette circonstance que Dieu révéla la sourate at-Tahrim (Le Prophète avait promis de se priver des relations avec Maria). D’autres disent que c’est plutôt au sujet de ce complot ourdi par Sawdha, Aisha et Hafsa qui firent croire que sa bouche dégageait une mauvaise odeur à la suite de la consommation de miel chez Zaynab (Il avait juré de se privé de miel)

La sourate at-Tahrim (l’Interdiction) :

– Ô Prophète! Pourquoi, en recherchant l´agrément de tes femmes, t´interdis-tu ce qu´Allah t´a rendu licite? Et Allah est Pardonneur, Très Miséricordieux.

– Allah vous a prescrit certes, de vous libérer de vos serments. Allah est votre Maître; et c´est Lui l´Omniscient, le Sage.

– Lorsque le Prophète confia un secret à l´une de ses épouses et qu´elle l´eut divulgué et qu´Allah l´en eut informé, celui-ci en fit connaître une partie et passa sur une partie. Puis, quand il l´en eut informée elle dit: « Qui t´en a donné nouvelle? » Il dit: « C´est l´Omniscient, le Parfaitement Connaisseur qui m´en a avisé ».

– Si vous vous repentez à Allah c´est que vos coeurs ont fléchi. Mais si vous vous soutenez l´une l´autre contre le Prophète, alors ses alliés seront Allah, Gabriel et les vertueux d´entre les croyants, et les Anges sont par surcroît [son] soutien.

– S´Ils vous répudie, il se peut que Seigneur lui donne en échange des épouses meilleures que vous, musulmanes, croyantes, obéissantes, repentantes, adoratrices, jeûneuses, déjà mariées ou vierges. (Coran 66)

La Répudiation de Hafsa

Ce fut en cette occasion que le Prophète , ayant appris que son secret avait été dévoilé, rompit momentanément avec toutes ses femmes. Les commentateurs affirment que le Prophète  avait effectivement répudié Hafsa (talaq raj’i), puis la ramena. Diverses versions expliquent les circonstances de ce retour. L’une dit que ce fut par miséricorde pour Umar qui couvrit sa tête de terre en s’exclamant :

Quel énorme poids supporte Dieu à cause de Umar et de sa fille !

Gabriel descendit alors, le lendemain, auprès de l’Envoyé de Dieu et lui dit :

Dieu t’ordonne de ramener Hafsa par miséricorde pour Umar.

Selon une autre version, Gabriel se présenta devant le Prophète et lui dit :

Ramène Hafsa car c’est une femme droite et elle sera ton épouse au Paradis.

Cette répudiation eut lieu avant celle qui eut pour conséquence la révolte de Aisha qui entraina les autres femmes sur son sillage. Le Prophète  avaient isolées toutes ses épouses. Cette fois encore, Hafsa regretta amèrement d’avoir divulgué le secret que son époux lui avait confié, de la même manière qu’elle déplora d’avoir participé à un complot contre son époux, qui ne le méritait pas. Elle ne pouvait agir autrement, elle qui était une femme pieuse et adoratrice.

Son père lui avait dit que l’Envoyé de Dieu  l’avait répudiée deux fois. S’il le refaisait une troisième, il ne lui adresserait plus la parole. Entre temps, Umar se rendit chez le Prophète. Il demanda la permission d’entrer en précisant au portier qu’il ne venait pas voir son maître pour résoudre le problème de sa fille. Quant à cette dernière, il disait d’elle :

Par Dieu ! S’il m’ordonnait de lui trancher le cou, je le ferai sur le champ.

L’Envoyé de Dieu  entendit ces paroles qui l’émurent. Aussi, ordonna-t-il de l’introduire. Umar sanglota en voyant le tapis sur lequel l’Envoyé de Dieu était allongé. Il n’avait devant lui qu’un morceau de pain en orge. Umar lui dit :

– Ô Envoyé de Dieu ! Que l’état de ces femmes ne te chagrine pas. Si tu les répudies, Dieu sera avec toi. Il en sera ainsi des anges, de Gabriel, de Mikael, de moi, d’Abu Bakr et de tous les croyants.

Le Prophète sourit en lui disant qu’il n’avait pas répudié ses épouses mais qu’il ne décidait que de leur isolement. Ceci rendit la tranquillité dans l’âme de Umar.

Le précieux dépôt

Après la mort du Prophète , ce fut Hafsa qui a été chargée de garder la copie écrite du Coran. En effet, Umar conseilla à Abu Bakr, devenu le premier calife de l’Islam, de réunir en un livre tous les versets du Coran éparpillés ici et là. Il ne fallait pas que le Livre sacré disparaisse des mémoires, d’autant que des centaines de lecteurs du Coran étaient morts dans les batailles livrées contre l’ennemi, en particulier les apostats. Abu Bakr suivit le conseil de Umar. Il désigna une commission qui se chargea de rassembler tous les écrits et tout ce que les musulmans avaient gardé dans leur mémoire. Lorsque la tâche fut terminée, le document fut remis à Hafsa, fille de Umar.

En l’an XIII, Abu Bakr mourut. Son successeur, Umar, prit le titre d’Emir des croyants. Ainsi, Hafsa fut témoin de l’expansion de l’Islam sous le califat de son père. De la même manière qu’elle fut témoin de son assassinat. Umar fut poignardé mortellement par Abu Lu’Lua al-Majusi, le mois de Dhu-l-Hijja, an XXIII de l’Hégire.

Hafsa ne participa à aucune bataille dans les dissensions musulmanes. Elle demeura à Médine, s’adonnant au culte de Dieu avec une grande dévotion. Elle mourut sous le califat de Mu’awiyya. Elle fut enterrée dans le cimetière al-Baqi’, avec les autres Mères des croyants.

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La solitude, puis les mariages du Prophète

Depuis la mort de Khadija , les jours s’écoulaient chargés du poids de la mission prophétique. Quant aux nuits, elles s’emplissaient du souvenir de la disparue. Ainsi, le Prophète  demeurait sans compagne. De leurs côtés, ses compagnons observaient sur lui les effets de la tristesse. Ils auraient souhaité le voir briser sa solitude en se mariant le plus tôt possible.

Cependant, aucun des Compagnons ne prenait le courage de l’entretenir d’une éventuelle union. Il a fallu qu’un soir Khalwa Bint Hakim as-Salmiyya aille chez lui et lui dit :

– Ô Envoyé de Dieu ! Je te vois plongé dans la plus totale des tristesses depuis la mort de Khadija.

Elle l’observa un moment, puis soudain, elle lui proposa de se remarier. Le Prophète  la regarda en silence, écoutant la voix de son coeur plein de souvenir de la défunte. Il se rappela alors du jour, voilà plus de vingt ans, où Nafisa Bint Muniyya vint à lui pour lui parler de mariage et lui présenter une éventuelle union avec Khadija.

Quelques temps après, le Prophète  leva la tête et dit :

Qui épouserais-je après Khadijah ?

La demande en mariage

Ainsi, quand Khalwa proposa à l’Envoyé de Dieu, le nom de `Aïsha , le coeur de celui-ci s’épanouit en raison du fort lien d’amitié qui le liait à Abu Bakr. Aussi avant d’aller chez Sawda, Khalwa se rendit d’abord à la maison de celui qui allait être le premier calife de l’Islam, après la mort du sceau des envoyés. Elle trouva Umm Rûman, la mère de `Aïsha et lui dit qu’elle venait lui annoncer une heureuse nouvelle.

« L’Envoyé de Dieu m’a envoyé pour demander la main de `Aïsha. »

La mère se réjouit de cette annonce et appela son mari. Dès que celui-ci fit son apparition, Khalwa répéta le motif de sa mission. Abu Bakr fut surprit et dit : « Le Prophète et moi, nous nous sommes toujours considérés comme des frères. `Aïsha est donc sa nièce. Comment peut-elle se marier à lui ? »

Khalwa revint voir le Prophète et l’informa des inquiétudes d’Abu Bakr. Elle reçut cette réponse :

« Dis à Abu Bakr qu’il n’est pas mon propre frère mais seulement mon frère en islam. L’Islam n’interdit pas le mariage avec la fille d’un tel frère. »

Abu bakr demanda quelques instants de réflexion et sortit de la maison. Umm Ruman expliqua à Khalwa la raison du départ de son mari : Mat’am Ibn Addi avait sollicité la main de `Aïsha pour son fils Jabir. Or Abu Bakr n’avait pas pour habitude de faillir aux promesses qu’il donnait. Et cette fois encore, il voulait s’assurer que les choses s’arrangeraient.

Abu Bakr entra chez Mat’am et trouva avec lui sa femme, Umm Jabir, qui était encore idolâtre. Celle-ci prit la parole :

« Ô Abu Bakr ! il est possible qu’en mariant notre fils à ta fille, celle-ci le fera entrer dans sa religion que toi-même tu partages ? »

Abu Bakr ne lui répondit pas mais se tourna vers le mari pour lui demander ce qu’il en pensait.

« Mon opinion, dit-il, est celle que tu as entendue de ma femme. »

Abu Bakr sortit de chez Mat’am, l’air soulagé. Il ne pouvait pas donner sa fille à un idolâtre. C’est dire que sa promesse tombait à l’eau. Arrivé auprès de Khalwa, il lui demanda d’inviter le Prophète.

L’Envoyé de Dieu répondit à l’invitation. Ce fut alors que l’accord de son union avec `Aïsha était conclu, alors qu’elle n’avait que six ou sept ans. La dot avait été fixée à cinq cents dirhams.

Portrait du père et de la mère de `Aïsha

Les membres de la famille de `Aïsha, les Banu Taym étaient connus pour leur générosité, leur courage, leur fidélité et leur opinion juste et sensée. Ils étaient donnés en exemple pour leur bonté envers leurs femmes et l’excellent traitement qu’ils leur réserveraient.

De plus, Abu Bakr était renommé pour sa bonne moralité, sa douceur et sa sensibilité. C’était un commerçant avisé, droit et honnête. A ce titre, il avait gagné la confiance des mecquois. A cela, il faut ajouter qu’il a été le premier homme à répondre à l’appel de l’Islam. Il s’adonna au service de la religion avec son corps, son esprit et ses biens. Il recruta même d’autres adeptes tels que Uthman Ibn Affan, az-Zubayr Ibn al-Awwam, Abd ar-Rahman Ibn ‘Awf, Sa’d Ibn Abi Waqqas, Talha Ibn ‘Ubayd Allah, etc. Ils font tous partis des dix musulmans auxquels le Paradis avait été promis. Que Dieu les ait en Sa miséricorde.

D’Abu Bakr, le Prophète  avait dit :

« Je n’ai pas appelé une seule personne à l’Islam sans qu’elle ne refuse, n’émette des objections ou manifeste des hésitations, exception faite d’Abu Bakr Ibn Qahafah. Quand je lui ai fait la proposition, il l’accepta sans aucune hésitation. »

Il ajouta :

« Il n’y a pas de fortune qui m’a été autant utile que celle d’Abu Bakr. » Il est vrai que cet ami sincère et dévoué lui avait dit :

« Ô Envoyé de Dieu ! Est-ce que mes biens et moi-même ne t’appartiennes pas ? »

Quant à la mère de `Aïsha, Umm Rûman, fille de Amir al-Kinaniya, elle appartenait au nombre des illustres Sahabiyat. Au temps de la jahiliya, elle épousa Abd Allah Ibn al-Harith al-Asadi. Elle eut de lui un garçon nommé at-Tufayl. A sa mort, elle s’unit à Abu Bakr et, de leur union, deux enfants virent le jour : `Aïsha et Abd ar-Rahman.

Elle émigra à Médine quand le Prophète  et son compagnon Abu Bakr furent bien installés. Elle mourut du vivant du Sceau des envoyés. Celui ci visita sa tombe et, après avoir imploré le pardon de Dieu pour elle, dit :

« Ô Seigneur Dieu ! Tu n’es pas sans savoir ce que Umm Ruman a enduré pour Toi et pour Ton Messager. »

Quant à `Aïsha, elle naquit à la Mecque, quatre ou cinq ans après le début de la révélation. Elle embrassa l’Islam, ainsi que sa soeur Asmah, avant même sa maturité. C’était l’époque où les musulmans ne constituaient qu’un petit et faible groupe.

Le Prophète  la connut depuis sa tendre enfance. Il l’observa grandir et s’épanouir. Chaque fois qu’il voyait la mère, il lui demandait de prendre bien soin de sa fille. Un jour qu’il vit `Aïsha avec un air fâché et renfrogné, il dit :

« Ô Umm Ruman ! Ne t’avais-je pas conseillé de prendre bien soin d’elle ? »

L’émigration vers Médine

Arriva le jour où le Prophète  reçut l’ordre d’émigrer à Médine. Abu Bakr attendait avec impatience et souhaitait être celui qui accompagnerait son ami dans cette traversée du désert. Le Prophète annonça ce départ et c’est ainsi que les deux compagnons montèrent sur leurs chameaux et se dirigèrent vers Médine.

Les notables Quraychites promirent cent chameaux à celui qui les arrêterait. Mais le Prophète et Abu Bakr arrivèrent à Médine, sains et saufs et furent accueillit triomphalement. Quelques semaines plus tard, Abu Bakr envoya un mot à son fils Abdullah, lui disant de conduire la famille du Prophète, sa propre mère et ses soeurs à Médine. `Aïsha vécut chez ses parents pendant huit mois à Médine.

La Maladie

Au début, le climat de Médine ne convenait pas à beaucoup de réfugiés qui tombèrent malades. Abu Bakr était l’un d’eux. Il avait une forte fièvre. `Aïsha prenait soin de lui, jour et nuit. L’état de Abu bakr devint sérieux. Il était couché désespérément et répétait sans cesse ces mots :

« Chacun se voit pris au piège sous les yeux de sa famille. La mort est plus proche que les lacets de ses chaussures »

`Aïsha alla voir le Prophète  et lui demanda de prier pour la santé de son père. Il le fit et Abu Bakr se sentit ensuite mieux.

Quelques temps après, `Aïsha tomba malade. Sa maladie était grave aussi. Le père affectueux s’asseyait près de son lit jour et nuit. Finalement, la fièvre tomba et elle commença à guérir. Cependant, la maladie fut tellement sérieuse qu’elle perdit ses cheveux.

Le départ de la maison de ses parents

Quant `Aïsha fut complètement guérie, Abu Bakr vint au Prophète et lui aborda la question du mariage. Il fallait à présent concrétiser l’acte conclu à la Mecque trois années auparavant. Il lui dit :

« Messager d’Allah, pourquoi ne prend tu pas ta femme dans ta propre maison maintenant ? »

« Je n’ai pas d’argent pour payer la dot ! » répondit le Prophète.

« Tu peux m’emprunter l’argent. » dit Abu Bakr

Le Prophète lui emprunta ainsi cinq cents dirhams et envoya l’argent à `Aïsha.

Le jour suivant, le Prophète  envoya quelques femmes Ansari chercher `Aïsha. Quand elles arrivèrent che Abu Bakr, `Aïsha jouait. Sa mère la baigna, la coiffa et la conduisit dans la chambre où se trouvaient des femmes qui s’écrièrent en choeur « Pour toujours et dans la joie, soit la bienvenue ! »

Pendant ce temps, le Prophète arriva. Il n’y avait dans la maison qu’un bol de lait. On le lui offra. Il prit le bol de lait et en but une gorgée. Il passa ensuite le lait à Aisha qui, timidement, en fit de même.

Après cette simple cérémonie, `Aïsha embrassa ses parents et alla vivre avec son glorieux mari.

La Maison de `Aïsha

Du côté Est de la mosquée du Prophète, il y avait une rangée de petites habitations en boue. C’était les demeures du Prophète, qu’occupaient ses femmes.

La chambre de `Aïsha avait dix pieds de long, avec des murs en boue et le sol en terre. Elle avait un toit de chaume, de feuilles et de branches de datte. Le toit était si bas qu’on pouvait facilement le toucher. L »unique porte donnait sur la mosquée et était fermée par un simple rideau. Le mobilier consistait en un matelas, un oreiller de fibres de dattiers, un tapis, deux jarres, l’une pour les dattes, l’autre pour la farine, ainsi qu’une cruche pour l’eau et un bol. Il y avait aussi une lampe à huile, qui, faute d’huile, ne fonctionnait pas souvent.

La cour de la mosquée servait aussi de cour à la chambre. Pendant le mois de Ramadan, quand le Prophète s’assseyait pour l’Itikaf, il s’asseyait près de la chambre. Il mettait sa tête à l’interieur pour se faire coiffer les cheveux. S’il avait besoin de quelque chose, il tendait la main et `Aïsha le lui donnait.

Une éducation minutieuse commence

L’éducation d’Aïsha se fit sous les soins du meilleur professeur de l’histoire. Avec un but défini, le Prophète  commença à façonner l’esprit de la femme qui était destinée à transmettre et à interpréter ses enseignements au monde féminin.

Avec une ardeur étonnante, `Aïsha plaça ses remarquables talents au service de son éducation. Chacune des vertus humaines se trouvait achevée à la perfection dans la personnalité du Prophète. Dès que le Prophète entrait dans sa chambre, elle commençait à poser toutes sortes de questions. La porte de la chambre donnait sur la cour de la mosquée. Quand le Prophète  s’asseyait dans la mosquée pour enseigner aux gens et leur expliquer des choses, `Aïsha restait près de la porte et écoutait chaque mot qu’il disait. Le résultat était une connaissance étonnamment large et une profonde compréhension. Très peu de compagnons pouvaient égaler `Aïsha dans la compréhension du Qur’an et de la Sunna.

L’esprit de recherche de `Aïsha rendait un service permanent à l’Islam. Ses questions étaient la source de lumière à plusieurs problèmes importants. Voici quelques exemples :

Combattre pour la cause d’Allah est le devoir de tout musulman. Un jour `Aïsha demanda : « Ô Messager d’Allah, les femmes devraient-elles aller aux champs de bataille, tout comme les hommes ? »

« Non, le Pèlerinage est suffisant pour elles ! » répondit le Prophète.

Un jour, elle demanda : « Messager d’Allah, le consentement d’une femme est-il nécessaire avant le mariage ? » « Oui! », fut la réponse. « Mais les filles sont généralement trop timides pour exprimer leur consentement ! », continua `Aïsha. « Leur silence traduit leur consentement », expliqua le Prophète.

Une fois, le Prophète  déclara : « Suivez la voie du milieu. Essayer de rapprocher les gens. Dites leur qu’ils entreront au Paradis, non seulement par mérite, mais par la grâce Divine ! »

Cette annonce sonnait étrange aux oreilles de `Aïsha. Aussi, demanda t-elle : « Messager d’Allah, est-ce que cela s’applique à toi aussi ?» « Oui, répondit le Prophète, moi aussi je prie pour la faveur d’Allah et son pardon. »

Un jour, quelqu’un avait volé quelque chose appartenant à `Aïsha. Elle maudit le voleur. En entendant l’injure, le Prophète  dit : « N’enlève pas le péché de cette personne et ta propre récompense en proférant ces injures ! »

Cette éducation continuait jour et nuit. `Aïsha est entrée dans la maison du Prophète à neuf ans et elle avait 18 ans à sa mort. Elle a donc passé les neuf années les plus formatives d’une vie sous les soins affectueux du Prophète. Elle était la seule femme vierge qu’il avait épousée. Ses co-épouses étaient toutes des veuves, bien éduquées dans les manières, dans les maisons de leurs premiers maris. `Aïsha arriva au Prophète avec un esprit neuf et flexible.

L’Amour pour le Prophète

`Aïsha débordait d’amour pour son mari. Elle aimait le servir. Même quand elle avait une servante pour l’aider, elle préférait faire les choses de ses propres mains. Elle moulait elle même la farine, la pétrissait et faisait le pain. C’était elle qui faisait le lit et lavait le linge du Prophète. C’était elle qui préparait le Miswak et l’eau pour l’ablution.

La dévotion de `Aïsha était si grande qu’elle aimait tout ce qu’il aimait et détestait ce qu’il détestait.

Une fois, elle reçut un rideau imprimé à portraits d’hommes et d’animaux. La vue même du rideau fit rougir le Prophète. En demandant ce qui n’allait pas, le Prophète  dit : « Les anges n’entrent pas dans une maison où il y a des images d’hommes et d’animaux. » `Aïsha enleva immédiatement les rideaux.

Un jour, un compagnon devait donner une fête de mariage, mais n’avait pas d’argent pour le faire. Il rechercha l’aide du Prophète. « Allez chez `Aïsha, dit-il, et dites-lui de vous donner un panier de grains. » `Aïsha obéit, bien que cela la laissât sans nourriture pour la nuit.

La dévotion de `Aïsha était telle que l’absence du Prophète la rendait inquiète. Elle se leva une nuit, et ne trouvant pas le Prophète dans son lit, commença à tâtonner dans l’obscurité. Sa main toucha son pied. Elle comprit qu’il était occupé dans la prière. Une autre fois, elle fut réveillé par le bruit de la porte. « Le Prophète est parti », pensa-t-elle. « Mais où pourrait-il aller ? Peut-être chez une autre femme ! » `Aïsha le suivit furtivement. Il se dirigea vers le cimetière de Médine et s’abandonna aux prières. « Puissent mes parents mourir pour lui! » soupira `Aïsha. « Comme la réalité était loin de mon imagination ! » Il arrivait fréquemment que le Prophète  s’endormait sa tête sur les genoux de `Aïsha. Elle ne bougeait pas pour ne pas déranger son sommeil.

L’épouse préférée du Prophète

L’Amour de `Aïsha était pleinement récompensé. De toutes les femmes, elle était la préférée. Dans toute chose, le Prophète  traitait ses femmes de manière égale, mais il ne pouvait leur rendre un amour équivalent. En cela, `Aïsha dépassait les autres. C’est pourquoi le Prophète disait souvent : « Seigneur, je fais avec justice tout ce qui est en mon pouvoir, mais pardonne-moi pour ce qui est au dessus de mon contrôle ! »

Du pain trempé dans la soupe était le plat préféré des arabes de cette époque. Le Prophète comparait Aisha à ce plat. Une fois, il déclara : « Parmi les hommes, beaucoup ont atteint la perfection, mais parmi les femmes, Marie fille d’Imran et Assya femme de pharaon, sont les seuls exemples. Aisha a la même supériorité sur les femmes que le taourid sur les autres plats. »

Une fois, Amr ibn al-As demanda au Prophète : « Messager d’Allah ! Qui aimez vous le plus ? » « `Aïsha », fut la réponse. « Ô Messager d’Allah, ma question concernait les hommes. » « Le père d’Aïsha », répondit le Prophète.

Une fois, `Aïsha accompagna le Prophète au cours d’un voyage. Le chameau sur lequel elle était montée s’échappa et s’enfuit avec elle. Cela rendit le Prophète si agité, qu’il cria : « Ô ma femme ! »Tant que le chameau ne fut pas pris, il était inquiet.

Les compagnons connaissaient l’attention spéciale du Prophète pour Aisha. Ils envoyèrent généralement de la nourriture le jour où il était chez `Aïsha. Les co-épouses n’appréciaient pas cela. Elles poussèrent Fatima, la fille du Prophète, à transmettre leur point de vue à son père. Elle lui parla de la question, mais la réponse fut : « Ô Fatima, j’aime celle que vous n’aimez pas ! »

La remarque fit taire Fatima. Sa belle mère la poussa une nouvelle fois à faire un deuxième essai, mais elle refusa. A la fin, les co-épouses persuadèrent l’une d’entre elles, Um Salma de porter le problème au Prophète. Elle était une femme de tact. Trouvant une occasion un jour, elle posa le cas au Prophète.« Oum Salma, répondit il, ne dis rien contre Aisha. Elle est la seule femme dans le lit de laquelle, j’ai reçu une Révélation. »

Un jour de l’Aid, des noirs d’Abyssinie se livraient à la gaieté. Ils s’entrainaient avec des lances. `Aïsha voulait voir le spectacle. Le Prophète  se mit debout devant elle afin qu’elle puisse voir d’au dessus de ses épaules. Il resta debout ainsi aussi longtemps que `Aïsha fut interessée par le spectacle.

Une fois, un voisin perse invita le Prophète  à diner. « Est ce que `Aïsha est invitée ? » demanda-t-il. « Non », répondit l’homme. « Je ne peux pas accepter l’invitation », dit alors le Prophète. L’homme revint et offrit une invitation à `Aïsha aussi. Cette fois, l’invitation fut acceptée et tous deux allèrent ensemble au dîner.

Au retour du pélerinage de l’Adieu, ‘ Aisha refusa d’alourdir son chameau avec les bagages d’une autre épouse comme le lui a demandé le Prophète. Celui ci lui proposa : « Veux-tu que Abu Ubayda arbitre entre nous ? – Non dit-elle, il ne me donnera jamais raison contre toi ! – Alors ‘Umar ? Proposa-t-il. – Oh non ! J’ai peur de lui ! Même Satan a peur de lui ! – Eh bien, veux-tu que ce soit ton père, Abu Bakr ? » Elle y consentit et on fit appeler Abu Bakr , qui, apprenant la cause de l’incident et l’entêtement de sa fille avant même que le Prophète n’ait terminé son exposé et que Aisha puisse défendre sa cause – leva la main et la gifla… Le Prophète  l’arrêta en disant : « Je n’ai pas voulu cela. » Il se leva et lava de ses mains le visage et la robe de sa jeune épouse. [Rapporté par Bukhârî]

Une autre fois, `Aïsha était avec le Prophète lors d’un voyage. Les compagnons étaient tous devant et eux, très en arrière. « Faisons une course ! », suggéra le Prophète. Ils coururent et `Aïsha gagna parce qu’elle était plus mince. Des années plus tard, `Aïsha perdit parce qu’elle avait grossi. «`Aïsha,dit le Prophète, nous sommes à égalité maintenant ! »

Une fois elle demanda au Prophète  « Comment est ton amour pour moi ? ».
Il lui répondit : « Comme le nœud de la corde », voulant ainsi dire qu’il était fort et sûr.
A maintes reprises ensuite elle lui demanda comment était le nœud, il lui répondait : « Toujours inchangé ».

Le vrai secret

Certains pensaient que l’amour du Prophète  pour `Aïsha était dû à sa beauté. il est vrai que `Aïsha était jolie. Elle avait un beau teint et un corps mince. Mais quelques co-épouses étaient plus jolies. Zaynab, Jouwayriya et Safya étaient décidément bien plus belles qu’elle. Le vrai secret de l’amour du Prophète ne devrait pas être cherché dans le charme physique mais dans les hautes qualités de `Aïsha.

Ce point de vue se renforce quand on se souvient que le Prophète aimait évoquer la mémoire de sa défunte femme, Khadija. Sa mémoire était encore si chère à son coeur, qu’il parlait toujours d’elle avec les mots les plus gentils, à tel point que `Aïsha l’enviait. Une fois, le Prophète commença à louer sa mémoire pendant un long moment. A cela, `Aïsha dit : « Ô Messager d’Allah, pourquoi autant parler d’une vieille femme Qouraïchite ? Allah vous a donné de meilleures femmes. »

Le Prophète changea de couleur et lui dit : « Elle fut l’épouse qui a cru en moi quand d’autres m’ont rejeté. Quand les gens m’accusaient de mentir, elle a affirmé ma sincérité. Quand j’ai été abandonné, elle a dépensé sa richesse pour soulager le poids de ma douleur. Elle m’a donné des enfants alors que les autres femmes ne m’en ont pas donnés»

Ces faits montrent que seulement les hautes qualités de caractère pouvaient compter pour `Aïsha, dans l’esprit du Prophète. Elle était douée de talents extraordinaires que l’éducation et l’instruction avaient développés à l’extrême. Tout ceci faisait de `Aïsha la femme la plus accomplie du siècle et donc la femme favorite du Prophète.

Dévotion pour Allah

Si `Aïsha aimait quelqu’un plus que le Prophète , c’était Allah le Tout-Puissant. En cela, comme en d’autres choses, elle suivait l’exemple du Prophète lui-même.

Le Prophète aimait `Aïsha plus que tout autre. Mais cet amour n’était rien en comparaison de son amour pour Allah. `Aïsha elle-même disait qu’aussitôt que se faisait l’appel à la prière, il se levait et s’en allait comme s’il n’avait rien à faire avec elle. Au moment où il entrait dans la maison il disait : « Si un homme obtient deux vallées pleines d’or, il en aurait désiré encore une autre. Seule la poussière peut remplir son ventre. Allah a crée plusieurs formes de richesse pour lesquelles nous le remercions et que nous donnons aux pauvres. Allah se penche vers celui qui se penche à lui. »

Le but de cette constante déclaration était de rappeler à sa famille que les richesses de ce monde ne comptaient pas.

Même chez lui, le Prophète  était souvent pris dans le souvenir d’Allah. Quand il rentrait de la prière du soir, il se brossait les dents avec du miswak et se mettait au lit. Au milieu de la nuit, il se levait et commençait à prier. Avant l’aube, il réveillait `Aïsha qui le rejoignait dans la prière. Après l’aube, il offrait deux rakaats de la prière du matin. Ensuite, il s’allongeait sur son côté pendant quelques minutes et se rendait à la mosquée pour la prière. Il n’était pas rare pour le Prophète  et `Aïsha de passer toute la nuit en prières, pleurant et demandant le pardon d’Allah. Pendant ces prières, le Prophète récitait de longs chapitres du Coran.

Le Prophète  jeûnait très souvent. `Aïsha aussi jeûnait avec lui. Pendant les dix derniers jours de Ramadan, le Prophète s’asseyait dans la mosquée pour l’Itikaf. On dressait une tente pour lui dans la cour de la mosquée. Quelques fois, `Aïsha aussi s’asseyait pour l’Itikaf et une tente séparée était dressée pour elle.

Cet acte rendit `Aïsha profondément pieuse. Même après la mort du Prophète, la prière et le jeûne étaient les deux choses les plus chères à `Aïsha. Une fois elle jeûna la veille de la fête du sacrifice, il faisait extrêmement chaud et elle perdit connaissance. Les gens vidèrent de l’eau sur sa tête. Quelqu’un suggéra qu’elle rompe le jeûne. Elle répondit : « Comment puis-je faire cela ? J’ai entendu le Messager d’Allah dire que jeûner ce jour lave les péchés de l’année précédente. »

`Aïsha ne manquait jamais son Hajj annuel, parce qu’elle avait entendu le Messager d’Allah dire que le Pèlerinage à la Mecque apporte la même récompense aux femmes que la guerre sainte aux hommes.

Le Prophète  ne se souciait jamais de garder quoi que ce soit. `Aïsha a suivi fidèlement cette pratique durant toute sa vie. Elle recevait une bonne pension de la part des Califes mais elle la distribuait aussitôt aux nécessiteux.

Les relations humaines

`Aïsha avait de très bonne relations avec tous les membres de la famille du Prophète. Elle devait traiter avec huit co-épouses. Mais elle n’avait que de la bienveillance pour toutes.

Sawdah était en si bon termes avec `Aïsha, qu’elle lui céda volontairement son tour. Concernant Hafsa, elle avait des relations de soeur.

Umm Salma, comme `Aïsha, était remarquable par ses qualités intellectuelles. Malgré son âge avancé, le Prophète avait une grande attention pour elle. Et il y avait une parfaite entente entre elle et `Aïsha.

Juwayriyya était la plus attirante. Quand elle est entrée dans la maison du Prophète, `Aïsha craignait qu’elle n’attire en premier l’attention du Prophète. Mais sa crainte était malfondée. Aisha continuait à occuper la première place dans le coeur du Prophète.

Zaynab était la cousine du Prophète et se considérait la plus importante de toutes les femmes. Elle se mettait en colère facilement. Une nuit, elle était assise chez `Aïsha. Il n’y avait pas de lumière. Le Prophète entra et se dirigea vers Zaynab. `Aïsha s’écria : « C’est Zaynab ! » Ce qui rendit celle-ci furieuse. Elle dit beaucoup de choses peu aimables sur Aisha qui rétorqua. Mais la discussion s’arrêta là. Elles ne manifestèrent plus de mauvaise volonté l’une envers l’autre.

Une fois, Zaynab appela Safiya « une juive ». Cela déplut tellement au Prophète qu’il ne parla plus à Zaynab pendant deux mois. A la fin, Zaynab rechercha l’aide de `Aïsha. Elle traita le sujet avec une telle habilité, que la faute de Zaynab fut pardonnée.

Quand les hypocrites portèrent une fausse accusation sur `Aïsha, le Prophète rechercha l’opinion de Zaynab. « Je ne vois que de la vertu en `Aïsha », déclara Zaynab.

A la mort de Zaynab, voici ce qu’à dit `Aïsha : « Je n’ai pas connu de femme plus honnête, plus religieuse, plus pieuse, plus véridique, plus généreuse et qui craigne le plus Allah que Zaynab. Elle se mettait facilement en colère, mais elle s’excusait toujours par la suite. »

L’opinion de `Aïsha sur Maymuna : « Elle était la plus pieuse de nous »

Quand Umm Habiba était sur le point de mourir, elle fit appeler `Aïsha et dit : « En vivant ensemble, il est naturel que des désaccords surgissent quelquefois. S’il te plait, oublie et pardonne ce qui a pu y avoir !» « Qu’Allah te pardonne et te libère de tout blâme ! » répondit `Aïsha.

« Tu m‘a rendue heureuse à la fin de ma vie, dit la femme mourante, qu’Allah te rende toujours heureuse ! »

Au sujet de Safya, elle disait : « C’est la meilleure cuisinière que j’ai connue. »

Bref, `Aïsha rendait à chaque co-épouse ce qui lui était dû. Avec un esprit ouvert, elle appréciait les vertus de chacune. Il était naturel que des mésententes se produisaient quelquefois, mais elles n’étaient que passagères.

`Aïsha n’avait pas d’enfant d’elle même. Il était d’usage en Arabie d’être appelé par le père ou la mère d’un tel. Ces noms étaient une marque de noblesse. `Aïsha s’occupa tellement de son neuveu Abdullah que le Prophète la surnomma « Umm Abdullah ». `Aïsha adopta et éleva également une fille Ansari. Quand elle fut grande, elle la donna en mariage.

`Aïsha avait aussi quatre belles-filles. Elles étaient toutes plus âgées qu’elle ; la plus jeune, Fatima, avait cinq ans de plus qu’elle. Zaynab, Ruqiyya, Umm Kalthoum étaient déjà mariées quand `Aïsha entra chez le Prophète. Fatima se maria un an plus tard. Toutes deux vivaient ensemble très amicalement.

`Aïsha s’est beaucoup occupé du mariage de Fatima. C’est elle qui a plâtré les murs de sa maison, rembourré les oreillers avec des fibres de dattes et préparé ce qu’elle allait avoir comme dot. Quand le marié arriva, `Aïsha lui offrit des dattes et des raisins. Après cela, `Aïsha disait souvent : « Je n’ai jamais vu un meilleur mariage que celui là

`Aïsha avait la plus grande admiration pour Fatima. Voici ce qu’elle pensait de Fatima : « A la seule exception de son père, je ne connais personne, meilleure que Fatima. Elle ressemblait beaucoup à son père en tout. Quand elle visitait son père, il se mettait debout immédiatement, lui baisait la main et lui laissait sa place. De la même façon, quand il allait la voir, elle se levait, l’embrassait et lui cédait sa place. »

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La solitude, puis les mariages du Prophète

Depuis la mort de Khadija , les jours s’écoulaient chargés du poids de la mission prophétique. Quant aux nuits, elles s’emplissaient du souvenir de la disparue. Ainsi, le Prophète  demeurait sans compagne. De leurs côtés, ses compagnons observaient sur lui les effets de la tristesse. Ils auraient souhaité le voir briser sa solitude en se mariant le plus tôt possible.

Cependant, aucun des Compagnons ne prenait le courage de l’entretenir d’une éventuelle union. Il a fallu qu’un soir Khalwa Bint Hakim as-Salmiyya aille chez lui et lui dit :

Ô Envoyé de Dieu ! Je te vois plongé dans la plus totale des tristesses depuis la mort de Khadija.

Elle l’observa un moment, puis soudain, elle lui proposa de se remarier. Le Prophète  la regarda en silence, écoutant la voix de son coeur plein de souvenir de la défunte. Il se rappela alors du jour, voilà plus de vingt ans, où Nafisa Bint Muniyya vint à lui pour lui parler de mariage et lui présenter une éventuelle union avec Khadija.

Quelques temps après, le Prophète  leva la tête et dit :

– Qui épouserais-je après Khadijah ?

Mariage du Prophète

Khawla avait deux propositions à faire à l’Envoyé de Dieu  : une vierge, à savoir Aïsha et une déjà mariée mais séparée de son marie, c’est à dire Sawda Bint Zam’ah Ibn Qays Ibn Abd Shams Ibn Abd Waddi-l-‘Amiriyyah.

Le Prophète  donna son accord pour demander Sawda  en mariage. Khawla se rendit aussitôt dans la maison de Zam’ah et se présenta devant Sawda en lui disant :

– Ô Sawda ! Dieu a fait entrer chez toi le bien et la bénédiction !

Etonnée de cette introduction emplie d’un bon présage, Sawda se demanda quelle nouvelle exceptionnelle Khawla allait lui communiquer. Elle ne tarda pas à apprendre que c’était l’Envoyé de Dieu qui la demandait en mariage. Elle n’arrivait pas à maîtriser sa stupeur mêlée d’étonnement et de joie. Elle répondit sans hésitation mais d’une voix tremblante :

J’accepte cette demande. Mais va voir mon père et informe le de cette démarche.

Khawla n’hésita pas un instant. Elle se rendit sur le champ chez le père qui était un vieil homme, fatigué par le poids des années.

– Muhammad Ibn Abd Allah Ibn Abd al-Muttallib m’a envoyé pour te demander la main de ta fille Sawda.

Le vieillard fut transporté de joie à cette annonce surprenante mais il voulut connaître d’abords l’opinion de l’intéressée avant de faire la sienne. Celle-ci , bien sur, lui donna, sans hésitation, une réponse affirmative. Aussi, le père de Sawda demanda-t-il à Khawla d’inviter Muhammad de venir le voir afin d’officialiser cette union.

L’étonnement des gens

Le bruit circula dans la Mecque que Muhammad  avait demandé en mariage Sawda fille de Zam’ah. Les gens ne voulaient pas en croire à leurs oreilles. Ils s’interrogeaient, un léger doute dans l’esprit : Sawda était non seulement veuve mais âgée. En outre, elle n’était pas très belle. Il y avait une très grande différence entre elle et Khadija, belle, riche et convoitée par de grands notables mecquois. De plus, elle avait une haute stature dans le milieu Qurayshite.

Ce que ces gens ne comprenaient pas, c’est que le Prophète  n’avait nullement l’idée de remplacer Khadija par Sawda ou par n’importe quelle autre femme. Sa première épouse était considérée par lui comme irremplaçable. Il recherchait surtout une femme qui pourrait tenir et organiser sa maison. Il songea qu’elle en était capable et remplissait des conditions honorables. En effet, Sawda avait émigré en Abyssinie avec son mari as-Sakran Ibn Amru Ash-Shams. Celui-ci mourut quelques temps après son arrivée dans cette terre étrangère. Ce fut ainsi que Sawda devint veuve, loin de sa patrie.

Le souvenir de l’émigration de Sawda

La présence de Sawda auprès du Prophète  rappelait à celui-ci le petit groupe dont les membres quittèrent leurs maisons et abandonnèrent leurs biens pour traverser le désert et la mer avant d’arriver en Abyssinie. Ils fuyaient, avec leur religion, l’oppression des idolâtres mecquois.

Dans ce groupe d’émigrants, il y avait Malik Ibn Zam’ah, frère de Sadawh, As-Sakran Ibn Amr, son mari et fils de son oncle paternel, les deux frères de ce dernier Salit et Hatib, son neveu, fils de son frère, Abd Allah Ibn Suhayl. C’est à dire que ce n’était pas le veuvage et l’âge avancé de Sawda qui importaient à l’Envoyé de Dieu. C’était le fait qu’elle appartenait au premier groupe de musulmans qui avaient cru en sa mission prophétique.

Aussi s’imagina-t-il Sawda en train de faire ses adieux à sa terre natale, cette terre où elle passa la plus grande partie de son enfance. Elle partait vers un pays qu’elle n’avait jamais connu, avec des gens dont certains étaient de sa famille et d’autres ne l’étaient pas. Elle savait qu’elle allait à la rencontre d’un peuple dont l’arabe n’était pas la langue véhiculaire et dont l’Islam n’était pas leur religion. Tous ces événements exercèrent sur le Prophète  des sentiments favorables à l’égard de cette émigrante qui a connu le veuvage en exil et qui était revenue dans son pays pour prendre de l’âge. Sa vieillesse ne comptait pas devant la vie dure et pénible que cette seconde épouse avait traversée.

Sawda, consciente de son état d’épouse

Voilà Sawda, épouse de l’Envoyé de Dieu . Elle ne manqua pas de se comparer à Khadija, la première femme, puis à Aisha, cette jeune fille dont le mariage était attendu d’un mois à un autre. Elle ne pouvait donc qu’être étonnée de son état et cela la remplissait de joie d’être l’épouse du Prophète.

Elle ne se faisait pas, pourtant, beaucoup d’illusions. Elle savait, par expérience, qu’entre son coeur et celui de son mari, il y avait une barrière infranchissable. C’est qu’elle faisait une distinction entre le Prophète et l’être humain qu’il était. Elle n’ignorait pas que ce n’était pas avec l’homme qu’elle allait vivre. C’était l’Envoyé de Dieu qui la prit comme épouse. Elle comprenait donc que ses liens avec lui n’étaient pas tissés d’amour mais de bonté et de miséricorde de sa part.

Sawda n’était point perturbée par sa situation. Bien au contraire, elle était fière que l’Envoyé de Dieu la hisse à un rang si élevé. Il a fait d’une veuve et d’une femme âgée, la Mère des croyants. Cet honneur lui procurait beaucoup d’énergie et elle s’occupait, avec enthousiasme, de la maison de son époux et de ses filles.

Sawda ne ressentait ni amertume ni complexe d’infériorité. Elle était heureuse quand elle voyait le Prophète  rire de sa démarche car son corps corpulent la balançait d’un côté et de l’autre. De la même manière, il se réjouissait de la vivacité de son esprit et de son humour. Sawda lui dit un jour en plaisantant :

Cette nuit, j’ai prié derrière toi. Tu as mis tellement de temps dans ta prosternation que j’ai été amené à bouchez mon nez, de crainte que le sang y coule. Cette parole fit rire l’Envoyé de Dieu.

L’arrivée de Aisha et des autres femmes dans la maison du Prophète

Sawda continuait à s’occuper de la maison de son mari jusqu’à l’arrivée de Aïsha, la fille d’Abu Bakr. Elle lui céda le plus grand espace et mit tous ses efforts pour satisfaire la nouvelle mariée et veiller à son confort.

Après Aisha, d’autres épouses venaient agrémenter la vie familiale. Ce fut par ordre, Hafsa, fille de Umar Ibn Khattab, Zaynab, fille de Jahsh, Umm Salmah, fille de Abu Umiyyah al Makhzumi. Sawda continuait à accorder sa préférence à Aïcha en lui consacrant son amitié et son dévouement, sans pour autant le manifester ostensiblement pour ne pas mettre dans l’embarras les autres femmes de l’Envoyé de Dieu ou susciter leur jalousie. Elle ne tenait pas à être l’origine d’une possible discorde.

Cependant, le Prophète  avait pitié de Sawda qui était privée de la même affection qu’il portait aux autres épouses. Il s’efforçait de lui ouvrir son coeur et de lui vouer des sentiments affectueux. Cependant, avant d’être Prophète, c’était aussi un homme. Aussi, s’il la plaçait sur le même pied d’égalité du point de vue des dépenses pour son entretien, il ne lui était pas aisé de se montrer équitable entre elle et les autres femmes, du point de vue sentimental. Ce fut pourquoi, il décida, en fin de compte, de se séparer d’elle. Aussi, un jour, attendit-il la nuit où il devait dormir avec elle pour lui annoncer sa détermination de divorcer de la manière la plus convenable.

En entendant la décision prise par son mari, elle sentir comme si les murs de la pièce se resserraient contre elle. Elle suffoquait et croyait que sa respiration allait s’arrêter. Elle garda le silence un moment, puis tendit sa main vers celle de son époux, comme pour lui demander de venir à son secours. Sentant cette main tremblante, le Prophète  la serra très fort, pensant ainsi qu’il pourrait faire disparaître la peur qui envahissait tout son corps.

Prenant en mains toutes ses forces, Sawda, dont le visage trahissait la tristesse, déclara dans un murmure où se mêlaient la crainte et l’espoir :

– Garde-moi auprès de toi. Je ne te demande pas de te comporter avec moi comme avec tes autres épouses. Cependant, je voudrais être ressuscitée par Dieu, le Jour de la Résurrection, en tant que ton épouse.

Sawda, relâcha sa main. Elle n’attendait pas une réponse favorable à son désir bien qu’elle était décidée à rester aux côtés de son époux, en essayant aynt de satisfaire sa volonté.

A ce moment, Sawda ressentait la froideur de sa vieillesse gagner la lourdeur de son corps. Elle eut honte alors de vouloir rivaliser avec des femmes aussi jeunes et belle que Aisha, Hafsa, Zaynab… Elle se disait, qu’en exigeant le respect de son tour à dormir avec l’Envoyé de Dieu, c’est comme si elle revendiquait un droit qui ne lui appartenait pas. Aussi, était elle disposée à déclarer : Répudie moi, ô Envoyé de Dieu ! Cependant, ses paroles trébuchaient dans sa gorge. Elle n’arrivait pas à les libérer.

Sawda était torturée par ses sentiments. Son inquiétude se prolongea, attendant la décision du Prophète de la répudier. Soudain, une idée lui traversa l’esprit et dit calmement :

Ô Envoyé de Dieu ! Garde-moi auprès de toi. Je laisserai mon tour d’intimité à Aisha. En outre, je ne réclamerai pas pour moi, ce que les autres femmes demanderont pour elles !

Cette proposition émut le Prophète . Voilà une femme qui ne tenait pas à le quitter et était prête à se sacrifier pour satisfaire les autres épouses et en particulier Aïsha, sa préférée. Le Prophète  finit par accepter la proposition de Sawda. Celle-ci remercia Dieu qui lui suggéra cette proposition. Le Créateur, se dit-elle, soulagea sa peine et la sauva des amères épreuves, conséquentes à cette séparation avec le Prophète.

Mort de Sawda

Ainsi Sawda demeura dans la maison de l’Envoyé de Dieu , jusqu’au jour où Dieu l’appela à lui. Elle survécut à la mort de son mari. Elle ne mourut que vers la fin du califat de Umar Ibn Khattab.

Aisha n’oublia pas la belle oeuvre accomplie par Sawda qui lui sacrifia son tour. Le souvenir de la fidélité à sa parole lui revenait souvent en mémoire.

Il n’y a pas une femme, disait-elle de Sawda, que j’ai aimé tant pour sa volonté de renoncer à son droit.

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Ni l’amertume, ni le désappointement n’effleurèrent l’esprit de Muhammed  et Khadija  à la naissance d’une troisième fille, Um Kaltoum  . Pourtant, cette nouvelle aurait chagriné n’importe quel autre père qui n’ayant pas d’enfant mâle se serait sentit humilié. Au contraire, Muhammed  et Khadija ont remercié Dieu de leur avoir offert ce petit bijou qui réjouissait leurs yeux.

Comme ses soeurs, elle reçut la meilleure éducation.

Le mariage des deux soeurs :

Quelque temps après le mariage de Zaynab avec Abu l-As Ibnu-r-Rabi’, une délégation de la famille de Abd al-Muttalib arriva dans la maison de Muhammad . Elle etait venue pour demander la main de Um Kaltoum et sa grande soeur Ruqiyya pour ‘Utayba et ‘Ataba, les deux neveux de ‘Abdul-‘Uzza.

Les deux filles n’avaient rien à reprocher aux deux prétendants, mais elles s’inquietèrent de la réputation de Umm Jamila, la femme de ‘Abdul-‘Uzza et mère des deux jeunes hommes, qui était connue pour avoir un coeur dur, insensible aux malheurs des autres. Elle était, de plus, une mauvaise langue.

Mais Ruqiyya et Um Kaltoum ne purent pas décliner la proposition de mariage, car un refus aurait été ressentit comme un affront et une humiliation à Umm Jamila, qui n’aurait pas hésité à créer une zizanie dans le clan Quraychite.

Ainsi, elles acceptèrent de se marier pour ne pas causer de problème entre leur Père Muhammed et ses proches parents. Il ne leur restait qu’à supporter l’animosité de ‘Abdu-l-‘Uzza et la malveillance de sa femme.

Répudiation des deux soeurs

Le Mariage ne durera pas longtemps. En effet, dès que le Prophète  commença sa mission et se mit a appeler les gens à la religion de la vérité, ses deux filles Umm Kaltoum et Ruqiyya furent chassées de la maison d »Abdu-l-‘Uzza surnommé Abu Lahab et retournèrent auprès de leur père et leur mère.

Les membres de la famille des deux maris, enracinés dans leur idolâtrie, avaient été encouragés par les Quraysh, aussi entêtés dans leur mécréance qu’eux, à répudier les deux filles sans tarder :

– En vous mariant avec ses filles, vous avez soulagé Muhammad de ses soucis. Rendez lui donc ses filles pour le faire replonger dans ses insolubles problèmes.

Ils promirent aux deux fils d’Abu Lahab de les marier avec n’importe quelles autres femmes qurayshites qui leur plairaient.

Le blocus décrété par les mécréants

Dieu avait voulu faire du bien à Um Kaltoum en la divorçant de ‘Utayba Ibn Abu Lahab. Elle avait été délivrée de la fureur d’Umm Jamil, la porteuse de bois, ainsi que l’avait décrite le Coran. Donc, après sa répudiation, Umm Kaltoum rejoignit la maison paternelle et vécut avec sa soeur Fatima à la Mecque.

Cela lui donna l’occasion d’aider sa mère Khadija, et son père qui revenait à chaque fois exténué par les offenses dont ses compatriotes l’accablaient. Les deux femmes étaient là pour le soulager de ses souffrances morales.

Entre temps, Hamza rallia les rangs de la communauté musulmane suivi de Umar Ibn Khattab. Umm Kaltoum se sentait quelque peu soulagé car elle voyait que son père était à présent entouré d’hommes vaillants, capables de lui apporter une aide précieuse.

Cependant, la vindicte des Quraysh était tenace. Aussi Umm Kaltoum subit avec ses parents et toute la famille Hashimite, sauf Abu Lahab, le blocus organisé par les mécréants. Elle mangea avec eux les feuilles des arbres quand ils n’avaient pas de quoi se nourrir décemment. Pendant trois ans, toutes les nourritures, qu’ils recevaient, leur parvenaient clandestinement par des amis et des alliés.

Cette pénible situation n’ébranla pas pour autant la foi d’Umm Kaltoum. Elle était certaine de la victoire de son père bien qu’elle avait, comme tous les autres, si faim qu’elle portait à sa bouche tout ce qui lui paraissait consommable. Cet état dura jusqu’au jour où un groupe d’assiociateurs eurent leur conscience troublée de voir des gens souffrir de la sorte. Beaucoup commencèrent à regretter leur acte. Ce fut ainsi, qu’une nuit, Hisham Ibn Amru arriva avec un chameau plein de provisions près du lieu du blocus. Il libéra la bête de ses rênes et celle ci se dirigea vers le campement.

Le Prophète  distribua le contenu entre tous les prisonniers du campement.

Quelques temps plus tard, Hisham Ibn Amr et d’autres hommes avec lui décidèrent de déchirer la proclamation du blocus. Arrivés à la Kaaba, ils trouvèrent la proclamation rongée par les termites. Il ne restait suspendu qu’un petit carré de papier où il était encore écrit :

« En ton Nom Seigneur Dieu – Bismika allahumma« . Devant ce spectacle imprévu, les Quraysh restèrent interloqués.

Fin du blocus et décès de Khadija

Les musulmans présents dans ce campement, applaudirent la bonne nouvelle. Tous ce préparèrent à quitter ce lieu de sacrifice et de privation et se dirigèrent vers la Ka’ba. Ils firent le tour de ce temple, après quoi, chacun retourna chez lui.

Dans la maison du Prophète , As-Sayyida Khadija se prépara à rencontrer son Seigneur. Quelques temps après la levé du blocus, alors que son mari se trouvait à ses côtés, elle rendit l’âme. Ses filles, Umm Kaltoum et Fatima entouraient son lit. Elles embrassèrent une dernière fois cette mère qui avait montré tant de courage, de persévérance et de ténacité devant l’adversité.

L’émigration à Médine

Le moment arriva ou Dieu ordonna au Prophète  d’émigrer à Yathrib. Il fit ses adieux à ses filles, avec l’espoir de les revoir à Médine et émigra avec son compagnon Abu Bakr.

La bonne nouvelle de leur arrivé à Yathrib, sains et sauf, arriva à la Mecque. Il était, à présent temps que les filles, Umm Kaltoum et Fatima, ainsi que la famille d’Abu Bakr rejoignent leur père sous la conduite de Zayd Ibn Haryth. La tristesse d’abandonner leur maison se mêlait à la joie de revoir leur père et de vivre avec lui au milieu d’autres émigrants et de leurs hôtes bienfaiteurs les Ansârs.

Deux années s’écoulèrent depuis l’émigration d’Umm Kaltoum et de Fatima. Cette période avait été pleine d’évènements. Umm Kaltoum était témoin du retour de son père victorieux à Badr. De la même manière, elle vécut la triste mort de sa chère soeur Ruqiyya.

Le mariage avec Uthman Ibn Affan

Au cours de la troisième année, les Quraysh continuaient à pleurer leurs morts de Badr et appelaient à la vengeance. Umm Kaltoum s’attendait que Uthman Ibn Affan demande sa main après la mort de sa femme Ruqiyya. Cependant, un léger incident faillit déranger ce projet. En effet, un jour du mois ar-Rabi’, le Prophète  rentra à la maison pour un repos bien mérité.

Il n’eût pas le temps de s’asseoir que ‘Umar Ibn Khattab  fit irruption chez lui, agité par la colère. Il se plaignit de l’attitude d’Abu Bakr  et de Uthman  parce qu’il avait proposé, à l’un puis à l’autre, de prendre pour femme sa fille Hafsa. Celle-ci avait perdu son mari Khunays Ibn Hadhafah. Si Abu Bakr garda le silence, Uthman lui répondit :

Je ne veux pas me marier aujourd’hui.

Umm Kaltoum entendit son père dire à Umar :

– Hafsa se mariera avec un homme meilleur que Uthman. Et Uthman se mariera avec une femme meilleure que Hafsa.

Elle comprit l’allusion et son coeur se mit à battre de joie. Alors le Prophète  l’appela et lui proposa de se marier avec Uthman. Elle donna son accord. Le mariage fut célébré et Umm Kaltoum rejoignit la maison de Uthman, où sa grande soeur avait également vécu.

Umm Kaltoum vécut six années dans la maison de Uthman. Elle avait vu l’Islam remporter victoire sur victoire, comme elle avait vu son père organiser des expéditions militaires les unes après les autres. Son mari était toujours aux côtés de son père. Il combattait en donnant sa fortune et en se disposant à sacrifier sa vie.

La générosité de Uthman Ibn Affan

Il y avait un puits nommé « puits de dawmah » qui appartenait à un Juif. Celui ci s’enrichissait en vendant de l’eau aux musulmans. Une fois, l’Envoyé de Dieu  dit à ses compagnons :

– Qui de vous achètera ce puits et le mettra à la disposition des musulmans pour qu’ils puissent s’alimenter librement en eau ? Celui qui le fera aura un abreuvoir spécialement réservé à lui au Paradis.

Uthman se proposa d’aller voir le Juif, propriétaire du puits. Il lui fit une proposition, mais le Juif ne daigna en vendre que la moitié au prix de douze mille dirham. Ainsi, il l’acheta. Il fut décidé que la propriété du puits serait un jour à Uthman et un jour au Juif. Quand le tour du premier arrivait, les musulmans emplissaient de l’eau de sorte que ce liquide leur suffise pendant deux jours. Quand le Juif vit ce qui se passait, il lui dit :

Tu m’as privé d’une source de revenu. Achète donc l’autre moitié pour huit mille dirham. C’est ce qui fut fait.

Une autre fois, le Prophète  demanda à ses compagnons :

Qui de vous voudrait agrandir notre mosquée ? Uthman acheta un terrain qui permit d’élargir l’espace du lieu de prière.

Au mois de Dhu-l-Qi’da, an VI de l’hégire, Umm Kaltoum vit son père quitter Médine à la tête d’environ mille cinq cents compagnons. Il voulait aller à la Mecque pour effectuer la Umra, le petit pèlerinage. Tous partirent sans armes, sauf leurs épées gardées dans leurs fourreaux. Ce qui signifiait qu’ils n’avaient pas l’intention de livrer une bataille. Les Mecquois s’opposèrent à l’entrée des musulmans dans leur cité. Ils les bloquèrent à Hudaybiyya. Le Prophète  envoya Uthman comme émissaire afin qu’il fasse savoir aux associateurs que les musulmans n’ont pas d’intention belliqueuse. Leur seul désir est seulement de s’acquitter des rites de la Umra.

En apprenant que son mari avait été désigné en qualité d’émissaire pour le camp ennemi, Umm Kaltoum sentit de fortes palpitations dans son coeur. Elle n’ignorait pas que son père avait une grande confiance en son époux. Il était digne de confiance d’accomplir une mission aussi délicate et périlleuse. Cela ne l’empêcha pas de craindre pour sa vie. La fausse nouvelle de la mort de Uthman, tué par les idolâtres, se répandit à Médine. Son angoisse se transforma alors en une profonde consternation tant son chagrin n’avait plus aucune limite.

Quant au Prophète , il appela les croyants à prêter le serment « bay’atu-r-ridwan » de venger Uthman. Cependant le deuil d’Umm kaltoum ne dura pas longtemps puisque son mari était revenu, sain et sauf, de sa mission. Un traité fut signé entre les deux parties dans lequel les mecquois autorisaient les musulmans à revenir l’an prochain accomplir leur devoir. C’est ce qui fut fait.

Triomphe de l’Islam et décès d’Umm Kaltoum

Deux années après le pacte de Hudaybiyya, les musulmans entrèrent triomphalement à la Mecque. Ainsi, Umm Kaltoum assista à la victoire finale de l’Islam. En ce moment où la voie était libre pour ce qui voulait retourner chez lui à la Mecque, elle se rappela sa mère et ses deux soeurs Zaynab et Ruqiyya, toutes ensemble dans leur maison familiale. Umm Kaltoum était aussi témoin de l’expédition de Tabuk au mois de Rajab, an IX de l’hégire. Ce fut avec l’argent de son mari que l’armée musulmane fut équipée. Il offrit neuf cents cinquante chameaux. Il ajouta cinquante chevaux pour boucler le chiffre de mille. Tous ces évènements ne pouvaient que réjouir Umm Kaltoum.

Hélas ! Tout a une fin. Umm Kaltoum mourut dans la maison de son époux, en l’an IX de l’hégire sans laisser de descendance. Le Prophète  demeura debout devant la tombe de sa fille, les yeux pleins de larmes et le coeur serré de souffrance. Il ne restait auprès de lui que Fatima, la plus jeune des filles.

Ainsi Umm Kaltoum mourut avant son père qui retournera auprès de son Créateur une année plus tard. Sa mort lui évita d’assister à la mort tragique de son mari Uthman, assassiné par des assiégeants en furie et qui, après elle, épousa deux autres femmes : Umm al-Banin bint Ubayda et Naïla Bint al-Farâfasa.

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Les cris et les pleurs de Zaynab vibraient encore entre les quatre murs de la maison, quand une seconde fille, Ruqiyya , était venue égayer la maison du Prophète  et de son épouse Khadija. Cette naissance était comme la première une bonne et heureuse nouvelle.

Comme ses soeurs, elle reçut la meilleure éducation.

Le mariage des deux soeurs :

Quelque temps après le mariage de Zaynab avec Abu l-As Ibnu-r-Rabi’, une délégation de la famille de Abd al-Muttalib arriva dans la maison de Muhammad . Elle etait venue pour demander la main de Ruqiyya et sa petite soeur Um Kaltoum pour ‘Ataba et ‘Utayba, les deux neveux de ‘Abdul-‘Uzza.

Les deux filles n’avaient rien à reprocher aux deux prétendants, mais elles s’inquietèrent de la réputation de Umm Jamila, la femme de ‘Abdul-‘Uzza et mère des deux jeunes hommes, qui était connue pour avoir un coeur dur, insensible aux malheurs des autres. Elle était, de plus, une mauvaise langue.

Mais Ruqiyya et Um Kaltoum ne purent pas décliner la proposition de mariage, car un refus aurait été ressentit comme un affront et une humiliation à Umm Jamila, qui n’aurait pas hésité à créer une zizanie dans le clan Quraychite.

Ainsi, elles acceptèrent de se marier pour ne pas causer de problème entre leur Père Muhammed et ses proches parents. Il ne leur restait qu’à supporter l’animosité de ‘Abdu-l-‘Uzza et la malveillance de sa femme.

Répudiation et Persécution

Le Mariage ne durera pas longtemps. En effet, dès que le Prophète  commença sa mission et se mit a appeler les gens à la religion de la vérité, ses deux filles Umm Kaltoum et Ruqiyya furent chassées de la maison d »Abdu-l-‘Uzza surnommé Abu Lahab et retournèrent auprès de leur père et leur mère.

Les membres de la famille des deux maris, enracinés dans leur idolâtrie, avaient été encouragés par les Quraysh, aussi entêtés dans leur mécréance qu’eux, à répudier les deux filles sans tarder :

– En vous mariant avec ses filles, vous avez soulagé Muhammad de ses soucis. Rendez lui donc ses filles pour le faire replonger dans ses insolubles problèmes.

Ils promirent aux deux fils d’Abu Lahab de les marier avec n’importe quelles autres femmes qurayshites qui leur plairaient.

Umm Jamil etait, en réalité, jalouse de as-sayyida Khadija. Elle éprouvait même de la haine envers elle. En incitant les gens contre Muhammad, elle voulait, par la même occasion, altérer le bonheur de son épouse, bonheur qui était cité en exemple dans le milieu mecquois. Non seulement, elle lui rendit ses deux filles, mais elle, et son mari, descendirent dans l’arène de la bataille qui opposait le Sceau des envoyés aux Qurayshites. Il n’y avait pas quelqu’un d’aussi virulent qu’elle et aussi méchant que son époux.

C’est d’elle et de son mari qu’il est question dans la sourate 111 intitulée « Al-Massad », ce qui augmentera davantage leur colère et leur agression :

Que périssent les deux mains d´Abu-Lahab et que lui-même périsse. Sa fortune ne lui sert à rien, ni ce qu´il a acquis. Il sera brûlé dans un Feu plein de flammes. De même sa femme, la porteuse de bois, à son cou, une corde de fibres.

Lorsque cette sourate fut revelée, Umm Jamil, la femme d’Abu Lahab, chercha le Prophète  qui se trouvait avec Abu Bakr dans l’enceinte de la Ka’ba. Ce dernier, en voyant Umm Jamil s’avancer vers eux, dit au Prophète :

– Mets-toi de côté ou quitte la mosquée car il semble qu’elle est venue t’agresser.

Abu Bakr, quelque peu surpris, reçut cette réponse :

– Il y aura comme un écran entre elle et moi. Ainsi elle ne le vit pas.

La femme d’Abu Lahab dit à Abu Bakr sur un ton coléreux, tout en dévoilant son ignorance sur l’origine et la portée de la révélation divine :

– Ton compagnon fait de la poésie contre moi.

Abu Bakr répliqua comme pour rectifier l’erreur de cette femme perfide et lui expliquer la vraie dimension du Livre de Dieu :

– Par Allah ! Il ne dit pas de la poésie.

Quand elle partit, étonné, Abu Bakr dit à son ami :

– Ô Envoyé de Dieu ! Comment se fait il qu’elle n’a pas pu te voir alors que tu es assis près de moi, aussi visible que moi même ?

Le Prophète  répondit en souriant, insouciant de l’incrédulité de cette femme vouée, incontestablement, aux affres du Feu :

– En effet, un ange s’est interposé entre elle et moi.

Le Mariage de Ruqiyya et ‘Uthman Ibn ‘Affan

En renvoyant les deux filles chez leurs parents, Abu Lahab et sa femme Umm Jamil pensaient perturber la famille du Prophète.

Ainsi, leur tentative échoua lamentablement d’autant que Uthman Ibn Affan ne tarda pas à demander la main de Ruqiyya. Celle ci allait connaître une meilleure vie conjugale avec cet homme qui faisait partie des dix hommes auxquels le Paradis avait été promis. Il appartenait à la jeunesse dorée des Quraysh. Cette union venait renforcer la communauté musulmane, d’autant plus que ses membres étaient disposés à sacrifier leurs biens et leur vie pour le triomphe de la religion de Dieu.

L’émigration en Abyssinie

Lorsque le Prophète  vit que l’oppression s’accentuait et qu’il n’avait aucun moyen de s’y opposer, il ordonna aux croyants d’émigrer en terre d’Abyssinie où régnait un roi juste, incapable de faire du mal aux gens.

Uthman Ibn Affan a été le premier à émigrer accompagné de sa femme Ruqiyya. Celle ci ne pouvait pas retenir ses larmes. Elle embrassa son père, sa mère et ses soeurs avant de suivre son mari vers ce pays étranger qu’elle voyait pour la première fois.

Les Abyssins accueillirent convenablement les premiers émigrants et le Négus les laissa vaquer à leurs occupations en toute liberté. Il leur permit de pratiquer leur religion sans qu’aucun ne puisse exercer sur eux une quelconque contrainte.

Cet état ne fit qu’accroître la colère des associateurs mecquois. Ils n’admettaient pas que des musulmans puissent vivre en sécurité. Ainsi, ils décidèrent d’envoyer une délégation pour convaincre le Négus de renvoyer les émigrants à la Mecque, mais le Roi Chrétien refusa de les expulser à cause de leur croyance à Jésus Christ.

L’échec de la tentative procura une immense joie aux musulmans qui allaient vivre en paix, sans toutefois oublier leur patrie.

Ruqiyya était de celles qui avaient le plus de nostalgie. Il est vrai que c’était la première fois de sa vie qu’elle se séparait de son père, sa mère et ses soeurs. Cependant, les événements qu’elle avait subis à la Mecque et les fatigues du trajet jusqu’en Abyssinie avaient quelque peu épuisé ses forces. Sa santé était si fragile qu’elle ne pouvait supporter le bébé qui était dans son ventre. Ce fut alors qu’elle fit une fausse couche. Dieu merci, elle aura un autre enfant une année plus tard. Elle lui donna le nom de son grand-père : ‘Abd Allah.

La faiblesse ressentie par Ruqiyya ne la découragea pas parce qu’elle était entourée des soins de son mari et de l’attention des émigrants. Leur précieuse aide lui fit surmonter la crise morale dont elle avait été atteinte. Sa santé s’améliora encore davantage quand elle apprit que le blocus organisé autour de sa famille avait été levé.

Les nouvelles lui parvenaient, de temps à autre, de la Mecque. Ce fut ainsi qu’elle apprit que de nouveaux membres étaient venus renforcer la communauté musulmane. L’information la plus importante portait sur l’annonce de la réconciliation des assiciateurs avec son père. Cette fausse nouvelle s’était propagée à la suite de la mauvaise interprétation qui a été faite sur ce qui est appelé « les versets sataniques ». La révélation avait mis les choses au point mais les émigrants ne l’avaient pas appris à temps. Aussi, leur éventuel retour à la Mecque les remplissait de joie.

Le Retour à la Mecque

En effet, quelques temps après, des émigrants firent les préparatifs nécessaires pour leur retour. Les partants étaient au nombre de trente trois conduits par Uthman Ibn Affan, accompagné de sa femme et de son nourrisson Abd Allah. La perspective de revoir leurs familles et leurs amis les comblait de gaieté et d’allégresse. Ils se voyaient déjà vivre dans la tranquillité et la paix.

Hélas ! Ils s’aperçurent que rien n’avait changé. Les musulmans mecquois étaient toujours harcelés et brutalisés par les mécréants. Ruqiyya entra néanmoins dans la maison de ses parents en toute confiance. Elle entoura de ses bras ses soeurs Um Khatum et Fatima, ignorant la mauvaise nouvelle qui l’attendait. Elle tourna son regard à droite et à gauche et demanda :

– Où est mon père et où est ma mère ?

Elle apprit que son père était allé à la rencontre des émigrants. Puis, un silence pesant s’abattit dans la maison. Elle répéta sa question :

Et ma mère où est-elle ? , le coeur palpitant.

Um Kaltoum se tut. Quant à Fatima, elle sortit de la chambre, ses yeux gonflés de larmes. Ruqiyya se dirigea vers la chambre de sa mère qu’elle trouva vide. Elle comprit que celle qui lui donna le jour, n’était plus de ce monde. Elle demeura pétrifiée de douleur jusqu’à l’arrivée de son père qui la consola

L’émigration à Médine et décès de Ruqiyya

Ruqiyya ne resta pas longtemps à la Mecque. Après l’émigration de son père à Médine, ce fut ensuite son tour d’aller le rejoindre, en compagnie de son mari.

A Médine, elle feignit d’oublier la mort de sa mère et les misères qu’elle traversait depuis que son père s’était mis à appeler les gens à se conformer à la religion de Dieu. Hélas, Dieu lui fit connaître de nouvelles épreuves. En effet, son fils Abd Allah mourut alors qu’il n’avait que six ans. Elle tomba elle même malade, entourée par les soins de son mari.

Ruqiyya était dans un état critique quand elle entendit l’appel au Jihad. C’était la mobilisation des Muhajirins et des Ansars qui allaient affronter l’ennemi à Badr. Uthman aurait souhaité répondre à cet appel mais son coeur ne l’autorisait pas à quitter Ruqiyya qui luttait contre les affres de la mort. D’ailleurs, le Prophète  l’en dispensa, lui ordonnant de demeurer au chevet de sa femme mourante. Quelques temps après, elle perdit l’âme, au moment où l’annonce de la victoire des croyants sur les mécréants se répandit dans toute la ville de Médine.

Le Prophète  arriva, s’approcha du lit de la défunte et l’embrassa sur le front en signe d’adieu. Ensuite, il alla consoler Fatima qui, courbée sur le lit de sa soeur, versait de chaudes larmes.

Toutes les croyantes accoururent en apprenant la malheureuse nouvelle de la mort de Ruqiyya. Aucune d’elles ne pouvait retenir ses larmes, tant une profonde tristesse agitait leurs coeurs. Leurs cris irritèrent Umar Ibn Khattab qui les réprimanda en leur disant que ce lieu avait besoin de calme et de tranquillité. Le Prophète , stoppa leurs lamentations en disant :

– Tout ce qui est dans les yeux et le coeur émane de Dieu et de sa Miséricorde. Quant à ce qui vient de la main et de la langue est produit par Satan.

Après quoi, il fit la prière sur sa fille Ruqiyya, cette femme qui avait connu deux émigrations, l’une en Abyssinie et l’autre à Médine et dont la mort coïncida avec l’éclatante victoire de la foi sur la mécréance à Badr.

Qu’Allah soit satisfait de Ruqiyya 

Extrait du Livre

La maison du Prophète : Ses épouses, ses filles,…

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Zaynab  était la fille aînée de l’Envoyé de Dieu  et de Khadija . Sa naissance précéda de dix ans, la révélation divine faite à son père. Quant à sa mère, elle entrait dans sa quarante cinquième année.

Elle épousa son cousin Abû-l-Âs Ibnu Rabi’, qui faisait partie des hommes riches et honorables de la Mecque.

Ils eurent deux heureux événements, en premier lieu la naissance d’une fille dénommée Oumama et plus tard, un garçon prénommé Ali. Ces circonstances ont eu lieu juste avant l’Hégire du Messager de Dieu.

Les premiers à croire à sa mission et à rallier l’Islam furent sa femme Khadija, Zeinab et ses soeurs, Ali fils de Abi Talib ainsi que Zaïd, fils de Harith (que Dieu les agrée), qui faisait partie de la famille du Messager de Dieu saws. Ce fut la première famille islamique.

De retour d’un voyage, Abû-l-Âs fut mis au courant au sujet de la nouvelle religion que son beau-père devait communiquer au peuple, à savoir, l’adoration d’un Dieu unique. Zaynab exhortait son époux à se rallier à sa foi. Hélas, il déclina l’offre, argumentant sur le fait que l’on dise, qu’il a soi-disant abandonné la religion de ses aïeux pour l’Islam, et tout cela à cause de sa femme.

Les Qurayshites multipliaient leur agressivité à l’égard du Prophète saws. Ce fut ainsi que les notables de Quraysh décidèrent, dans une proclamation, affichée à la Kaaba, d’organiser un blocus autour de la famille du Prophete saws. Celui ci, ses parents et ses adeptes furent isolés dans un terrain, non loin de la Mecque. Le blocus dura trois longues années.

Certes Zaynab ne faisait pas partie de ceux qui avaient été bannis. Mais les nouvelles de sa famille lui parvenaient jusqu’à la maison de son mari. Elle ne pouvait qu’être peinée par l’état dans lequel son père, sa mère et ses soeurs vivaient.

Cet isolement prit fin après que quelques personnalités mecquoises se révoltèrent contre le sort réservé au Prophète saws. Ils décidèrent d’arracher la proclamation des murs de la Kaaba. Enfin, si la vie relativement normale reprit son court, il n’en resta pas moins que ce blocus eut de néfastes répercussions sur la santé de son oncle Abu Talib et de sa femme Khadija.

En effet, Abu Talib qui accordait sa protection au Prophète saws, mourut six mois après la fin du blocus, suivi trois jours après par la mort de Khadija. Ainsi, les premiers soutiens du Prophète saws disparurent.

Les idolâtres redoublèrent alors leur persécution jusqu’à ce que vint l’ordre du Messager de Dieu sawsd’émigrer. Une petite partie des fidèles se rendirent en Abyssinie dont sa soeur Ruqyiya. Le reste des fidèles finirent par quitter la Mecque pour se rendre à Médine, suivi plus tard par le prophète Muhammad et son fidèle compagnon Abou Bakr (que Dieu l’agrée). Zaynab demeura ainsi seule à la Mecque en compagnie de ses enfants.

Lors de la bataille de Badr, les Musulmans étaient approximativement trois cents, alors que les Qoraychites furent un millier. Pourtant, les musulmans remportèrent la victoire avec l’aide du Tout Puissant. Rentrant victorieux à Médine avec un butin et de nombreux prisonniers de guerre, parmi lesquels se trouvait Abû-l-Âs.

Les Musulmans avaient exigé une rançon contre la liberté des captifs. A la Mecque, les Qorayshites se rendirent chez les parents des détenus, afin de réunir la rançon réclamée. Ils se rendirent chez Zeinab (que Dieu l’agrée) lui réclamant le prix de la rançon contre la liberté de son mari. Elle ne possédait que le bijou que Khadija lui offrit lors de son mariage. Le Prophète saws l’ayant reconnue, il pleura et expliqua aux musulmans les faits, leur demandant avec leur approbation la liberté d’Abû-l-Âs.

Abû-l-Âs rentra ainsi chez lui. Quand Zaynab le vit, elle sauta de joie. Cependant, ces retrouvailles allaient être suivies par une nouvelle séparation. En effet, le Prophète saws avait demandé que sa fille lui soit ramenée à Médine. Il n’était plus possible à une croyante d’être unie à un mécréant.

Il faut rappeler que les deux soeurs de Zaynab, Ruqiyya et Umm Kaltoum, furent répudiées par leurs maris idolâtres. Par contre celui de Zaynab refusa de divorcer malgré la promesse des notables de son clan de le marier le plus rapidement possible.

Malgré l’amour qu’elle portait à son mari, Zaynab était une fille obéissante. Elle ne pouvait pas aller à l’encontre de la décision de son père, d’autant plus qu’elle revêtait un caractère religieux. Enceinte, elle s’apprêta à émigrer, les préparations terminées, elle se mit en route en plein jour et devant les Qoraychites, accompagnée seulement par le frère de son conjoint. La nouvelle de son exode est parvenue aux oreilles des ennemis de l’Islam, et la blessure de la défaite était encore béante chez eux, et l’auteur n’était autre que son père, il fallait se venger, ils envoyèrent quelques hommes pour les intercepter.

Ils finirent par les rejoindre hors de la Mecque. Le premier qui les aperçut, fut Habbâru Ibn al-Aswad qui avait perdu à Badr ses trois frères. Il piqua de sa lance le chameau sur lequel était montée Zaynab. Le chameau se rua et fit tomber Zaynab qui heurta un rocher tout prêt de là. Grand archer, son beau frère s’était mis en position l’arc à la main, la défendant contre quiconque voulait s’approcher d’elle. A cet instant précis, Abou Soufyan, qui ne se trouvait non loin de là, intervint en disant :

Ô Kinâna (le frère du mari de Zaynab), Baisse ton arc. Nous avons à parler ! Je ne m’oppose pas au départ de Zaynab qui va rejoindre son père. Cependant, vous partez en plein jour, au vu et au su de tous alors que tu connais le malheur qui nous a frappé à Badr. En te laissant partir, les gens prendront cela comme une humiliation et une faiblesse de notre part. Retourne donc sur tes pas et attends que le calme revienne. Les gens sauront que nous nous sommes opposés à ce départ. Ensuite, tu reprendras Zaynab et tu la conduiras chez son père discrètement.

Zaynab était à terre, le sang coulant de sa blessure provoquée par sa chute. Kinâna fit demi-tour avec sa belle sœur à la Mecque où malheuresement elle perdit son foetus. Son mari resta avec elle jusqu’au moment où ses blessures se cicatrisèrent. Une fois ses forces revenues, elle quitta la Mecque avec son beau frère. Cette fois les poursuivant de la veille fermèrent leurs yeux.

Médine accueillit la fille du Prophète avec enthousiasme. Le Prophète saws montra sa joie, d’un côté, mais il était courroucé par le traitement que les idolâtres avaient fait subir à sa fille.

Zaynab vécut, au cours des six premières années à Médine, dans la sérénité, si ce n’est l’espoir d’apprendre un jour que son mari venait d’embrasser l’islam. C’est que depuis son arrivée auprès de son père, des centaines et des centaines de gens avaient rejoint la religion de Dieu. Elle voyait que la victoire que le Très Haut avait promis à son Messager était certaine.

Un matin, à l’heure de la prière du fajr, elle entendit sa porte s’ouvrir lentement et avec précaution. Soudain, elle vit son mari, debout au seuil de la maison. Elle fut transportee de joie et cria: «Abû-l-Âs ! Abû-l-Âs !». Ces retrouvailles n’etaient pas toutes empreintes de joie. L’époux de Zaynab n’était pas venu a Médine en tant que Musulman mais comme fugitif. II demeurait encore associateur comme il l’était avant. Il lui donna alors les explications suivantes:

– Ô Zaynab! Je ne suis pas a Yathrib en tant que musulman. Je revenais de Syrie avec une caravane transportant certaines marchandises à moi et d’autres à un groupe de Qurayshites. Au cours du chemin, une expédition militaire, conduite par Zayd Ibn Harith et comprenant cent soixante-dix hommes, nous intercepta. J’ai réussi à leur échapper. Je me suis caché jusqu’à la tombée de la nuit. A présent, je suis là en cachette et je me place sous ta protection.

Zaynab etait angoissée. Elle ne savait quelle attitude prendre. Elle garda le silence et entendit son père prononcer le takbîr de la priere de l’aube. A la fin de l’office, elle sortit au seuil de la porte et voyant les croyants sortir en groupe de la mosquee, elle cria:

– Ô vous les gens ! Sachez que j’ai sous ma protection Abû-l-Âs Ibn Rabi’.

L’Envoyé de Dieu saws dit à son entourage:

– Avez vous entendu ce que j’ai entendu ? Ayant reçu une réponse positive, il ajouta « Par celui qui détient l’âme de Muhammad dans ses mains, je n’étais pas au courant de cette nouvelle jusqu’au moment où je l’ai entendue comme vous. » Il poursuivit après un court silence : « Je place sous ma protection ce que ma fille a placé sous sa protection« .

Le Prophete saws entra chez sa fille. Dès que Zaynab le vit, elle s’écria, attendant de lui son approbation et son soutien:

 Ô Envoyé de Dieu ! Si Abû-l-Âs est proche, c’est qu’il est le fils d’un oncle. Et s’il ne l’est pas, il reste le père d’un enfant. Je déclare qu’il est sous ma protection.

Son généreux père manifesta de la tendresse à sa fille. Cependant, il lui apprit qu’étant musulmane et lui associateur, elle n’était plus licite pour lui. Zaynab comprit que l’union conjugale était, à présent, interdite par la religion de Dieu puisque celle-ci n’autorisait pas le mariage d’une croyante avec un idolâtre. Aussi, lui dit-elle d’un ton triste: «C’est le moment de notre séparation». Abul-‘As se cacha le visage afin que son épouse ne voit pas les larmes qui coulaient sur ses joues. Apres quoi, il leva la tête et lui dit d’un ton calme et pondéré:

– « Hier, il m’a été proposé d’embrasser l’Islam et de prendre avec moi les biens que je transportais. Mais ces biens appartiennent aux associateurs. Aussi ai-je refusé d’obtempérer. C’est qu’il est malheureux que ma vie de musulman commence en trahissant la confiance de ceux qui m’ont remis leur dépôt. »

Zaynab le regarda bien en face, cherchant a déchiffrer la pensée de son mari. Elle n’en croyait pas ses oreilles. Etait-il vraiment disposé à embrasser l’Islam? Ce serait vraiment une nouvelle des plus importantes car ce serait leur retour à une vie conjugale commune.

Au matin, l’Envoye de Dieu saws envoya chercher Abu-l-‘As. Il se trouvait à la mosquée, entouré de quelques uns de ses Compagnons parmi lesquels ceux qui avaient participé a l’expédition et s’étaient emparés des marchandises de la caravane. Il leur dit:

– Comme vous le savez, cet homme est l’un de nous. Vous vous êtes saisie de sa marchandise. Si vous voulez lui rendre son bien, faites-le mais si vous ne le voulez pas, gardez-le car, faisant partie d’un butin de guerre, il est de votre droit de le garder.

Tous, d’une même voix, répondirent :

– Ô Envoyé de Dieu! Nous lui rendons les biens que nous lui avons pris.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Tous les biens, sans exception, furent restitués.

Au moment de se dire adieu, Abu-l-‘As promit à l’Envoyé de Dieu saws qu’il embrasserait l’Islam dès qu’il aurait remis les biens à leurs ayant droits.

Abu-l-‘As arriva à La Mecque. Les Mecquois étaient ravis de son retour avec des gains appréciables, conséquents à de fructueuses tractations commerciales. Il s’assura que tous avaient récupéré leurs biens. Puis, balayant du regard l’assistance, il dit avec calme et moderation mais d’une voix distincte pour qu’il puisse être entendu:

– « Je témoigne qu’il n’y a point de divinité en dehors de Dieu et je témoigne que Muhammed est le serviteur et l’Envoyé de Dieu. » Il continua : « Si je n’ai pas donné mon adhésion à l’Islam alors que je me trouvais à Médine, c’est pour que vous ne disiez pas que je voulais m’accaparer de vos biens. A présent que je vous ai restitué votre dû, je me déclare musulman. »

Après quoi, il partit en direction de Médine, laissant Ie public abasourdi par cette sensationnelle nouvelle. Quant à lui, il resplendissait de joie car il allait retrouver sa femme bien-aimée et vivre auprès d’elle le restant de leurs jours. Arrivé à Médine, il se dirigea vers la mosquée où se trouvait le Prophète. Sur son passage, les musulmans le saluaient et le félicitaient d’avoir embrassé l’Islam.

Mais lui, il etait préoccupé par une seule idée: est-ce que 1’Envoye de Dieu allait accepter une nouvelle union avec Zaynab? Etant musulman, rien ne s’opposait a ce qu’il vive sous le même toit que Zaynab. C’est pourquoi, le Prophète saws prit son beau-fils par la main et le conduisit chez sa fille. C’était ainsi que le rempart, qui les avait désunis, avait été détruit et que la vie conjugale entre les deux époux reprit naturellement.

Hélas, une année après la reprise des liens conjugaux, Zaynab mourut au début de l’an huit de l’Hégire. Cette fois, c’était une séparation definitive en ce monde.

C’est le Prophète saws qui la déposa dans sa tombe et on sait qu’il invoqua Allah en sa faveur.

Quant à Abû-l-`As, il survécut jusqu’au califat de `Umar.

Qu’Allah soit satisfait de Zaynab 

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