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Posts Tagged ‘Umm Kaltoum’

Un don d’Egypte

Maria , la copte (Chrétienne Egyptienne) naquit dans un village appelé Hifin, situé sur le bord oriental du Nil. Son père, était copte et sa mère aussi. Après sa première enfance, au début donc de sa jeunesse, elle alla résider, avec sa soeur Sérine, dans le palais du dirigeant des coptes. Elle vivait en ce lieu quand elle entendit parler d’un Prophète, habitant la Presqu’île arabique, qui appelait à une nouvelle religion céleste. Elle se trouvait dans le palais quand Hatib Ibn Abi Balta’a vint en délégation, porteur d’un message au roi. Celui-ci entra et remit la lettre en question.

Après : Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, la lettre appelait à embrasser l’Islam. Le roi lut le message, le plia avec soin et le plaça dans un étui qu’il remit à l’une de ses servantes. Ensuite, il se tourna vers Hatib et lui demanda de lui parler de ce Prophète et de le décrire. A la fin de l’exposé de l’émissaire du Prophète, il dit à Hatib :

– Je savais qu’il restait encore un prophète à envoyer. Je pensais qu’il allait se manifester dans le Shâm car c’est dans cette région que les messagers sont issus. Je vois qu’il vient d’apparaître dans une terre arabe… Malheureusement, les coptes ne m’obéiront pas.

Il ne pouvait donc embrasser l’Islam, sans quoi il risquerait certainement de perdre son trône. Or, il ne voulait pas se séparer de son autorité sur son peuple.

Dans sa réponse au Prophète , le roi le remercia en l’informant qu’il envoyait, avec son émissaire, deux femmes coptes, de hautes conditions sociales, ainsi que des vêtements somptueux et un mulet qu’il pourrait monter.

En remettant le message à Hatib, il s’excusa de ne pas répondre favorablement à son appel d’adhésion à l’Islam car les coptes sont attachés à leur religion. Il lui demanda également de garder secret ce qui vient de se produire entre eux, afin que son peuple n’en sache absolument rien.

Après quoi, Hatib partit avec les présents royaux et les deux soeurs, Maria et Sérine. Il était compréhensible que ces dernières quittent avec regret leur patrie. Pour apaiser leur tristesse et leur faire oublier quelque peu ce qu’elles viennent d’abandonner, Hatib se mit, en cours de route, à leur raconter l’histoire antique du pays des Arabes. Il leur conta les récits et les légendes que le temps avait tissés autour de la Mecque et du Hijaz au cours des siècles. Après quoi, il leur parla du Prophète et de l’Islam. Il sut choisir les faits les plus convaincants et les arguments les plus probants, si bien que les deux soeurs furent réjouies de ce qu’elles venaient d’entendre et leurs coeurs s’ouvrirent à l’Islam et à son Prophète.

Arrivée et vie à Médine

L’arrivée de Maria et de sa soeur eut lieu en l’an VII de l’Hégire. Le Prophète  venait de revenir de Hudaybiyya où il conclut un pacte avec les Qurayshites. Maria lui plut et la prit pour épouse. Quant à sa soeur, il la maria avec son poète Hasan Ibn Thabit. Le bruit courut à travers la ville qu’une belle Egyptienne, aux cheveux longs, venait d’arriver des rivages du Nil et qu’elle avait été offerte en cadeau à l’Elu de Dieu.

Une année s’écoula et Maria menait une vie heureuse. Sa nostalgie de l’Egypte s’estompa. A présent, elle se familiarisa avec la vie médinoise et vivait paisiblement dans la Maison du Prophète. Aussi, accepta-t-elle volontiers de porter le Hijab, au même titre que les Mères des croyants.

Sa situation s’identifiait quelque peu à Hagar, la femme d’Abraham, qui, elle aussi, quitta l’Egypte, dans son état d’esclave, pour venir s’installer au Hijaz, en femme libre. Présentement, la différence portait sur le fait que sa compatriote donna naissance à Ismael. Allait-elle, à son tour, donner un enfant au Prophète ? C’est que son mari, depuis la mort de Khadija eut plusieurs épouses, pourtant, aucune d’elles ne lui donna un héritier mâle.

La bonne nouvelle

Deux années s’étaient écoulées depuis son mariage avec l’Envoyé de Dieu. Le souvenir de Hagar et d’Ismael continuait à habiter son esprit quand, un jour, elle sentit qu’elle portait un enfant dans son ventre. Cependant, elle n’y croyait pas, se figurant que ce n’était qu’une illusion qu’elle se faisait. C’était peut-être son imagination qui lui jouait un tour. C’est pourquoi, vivant encore dans le doute, elle cacha la nouvelle pendant un ou deux mois. Cependant, au fur et à mesure que la grossesse prenait forme, le doute se transforma en certitude. Ce n’était plus un rêve mais bel et bien une réalité.

Maria communiqua d’abord la bonne nouvelle à sa soeur Sérine qui l’assura qu’elle portait bien un enfant dans son ventre. Elle fut transportée de joie et elle annonça au Prophète  la prochaine naissance d’un enfant. Celui ci leva les yeux au Ciel et remercia, à son tour, son Créateur. Sa joie atténua quelque peu la tristesse qui l’envahi après le décès de ses filles Zaynab, Ruqiya et Umm Kaltoum.

L’évènement ne tarda pas à faire le tour de la ville :

– L’Elu de Dieu attendait un enfant de Maria l’Egyptienne.

Nous pouvons imaginer le désarroi des autres épouses. Voilà une femme étrangère enceinte alors qu’elle n’avait séjourné qu’une année avec le Prophète, au moment où elles-mêmes n’avaient pas porté de descendant dans leur ventre après plusieurs années dans sa Maison. C’était le destin.

Le Prophète craignait pour la santé de Maria. Aussi, la transporta-t-il dans les faubourgs de Médine afin qu’elle jouisse du calme et préserve la santé de l’enfant qui allait naître. Sérine resta auprès de sa soeur Maria pour prendre soin d’elle jusqu’au jour de la naissance, à savoir la nuit du mois de Dhu-l-Hijja, an VIII de l’Hégire. Le Prophète  fit appel à une sage-femme et s’isola dans un coin de la maison où il s’adonna aux prières et aux implorations.

La sage femme lui annonça la naissance d’un garçon qui, issu d’un homme libre, allait affranchir sa mère de son état d’esclave. L’envoyé de Dieu  était transporté de joie. Il nomma son fils Ibrahim, nom du père des croyants. Il distribua en aumônes une quantité d’orge égale au poids du nourrisson.

Un jour, le Prophète  prit son fils dans ses bras et le porta chez Aisha afin que celle-ci puisse y voir les traits similaires aux siens. Certes, l’épouse préférée retint ses larmes de joie. Elle se retint de montrer sa jalousie mais elle la manifesta sous une autre forme :

– Je ne vois aucune ressemblance entre toi et ce fils.

Aisha avait dit plus tard, qu’elle n’avait jamais été jalouse d’une femme autant que de Maria car elle était non seulement belle mais aussi Dieu lui accorda un enfant alors que les autres épouses en étaient privées.

Le décès d’Ibrahim

Hélàs ! Le bonheur de Maria ne dura qu’une année et un peu plus. Elle allait connaître une épreuve terrible et une période amère : la perte de son enfant. Celui ci tomba malade alors qu’il n’avait pas encore clos ses deux années. Maria fit appel à sa soeur pour lui tenir compagnie et veillait avec elle autour du lit d’Ibrahim. Cependant, la vie de ce dernier commença à s’éteindre petit à petit.

Le Prophète , apprenant la mauvaise nouvelle, arriva à la maison, appuyé sur l’épaule de Abd ar-Rahman ibn Awf, parce que la douleur et la souffrance lui firent perdre ses forces. Il prit son fils dans les bras de sa mère et le mit sur ses genoux, le coeur triste.

Il ne restait plus à l’Elu de Dieu qu’à dire que telle était la volonté divine. La mort était le lot de tous les humains. Les derniers rejoindront toujours les premiers, ajoutant un deuil à un autre. Certes, les yeux pleurent et le coeur est triste, mais, en aucune manière, ils ne se lamentent du sort décidé par le Créateur.

Il se tourna vers Maria, attendri par l’état où elle se trouvait. Il lui dit :

– Ibrahim est mon fils. Son allaitement se poursuivra au Paradis.

Il fit alors appel à son neveu, al-Fadl, le fils de ‘Abbas pour laver le petit garçon tandis que lui, il demeura assis dans un coin, triste. Ensuite, il ensevelit son fils, s’acquitta d’une prière de quatre unités et l’ensevelit lui-même dans le cimetière d’al-Baqi.

L’éclipse solaire

Au retour de l’enterrement, le soleil se voila et l’horizon s’obscurcit. Quelqu’un dit :

– L’éclipse du soleil est conséquente à la mort d’Ibrahim.

Cette réflexion parvint aux oreilles du Prophète . Il se tourna vers ses compagnons et leur dit :

– Le soleil et la lune sont deux des signes de Dieu. Ni l’un ni l’autre ne s’éclipsent ni à la mort ni à la vie de quelqu’un.

De son côté Maria, la blessure au coeur, fit preuve de patience, acceptant avec résignation la volonté de Dieu. Elle resta cloîtrée dans sa chambre pendant la durée de l’enterrement. Ensuite, elle alla au cimetière, s’assit près de la tombe de son fils. Elle ne pouvait retenir ses larmes. Elle les avait retenues jusque là devant son mari, pour ne pas aggraver la blessure de ce dernier. Mais là, seule, ses yeux exprimaient la forte douleur de son coeur.

Le Prophète  mourra une année plus tard. Il laissa Maria veuve. Celle-ci mourut en l’an XVI de l’hégire. Le calife Umar appela les gens à se rassembler et à suivre le cercueil. Il pria sur sa tombe et l’enterra dans le cimetière de Baqi.

Islammedia 2011

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Ni l’amertume, ni le désappointement n’effleurèrent l’esprit de Muhammed  et Khadija  à la naissance d’une troisième fille, Um Kaltoum  . Pourtant, cette nouvelle aurait chagriné n’importe quel autre père qui n’ayant pas d’enfant mâle se serait sentit humilié. Au contraire, Muhammed  et Khadija ont remercié Dieu de leur avoir offert ce petit bijou qui réjouissait leurs yeux.

Comme ses soeurs, elle reçut la meilleure éducation.

Le mariage des deux soeurs :

Quelque temps après le mariage de Zaynab avec Abu l-As Ibnu-r-Rabi’, une délégation de la famille de Abd al-Muttalib arriva dans la maison de Muhammad . Elle etait venue pour demander la main de Um Kaltoum et sa grande soeur Ruqiyya pour ‘Utayba et ‘Ataba, les deux neveux de ‘Abdul-‘Uzza.

Les deux filles n’avaient rien à reprocher aux deux prétendants, mais elles s’inquietèrent de la réputation de Umm Jamila, la femme de ‘Abdul-‘Uzza et mère des deux jeunes hommes, qui était connue pour avoir un coeur dur, insensible aux malheurs des autres. Elle était, de plus, une mauvaise langue.

Mais Ruqiyya et Um Kaltoum ne purent pas décliner la proposition de mariage, car un refus aurait été ressentit comme un affront et une humiliation à Umm Jamila, qui n’aurait pas hésité à créer une zizanie dans le clan Quraychite.

Ainsi, elles acceptèrent de se marier pour ne pas causer de problème entre leur Père Muhammed et ses proches parents. Il ne leur restait qu’à supporter l’animosité de ‘Abdu-l-‘Uzza et la malveillance de sa femme.

Répudiation des deux soeurs

Le Mariage ne durera pas longtemps. En effet, dès que le Prophète  commença sa mission et se mit a appeler les gens à la religion de la vérité, ses deux filles Umm Kaltoum et Ruqiyya furent chassées de la maison d »Abdu-l-‘Uzza surnommé Abu Lahab et retournèrent auprès de leur père et leur mère.

Les membres de la famille des deux maris, enracinés dans leur idolâtrie, avaient été encouragés par les Quraysh, aussi entêtés dans leur mécréance qu’eux, à répudier les deux filles sans tarder :

– En vous mariant avec ses filles, vous avez soulagé Muhammad de ses soucis. Rendez lui donc ses filles pour le faire replonger dans ses insolubles problèmes.

Ils promirent aux deux fils d’Abu Lahab de les marier avec n’importe quelles autres femmes qurayshites qui leur plairaient.

Le blocus décrété par les mécréants

Dieu avait voulu faire du bien à Um Kaltoum en la divorçant de ‘Utayba Ibn Abu Lahab. Elle avait été délivrée de la fureur d’Umm Jamil, la porteuse de bois, ainsi que l’avait décrite le Coran. Donc, après sa répudiation, Umm Kaltoum rejoignit la maison paternelle et vécut avec sa soeur Fatima à la Mecque.

Cela lui donna l’occasion d’aider sa mère Khadija, et son père qui revenait à chaque fois exténué par les offenses dont ses compatriotes l’accablaient. Les deux femmes étaient là pour le soulager de ses souffrances morales.

Entre temps, Hamza rallia les rangs de la communauté musulmane suivi de Umar Ibn Khattab. Umm Kaltoum se sentait quelque peu soulagé car elle voyait que son père était à présent entouré d’hommes vaillants, capables de lui apporter une aide précieuse.

Cependant, la vindicte des Quraysh était tenace. Aussi Umm Kaltoum subit avec ses parents et toute la famille Hashimite, sauf Abu Lahab, le blocus organisé par les mécréants. Elle mangea avec eux les feuilles des arbres quand ils n’avaient pas de quoi se nourrir décemment. Pendant trois ans, toutes les nourritures, qu’ils recevaient, leur parvenaient clandestinement par des amis et des alliés.

Cette pénible situation n’ébranla pas pour autant la foi d’Umm Kaltoum. Elle était certaine de la victoire de son père bien qu’elle avait, comme tous les autres, si faim qu’elle portait à sa bouche tout ce qui lui paraissait consommable. Cet état dura jusqu’au jour où un groupe d’assiociateurs eurent leur conscience troublée de voir des gens souffrir de la sorte. Beaucoup commencèrent à regretter leur acte. Ce fut ainsi, qu’une nuit, Hisham Ibn Amru arriva avec un chameau plein de provisions près du lieu du blocus. Il libéra la bête de ses rênes et celle ci se dirigea vers le campement.

Le Prophète  distribua le contenu entre tous les prisonniers du campement.

Quelques temps plus tard, Hisham Ibn Amr et d’autres hommes avec lui décidèrent de déchirer la proclamation du blocus. Arrivés à la Kaaba, ils trouvèrent la proclamation rongée par les termites. Il ne restait suspendu qu’un petit carré de papier où il était encore écrit :

« En ton Nom Seigneur Dieu – Bismika allahumma« . Devant ce spectacle imprévu, les Quraysh restèrent interloqués.

Fin du blocus et décès de Khadija

Les musulmans présents dans ce campement, applaudirent la bonne nouvelle. Tous ce préparèrent à quitter ce lieu de sacrifice et de privation et se dirigèrent vers la Ka’ba. Ils firent le tour de ce temple, après quoi, chacun retourna chez lui.

Dans la maison du Prophète , As-Sayyida Khadija se prépara à rencontrer son Seigneur. Quelques temps après la levé du blocus, alors que son mari se trouvait à ses côtés, elle rendit l’âme. Ses filles, Umm Kaltoum et Fatima entouraient son lit. Elles embrassèrent une dernière fois cette mère qui avait montré tant de courage, de persévérance et de ténacité devant l’adversité.

L’émigration à Médine

Le moment arriva ou Dieu ordonna au Prophète  d’émigrer à Yathrib. Il fit ses adieux à ses filles, avec l’espoir de les revoir à Médine et émigra avec son compagnon Abu Bakr.

La bonne nouvelle de leur arrivé à Yathrib, sains et sauf, arriva à la Mecque. Il était, à présent temps que les filles, Umm Kaltoum et Fatima, ainsi que la famille d’Abu Bakr rejoignent leur père sous la conduite de Zayd Ibn Haryth. La tristesse d’abandonner leur maison se mêlait à la joie de revoir leur père et de vivre avec lui au milieu d’autres émigrants et de leurs hôtes bienfaiteurs les Ansârs.

Deux années s’écoulèrent depuis l’émigration d’Umm Kaltoum et de Fatima. Cette période avait été pleine d’évènements. Umm Kaltoum était témoin du retour de son père victorieux à Badr. De la même manière, elle vécut la triste mort de sa chère soeur Ruqiyya.

Le mariage avec Uthman Ibn Affan

Au cours de la troisième année, les Quraysh continuaient à pleurer leurs morts de Badr et appelaient à la vengeance. Umm Kaltoum s’attendait que Uthman Ibn Affan demande sa main après la mort de sa femme Ruqiyya. Cependant, un léger incident faillit déranger ce projet. En effet, un jour du mois ar-Rabi’, le Prophète  rentra à la maison pour un repos bien mérité.

Il n’eût pas le temps de s’asseoir que ‘Umar Ibn Khattab  fit irruption chez lui, agité par la colère. Il se plaignit de l’attitude d’Abu Bakr  et de Uthman  parce qu’il avait proposé, à l’un puis à l’autre, de prendre pour femme sa fille Hafsa. Celle-ci avait perdu son mari Khunays Ibn Hadhafah. Si Abu Bakr garda le silence, Uthman lui répondit :

Je ne veux pas me marier aujourd’hui.

Umm Kaltoum entendit son père dire à Umar :

– Hafsa se mariera avec un homme meilleur que Uthman. Et Uthman se mariera avec une femme meilleure que Hafsa.

Elle comprit l’allusion et son coeur se mit à battre de joie. Alors le Prophète  l’appela et lui proposa de se marier avec Uthman. Elle donna son accord. Le mariage fut célébré et Umm Kaltoum rejoignit la maison de Uthman, où sa grande soeur avait également vécu.

Umm Kaltoum vécut six années dans la maison de Uthman. Elle avait vu l’Islam remporter victoire sur victoire, comme elle avait vu son père organiser des expéditions militaires les unes après les autres. Son mari était toujours aux côtés de son père. Il combattait en donnant sa fortune et en se disposant à sacrifier sa vie.

La générosité de Uthman Ibn Affan

Il y avait un puits nommé « puits de dawmah » qui appartenait à un Juif. Celui ci s’enrichissait en vendant de l’eau aux musulmans. Une fois, l’Envoyé de Dieu  dit à ses compagnons :

– Qui de vous achètera ce puits et le mettra à la disposition des musulmans pour qu’ils puissent s’alimenter librement en eau ? Celui qui le fera aura un abreuvoir spécialement réservé à lui au Paradis.

Uthman se proposa d’aller voir le Juif, propriétaire du puits. Il lui fit une proposition, mais le Juif ne daigna en vendre que la moitié au prix de douze mille dirham. Ainsi, il l’acheta. Il fut décidé que la propriété du puits serait un jour à Uthman et un jour au Juif. Quand le tour du premier arrivait, les musulmans emplissaient de l’eau de sorte que ce liquide leur suffise pendant deux jours. Quand le Juif vit ce qui se passait, il lui dit :

Tu m’as privé d’une source de revenu. Achète donc l’autre moitié pour huit mille dirham. C’est ce qui fut fait.

Une autre fois, le Prophète  demanda à ses compagnons :

Qui de vous voudrait agrandir notre mosquée ? Uthman acheta un terrain qui permit d’élargir l’espace du lieu de prière.

Au mois de Dhu-l-Qi’da, an VI de l’hégire, Umm Kaltoum vit son père quitter Médine à la tête d’environ mille cinq cents compagnons. Il voulait aller à la Mecque pour effectuer la Umra, le petit pèlerinage. Tous partirent sans armes, sauf leurs épées gardées dans leurs fourreaux. Ce qui signifiait qu’ils n’avaient pas l’intention de livrer une bataille. Les Mecquois s’opposèrent à l’entrée des musulmans dans leur cité. Ils les bloquèrent à Hudaybiyya. Le Prophète  envoya Uthman comme émissaire afin qu’il fasse savoir aux associateurs que les musulmans n’ont pas d’intention belliqueuse. Leur seul désir est seulement de s’acquitter des rites de la Umra.

En apprenant que son mari avait été désigné en qualité d’émissaire pour le camp ennemi, Umm Kaltoum sentit de fortes palpitations dans son coeur. Elle n’ignorait pas que son père avait une grande confiance en son époux. Il était digne de confiance d’accomplir une mission aussi délicate et périlleuse. Cela ne l’empêcha pas de craindre pour sa vie. La fausse nouvelle de la mort de Uthman, tué par les idolâtres, se répandit à Médine. Son angoisse se transforma alors en une profonde consternation tant son chagrin n’avait plus aucune limite.

Quant au Prophète , il appela les croyants à prêter le serment « bay’atu-r-ridwan » de venger Uthman. Cependant le deuil d’Umm kaltoum ne dura pas longtemps puisque son mari était revenu, sain et sauf, de sa mission. Un traité fut signé entre les deux parties dans lequel les mecquois autorisaient les musulmans à revenir l’an prochain accomplir leur devoir. C’est ce qui fut fait.

Triomphe de l’Islam et décès d’Umm Kaltoum

Deux années après le pacte de Hudaybiyya, les musulmans entrèrent triomphalement à la Mecque. Ainsi, Umm Kaltoum assista à la victoire finale de l’Islam. En ce moment où la voie était libre pour ce qui voulait retourner chez lui à la Mecque, elle se rappela sa mère et ses deux soeurs Zaynab et Ruqiyya, toutes ensemble dans leur maison familiale. Umm Kaltoum était aussi témoin de l’expédition de Tabuk au mois de Rajab, an IX de l’hégire. Ce fut avec l’argent de son mari que l’armée musulmane fut équipée. Il offrit neuf cents cinquante chameaux. Il ajouta cinquante chevaux pour boucler le chiffre de mille. Tous ces évènements ne pouvaient que réjouir Umm Kaltoum.

Hélas ! Tout a une fin. Umm Kaltoum mourut dans la maison de son époux, en l’an IX de l’hégire sans laisser de descendance. Le Prophète  demeura debout devant la tombe de sa fille, les yeux pleins de larmes et le coeur serré de souffrance. Il ne restait auprès de lui que Fatima, la plus jeune des filles.

Ainsi Umm Kaltoum mourut avant son père qui retournera auprès de son Créateur une année plus tard. Sa mort lui évita d’assister à la mort tragique de son mari Uthman, assassiné par des assiégeants en furie et qui, après elle, épousa deux autres femmes : Umm al-Banin bint Ubayda et Naïla Bint al-Farâfasa.

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Zaynab  était la fille aînée de l’Envoyé de Dieu  et de Khadija . Sa naissance précéda de dix ans, la révélation divine faite à son père. Quant à sa mère, elle entrait dans sa quarante cinquième année.

Elle épousa son cousin Abû-l-Âs Ibnu Rabi’, qui faisait partie des hommes riches et honorables de la Mecque.

Ils eurent deux heureux événements, en premier lieu la naissance d’une fille dénommée Oumama et plus tard, un garçon prénommé Ali. Ces circonstances ont eu lieu juste avant l’Hégire du Messager de Dieu.

Les premiers à croire à sa mission et à rallier l’Islam furent sa femme Khadija, Zeinab et ses soeurs, Ali fils de Abi Talib ainsi que Zaïd, fils de Harith (que Dieu les agrée), qui faisait partie de la famille du Messager de Dieu saws. Ce fut la première famille islamique.

De retour d’un voyage, Abû-l-Âs fut mis au courant au sujet de la nouvelle religion que son beau-père devait communiquer au peuple, à savoir, l’adoration d’un Dieu unique. Zaynab exhortait son époux à se rallier à sa foi. Hélas, il déclina l’offre, argumentant sur le fait que l’on dise, qu’il a soi-disant abandonné la religion de ses aïeux pour l’Islam, et tout cela à cause de sa femme.

Les Qurayshites multipliaient leur agressivité à l’égard du Prophète saws. Ce fut ainsi que les notables de Quraysh décidèrent, dans une proclamation, affichée à la Kaaba, d’organiser un blocus autour de la famille du Prophete saws. Celui ci, ses parents et ses adeptes furent isolés dans un terrain, non loin de la Mecque. Le blocus dura trois longues années.

Certes Zaynab ne faisait pas partie de ceux qui avaient été bannis. Mais les nouvelles de sa famille lui parvenaient jusqu’à la maison de son mari. Elle ne pouvait qu’être peinée par l’état dans lequel son père, sa mère et ses soeurs vivaient.

Cet isolement prit fin après que quelques personnalités mecquoises se révoltèrent contre le sort réservé au Prophète saws. Ils décidèrent d’arracher la proclamation des murs de la Kaaba. Enfin, si la vie relativement normale reprit son court, il n’en resta pas moins que ce blocus eut de néfastes répercussions sur la santé de son oncle Abu Talib et de sa femme Khadija.

En effet, Abu Talib qui accordait sa protection au Prophète saws, mourut six mois après la fin du blocus, suivi trois jours après par la mort de Khadija. Ainsi, les premiers soutiens du Prophète saws disparurent.

Les idolâtres redoublèrent alors leur persécution jusqu’à ce que vint l’ordre du Messager de Dieu sawsd’émigrer. Une petite partie des fidèles se rendirent en Abyssinie dont sa soeur Ruqyiya. Le reste des fidèles finirent par quitter la Mecque pour se rendre à Médine, suivi plus tard par le prophète Muhammad et son fidèle compagnon Abou Bakr (que Dieu l’agrée). Zaynab demeura ainsi seule à la Mecque en compagnie de ses enfants.

Lors de la bataille de Badr, les Musulmans étaient approximativement trois cents, alors que les Qoraychites furent un millier. Pourtant, les musulmans remportèrent la victoire avec l’aide du Tout Puissant. Rentrant victorieux à Médine avec un butin et de nombreux prisonniers de guerre, parmi lesquels se trouvait Abû-l-Âs.

Les Musulmans avaient exigé une rançon contre la liberté des captifs. A la Mecque, les Qorayshites se rendirent chez les parents des détenus, afin de réunir la rançon réclamée. Ils se rendirent chez Zeinab (que Dieu l’agrée) lui réclamant le prix de la rançon contre la liberté de son mari. Elle ne possédait que le bijou que Khadija lui offrit lors de son mariage. Le Prophète saws l’ayant reconnue, il pleura et expliqua aux musulmans les faits, leur demandant avec leur approbation la liberté d’Abû-l-Âs.

Abû-l-Âs rentra ainsi chez lui. Quand Zaynab le vit, elle sauta de joie. Cependant, ces retrouvailles allaient être suivies par une nouvelle séparation. En effet, le Prophète saws avait demandé que sa fille lui soit ramenée à Médine. Il n’était plus possible à une croyante d’être unie à un mécréant.

Il faut rappeler que les deux soeurs de Zaynab, Ruqiyya et Umm Kaltoum, furent répudiées par leurs maris idolâtres. Par contre celui de Zaynab refusa de divorcer malgré la promesse des notables de son clan de le marier le plus rapidement possible.

Malgré l’amour qu’elle portait à son mari, Zaynab était une fille obéissante. Elle ne pouvait pas aller à l’encontre de la décision de son père, d’autant plus qu’elle revêtait un caractère religieux. Enceinte, elle s’apprêta à émigrer, les préparations terminées, elle se mit en route en plein jour et devant les Qoraychites, accompagnée seulement par le frère de son conjoint. La nouvelle de son exode est parvenue aux oreilles des ennemis de l’Islam, et la blessure de la défaite était encore béante chez eux, et l’auteur n’était autre que son père, il fallait se venger, ils envoyèrent quelques hommes pour les intercepter.

Ils finirent par les rejoindre hors de la Mecque. Le premier qui les aperçut, fut Habbâru Ibn al-Aswad qui avait perdu à Badr ses trois frères. Il piqua de sa lance le chameau sur lequel était montée Zaynab. Le chameau se rua et fit tomber Zaynab qui heurta un rocher tout prêt de là. Grand archer, son beau frère s’était mis en position l’arc à la main, la défendant contre quiconque voulait s’approcher d’elle. A cet instant précis, Abou Soufyan, qui ne se trouvait non loin de là, intervint en disant :

Ô Kinâna (le frère du mari de Zaynab), Baisse ton arc. Nous avons à parler ! Je ne m’oppose pas au départ de Zaynab qui va rejoindre son père. Cependant, vous partez en plein jour, au vu et au su de tous alors que tu connais le malheur qui nous a frappé à Badr. En te laissant partir, les gens prendront cela comme une humiliation et une faiblesse de notre part. Retourne donc sur tes pas et attends que le calme revienne. Les gens sauront que nous nous sommes opposés à ce départ. Ensuite, tu reprendras Zaynab et tu la conduiras chez son père discrètement.

Zaynab était à terre, le sang coulant de sa blessure provoquée par sa chute. Kinâna fit demi-tour avec sa belle sœur à la Mecque où malheuresement elle perdit son foetus. Son mari resta avec elle jusqu’au moment où ses blessures se cicatrisèrent. Une fois ses forces revenues, elle quitta la Mecque avec son beau frère. Cette fois les poursuivant de la veille fermèrent leurs yeux.

Médine accueillit la fille du Prophète avec enthousiasme. Le Prophète saws montra sa joie, d’un côté, mais il était courroucé par le traitement que les idolâtres avaient fait subir à sa fille.

Zaynab vécut, au cours des six premières années à Médine, dans la sérénité, si ce n’est l’espoir d’apprendre un jour que son mari venait d’embrasser l’islam. C’est que depuis son arrivée auprès de son père, des centaines et des centaines de gens avaient rejoint la religion de Dieu. Elle voyait que la victoire que le Très Haut avait promis à son Messager était certaine.

Un matin, à l’heure de la prière du fajr, elle entendit sa porte s’ouvrir lentement et avec précaution. Soudain, elle vit son mari, debout au seuil de la maison. Elle fut transportee de joie et cria: «Abû-l-Âs ! Abû-l-Âs !». Ces retrouvailles n’etaient pas toutes empreintes de joie. L’époux de Zaynab n’était pas venu a Médine en tant que Musulman mais comme fugitif. II demeurait encore associateur comme il l’était avant. Il lui donna alors les explications suivantes:

– Ô Zaynab! Je ne suis pas a Yathrib en tant que musulman. Je revenais de Syrie avec une caravane transportant certaines marchandises à moi et d’autres à un groupe de Qurayshites. Au cours du chemin, une expédition militaire, conduite par Zayd Ibn Harith et comprenant cent soixante-dix hommes, nous intercepta. J’ai réussi à leur échapper. Je me suis caché jusqu’à la tombée de la nuit. A présent, je suis là en cachette et je me place sous ta protection.

Zaynab etait angoissée. Elle ne savait quelle attitude prendre. Elle garda le silence et entendit son père prononcer le takbîr de la priere de l’aube. A la fin de l’office, elle sortit au seuil de la porte et voyant les croyants sortir en groupe de la mosquee, elle cria:

– Ô vous les gens ! Sachez que j’ai sous ma protection Abû-l-Âs Ibn Rabi’.

L’Envoyé de Dieu saws dit à son entourage:

– Avez vous entendu ce que j’ai entendu ? Ayant reçu une réponse positive, il ajouta « Par celui qui détient l’âme de Muhammad dans ses mains, je n’étais pas au courant de cette nouvelle jusqu’au moment où je l’ai entendue comme vous. » Il poursuivit après un court silence : « Je place sous ma protection ce que ma fille a placé sous sa protection« .

Le Prophete saws entra chez sa fille. Dès que Zaynab le vit, elle s’écria, attendant de lui son approbation et son soutien:

 Ô Envoyé de Dieu ! Si Abû-l-Âs est proche, c’est qu’il est le fils d’un oncle. Et s’il ne l’est pas, il reste le père d’un enfant. Je déclare qu’il est sous ma protection.

Son généreux père manifesta de la tendresse à sa fille. Cependant, il lui apprit qu’étant musulmane et lui associateur, elle n’était plus licite pour lui. Zaynab comprit que l’union conjugale était, à présent, interdite par la religion de Dieu puisque celle-ci n’autorisait pas le mariage d’une croyante avec un idolâtre. Aussi, lui dit-elle d’un ton triste: «C’est le moment de notre séparation». Abul-‘As se cacha le visage afin que son épouse ne voit pas les larmes qui coulaient sur ses joues. Apres quoi, il leva la tête et lui dit d’un ton calme et pondéré:

– « Hier, il m’a été proposé d’embrasser l’Islam et de prendre avec moi les biens que je transportais. Mais ces biens appartiennent aux associateurs. Aussi ai-je refusé d’obtempérer. C’est qu’il est malheureux que ma vie de musulman commence en trahissant la confiance de ceux qui m’ont remis leur dépôt. »

Zaynab le regarda bien en face, cherchant a déchiffrer la pensée de son mari. Elle n’en croyait pas ses oreilles. Etait-il vraiment disposé à embrasser l’Islam? Ce serait vraiment une nouvelle des plus importantes car ce serait leur retour à une vie conjugale commune.

Au matin, l’Envoye de Dieu saws envoya chercher Abu-l-‘As. Il se trouvait à la mosquée, entouré de quelques uns de ses Compagnons parmi lesquels ceux qui avaient participé a l’expédition et s’étaient emparés des marchandises de la caravane. Il leur dit:

– Comme vous le savez, cet homme est l’un de nous. Vous vous êtes saisie de sa marchandise. Si vous voulez lui rendre son bien, faites-le mais si vous ne le voulez pas, gardez-le car, faisant partie d’un butin de guerre, il est de votre droit de le garder.

Tous, d’une même voix, répondirent :

– Ô Envoyé de Dieu! Nous lui rendons les biens que nous lui avons pris.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Tous les biens, sans exception, furent restitués.

Au moment de se dire adieu, Abu-l-‘As promit à l’Envoyé de Dieu saws qu’il embrasserait l’Islam dès qu’il aurait remis les biens à leurs ayant droits.

Abu-l-‘As arriva à La Mecque. Les Mecquois étaient ravis de son retour avec des gains appréciables, conséquents à de fructueuses tractations commerciales. Il s’assura que tous avaient récupéré leurs biens. Puis, balayant du regard l’assistance, il dit avec calme et moderation mais d’une voix distincte pour qu’il puisse être entendu:

– « Je témoigne qu’il n’y a point de divinité en dehors de Dieu et je témoigne que Muhammed est le serviteur et l’Envoyé de Dieu. » Il continua : « Si je n’ai pas donné mon adhésion à l’Islam alors que je me trouvais à Médine, c’est pour que vous ne disiez pas que je voulais m’accaparer de vos biens. A présent que je vous ai restitué votre dû, je me déclare musulman. »

Après quoi, il partit en direction de Médine, laissant Ie public abasourdi par cette sensationnelle nouvelle. Quant à lui, il resplendissait de joie car il allait retrouver sa femme bien-aimée et vivre auprès d’elle le restant de leurs jours. Arrivé à Médine, il se dirigea vers la mosquée où se trouvait le Prophète. Sur son passage, les musulmans le saluaient et le félicitaient d’avoir embrassé l’Islam.

Mais lui, il etait préoccupé par une seule idée: est-ce que 1’Envoye de Dieu allait accepter une nouvelle union avec Zaynab? Etant musulman, rien ne s’opposait a ce qu’il vive sous le même toit que Zaynab. C’est pourquoi, le Prophète saws prit son beau-fils par la main et le conduisit chez sa fille. C’était ainsi que le rempart, qui les avait désunis, avait été détruit et que la vie conjugale entre les deux époux reprit naturellement.

Hélas, une année après la reprise des liens conjugaux, Zaynab mourut au début de l’an huit de l’Hégire. Cette fois, c’était une séparation definitive en ce monde.

C’est le Prophète saws qui la déposa dans sa tombe et on sait qu’il invoqua Allah en sa faveur.

Quant à Abû-l-`As, il survécut jusqu’au califat de `Umar.

Qu’Allah soit satisfait de Zaynab 

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