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Les Hypocrites

L’Islam a réalisé un miracle à Médine. A partir des petits groupes humains qui se faisaient la guerre, la nouvelle religion avait crée un sentiment solide de fraternité, au servie ce Dieu et de l’homme. Pour la première fois dans l’histoire, une démocratie spirituelle était née. La République de Médine se dressait pour la gloire d’Allah et la dignité de l’homme. Cela ouvrit une époque d’or pour la ville qui a été, longtemps, le lieu de luttes interminables et de misère humaine.

Les habitants de Médine étaient reconnaissants à Allah, pour cette faveur singulière. Cependant, il y avait un groupe d’habitants qui étaient mécontents. Il s’agit des hypocrites, avec Abdoullah Ibn Oubbay à leur tête. Cet homme projetait de se déclarer Roi de Médine avant l’arrivée du Prophète. Les espoirs d’Abdoullah s’envolèrent pour toujours. Il n’avait maintenant aucune chance de réaliser son rêve, ce qui le rendit, ainsi que ses valets, amères envers l’Islam.

Mais il était impossible de défier l’Islam ouvertement. Abdoullah Ibn Oubbay et ses partisans agirent alors par dissimulation. Ils professaient extérieurement être musulmans, mais ils s’occupaient secrètement à détruire le pouvoir de l’Islam. Pour cela, ils se servaient de différentes armes. Dans la bataille d’Uhud et du fossé, ils désertèrent les musulmans. Mais l’Islam résista avec succès. Les hypocrites décidèrent alors d’utiliser des armes plus subtiles.

La Fausse Accusation

L’événement se produisit en l’an VI de l’hégire. `Aïsha était maintenant une jeune femme de quatorze ans. Le Prophète  se prépara à aller en expédition militaire. Selon son habitude, il tira au sort l’épouse qui devait l’accompagner. Ce fut `Aïsha qui fut choisie et partit avec lui, heureuse et tranquille.

A son retour victorieux de cette expédition, le Prophète  retourna à Médine à la tête de son armée qui entonnait des chants célébrant leur triomphe sur l’ennemi. A quelque distance de la ville, le convoi fit une halte et passa une partie de la nuit en ce lieu. Le lendemain, le signal du départ fut donné, sans que personne ne sache que `Aïsha était descendue de son chameau pour aller s’acquitter de besoins naturels.

La caravane arriva à Médine au lever du jour. Le chameau de `Aïsha fut conduit jusqu’au seuil de la maison de cette dernière. Ce fut à ce moment que les gens s’aperçurent avec stupéfaction que la Mère des croyants ne se trouvait pas dans son palefrenier. Le Prophète  et ses Compagnons restèrent perplexes, inquiets et tourmentés par cette incompréhensible disparition. Certains prirent la décision de revenir sur leur chemin et suivirent l’itinéraire inverse dans l’espoir de la retrouver.

Voilà qu’au loin, `Aïsha apparut, montée sur le chameau d’un homme connu sous le nom de Safwan Ibn al-Mu’attal as-Salmi. C’était l’époque où l’ordre, donné aux mères des croyantes de se voiler le visage et de ne pas se montrer aux gens, n’avait pas encore été révélé. Le Prophète  fut apaisé et écouta attentivement le récit de sa femme, lui expliquant les causes de sa mésaventure :

J’ai quitté mon palefrenier pour m’acquitter d’un besoin naturel, avant que tu ne donnes au convoi le signal du départ. J’avais un collier autour de mon cou. Quand j’ai terminé mes besoins, le collier s’était détaché de mon cou, puis il était tombé je ne sais pas où. Je m’en étais aperçu qu’en revenant à l’endroit où nous avons fait halte. Aussi, ai-je fait demi-tour pour rechercher mon bijou. Quand je l’ai retrouvée, je suis revenu au lieu du campement mais vous étiez déjà partis. Je suis tellement légère que ceux qui placèrent mon palefrenier sur le chameau, pensaient que je m’y trouvais.

Je n’ai pas trouvé mieux que de demeurer sur place. Je me suis emmitouflée dans mon jilbab et me suis allongée sur le sol, attendant l’éventualité d’un secours. Au bout d’un moment, Safwan Ibn al-Mu’attal as-Salmi m’aperçut car, lui aussi, resta en arrière du convoi pour des besoins particuliers. Il manifesta son étonnement de me trouver seule à cet endroit. Enfin, il me demanda de monter sur son chameau, prit les rênes de la bête et me conduisit jusqu’ici à toute allure.

Après son récit, `Aïsha s’endormit paisiblement, la conscience tout à fait tranquille. Ce n’était pas le cas de tous dans la ville. Un groupe de Juifs et d’hypocrites, à leur tête Abdoullah Ibn Ubbay, qui éprouvait une haine envers le Prophète exploitèrent l’évènement du collier pour propager des mensonges au sujet de la chasteté de `Aïsha. C’était pour eux l’occasion de déverser leur venin sur l’Envoyé de Dieu et son innocente femme.

Le bruit de la mésaventure de `Aïsha se répandit dans toute la ville. Les mauvaises langues doutaient de l’honnêteté de cette dernière. Elles imaginaient mille et une chose car, dans leur esprit, un homme et une femme, étrangers l’un à l’autre, ne pouvaient entreprendre seuls, sans la présence de témoins, un si long trajet sans qu’il n’y eut quelque chose de malsain entre eux.

Malheureusement, des musulmans et des musulmanes reprirent à leur compte ces mensonges sans demander des preuves qui justifieraient de telles accusations. Il en a été ainsi de Hasan ibn Thabit al-Ansari, poète du Prophète, Mastah Ibn Athathah, proche d’Abu bakr, Hamnatah Bin Jahsh, soeur de Zaynab.

La douleur poignante de `Aïsha

La rumeur ne manqua pas d’arriver jusqu’aux oreilles du Prophète , ainsi que de ceux d’Abu Bakr et de Ruman, père et mère de `Aïsha. Celle-ci ignorait ce que les gens disaient à son sujet. Elle était inquiète en s’apercevant que son mari la boudait sans raison. C’est que personne ne s’aventura à lui expliquer les raisons de cette agitation dans la ville. Pourtant, elle sentait que quelque chose n’allait pas chez son époux. Elle pensa que c’était probablement sa pénible tâche qui le rendait silencieux ou que quelque chose de très lourd qui pesait sur son coeur. Elle n’osait pas lui poser la question pour savoir ce qui le tracassait à ce point.

Cependant, observant son attitude sèche à son égard, elle lui proposa d’aller chez son père et sa mère en attendant que les choses se tassent.

Le Prophète  ne s’opposa pas à la proposition de `Aïsha. Celle-ci demeura dans l’ignorance de ce qui se tramait contre elle. Ce ne fut que quelques jours plus tard, alors qu’elle sortit de nuit pour ses besoins naturels, que Umm Masta’, tante maternelle d’Abu Bakr, lui dit :

– Ô fille d’Abu Bakr ! Ne t’est-il pas parvenue la nouvelle qui circule à ton sujet ?

Ce fut ainsi que `Aïsha prit connaissance des dénigrements dont elle était injustement l’objet. Elle pleura longtemps au point qu’elle sentit son coeur se détacher de sa poitrine. Elle s’en prit à sa mère qui l’avait laissé dans une ignorance absolue :

– Que Dieu te pardonne ! Les gens disent du mal de moi et tu ne me dis rien de ce qui se passe autour de moi !

Umm Ruman la calma en lui affirmant qu’elle était une femme bonne et aimée de son mari. Cet éloge ne calma pas `Aïsha pour autant. Elle passa la nuit éveillée, des sanglots agitant sa frêle poitrine et de grosses larmes coulant sur ses joues roses.

`Aïsha était loin de s’imaginer que le Prophète  allait prendre au sérieux ces racontars. Il n’allait pas, tout de même, prendre en considération de telles insanités et méchancetés déversées sur elle. Elle savait, elle, qu’elle était victime d’un complot, fondé sur des accusations injustes. Ce qu’elle ne savait pas, c’est que son mari défendait son honneur et le sien. En effet, le Prophète prit témoin une assemblée de personnes :

– Ô vous les gens ! Quelle est l’intention de ces hommes qui portent préjudice à ma famille et disent sur elle ce qui n’est pas la vérité ?

La majorité des musulmans partageait les soucis de leur Prophète  et l’épreuve qu’il traversait. Ils étaient en colère contre eux qui colportaient des mensonges et portaient atteinte à l’honneur d’une épouse noble, sage et pure. Ils demandaient vengeance contre ces dénigreurs. Il va de soi que ce qui touchait à la dignité de la famille du Prophète se répercutaient sur eux-mêmes.

Le Prophète  voulait entendre les conseils afin de définir la position à prendre car il était à la fois agité et soucieux. Aussi alla-t-il voir Ali et Usama Ibn Zayd. Celui-ci prit la défense de `Aïsha en affirmant qu’il ne savait sur elle que du bien et que tout ce qui se disait n’était que pur mensonge.

Quant à Ali, il prit une position qui la désavantageait. En effet, il dit au Prophète qu’il n’avait pas à se soucier du cas de `Aïsha car ce n’était pas les femmes qui manquaient. Il avait donc loisir de la remplacer et de choisir celle qui lui conviendrait. Alors le Prophète questionna Barira, la servante de `Aïsha :

Ô Barira, N’as tu jamais rien vu dans la conduite d’Aïsha qui aurait pu éveiller des soupçons ?

– Par celui qui t’a envoyé avec la vérité, je n’ai jamais rien vu de mal dans la conduite de Aïsha pour la blâmer.

Le Prophète  sortit de la maison, triste et accablé par une douleur morale. Il se dirigea vers la maison d’Abu Bakr. `Aïsha s’y trouvait, les yeux gonflés de larmes. Il y avait à ses côtés des visiteuses parmi les femmes des Ansars. Son père et sa mère étaient là également et la regardaient en gardant le silence, ne sachant quoi lui dire.

Pour la première fois depuis l’éclatement du faux scandale, l’Envoyé de Dieu  s’assit aux côtés de `Aïsha et lui adressa la parole.

– Ô `Aïsha ! Tu es au courant de ce disent les gens à ton sujet. Crains Dieu ! Si tu as fait le mal dont les gens parlent, repens-toi à Dieu car Dieu accepte le repentir de ses serviteurs.

`Aïsha n’en croyait pas ses oreilles. Ainsi, le doute habitait la pensée de son mari. Elle se tourna vers son père et sa mère, espérant qu’eux même répondraient à sa place à son époux. Ils déclarèrent :

– Par Dieu ! Nous ne savons pas quoi répondre.

Il ne restait plus à `Aïsha qu’à se défendre elle-même. Ses larmes se remirent à couler, alors elle se tourna vers son mari et lui dit avec insistance :

– Par Dieu ! Je ne me repentirai jamais à Dieu à propos de ces accusations. Je ne peux pas confirmer ce que les gens colportent sur moi. Dieu sait que je suis innocente. Je ne peux pas dire ce qui n’existe pas. Mais si je démens ce qui se dit, vous ne me croirez pas. Je dirais seulement ce que le père de Joseph a dit : « Il ne me reste que la Patiente ! C´est à Allah qu´il faut appeler au secours contre ce que vous racontez! »

`Aïsha déclarée innocente

Le Prophète  n’avait pas encore quitté la pièce qu’il perdit connaissance. Son inconscience était de celle qui précédait la descente de la révélation. Les présents le recouvrirent de son vêtement et placèrent un coussin sous sa tête. Le père et la mère de `Aïsha se tordaient de peur, craignant que la révélation dévoile possible crime commis par leur fille. Quant à celle-ci, elle garda son calme, certaine de son innocence et sachant que Dieu ne serait point injuste envers elle.

Quelques temps après, le Prophète  se réveilla de son inconscience. Il s’assit en essuyant la sieur qui coulait sur son front. Il dit alors, le sourire aux lèvres :

C’est une bonne nouvelle pour toi Ô `Aïsha. Dieu a révélé ton innocence.

Abu Bakr expira fortement comme s’il voulait libérer un poids énorme qui obstruait sa respiration. Quant à Umm Ruman, elle bondit de la place où elle se trouvait, emportée par la joie qui la saisit. Elle fit signe à sa fille de se lever et d’aller vers son époux. `Aïsha répondit spontanément :

Par Dieu ! Je n’irai pas vers lui. Je n’ai qu’à louer Dieu, le Puissant, le Glorieux ! C’est lui qui a fait descendre mon innocence.

Puis, elle se tourna vers son père alors qu’il s’approchait d’elle. Abu Bakr, les larmes aux yeux, embrassa le front de sa fille. Celle-ci lui dit :

Ô père ! M’avais-tu soupçonnée ? Il répliqua : « Quel est le ciel qui m’aurait recouvert et quelle est la terre qui m’aurai supporté si je t’avais accusé de quelque chose que j’ignorais. »

Quant au Prophète , il se remémora la douleur que `Aïsha avait enduré à cause d’une accusation injuste. Il sortit aussitôt de la maison, se dirigea directement à la mosquée et récita les versets révélés au sujet de `Aïsha :

* Ceux qui sont venus avec la calomnies sont un groupe d´entre vous. Ne pensez pas que c´est un mal pour vous, mais plutôt, c´est un bien pour vous. A chacun d´eux ce qu´il s´est acquis comme pêché. Celui d´entre eux qui s´est chargé de la plus grande part aura un énorme châtiment.

* Pourquoi, lorsque vous l´avez entendue [cette calomnie], les croyants et les croyantes n´ont-ils pas, en eux-mêmes, conjecturé favorablement, et n´ont-ils pas dit: « C´est une calomnie évidente? »

* Pourquoi n´ont-ils pas produit [à l´appui de leurs accusations] quatre témoins? S´ils ne produisent pas de témoins, alors ce sont eux, auprès d´Allah, les menteurs.

* N´eussent-été la grâce d´Allah sur vous et Sa miséricorde ici-bas comme dans l´au-delà, un énorme châtiment vous aurait touchés pour cette (calomnie) dans laquelle vous vous êtes lancés,

* quand vous colportiez la nouvelle avec vos langues et disiez de vos bouches ce dont vous n´aviez aucun savoir; et vous le comptiez comme insignifiant alors qu´auprès d´Allah cela est énorme.

* Et pourquoi, lorsque vous l´entendiez, ne disiez-vous pas: « Nous ne devons pas en parler. Gloire à Toi (ô Allah)! C´est une énorme calomnie »?

* Allah vous exhorte à ne plus jamais revenir à une chose pareille si vous êtes croyants.

* Allah vous expose clairement les versets et Allah est Omniscient et Sage.

* Ceux qui aiment que la turpitude se propage parmi les croyants auront un châtiment douloureux, ici-bas comme dans l´au-delà. Allah sait, et vous, vous ne savez pas. (Coran 24.11-19)

Et par ordre de Dieu, les calomniateurs furent fouettés ainsi que le préconise le verset quatre de la sourate citée plus haut : Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups de fouet, et n´acceptez plus jamais leur témoignage. Et ceux-là sont les pervers.

L’ablution sèche – le Tayamoun

Au cours d’un autre voyage, `Aïsha était avec le Prophète. Elle portait encore le même collier. A l’aube, la caravane allait partir quand on remarqua que le collier n’était plus là. `Aïsha informa immédiatement le Prophète  qui donna l’ordre de prolonger l’arrêt. La recherche du collier commença…

L’heure de la prière du matin était très proche mais il n’y avait pas d’eau dans le voisinage pour les ablutions. Les musulmans s’inquiétèrent : « La fille d’Abu Bakr nous a tous mis dans une situation difficile », disaient-ils.

Abu Bakr se sentit gêné par `Aïsha. Il vint à elle mais vit que le Prophète dormait la tête sur ses genoux : « Tu crées constamment des problèmes » protesta Abu Bakr.

Un peu avant l’heure de la prière, le Prophète  se réveilla. On le mit au courant du problème de l’eau. La révélation suivante arriva immédiatement :

Ô les croyants! … Si vous êtes malades ou en voyage, … et que vous ne trouviez pas d´eau, alors recourez à une terre pure (ou sable), et passez-vous-en sur vos visages et sur vos mains. Allah, en vérité est Indulgent et Pardonneur. (Coran 4.43)

La nouvelle transforma aussitôt l’inquiétude des gens en joie. Ils commencèrent maintenant à dire : « Ô famille d’Abu Bakr ! Ce n’est pas votre premier don à l’Islam. »

Abu Bakr qui était bien fâché contre sa fille vint lui dire : « Je n’imaginais pas que tu puisses être la source d’une telle bénédiction pour les musulmans. Grâce à toi, les gens se sont vus accorder une grande facilité. »

Un Mois de Séparation

En l’an 9 de l’Hégire, pratiquement toute l’Arabie était sous le drapeau de l’Islam. De tous les coins du pays, des richesses affluaient dans les caisses du trésor public de Médine. Mais tous ces revenus étaient dépensés pour les besoins de l’Etat. Le Prophète  et sa famille menaient la même vie nécessiteuse et de demi-famine.

Maintenant qu’elles pouvaient se le permettre, les épouses du Prophète souhaitaient qu’il dépense plus pour elles. Elles observaient le niveau de vie des autres femmes de la ville s’améliorer et ne voyaient plus aucune raison à continuer à mener cette vie rude.

Toutes les femmes du Prophète  avec à leur tête `Aïsha, se réunirent pour solliciter un meilleur confort. Quand Umar apprit la chose, il alla chez sa fille Hafsa et lui dit : « Je t’avertis de ne pas presser le Prophète, et de ne plus lui répondre de cette manière. Si tu a besoin de quelque chose, demande moi, je te l’apporterai. N’essaie pas d’imiter `Aïsha, car elle est plus belle et plus aimée par le Prophète que toi. Par Allah ! Le Prophète a de la considération pour moi, ou il divorcera de toi ! »

Umar alla aussi chez les autres femmes et leur donna le même conseil mais elles objectèrent qu’il n’avait pas le droit d’intervenir dans leur affaires privées qui ne regardaient qu’elles et le Prophète. Pendant ces mêmes jours, le Prophète tomba de cheval et eut quelques blessures légères. Se trouvant incapable de faire face à la demande incessante de ses femmes, il alla se réfugier dans une maison reculée, et déclara qu’il resterait là-bas tout seul, pendant un mois.

Les hypocrites saisirent aussitôt cette occasion. Ils propageaient l’information que le Prophète  avait divorcé de ces femmes. La nouvelle causa une agitation dans la ville. Les musulmans se sentirent très bouleversés, la paix familiale du Prophète les touchait directement. Les femmes du Prophète commencèrent alors à pleurer. Elles regrettèrent leurs actes car elles ne s’attendaient pas à ce que leurs gestes allaient prendre une si grande proportion. Elles n’attendaient que la miséricorde de Dieu et le Pardon de son Messager.

Quant à `Aïsha, qui était à la tête de ses revendications féminines, elle sentit sa responsabilité dans cette situation. Il lui semblait que son coeur allait se déchirer en songeant à la peine qu’elle faisait à son époux.

En fait, le Prophète  n’avait pas répudié ses femmes. Ce n’était qu’un avertissement qu’il leur adressait. Mais si elles ne se repentaient pas, Son Seigneur lui ordonnerait de les répudier et de prendre d’autres épouses meilleures que les précédentes.

Aussi, toutes les femmes furent séparées du Prophète  durant un mois, attendant chacune dans leurs chambres respectives le retour de leur époux.

Quand elles entendirent ses pas s’approcher, `Aïsha se prépara à le recevoir car elle savait que c’était chez elle qu’il entrerait en premier. Son coeur battait à forte allure au rythme des pas qui avançaient.

Dès que `Aïsha le vit, elle rassemble toute son énergie pour lui déclarer :

– Ô Apôtre de Dieu ! Tu as juré de te séparer de nous pendant un mois. Or, seulement vingt neuf jours se sont écoulés. Que s’est il passé ?

Le Prophète  se réjouit de constater qu’Aïsha comptait les jours et les nuits de la séparation (ce qu’il faisait également) impatiente de voir le délai écoulé. Il lui dit tout en souriant :

– Ne sais-tu pas que le mois en cours n’a que vingt neuf jours ?

Puis le Prophète  lui dit : Je vais t’entretenir d’une affaire, mais ne te hâte pas de me répondre tant que tu n’auras pas consulté tes parents.

Il récita les paroles d’Allah : Ô Prophète ! Dis à tes épouses : Si c’est la vie présente que vous désirez et sa parure, alors venez ! Je vous donnerez (les moyens) d’en jouir et vous libérerez (par un divorce sans préjudice). Mais si c’est Dieu que vous voulez et Son Messager ainsi que la demeure dernière, Dieu a préparé pour les bienfaisantes parmi vous une énorme récompense.(Coran 33.28)

– A quoi bon, répondis `Aïsha, de consulter mon père et ma mère, puisque c’est Dieu, Son Envoyé et la demeure dernière que je désire?

Puis, les autres épouses du Prophète firent de même. Elles ont toutes accepté calmement la vie de pauvreté en échange du Paradis.

Ainsi, `Aïsha reprit le cours de sa vie normale auprès de son mari qui l’aimait. L’accord entre les deux conjoints était parfait et ce n’était pas les légers et passagers mécontentements qui pouvaient ternir leur relations.

Le Prophète  lui avait dit qu’elle était pour lui comme l’anse la plus solide (al-‘Urwah al-Wuthqa). Il la connaissait si bien qu’il savait, à tout moment, son humeur de l’instand :

Je sais, lui dit il, quand tu es satisfaite de moi et quand tu es en colère.

Elle lui demanda comment pouvait-il connaître ce changement d’humeur. Il dit :

– Si tu es satisfaite, tu me dis : « Que non ! Par le Seigneur de Muhammad ! » Mais si tu es en colère, tu me réponds : « Non, par le Seigneur d’Abraham. » Ce qui était également juste.

La maladie du Prophète

Après ces quelques péripéties, les jours s’écoulaient paisiblement. `Aïsha était témoin des victoires de son époux. Elle l’accueillait chaque fois avec cette joie qui ressemblait à la lumière de l’aube qui déchirait les ténèbres de la nuit.

Hélas ! Le Prophète  n’était qu’un humain et comme tel, il était mortel. Il devait rejoindre son Seigneur après avoir accompli sa mission.

C’était ainsi qu’en revenant du pèlerinage d’adieu, en l’an XI de l’hégire, il allait au cimetière al-Baqi pour saluer les morts et demander pardon pour eux. Le lendemain, au réveil, il passa devant `Aïsha qui se plaignait de maux de tête. Il lui dit, alors qu’il commençait à ressentir les douleurs de la maladie :

C’est moi, ô Aisha qui ait un terrible mal de tête.

Quand il vit que son épouse continuait à se plaindre, il lui dit en plaisantant :

– Que dirais-tu si tu mourais avant moi ! Je te mettrai dans un linceul. Je prierai devant ton corps et je t’enterrerai.

Son sourire fit épanouir le visage de sa femme, d’autant plus que la douleur de sa tête se calma un moment. Mais, ce ne fut qu’un court répit car la souffrance le reprit.

Malgré la gravité de sa maladie, le Prophète  continuait ses tâches quotidiennes. Il conduisit la prière du matin et se rendit chez chaque femme. Voyant la maladie qui s’empirait, les épouses du Prophète lui donnèrent la permission de se reposer chez `Aïsha. Celle ci surveillait son mari jour et nuit, avec la plus grande dévotion et le plus grand soin.

Un matin, il essaya plusieurs fois de se lever pour aller à la mosquée. N’ayant plus de force pour diriger la prière des musulmans, il ordonna d’appeler Abu Bakr pour le remplacer dans cette noble tâche.

`Aïsha répliqua que son père avait le coeur trop tendre et qu’il pleurait facilement pendant la prière. Mais le Prophète insista à ce que aucun autre ne dirige la prière si ce n’est Abu Bakr, qui par cette désignation sera reconnu par la suite, premier calife des musulmans.

Quelques jours avant sa maladie, le Prophète  avait donné quelques pièces d’or à `Aïsha, pour qu’elle la garde. Cette pensée lui vint soudain à l’esprit et il dit :

« `Aïsha, où sont les pièces d’or ? Va et donne-les aux pauvres. Muhammad veut rencontrer son Seigneur avec la plus grande tranquillité d’esprit ! »

`Aïsha obéit immédiatement.

La Mort du Prophète

Au dernier jour de sa vie, le Prophète  était allongé sur son lit, sa tête posée sur les genoux de `Aïsha. Son frère Abder Rahman arriva avec un Siwak à la main. Le Prophète  regarda le Siwak. `Aïsha comprit alors qu’il voulait se brosser les dents. Elle prit le Siwak des mains de son frère, le ramollit avec ses dents et le donna au Prophète. Jamais il ne se lava les dents aussi longtemps et avec autant de soin.

Une fois terminé, il leva le doight et dit « Ô Allah ! Avec le plus grand Compagnon ». Puis son âme rejoingit son Seigneur.

C’est ainsi que le Messager de Dieu  est mort, dans les bras de sa tendre épouse `Aïsha. Il fut enterré au même endroit.

Longtemps avant, `Aïsha avait vu dans un rêve trois lunes tombant dans sa chambre. Elle raconta son rêve à son père. Il lui répondit :

– C’est l’une des lunes de ta chambre. C’est la meilleure des trois !

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L’ingratitude est une dépravation morale et une perversion de la nature humaine ; c’est un signe d’engourdissement de la conscience humaine. Le point le plus bas de l’échelle de cette immoralité est l’ingratitude manifestée envers les fondateurs de la religion, les enseignants de la morale et les plus grands bienfaiteurs de l’humanité.
Il est maladroit pour n’importe qui, d’être grossier et offensant, qui plus est quand on s’attaque à ces nobles âmes fondatrices des religions, puisqu’on porte atteinte aux sentiments de millions de personnes qui ne font pas que suivre ces grands hommes, mais sont également disposées à donner leur vie pour eux. De telles manœuvres de nature outrageuse intègrent également le rejet de la vérité. Aucun peuple, aucun pays ou aucune société cultivée ne devrait tolérer ou défendre des personnes aussi dépravées, mal élevées et dépourvues de conscience.
Il convient à présent de souligner les hommages rendus au plus grand bienfaiteur de l’humanité par quelques éminents hommes de lettres de cette partie du monde d’où j’interviens. L’un de ces hommes sincères, Lamartine de nationalité française, dit dans son témoignage de la prophétie de Muhammad (Qu’Allah le bénisse et le salue) : Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n’ont remués que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé, quand ils ont fondé quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel… Ce patriotisme, vengeur des profanations du ciel, fut la vertu des enfants de Mahomet ; la conquête du tiers de la terre à son dogme fut son miracle, ou plutôt ce ne fut pas le miracle d’un homme, ce fut celui de la raison…
L’idée de l’unité de Dieu, proclamée dans la lassitude des théogonies fabuleuses, avait en elle-même une telle vertu, qu’en jaillissant de ses lèvres elle incendia tous les vieux temples des idoles et alluma de ses lueurs un tiers du monde.
John William Draper, le célèbre auteur de A History of the Intellectual Development of Europe, a écrit : Quatre ans après la mort de Justinien, en 569 après J.C., naissait à la Mecque, en Arabie, l’homme qui, parmi tous les hommes, allait exercer la plus grande influence sur la race humaine… Mahomet. Il ajoute que: Mahomet possédait cette combinaison de qualités qui, plus d’une fois, a décidé du sort des empires… En affirmant cette vérité éternelle, il ne s’engageait pas dans une vaine métaphysique, mais s’appliquait à améliorer les conditions sociales des hommes par des prescriptions sur l’observation de la propreté individuelle, de la sobriété, du jeûne et de la prière.
Le grand historien et philosophe de ce siècle, A. J. Toynbee, a déclaré : La disparition du sentiment racial, comme c’est le cas entre les musulmans, est l’une des plus importantes prouesses de l’Islam, et dans le monde contemporain il existe, justement, un besoin criant de propagation de la vertu islamique. Quelle étrange coïncidence que Thomas Carlyle ait choisi Muhammad (Qu’Allah le bénisse et le salue) comme le héros suprême il y a plus d’un siècle et, qu’aujourd’hui, au cours de la dernière décennie du vingtième siècle, Michael H. Hart des Etats-Unis d’Amérique place le Prophète (Qu’Allah le bénisse et le salue) en tête de sa liste des cent personnalités les plus influentes de l’histoire !
Le Prophète de l’Islam (Qu’Allah le bénisse et le salue) et ses adeptes ont rendu à l’humanité des services qui ont joué un rôle mémorable dans la promotion et le développement de la culture et de la civilisation. Seuls deux de ces services seront retenus ici, mais largement soutenus par des preuves historiques. Les étudiants d’histoire savent qu’au treizième siècle, le monde civilisé, divisé par deux grandes religions, le Christianisme et l’Islam, était subitement confronté à une situation qui menaçait la destruction imminente des deux vastes empires d’alors, leurs arts et sciences, leurs cultures et leur morale. Bref, tout ce que la race humaine avait laborieusement accompli durant les siècles derniers, une fois de plus, risquait de se réduire au barbarisme. À l’origine de cette situation se trouvait l’émergence soudaine de Genghis Khan (Tamuchin), un chef des tribus mongoles nomades, qui possédait des qualités remarquables de leadership qui lui permettaient de soumettre tout sur son passage. En 619/1219, Genghis Khan se tourna vers les pays civilisés de l’occident et du nord, les dévastant à coup de feu et d’épée.
L’ampleur de la gravité du coup assené sur les progrès sociaux et culturels par l’invasion mongole peut être appréciée à travers quelques descriptions graphiques de la rapine et du massacre des Mongoles, comme le présente Harold Lamb, biographe de Genghis Khan : “à leur passage, des villes étaient souvent rasées, les rivières détournées de leurs cours, des déserts peuplés de réfugiés et de mourants, et après leur passage, les loups et les grands corbeaux restaient souvent les seules créatures vivantes dans ces terres autrefois peuplées. La consternation envahit la chrétienté, une génération après la mort de Genghis Khan, lorsque les redoutables cavaliers mongols marchèrent sur l’Europe de l’ouest, lorsque Boleslas de la Pologne et Bela de la Hongrie désertèrent les champs frappés, et Henri, le Duc de Silésie, mourut a coups de flèche avec ses Chevaliers Teutoniques à Liegnitz — partageant ainsi le sort du Grand-Duc George de Russie. Ces détails sont suffisamment horribles pour qu’on s’y attarde aujourd’hui. Il s’agissait d’une guerre de très grande ampleur – une ampleur qui n’était pas très loin de la dernière guerre européenne.
Il s’agissait du massacre d’êtres humains non pas par haine, mais tout simplement pour en finir avec eux. Au mépris des valeurs humaines, ils avaient pu surmonter les terreurs des vastes déserts, les barrières des montagnes et des mers, les affres du climat et les ravages de la famine et de la pestilence. Aucun danger ne les impressionnait, aucun bastion ne leur résistait, aucune prière pour la clémence ne touchait leur sensibilité. Son œuvre est consignée, en grande partie, par ses ennemies. Son impact sur les civilisations était si dévastateur que pratiquement la moitie du monde devait repartir a zéro.
Les empires de Chathay, de Prester John, de Black Cathay, de Kharesem, de Russie, pour une période des principautés de la Pologne, et — après sa mort — le Khalifat de Baghdad, avaient disparu. Lorsque ce barbare indomptable venait à conquérir une nation, tous les autres conflits prenaient fin. Toute la conception des choses, déplorable ou non, s’en trouva bouleversée, et au sein des survivants à la conquête mongole, la paix s’installa dans la durée. Harold Lamd souligne à juste titre que l’impact des Mongols, orchestré par Genghis Khan, a été bien résumé par les auteurs de la Cambridge Medieval History en ces termes : Cette ‘nouvelle puissance de l’histoire’ – la capacité d’un homme à changer la civilisation humaine – avait commencé avec Genghis Khan et pris fin avec son petit fils Kublai, lorsque l’empire mongol fut au bord de l’éclatement. Elle n’a plus refait surface depuis lors. La terreur de l’invasion mongole n’était pas uniquement réduite au Turkestan, en Iran et en iraq. Les atrocités mongoles provoquaient des frémissements même dans les coins les plus éloignés du monde où l’on se serait attendu le moins à la présence de leurs armées.
Edward Gibbon écrit dans son livre History of the Decline and Fall of the Roman Empire : Le monde latin fut assombri par ce nuage d’hostilité sauvage, un fugitif russe avait porté l’alarme en Suède ; et les lointaines nations baltes de l’océan tremblaient à l’approche des Tartares, dont leur peur et ignorance avaient tendance à se départir de l’espèce humaine. Les Mongols ont d’abord attaqué Boukhara qu’ils rasèrent complètement. Aucune âme ne fut épargnée. Ensuite, ils mirent Samarkand en ruine et massacrèrent toute sa population. Les autres centres urbains du monde islamique d’alors subirent le même sort. Les Tartares auraient pu dévaster toute la Chrétienté (alors divisée sur le plan politique et souffrant de nombreux fléaux sociaux), comme le déclarait H.G. Wells : Un visionnaire amateur de l’histoire observant le monde à l’aube du septième siècle aurait conclu très raisonnablement que c’était simplement une question de quelques siècles avant que l’ensemble de l’Europe et de l’Asie ne tombent sous la domination mongole.
Harold Lamb écrit : Nous savons juste que les forces allemandes et polonaises se sont éclatées face à l’assaut de l’étendard mongol et furent exterminées ; Henri et ses barons moururent de la même manière que les Hospitaliers… En moins de deux mois, ils ont envahi l’Europe, des sources de l’Elbe à la mer, ont défait trois grandes armées et une douzaine de petites armées et pris d’assaut toutes les villes, excepté Olmutz.

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Selon les érudits musulmans, la sounnah est constituée du recueil des paroles du prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui), de ses déclarations, de ses actions, de ses approbations tacites, des traits de sa personnalité qui ont été rapportés, de sa description physique et de sa biographie.  Ces informations peuvent provenir de l’époque précédent sa mission prophétique ou de l’époque de sa mission comme telle.

Les déclarations du Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) incluent tout ce que ce dernier a dit au cours de diverses occasions.  Par exemple, on rapporte qu’il a dit :

« En vérité, les actions ne valent que par leurs intentions; alors chaque personne n’obtiendra que ce pour quoi elle a fait une action. »

Les actions du Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) incluent toutes ces actions qu’il a faites et qui ont été rapportées par ses compagnons.  Cela inclut, entre autres, sa manière de faire ses ablutions, sa manière de prier, et la façon dont il a accompli le Hajj (pèlerinage à la Mecque).

Ses approbations tacites incluent toutes les choses qu’ont dit ou fait ses compagnons et auxquelles il s’est montré favorable ou, à tout le moins, ne s’est pas objecté.  Toutes ces choses qu’il a tacitement approuvées sont aussi valides que ces choses qu’il a dites ou faites lui-même.

Un exemple de cela est l’approbation du Prophète lorsque ses compagnons décidèrent à quel moment prier au cours de la bataille de Bani Qouraydhah.  Le messager de Dieu leur avait dit :

« Nul d’entre vous ne doit accomplir sa prière de l’après-midi avant d’arriver à Bani Qouraydhah. »

Mais les compagnons n’arrivèrent à Bani Qouraydhah qu’après le coucher du soleil.  Certains prirent les paroles du Prophète au sens littéral et reportèrent leur prière d’après-midi, disant : « Nous ne prierons qu’après être arrivés là-bas. »  D’autres comprirent que le Prophète les poussait simplement à se dépêcher; ils s’arrêtèrent donc en chemin et firent leur prière de l’après-midi à l’heure.

Quand le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) apprit que chaque groupe avait pris une décision différente, il ne critiqua ni l’un ni l’autre.

On retrouve également des hadiths décrivant la personnalité du Prophète, tels que celui-ci, provenant de son épouse Aisha :

« Le messager de Dieu n’était jamais vulgaire ni indécent, et n’élevait jamais la voix lorsqu’il se trouvait au marché.  Il ne répondait jamais aux abus d’autrui en les abusant à son tour.  Il était plutôt tolérant et indulgent. »

La description physique du Prophète a été faite par plusieurs de ses compagnons, dont Anas :

« Le messager de Dieu n’était ni grand ni petit.  Sa peau n’était ni très claire ni foncée.  Et ses cheveux n’étaient ni très bouclés ni raides. »

Le lien entre la sounnah et la révélation

La sounnah est la révélation de Dieu à Son prophète.  Dieu dit, dans le Coran :

« … rappelez-vous le bienfait dont Dieu vous a gratifiés, ainsi que ce qu’Il vous a révélé du Livre et de la sagesse, par lesquels Il vous exhorte. » (Coran 2:231)

La sagesse dont il est question dans ce verset fait référence à la sounnah.  Le grand juriste ash-Shafi’i a dit : « Dieu mentionne le Livre, qui est le Coran.  J’ai entendu, de personnes que je considère comme des autorités en matière de Coran, que la sagesse est la sounnah du messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui). »  Dieu a dit :

« Dieu a vraiment fait une faveur aux croyants en leur envoyant un messager issu d’eux-mêmes, qui leur récite Ses révélations, les purifie de leurs péchés et leur enseigne le Livre et la sagesse… » (Coran 3:164)

Il est clair, à la lecture du verset ci-dessus, que Dieu a révélé à Son prophète à la fois le Coran et la sounnah, et qu’Il lui a ordonné de transmettre ces deux révélations aux hommes.  Des hadiths attestent du fait que la sounnah est une révélation.  Mak’hool a rapporté que le messager de Dieu a dit :

« Dieu m’a donné le Coran et ce qui lui ressemble de la sagesse. »

Al-Miqdam b.Ma’di Karab a rapporté que le messager de Dieu a dit :

« J’ai reçu le Livre et quelque chose qui lui est similaire. »

Hisan b.Atiyyah a rapporté que l’archange Gabriel venait voir le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) avec la sounnah, de la même façon qu’il venait le voir pour lui transmettre le Coran.

Les opinions du Prophète ne se résumaient pas à ses pensées personnelles ou à son jugement sur une affaire; elles provenaient de la révélation de Dieu.  Le Prophète, on l’avait compris, était différent du commun des mortels; il était soutenu par la révélation.  Lorsqu’il usait de son raisonnement et que son jugement était bon, Dieu le confirmait; et s’il commettait une erreur, Dieu la corrigeait et le guidait vers la vérité.

C’est pour cette raison que l’on rapporte qu’un jour, le calife ‘Omar dit, du haut de sa chaire : « Ô vous qui m’écoutez!  Les opinions du messager de Dieu étaient bonnes uniquement parce que Dieu les lui révélait.  Quant à nos opinions, elles ne constituent que des pensées personnelles et des conjectures. »

La révélation reçue par le Prophète était de deux types :

A.    Révélation instructive : Dieu l’informait d’une chose par le biais de la révélation et ce, par divers moyens, tel que mentionné dans le verset coranique suivant :

« Il n’a été (donné) à aucun mortel que Dieu s’adresse à lui autrement que par révélation ou de derrière un voile, ou encore par l’envoi d’un messager, [un ange], qui révèle, avec Sa permission, Ses volontés à l’homme.  Certes, (Dieu) est le Très-Haut, le Sage. » (Coran 42:51)

Aisha a rapporté qu’al-Harith b.Hisham demanda un jour au Prophète de quelle façon il recevait la révélation.   Ce dernier lui répondit :

« Parfois, l’ange vient à moi dans un bruit de tintement de clochette et c’est la forme la plus éprouvante, pour moi.  Je sens comme un poids sur moi et je retiens ce que me dit l’ange.  Parfois encore, l’ange vient vers moi sous la forme d’un homme; il me parle et je mémorise tout ce qu’il me dit. »

Aisha dit :

« Je l’ai vu, lors d’une journée très froide, alors que la révélation descendait sur lui.  Lorsque ce fut terminé, son front était couvert de sueur. »

Il arrivait que des gens viennent poser une question au Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) et qu’il demeure silencieux jusqu’à ce qu’une révélation descende au sujet de la question posée.  Par exemple, les païens de la Mecque l’interrogèrent au sujet de l’âme, mais il demeura silencieux jusqu’à ce que Dieu révèle :

« Et ils t’interrogent au sujet de l’âme.  Dis : « L’âme relève de l’ordre de mon Seigneur; et on ne vous a donné que bien peu de connaissances. » (Coran 17:85)

On l’interrogea aussi sur la façon dont devait être divisé l’héritage, mais il ne répondit rien, jusqu’à ce que Dieu révèle :

« Voici ce que Dieu vous enjoint au sujet de (l’héritage à transmettre) à vos enfants… » (Coran 4:11-12)

B.    Révélation affirmative : Ce sont les fois où le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a usé de son jugement personnel.  Si son jugement était bon, la révélation venait le confirmer; et s’il était mauvais, la révélation venait le corriger, devenant ainsi une révélation instructive.  La seule différence, dans ces cas, étant que la révélation était le résultat d’une action faite par le Prophète.

Lorsque le Prophète prenait une décision personnelle sur un cas particulier, Dieu approuvait sa décision par révélation si sa décision était bonne.  Et si Dieu n’aimait pas la décision qu’il avait prise, il la corrigeait par révélation afin de protéger l’intégrité de la religion.  Car jamais Dieu n’aurait permis à Son messager de transmettre aux gens une information erronée, qui les aurait menés vers l’erreur à leur tour.  Cela aurait contredit la sagesse d’envoyer des messagers aux gens, lesquels auraient alors eu des arguments contre Dieu.  Le Prophète était donc protégé contre ses propres erreurs, la révélation le corrigeant au fur et à mesure.

Les compagnons du Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) savaient que son approbation tacite équivalait à l’approbation de Dieu, car du vivant du Prophète, s’ils faisaient quoi que ce soit de contraire à l’islam, la révélation descendait pour condamner leur acte.

Par exemple, Jabir, un des compagnons du Prophète, raconte : « Nous avions l’habitude de pratiquer le coïtus interruptus[1]  du temps du messager de Dieu. »  Soufyan, un des narrateurs de ce hadith, l’a ainsi commenté : « Si une chose comme celle-là avait été interdite, le Coran l’aurait prohibée. »


Footnotes:

[1] Coïtus interruptus : durant l’acte intime, le retrait du pénis avant l’éjaculation.

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La personne même du prophète (Bpsl) est la mise en pratique des préceptes de l’Islam. Par conséquent, il s’avère indispensable de connaître sa vie: ses ordres, ses interdictions… afin de mieux connaître l’Islam.
Sa vie regorge de situations. Il était en paix et en guerre, il voyageait et résidait, il vendait et achetait… Il est important de souligner que tout au long de sa vie, il n’était pas isolé des gens, au contraire, il était toujours en contact direct avec eux. En fait, les musulmans se sont égarés du bon chemin lorsqu’ils ont cessé de suivre le modèle du Prophète dans toutes leurs actions; alors qu’Allah Exalté soit-Il dit : «En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre] » (Al- ‘Ahzâb (Les Coalisés):21).

Au lieu de suivre le chemin du Prophète, certains musulmans se contentent d’une simple lecture de sa biographie soit pour être au courant des faits et des différents combats islamiques, soit pour recevoir la bénédiction d’Allah.
Tout ceci réfère à l’une des deux raisons suivantes: premièrement, l’ignorance du principe d’imitation du Prophète (Bpsl), alors qu’il est indispensable pour l’aimer. Deuxièmement, l’incapacité de déterminer les différents endroits de sa biographie qu’on doit suivre à cause de la faiblesse de la capacité de déduction ou bien le manque de connaissances et de lectures appropriées. C’est pourquoi il s’avère important de mettre l’accent sur les conclusions qu’on peut tirer de la biographie du Prophète (Bpsl).

Si le but ultime d’un non musulman, en étudiant la biographie du Prophète (Bpsl), est de jouir des histoires qu’elle comprend, d’étudier sur une période historique révolue, ou de connaître des personnes de grande notoriété, le cas du musulman est tout autre. Celui-ci vise, par son étude de la biographie du Prophète (Bpsl), à :

(suite…)

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