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Posts Tagged ‘Qouraysh’

La différence entre la sounnah et le Coran

Le Coran est le fondement de la Loi islamique.  C’est la parole miraculeuse de Dieu, révélée au prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui), par l’intermédiaire de l’archange Gabriel.  Il nous a été transmis par tant de sources fiables que son authenticité historique est incontestable.  Il forme un livre en soi, tandis que sa récitation constitue une forme d’adoration.

Quant à la sounnah, elle est constituée de tout ce qui nous est parvenu du messager de Dieu en dehors du Coran.  Elle explique les lois du Coran ou les complète en les détaillant.  Elle fournit également des exemples pratiques sur l’application de ces lois.  On y retrouve des révélations directes de Dieu ou des décisions du Prophète qui furent confirmées ou approuvées par la révélation.  Par conséquent, la source de la sounnah est la révélation.

Le Coran est une révélation dont la récitation constitue un acte d’adoration, tandis que la sounnah n’est jamais récitée.  Mais il demeure que la sounnah est une révélation au même titre que le Coran et qu’elle doit être suivie et appliquée comme telle.  Le Coran a cependant la priorité sur la sounnah.  Le Coran est composé des paroles miraculeuses de Dieu, du début à la fin.  Quant à la sounnah, elle n’est pas toujours composée des paroles exactes de Dieu, mais plutôt de leur signification, expliquée par le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui).

La position de la sounnah au sein de la Loi islamique

Du vivant du messager de Dieu, le Coran et la sounnah étaient les deux sources uniques de la Loi islamique.

Le Coran contient les injonctions qui ont constitué, au départ, le fondement de la Loi, mais sans aller dans les détails ni dans la législation secondaire, à l’exception de quelques rares injonctions qui furent établies avec les principes généraux.  Ces injonctions ne peuvent être modifiées ni en fonction du temps ni en fonction des circonstances.  De même, le Coran contient les principes de la foi, établit les actes d’adoration, raconte les histoires des anciens peuples et fournit aux hommes une ligne de conduite morale.

La sounnah ne va jamais à l’encontre du Coran.  Elle explique les passages du Coran qui peuvent prêter à confusion, fournit des détails sur les passages rédigés en termes généraux et explique les injonctions coraniques.  La sounnah contient par ailleurs des injonctions qui n’apparaissent pas dans le Coran mais qui sont toujours en harmonie avec les principes coraniques et qui poursuivent les mêmes objectifs.

La sounnah est l’expression pratique du contenu du Coran et elle peut prendre plusieurs formes.  Parfois, elle se présente sous forme d’une action accomplie par le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui).  À d’autres moments, elle prend la forme d’une déclaration qu’il a faite en réponse à une situation donnée.  Parfois encore, elle prend la forme d’une déclaration ou d’une action d’un des compagnons qu’il n’a ni empêchée ni désapprouvée, sur laquelle il est demeuré silencieux ou au sujet de laquelle il a exprimé son approbation.

La sounnah explique et clarifie le Coran de diverses façons.  Elle explique, entre autres, comment accomplir les actes d’adoration prescrits par le Coran, de même que la façon d’appliquer les lois qu’il contient.  Par exemples, Dieu ordonne aux croyants de prier, mais sans mentionner à quels moments de la journée ni de quelle manière.  C’est le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) qui a enseigné la façon de prier aux musulmans.  Il leur a dit : « Priez comme vous m’avez vu prier. »

Par ailleurs, Dieu mentionne, dans le Coran, l’obligation du Hajj (pèlerinage) sans en expliquer les rites en détail.  Encore une fois, le Prophète a dit à ses fidèles :

« Prenez de moi les rites du Hajj. » (i.e. observez ma façon de faire et suivez mon exemple).

Aussi, dans le Coran, Dieu rend la zakat obligatoire sans préciser de quels biens, au juste, elle doit être prélevée.  Il ne mentionne pas non plus le montant minimal de biens à partir duquel la zakat devient obligatoire.  La sounnah, cependant, clarifie tout cela.

La sounnah précise certaines déclarations générales contenues dans le Coran.  Par exemple, Dieu dit :

« Voici ce que Dieu vous enjoint au sujet de (l’héritage à transmettre) à vos enfants : au fils, une part équivalente à celle de deux filles. » (Coran 4:11)

Il s’agit d’une règle générale, s’appliquant à chaque famille.  Mais la sounnah la précise davantage en y excluant les enfants des prophètes.  Le messager de Dieu a dit :

« Nous, prophètes, ne laissons aucun héritage.  Si nous laissons quelque chose, il s’agit d’une charité. »

La sounnah délimite certaines déclarations dont la portée n’est pas limitée, dans le Coran.  Par exemple, Dieu dit :

« …[et si] vous ne trouviez pas d’eau, alors ayez recours à de la terre pure et passez-en sur votre visage et vos mains… » (Coran 5:6)

Le verset ne mentionne pas jusqu’à quelle hauteur des mains il faut passer de la terre; est-ce jusqu’aux poignets ou jusqu’aux avant-bras?  La sounnah clarifie ce point avec l’exemple du Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui); lorsqu’il se retrouva dans cette situation, il se passa de la terre jusqu’aux poignets.

Parfois aussi, la sounnah met l’accent sur certains contenus du Coran ou fournit une législation secondaire pour certaines de ses lois.  Cela inclut tous les hadiths qui indiquent que la prière, la zakat, le jeûne et le Hajj sont obligatoires.

Un exemple où la sounnah apporte une législation secondaire pour une injonction coranique est la règle selon laquelle il est interdit de vendre des fruits avant qu’ils n’aient commencé à mûrir.  L’injonction coranique à la base de cette règle est la suivante :

« Ô vous qui croyez!  Ne dilapidez pas vos biens, entre vous, par pure vanité; mais faites des affaires par consentement mutuel. » (Coran 4:29)

La sounnah contient des règles qui ne sont pas mentionnées dans le Coran et qui ne viennent pas nécessairement éclaircir des choses mentionnées dans le Coran.  Un exemple de cela est l’interdiction de manger la viande d’âne et des prédateurs.  Un autre exemple est l’interdiction d’avoir pour épouses une femme et sa tante en même temps.  Ces règles, de même que les autres que l’on retrouve dans la sounnah, doivent être respectées.

L’obligation d’adhérer à la sounnah

L’une des conditions de la croyance en la prophétie est le fait d’accepter comme vrai tout ce que le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit.  Dieu a choisi Ses messagers parmi Ses adorateurs afin qu’ils transmettent Sa Loi aux hommes.  Dieu dit, dans le Coran :

« Dieu est plus à même de savoir à qui confier Son message. » (Coran 6:124)

Dieu dit également :

« Quelle est la mission des messagers sinon de transmettre le message en toute clarté? » (Coran 16:35)

Dieu a protégé Son messager de l’erreur, Il a protégé sa langue de toute parole qui irait à l’encontre de la vérité, et Il a protégé ses membres contre le fait de commettre toute mauvaise action.

De même, Dieu l’a protégé contre le fait d’approuver quoi que ce soit qui irait à l’encontre de la Loi islamique.  Il est la créature de Dieu la plus complète.  Cela est démontré par la façon dont Dieu le décrit, dans le Coran :

« Par l’étoile à son déclin!  Votre compagnon ne s’égare point et n’a pas été induit en erreur.  Et il ne prononce rien selon ses propres désirs. » (Coran 53:1-4)

Il est clair, à la lecture des hadiths, qu’en toutes circonstances, et même dans les circonstances les plus difficiles, jamais rien ne retenait le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) de dire la vérité.  Même s’il était fâché, il disait toujours la vérité.  Jamais il ne mentait, pas même par gestes, et jamais ses intérêts personnels ne le retenaient de dire la vérité.  Son seul et unique objectif était la satisfaction de Dieu, le Tout-Puissant.

Abdoullah bar al-Aas rapporte qu’il mettait par écrit tout ce que disait le messager de Dieu.  Puis, un jour, des hommes de la tribu de Qouraysh le lui interdirent en disant : « Quoi!  Tu écris tout ce que dit Mohammed alors que c’est un homme qui ne parle que sous l’effet de la colère et par satisfaction personnelle? »

Abdoullah b.Amr cessa alors d’écrire et rapporta leurs propos au messager de Dieu, qui lui dit :

 « Écris : car par Celui dans les mains duquel se trouve mon âme, rien d’autre que la vérité ne sort d’ici » (et il pointa sa bouche du doigt).

Le Coran, la sounnah et le consensus des juristes musulmans indiquent tous qu’obéir au messager de Dieu est obligatoire.   Dieu dit, dans le Coran :

« Ô vous qui croyez !  Obéissez à Dieu et obéissez au messager, ainsi qu’à ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité.  Et si vous vous disputez au sujet de quoi que ce soit, reportez-vous à Dieu et au messager si vous croyez (vraiment) en Dieu et au Jour dernier. » (Coran 4:59)


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La campagne de Khyber

Au cours de la septième année de la Hijrah, le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) mena une campagne contre Khyber, bastion des tribus juives dans le Nord de l’Arabie qui était devenu un véritable guêpier pour ses ennemis.  C’est à Khyber qu’une juive avait servi de la viande empoisonnée au Prophète, viande dont il n’avait prit qu’une seule bouchée.  À peine la viande avait-elle touchée ses lèvres qu’il s’était rendu compte qu’elle était empoisonnée.  Sans l’avaler, il avait mis en garde ses compagnons, mais un des musulmans en avait déjà avalé un morceau et il en était mort.  La femme qui avait préparé et servi cette viande fut condamnée à mort.

Pèlerinage à la Mecque

Au cours de la même année, la vision que le Prophète avait eue au sujet du pèlerinage à la Mecque se réalisa : il entra à la Mecque sans trouver de résistance.  Respectant les clauses de la trêve, les idolâtres évacuèrent la cité et, à partir des hauteurs environnantes, regardèrent les musulmans accomplir leur pèlerinage.

La trêve violée par Qouraysh

Un peu plus tard, une tribu alliée à Qouraysh viola la trêve en attaquant une tribu alliée au Prophète et en massacrant ses membres jusque dans le sanctuaire de la Mecque.  Par la suite, terrifiés à l’idée des conséquences que pourrait avoir leur geste, ses membres envoyèrent Abou Soufyan à Médine pour demander à ce que le traité soit renouvelé et que ses clauses soient prolongées.  Ils espéraient qu’il y arriverait avant que les nouvelles du massacre n’atteignent Médine.  Mais un messager de la tribu qui avait été attaquée avait devancé Abou Soufyan et ce dernier ne put entamer aucunes négociations.

La conquête de la Mecque

Le Prophète rassembla tous les musulmans en âge de porter les armes et marcha sur la Mecque.  Qouraysh en fut terriblement effrayé.  Sa cavalerie se mit en position de défense devant la cité mais fut rapidement mise en déroute sans effusion de sang.  C’est ainsi que le Prophète entra dans sa ville natale en conquérant.

Ses habitants craignaient qu’il cherche à se venger d’eux, mais le Prophète proclama une amnistie générale.  Surprise et soulagée, la plus grande partie de la population s’empressa de lui prêter serment d’allégeance.  Le Prophète ordonna la destruction de toutes les idoles se trouvant dans le sanctuaire et ajouta : « La vérité est venue et les ténèbres se sont dissipées ».  Puis, on entendit l’appel à la prière résonner dans toute la Mecque.

La bataille de Hounayn

Au cours de la même année, il y eut un rassemblement de tribus païennes en colère qui souhaitaient reprendre le contrôle de la Ka’aba.  Le Prophète les affronta avec une armée de douze milles hommes.  À Hounayn, dans un profond ravin, ses troupes furent prises dans une embuscade et passèrent près d’être mises en déroute.  C’est avec beaucoup de difficulté qu’elles parvinrent à rejoindre le Prophète et ses fidèles compagnons qui, seuls, faisaient face à l’ennemi.  Mais la victoire, lorsqu’elle vint, fut éclatante et ils récoltèrent un important butin, car plusieurs des tribus ennemies avaient apporté avec elles tout ce qu’elles possédaient.

La conquête de Taïf

La tribu de Thaqif faisait partie des ennemis qu’ils affrontèrent à Hounayn.  Après cette victoire, la ville de Taïf fut assiégée par les musulmans et finit par rendre les armes.  Par la suite, le Prophète nomma un gouverneur à la Mecque et, de son côté, retourna à Médine à la plus grande joie des Ansars qui avaient craint qu’en retrouvant sa ville natale il ne décide de les abandonner et de faire de la Mecque la capitale.

L’expédition de Tabook

Au cours de la neuvième année de la Hijrah, apprenant que des troupes ennemies étaient en train de se rassembler en Syrie, le Prophète appela tous les musulmans à participer avec lui à une importante campagne.  Malgré quelques ennuis de santé, il dirigea son armée jusqu’à la frontière syrienne en plein été.  La grande distance, la chaleur accablante, le prestige de l’ennemi et le fait que c’était la saison des récoltes poussèrent certains musulmans à s’excuser et plusieurs autres à rester chez eux sans même s’excuser.  Ce soir-là, à la frontière, ils campèrent sans eau ni nourriture, s’abritant derrière leurs chameaux.

Par la suite, ils atteignirent l’oasis de Tabook, puis retournèrent à la Mecque après avoir converti plusieurs tribus.  La campagne prit fin dans le plus grand calme.

Déclaration d’immunité

Bien que la Mecque fût conquise et que la majorité de ses habitants fussent désormais musulmans, les règles officielles du pèlerinage n’avaient pas été modifiées : les païens le faisaient toujours à leur manière et les musulmans, à la leur.  Ce n’est qu’après que la caravane musulmane eût quitté Médine pour aller faire le Hajj, au cours de la neuvième année de la Hijrah et alors que l’islam était devenu prédominant dans le Nord de l’Arabie, que la déclaration d’immunité fut révélée.  Selon cette déclaration, seuls les musulmans auraient droit d’accomplir le pèlerinage après cette année, à l’exception des idolâtres qui avaient conclu un traité encore en vigueur avec les musulmans, qui n’avaient jamais violé aucun de leurs traités et n’avaient jamais soutenu quelque tribu que ce soit contre ceux avec qui ils avaient conclu des traités.  Ceux-là pourraient continuer de jouir des privilèges que leur accordait leur traité jusqu’à son terme.  Cependant, à l’expiration du traité, ils redeviendraient comme tous les autres idolâtres et seraient assujettis aux mêmes lois.  Cette proclamation marqua la fin de l’idolâtrie en Arabie.

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Représailles contre Bani Qouraydhah

Rien n’est pire, aux yeux des Arabes, que de trahir la confiance et violer un serment fait de façon solennelle.  Il était donc temps, maintenant, de s’occuper de Bani Qouraydhah.  Le jour où les musulmans revinrent des tranchées, le Prophète déclara la guerre contre la traître Bani Qouraydhah qui, consciente de sa culpabilité, s’était déjà réfugiée dans ses forteresses.  Après un siège qui dura près d’un mois, ils durent se rendre sans conditions.  Tout au plus supplièrent-ils d’être jugés par un membre d’une tribu arabe de laquelle ils étaient partisans.  Ils choisirent le chef du clan avec lequel ils avaient une alliance de longue date, Sa’d ibn Mou’adh, de Aws.  Ce dernier, suite aux blessures qu’il avait subies durant la bataille d’Ouhoud, était mourant et dut être porté pour pouvoir prononcer son jugement.  Sans hésiter, il condamna à mort les hommes de la tribu.

Houdaybiyyah

Au cours de la même année, le Prophète eut une vision dans laquelle il se vit entrer à la Mecque sans rencontrer de résistance; c’est alors qu’il prit la décision d’accomplir le pèlerinage.  En plus d’un certain nombre de musulmans de Médine, il offrit aux tribus arabes alliées, dont le nombre avait passablement augmenté après la déconfiture de Qouraysh lors de la bataille des tranchées, de l’accompagner.  Cependant, la plupart refusèrent son offre.  Ce sont donc mille quatre cents homme, vêtus en pèlerins et amenant avec eux les bêtes à sacrifier, qui entreprirent le voyage jusqu’à la Mecque.  Comme il s’en approchaient, un ami de la cité vint à leur rencontre et avertit le Prophète que Qouraysh avait juré de les empêcher d’entrer dans le sanctuaire et que leur cavalerie était déjà en route.  Alors le Prophète ordonna à ses hommes de faire un détour par les gorges des montagnes.  Ces derniers étaient donc épuisés lorsqu’ils descendirent finalement dans la vallée de la Mecque.  Ils campèrent dans un endroit appelé Houdaybiyyah.  Là, le Prophète tenta de parvenir à une entente avec Qouraysh, expliquant qu’ils ne venaient qu’en tant que pèlerins.  Le premier messager qu’il envoya fut maltraité et son chameau blessé aux jarrets.  Il revint donc sans avoir pu transmettre son message.  Qouraysh, de son côté, envoya un messager qui s’avéra fort arrogant et menaçant dans ses paroles.  Un autre de leurs envoyés s’adressa au Prophète de façon si familière qu’on dût lui rappeler sévèrement le respect qu’il devait manifester envers ce dernier.  C’est lui qui, en revenant à la Mecque, dit : « J’ai vu César et Khosro dans leur splendeur, mais jamais je n’ai vu d’homme plus honoré par ses compagnons que ne l’est Mohammed. »

Le Prophète voulut alors envoyer un messager qu’il imposerait le respect.  Il choisit Outhman à cause de son lien de parenté avec la puissante famille Oumayyad.  Tandis que les musulmans attendaient son retour, quelqu’un vint leur annoncer qu’Outhman avait été assassiné.  C’est à ce moment que le Prophète, assis sous un arbre, à Houdaybiyyah, fit prêter serment à tous ses compagnons qu’ils résisteraient tous ensemble ou tomberaient tous ensemble.  Mais par la suite, ils apprirent qu’en réalité, Outhman n’avait pas été assassiné.  Puis, une troupe sortie de la Mecque pour venir attaquer les musulmans fut capturée et amenée devant le Prophète, qui leur pardonna suite à leur promesse de renoncer à toute hostilité.

Trêve de Houdaybiyyah

Qouraysh envoya par la suite de meilleurs messagers.  Après quelques négociations, la trêve de Houdaybiyyah fut signée.  Elle stipulait qu’il n’y aurait plus d’hostilités entre les deux parties pour une période de dix ans.  Que le Prophète devait retourner à Médine sans avoir visité la Ka’aba, mais qu’on le laisserait accomplir le pèlerinage avec ses compagnons l’année suivante.  Qouraysh promit d’évacuer la Mecque pour leur permettre de le faire.  Durant la période de la trêve, les déserteurs de Qouraysh venus rejoindre les musulmans seraient retournés chez eux, mais les déserteurs musulmans allés rejoindre la Mecque ne le seraient pas.  Toute tribu ou clan souhaitant faire partie du traité en tant qu’allié(e) de Qouraysh pourrait le faire.  Les musulmans furent consternés en apprenant les clauses du traité.  Ils se demandèrent, entre eux : « À quand cette victoire qui nous a été promise? »

Comme ils revenaient chez eux, en provenance de Houdaybiyyah, la sourate intitulée « la victoire » fut révélée.  En réalité, cette trêve s’avéra être la plus grande victoire obtenue par les musulmans jusque-là.  La guerre avait constitué une barrière entre eux et les idolâtres, mais maintenant, les deux parties s’étaient rencontrées et avaient discuté, et à partir de là, l’islam se répandit plus vite que jamais.  Au cours des deux années qui s’écoulèrent entre la signature du traité et la chute de la Mecque, le nombre de convertis fut plus important que le nombre total de convertis depuis les débuts de l’islam.  Le Prophète s’était déplacé jusqu’à Houdaybiyyah avec 1400 hommes.  Deux ans plus tard, lorsque les Mecquois violèrent la trêve, il alla les affronter avec une armée de 10 000 homme

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La bataille du Mont Ouhoud

Au cours de l’année suivante, une armée composée de trois mille hommes partit de la Mecque pour venir détruire Yathrib.  La première idée du Prophète, au départ, fut de simplement défendre la ville, un plan qu’Ibn Oubayy, leader des « hypocrites », approuva fortement.  Mais les hommes qui s’étaient battus à Badr, croyant que Dieu les aiderait en toutes circonstances, virent comme une honte le fait d’attendre derrière des murs.

Devant leur foi et leur ferveur, le Prophète céda et partit avec une armée de mille hommes vers le Mont Ouhoud, où les attendait l’ennemi.  Pour se venger, Ibn Oubayy et ses hommes, qui composaient le tiers de l’armée, se retirèrent.  En dépit des lourdes pertes, la bataille d’Ouhoud se serait soldée par une victoire encore plus grande que celle de Badr, pour les musulmans, si ce n’avait été de la désobéissance d’un groupe de cinquante archers auquel le Prophète avait demandé de monter la garde devant un passage que pouvait emprunter la cavalerie ennemie.  Croyant que leur armée avait remporté la bataille, ils quittèrent leur position, craignant de voir leur part du butin leur échapper.  C’est à ce moment que la cavalerie ennemie s’engouffra par le passage ainsi libéré et fonça sur les musulmans.  Le Prophète lui-même fut blessé et la rumeur de sa mort commença à courir parmi les combattants jusqu’à ce que quelqu’un le reconnaisse et clame à tue-tête qu’il était encore vivant.  Les musulmans, se regroupant autour du Prophète, battirent en retraite, laissant de nombreux morts sur le coteau.  Ce territoire appartenait aux Mecquois; les femmes de Qouraysh commencèrent à circuler parmi les corps, se lamentant auprès de ceux appartenant aux leurs et mutilant ceux des musulmans.  Le corps de Hamzah, le jeune oncle et ami d’enfance du Prophète, était du nombre, et l’abominable Hind, épouse d’Abou Soufyan qui en voulait particulièrement à Hamzah et qui avait donné une récompense à l’homme qui l’avait tué, ouvrit son corps, en sortit le foie et en mâchouilla une partie.  Le jour suivant, le Prophète sortit à nouveau avec son armée afin que Qouraysh l’apprenne et soit dissuadé d’attaquer Médine.  Le stratagème fonctionna grâce à un bédouin qui croisa les musulmans et discuta avec eux.  Puis, il poursuivit son chemin et croisa l’armée de Qouraysh.  Interrogé par Abou Soufyan, il lui dit que Mohammed, plus fort que jamais et assoiffé de vengeance, les attendait sur le champ de bataille avec son armée.  Apprenant cela, Abou Soufyan décida de retourner à la Mecque.

Massacres de musulmans

Le revers qu’ils avaient subi sur le Mont Ouhoud avait réduit le prestige des musulmans aux yeux des tribus arabes et des juifs de Yathrib.  Des tribus qui avaient jusque-là penché en faveur des musulmans penchaient maintenant en faveur de Qouraysh.  Des compagnons du Prophète se faisaient désormais attaquer et même tuer lorsqu’ils voyageaient en petits groupes.  Khoubayb, un de ses messagers, fut capturé par une tribu du désert et vendu à Qouraysh, qui le tortura à mort, sur la place publique, à la Mecque.

Expulsion de Bani Nadhir

En dépit du traité conclu avec les musulmans, les juifs, désormais, cachaient difficilement leur hostilité envers eux.  Ils se mirent à négocier des alliances avec Qouraysh et les « hypocrites », et tentèrent même d’assassiner le Prophète.  Ce dernier se vit dans l’obligation de prendre des mesures punitives contre certains d’entre eux.  La tribu de Bani Nadhir fut assiégée dans ses forteresses, sa résistance se trouva affaiblie et elle fut forcée d’émigrer.

Bataille des tranchées

Abou Soufyan avait probablement compris que les représailles « œil pour œil, dent pour dent » étaient devenues inutiles.  Soit il faisait tomber les musulmans une fois pour toutes, soit il perdait la guerre de façon définitive.  Usant de ses talents diplomatiques, il planifia de former une confédération de tribus bédouines dont certaines étaient violemment opposées aux musulmans et les autres uniquement intéressées par un éventuel butin.  En même temps, il commença à sonder secrètement les juifs de Médine au sujet d’une possible alliance.  Au cours de la cinquième année de la Hijrah (i.e. au début de l’an 627), il partit avec 10 000 hommes en direction de Médine, ce qui constituait la plus imposante armée jamais vue dans le Hijaz (la partie occidentale de la Péninsule arabe).  Médine, de son côté, ne pouvait en rassembler plus de 3000 pour leur résister.

Le Prophète tint un conseil de guerre et cette fois, personne ne suggéra d’aller à la rencontre de l’ennemi.  Leur principale préoccupation concernait la meilleure façon de protéger la cité.  C’est à ce moment que Salman le Persan, un ancien esclave qui était devenu l’un des plus proches compagnons du Prophète, suggéra de creuser de profondes tranchées tout autour de la cité entre les champs de lave et les forteresses.  Il s’agissait d’une tactique sans précédent dans les guerres entre peuples arabes, mais elle plut immédiatement au Prophète et ils se mirent tous au travail, lui y compris.

Le travail était à peine terminé lorsque l’armée des confédérés apparut à l’horizon.  Tandis que les musulmans attendaient l’assaut, ils apprirent que Bani Qouraydhah, une tribu juive de Yathrib qui avait jusque-là été loyale, était passée à l’ennemi.  L’affaire semblait désespérée.  Le Prophète fit venir chaque homme disponible près des tranchées, laissant la cité aux commandes d’un musulman aveugle, et l’ennemi fut accueilli par une pluie de flèches alors qu’il s’approchait de l’obstacle inattendu.  Abou Soufyan et ses hommes ne purent jamais le traverser, mais demeurèrent en position durant trois ou quatre semaines, échangeant des flèches et des insultes avec les défenseurs de la cité.  La température changea, des vents glaciaux se mirent à balayer l’endroit, accompagnés de pluies torrentielles; c’était plus que ce que les bédouins confédérés pouvaient supporter.  Ils avaient suivi l’armée de Qouraysh en croyant obtenir facilement un butin et ils savaient qu’ils n’avaient rien à gagner à attendre près d’une tranchée boueuse, sous une pluie battante, à regarder leurs bêtes mourir à cause du manque de fourrage.  Ils disparurent les uns après les autres sans même saluer Abou Soufyan.  L’armée de désintégra et il se vit lui-même forcé de se retirer.  Le jeu était terminé.  Et il avait perdu.

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