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« Et celui qui fait revivre ma Sunna m’aime. Et celui qui m’aime sera avec moi dans le Paradis. » Quel musulman et quelle musulmane ne connaissent pas ces mots du célèbre Hadith du Prophète (sur lui la paix) ? Et qui ne voudrait pas être en compagnie du Prophète dans le Paradis ? Et qui ne voudrait pas mettre en pratique la Sunna, c’est-à-dire « la voie du Prophète » (sur lui la paix) ?

Le problème c’est que trop souvent certains musulmans ont adopté une vision étriquée de « la Sunna du Prophète » (sur lui la paix). En effet, celle-ci est considérée par ces musulmans comme se constituant avant tout – voire presque uniquement – des faits de « manger avec ses doigts, manger en s’asseyant par terre, porter des sandales » et d’autres sunna de ce genre, qui relèvent des sunna ‘âdiyya ». Or la Sunna est constituée avant tout des « sunna ta’abbudiyya » (dont certaines sont obligatoires, d’autres fortement recommandées, d’autres conseillées). La Sunna, c’est ce que le Prophète a dit, fait et approuvé, et elle concerne, en tant que telle, tous les domaines auxquels est lié l’islam.
Voici ci-après, des paroles du Prophète où il a employé le mot « sunna » pour décrire certains de ces domaines :
Suivre la Sunna du Prophète à propos des croyances (‘aqâ’ïd) :
Le Prophète a dit : « … Et celui d’entre vous qui vivra verra de nombreuses déviances. Attachez-vous alors à ma Sunna et à la Sunna des califes bien guidés après moi (al-khulafâ ar-râshidûn) (rapporté par at-Tirmidhî). Ces déviances dont parlait le Prophète sont celles qui allaient surgir à propos des croyances, comme celles d’Ibn Sabâ qui ont conduit au kharidjisme etc., ou encore comme celles qui ont conduit au mutazilisme, etc.
Face à des déviances, qui concernent donc les croyances, le Prophète demande de s’attacher à la Sunna, donc aux croyances que lui il a enseignées. Suivre les croyances (‘aqâ’ïd) qu’a enseignées le Prophète, c’est donc suivre la Sunna du Prophète.
Suivre la Sunna du Prophète à propos de ce qui est purement cultuel (ta’abbudât) :
Le Prophète a dit : « Chaque fois qu’un peuple invente une innovation (bid’a), une quantité semblable de Sunna est enlevée de lui. Car s’en tenir à une Sunna vaut mieux que rajouter une innovation (bid’a) » (rapporté par Ahmad, hadîth dhaîf lada-l-Albânî, wa lâkin hunâka hadîth sahîh ladayhi, rawâhu ad-Dârimî, wa huwa fî ma’nâhu). Il s’agit ici de tout ce qui est purement cultuel, où il faut s’en tenir strictement à ce que le Prophète a fait, et où on ne peut rien rajouter sous peine de tomber dans la Bid’a. S’en tenir, dans le domaine du purement cultuel, à ce qu’a fait le Prophète, c’est donc suivre la Sunna du Prophète.
Suivre la Sunna du Prophète à propos des règles du droit (fiqh) :
Deux Compagnons étaient partis en voyage. L’heure de la prière arriva et n’ayant pas d’eau, ils firent la purification par la poussière (tayammum) et accomplirent leur prière. Mais ensuite, avant que l’heure de cette prière se termine, ils trouvèrent de l’eau. L’un se dit alors que la prière accomplie avec la purification par la poussière (tayammum) était suffisante. Mais l’autre fit les ablutions (wudhû) et refit la prière qu’il avait déjà faite après avoir fait la purification par la poussière (tayammum). Arrivés auprès du Prophète à Médine, ces deux Compagnons lui racontèrent ce qu’ils avaient fait. Le Prophète donna alors raison au premier et lui dit : « Tu as pratiqué la Sunna » (rapporté par Abû Dâoûd). Voici ce que nous avons appris être une « règle de droit » dans les « ouvrages de jurisprudence » : « On n’avait pas d’eau, on a fait la purification par la poussière (tayammum) et on a accompli la prière. Puis, avant la fin de l’heure de la prière, on a trouvé de l’eau. Il ne faut pas refaire cette prière. » C’est vrai : cela relève du droit. Mais c’est aussi une sunna du Prophète. Les règles du droit musulman sont, ainsi, soit directement, soit indirectement issues des paroles du Prophète (que ces règles concernent ce qui est purement cultuel ou ce qui est financier, ce qui est social, etc.). Suivre les règles juridiques (fiqh) qu’a enseignées le Prophète, c’est donc suivre la Sunna du Prophète.
Suivre la Sunna du Prophète à propos de ce qu’on pense et dit des autres, et de son comportement vis-à-vis d’eux :
Le Prophète avait dit à Anas ibn Mâlik : « Mon petit, si tu es capable d’avoir, chaque matin et chaque soir, le cœur pur de rancœur (« ghissh ») vis-à-vis de chacun, fais-le. Mon petit, cela fait partie de ma Sunna. Et celui qui fait revivre ma Sunna m’aime. Et celui qui m’aime sera avec moi dans le Paradis » (rapporté par at-Tirmidhî, hadîth dh’aîf wa lâkin yasluhu lil-fadhîlah wa lil-istish’hâd fil-hukm).
Où est notre mise en pratique de la Sunna par rapport à cette parole ? Les cœurs sont-ils purs de rancœur vis-à-vis de ceux que l’on côtoie ? Ou bien sont-ils pleins de ce qui fait de leur possesseur un « double visage » (dhu-l-wajhayn selon les mots du Prophète) ? En plus, c’est dans cette parole que se trouve justement la phrase que l’on aime répéter : « Et celui qui a fait revivre ma Sunna m’aime. Et celui qui m’aime sera avec moi dans le Paradis ». Où est-elle dans notre Communauté, la Sunna, sur ce point ?
Certains frères disent : « Par amour pour le Prophète, nous, nous portons des sandales qui ressemblent aux siennes plutôt que des chaussures européennes, de même que nous mangeons par terre plutôt qu’à table ». C’est un choix respectable pour ce qui relève de « sunna ‘âdiyya ». Mais le problème c’est que ces mêmes personnes, ensuite, vous racontent des rumeurs qu’elles ont entendues ici et là. Et quand vous leur dites que le contenu en est faux, elles vous récitent le proverbe : « Il n’y a pas de fumée sans feu ! »
Bravo. Tu considères que, par amour pour le Prophète, il s’agit de ne pas adopter des chaussures qui sont différentes du modèle de celles du Prophète. Mais ça ne gêne pas ta conception de l’amour du Prophète que d’adopter le proverbe « Il n’y a pas de fumée sans feu » bien que celui-ci contredise les paroles du Prophète ?
– En effet, le proverbe dit que s’il y a une rumeur, c’est qu’il y a forcément une vérité.
– Et le Prophète, lui, a dit qu’il y a des gens qui inventent des propos, que ces propos se répandent ensuite partout sous forme de rumeur sans que ce soit vrai, et que ces gens subiront dans leur tombe (al-barzakh) le châtiment d’avoir le visage sans cesse déchiré (rapporté par al-Bukhârî, hadîth n° 5745 et n° 1320). Le Prophète a dit aussi : « Il est suffisant, comme mensonge, qu’un homme répète tout ce qu’il entend » (rapporté par Muslim). Le Prophète dit : « Dieu (…) déteste le « qîla wa qâla » (rapporté par Muslim) (« qîla wa qâla » désigne les rumeurs et les on-dit). Le Prophète a dit encore : « Quelle mauvaise monture pour un homme que « za’amû » (« on dit que… ») (rapporté par Abû Dâoûd).
Et malgré toutes ces paroles du Prophète, on adopte l’autre proverbe la conscience tranquille… et on prétend être de ceux qui suivent le modèle du Prophète.
La vérité est là, affligeante : on s’est focalisé, en matière de Sunna du Prophète, uniquement sur la forme de ses chaussures, la couleur de ses vêtements, et le fait de manger par terre. Le reste, est devenu secondaire, à la limite de l’utile. Est-ce là la conception de la Sunna qu’avaient le Prophète et ses Compagnons ?!
Conclusion :
1. La Sunna concerne non pas seulement la façon de s’habiller, de manger et de boire, mais aussi et surtout les croyances, les règles juridiques, le fait de s’en tenir à ce que le Prophète a fait comme acte purement cultuel, le comportement vis-à-vis d’autrui, etc.
2. Certaines Sunna sont obligatoires, d’autres fortement recommandées, d’autres conseillées.
3. On ne peut pas – et cela relève de l’enseignement même du Prophète – considérer ce qui est conseillé comme étant primordial, et considérer ce qui est obligatoire comme étant secondaire !
4. Pour toute chose relevant du domaine de ce qui est purement cultuel (al-‘ibâdât), on ne peut rien faire que le Prophète n’ait pas fait, sous peine de tomber dans l’innovation religieuse (bid’ah). Par contre, pour ce qui relève du domaine de ce qui n’est pas purement cultuel (al-‘âdât), pratiquer la Sunna du Prophète revient à intégrer de nouvelles choses aux principes laissés par le Prophète (les « sunna ‘âdiyya »), même si le Prophète n’avait pas fait ces nouvelles choses.
5. Et si le Prophète avait, dans ce domaine des ‘âdât, pratiqué certaines choses liées à son époque à lui, on peut les pratiquer par amour pour lui, ce qui relèvera alors des « sunna ‘âdiyya » et sera source de récompenses pour un acte recommandé, comme on peut ne pas les pratiquer sans les mépriser. Ainsi, on ne doit pas mépriser une « sunna ‘âdiyya » telle que manger avec ses doigts – car c’est une chose qu’a faite le Prophète – , mais on ne doit pas non plus faire de reproche à ceux des musulmans qui choisissent de manger avec une fourchette dès qu’ils tiennent compte des « sunna ta’abbudiyya » du Prophète en la matière (entre autres utiliser sa main droite, ne pas manger de choses interdites dans les Hadîths, etc.).
« Pratiquer et faire revivre la Sunna du Prophète » « pratiquer l’excellent modèle (uswa hassana) que constitue le Prophète, c’est tenir compte de tout cela…
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Un don d’Egypte

Maria , la copte (Chrétienne Egyptienne) naquit dans un village appelé Hifin, situé sur le bord oriental du Nil. Son père, était copte et sa mère aussi. Après sa première enfance, au début donc de sa jeunesse, elle alla résider, avec sa soeur Sérine, dans le palais du dirigeant des coptes. Elle vivait en ce lieu quand elle entendit parler d’un Prophète, habitant la Presqu’île arabique, qui appelait à une nouvelle religion céleste. Elle se trouvait dans le palais quand Hatib Ibn Abi Balta’a vint en délégation, porteur d’un message au roi. Celui-ci entra et remit la lettre en question.

Après : Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, la lettre appelait à embrasser l’Islam. Le roi lut le message, le plia avec soin et le plaça dans un étui qu’il remit à l’une de ses servantes. Ensuite, il se tourna vers Hatib et lui demanda de lui parler de ce Prophète et de le décrire. A la fin de l’exposé de l’émissaire du Prophète, il dit à Hatib :

– Je savais qu’il restait encore un prophète à envoyer. Je pensais qu’il allait se manifester dans le Shâm car c’est dans cette région que les messagers sont issus. Je vois qu’il vient d’apparaître dans une terre arabe… Malheureusement, les coptes ne m’obéiront pas.

Il ne pouvait donc embrasser l’Islam, sans quoi il risquerait certainement de perdre son trône. Or, il ne voulait pas se séparer de son autorité sur son peuple.

Dans sa réponse au Prophète , le roi le remercia en l’informant qu’il envoyait, avec son émissaire, deux femmes coptes, de hautes conditions sociales, ainsi que des vêtements somptueux et un mulet qu’il pourrait monter.

En remettant le message à Hatib, il s’excusa de ne pas répondre favorablement à son appel d’adhésion à l’Islam car les coptes sont attachés à leur religion. Il lui demanda également de garder secret ce qui vient de se produire entre eux, afin que son peuple n’en sache absolument rien.

Après quoi, Hatib partit avec les présents royaux et les deux soeurs, Maria et Sérine. Il était compréhensible que ces dernières quittent avec regret leur patrie. Pour apaiser leur tristesse et leur faire oublier quelque peu ce qu’elles viennent d’abandonner, Hatib se mit, en cours de route, à leur raconter l’histoire antique du pays des Arabes. Il leur conta les récits et les légendes que le temps avait tissés autour de la Mecque et du Hijaz au cours des siècles. Après quoi, il leur parla du Prophète et de l’Islam. Il sut choisir les faits les plus convaincants et les arguments les plus probants, si bien que les deux soeurs furent réjouies de ce qu’elles venaient d’entendre et leurs coeurs s’ouvrirent à l’Islam et à son Prophète.

Arrivée et vie à Médine

L’arrivée de Maria et de sa soeur eut lieu en l’an VII de l’Hégire. Le Prophète  venait de revenir de Hudaybiyya où il conclut un pacte avec les Qurayshites. Maria lui plut et la prit pour épouse. Quant à sa soeur, il la maria avec son poète Hasan Ibn Thabit. Le bruit courut à travers la ville qu’une belle Egyptienne, aux cheveux longs, venait d’arriver des rivages du Nil et qu’elle avait été offerte en cadeau à l’Elu de Dieu.

Une année s’écoula et Maria menait une vie heureuse. Sa nostalgie de l’Egypte s’estompa. A présent, elle se familiarisa avec la vie médinoise et vivait paisiblement dans la Maison du Prophète. Aussi, accepta-t-elle volontiers de porter le Hijab, au même titre que les Mères des croyants.

Sa situation s’identifiait quelque peu à Hagar, la femme d’Abraham, qui, elle aussi, quitta l’Egypte, dans son état d’esclave, pour venir s’installer au Hijaz, en femme libre. Présentement, la différence portait sur le fait que sa compatriote donna naissance à Ismael. Allait-elle, à son tour, donner un enfant au Prophète ? C’est que son mari, depuis la mort de Khadija eut plusieurs épouses, pourtant, aucune d’elles ne lui donna un héritier mâle.

La bonne nouvelle

Deux années s’étaient écoulées depuis son mariage avec l’Envoyé de Dieu. Le souvenir de Hagar et d’Ismael continuait à habiter son esprit quand, un jour, elle sentit qu’elle portait un enfant dans son ventre. Cependant, elle n’y croyait pas, se figurant que ce n’était qu’une illusion qu’elle se faisait. C’était peut-être son imagination qui lui jouait un tour. C’est pourquoi, vivant encore dans le doute, elle cacha la nouvelle pendant un ou deux mois. Cependant, au fur et à mesure que la grossesse prenait forme, le doute se transforma en certitude. Ce n’était plus un rêve mais bel et bien une réalité.

Maria communiqua d’abord la bonne nouvelle à sa soeur Sérine qui l’assura qu’elle portait bien un enfant dans son ventre. Elle fut transportée de joie et elle annonça au Prophète  la prochaine naissance d’un enfant. Celui ci leva les yeux au Ciel et remercia, à son tour, son Créateur. Sa joie atténua quelque peu la tristesse qui l’envahi après le décès de ses filles Zaynab, Ruqiya et Umm Kaltoum.

L’évènement ne tarda pas à faire le tour de la ville :

– L’Elu de Dieu attendait un enfant de Maria l’Egyptienne.

Nous pouvons imaginer le désarroi des autres épouses. Voilà une femme étrangère enceinte alors qu’elle n’avait séjourné qu’une année avec le Prophète, au moment où elles-mêmes n’avaient pas porté de descendant dans leur ventre après plusieurs années dans sa Maison. C’était le destin.

Le Prophète craignait pour la santé de Maria. Aussi, la transporta-t-il dans les faubourgs de Médine afin qu’elle jouisse du calme et préserve la santé de l’enfant qui allait naître. Sérine resta auprès de sa soeur Maria pour prendre soin d’elle jusqu’au jour de la naissance, à savoir la nuit du mois de Dhu-l-Hijja, an VIII de l’Hégire. Le Prophète  fit appel à une sage-femme et s’isola dans un coin de la maison où il s’adonna aux prières et aux implorations.

La sage femme lui annonça la naissance d’un garçon qui, issu d’un homme libre, allait affranchir sa mère de son état d’esclave. L’envoyé de Dieu  était transporté de joie. Il nomma son fils Ibrahim, nom du père des croyants. Il distribua en aumônes une quantité d’orge égale au poids du nourrisson.

Un jour, le Prophète  prit son fils dans ses bras et le porta chez Aisha afin que celle-ci puisse y voir les traits similaires aux siens. Certes, l’épouse préférée retint ses larmes de joie. Elle se retint de montrer sa jalousie mais elle la manifesta sous une autre forme :

– Je ne vois aucune ressemblance entre toi et ce fils.

Aisha avait dit plus tard, qu’elle n’avait jamais été jalouse d’une femme autant que de Maria car elle était non seulement belle mais aussi Dieu lui accorda un enfant alors que les autres épouses en étaient privées.

Le décès d’Ibrahim

Hélàs ! Le bonheur de Maria ne dura qu’une année et un peu plus. Elle allait connaître une épreuve terrible et une période amère : la perte de son enfant. Celui ci tomba malade alors qu’il n’avait pas encore clos ses deux années. Maria fit appel à sa soeur pour lui tenir compagnie et veillait avec elle autour du lit d’Ibrahim. Cependant, la vie de ce dernier commença à s’éteindre petit à petit.

Le Prophète , apprenant la mauvaise nouvelle, arriva à la maison, appuyé sur l’épaule de Abd ar-Rahman ibn Awf, parce que la douleur et la souffrance lui firent perdre ses forces. Il prit son fils dans les bras de sa mère et le mit sur ses genoux, le coeur triste.

Il ne restait plus à l’Elu de Dieu qu’à dire que telle était la volonté divine. La mort était le lot de tous les humains. Les derniers rejoindront toujours les premiers, ajoutant un deuil à un autre. Certes, les yeux pleurent et le coeur est triste, mais, en aucune manière, ils ne se lamentent du sort décidé par le Créateur.

Il se tourna vers Maria, attendri par l’état où elle se trouvait. Il lui dit :

– Ibrahim est mon fils. Son allaitement se poursuivra au Paradis.

Il fit alors appel à son neveu, al-Fadl, le fils de ‘Abbas pour laver le petit garçon tandis que lui, il demeura assis dans un coin, triste. Ensuite, il ensevelit son fils, s’acquitta d’une prière de quatre unités et l’ensevelit lui-même dans le cimetière d’al-Baqi.

L’éclipse solaire

Au retour de l’enterrement, le soleil se voila et l’horizon s’obscurcit. Quelqu’un dit :

– L’éclipse du soleil est conséquente à la mort d’Ibrahim.

Cette réflexion parvint aux oreilles du Prophète . Il se tourna vers ses compagnons et leur dit :

– Le soleil et la lune sont deux des signes de Dieu. Ni l’un ni l’autre ne s’éclipsent ni à la mort ni à la vie de quelqu’un.

De son côté Maria, la blessure au coeur, fit preuve de patience, acceptant avec résignation la volonté de Dieu. Elle resta cloîtrée dans sa chambre pendant la durée de l’enterrement. Ensuite, elle alla au cimetière, s’assit près de la tombe de son fils. Elle ne pouvait retenir ses larmes. Elle les avait retenues jusque là devant son mari, pour ne pas aggraver la blessure de ce dernier. Mais là, seule, ses yeux exprimaient la forte douleur de son coeur.

Le Prophète  mourra une année plus tard. Il laissa Maria veuve. Celle-ci mourut en l’an XVI de l’hégire. Le calife Umar appela les gens à se rassembler et à suivre le cercueil. Il pria sur sa tombe et l’enterra dans le cimetière de Baqi.

Islammedia 2011

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Safiya au milieu des captives de Khaybar

La sixième année de l’hégire prit fin après que deux événements, l’un gai et l’autre triste, eurent lieu dans la Maison du Prophète . Ce fut d’abord le mariage avec Juwayriya et ensuite l’affaire du collier de ‘Aïsha. Il eut ensuite le pacte de Hudaybiyya signé avec les associateurs.

Au début de la septième année de l’Hégire, le Prophète  se prépara à affronter, dans une bataille décisive, les Juifs qui l’avaient trahi dans celle du « Fossé ». Il fallait mettre un terme à cette menace des Juifs qui exploitaient la moindre occasion pour, pensaient-ils, détruire les assises de l’Islam.

Au cours de la seconde moitié de Muharram, l’Envoyé de Dieu  se dirigea, à la tête de ses troupes, vers Khaybar, siège de ses ennemis irréductibles. Les musulmans sortirent victorieux après avoir détruit les forteresses des Juifs, tués les hommes et capturé les femmes.

Parmi ces dernières, il y avait Safiya Bint Huyiya Ibn Akhtab , qui descendait de la branche de Aaron, frère de Moïse. Elle n’avait pas encore dix huit ans. En dépit de son jeûne âge, elle avait été mariée deux fois, d’abord avec le poète de son clan, Sallam Ibn Mashkam, et ensuite avec Kinana Ibn ar-Rabi’. Elle faisait partie des nombreuses captives que les musulmans firent à Khaybar.

Safiya contint sa douleur et s’efforça de garder sa dignité et son orgueil. Ce n’était pas le cas de sa cousines qui pleurait, se lamentait et jetait de la terre sur sa tête. Les deux femmes étaient traînées par Bilal. Le Prophète  s’approcha d’elles. Il les regarda avec pitié et compassion.

Il dit à Bilal :
– Je vois que tu t’es dépouillé de toute miséricorde en traînant ces deux femmes qui viennent de perdre leur mari.

Après quoi, il jeta sur Safiya son manteau, ce qui signifiait qu’il l’avait choisie pour lui.

Selon Anas, le Prophète  dit à Safiya :

– As-tu de quoi payer la rançon ?
– Cela était possible quand je vivais dans l’associationnisme. Comment pourrais-je le faire à présent que je vis en Islam.

Le Prophète  affranchit Safiya et l’épousa. Sa libération remplaçait la dot qu’il devait lui offrir. Pendant ce temps, la cousine continuait à se lamenter, en déchirant ses vêtements de désespoir.

Safiya entre dans la Maison du Prophète

Quand le calme fut revenu et que la peur de Safiya s’était quelque peu dissipé, il porta celle ci derrière lui sur son chameau et se dirigea vers Médine. A mi-chemin, il s’arrêta. Il constata que Safiya était plus sereine. Cette dernière était donc prête pour le mariage. Une coiffeuse vint la peigner, la maquiller et la parfumer. Les effets de la tristesse et de la souffrance disparurent complètement. Ce n’était plus la femme sortie du blocus de Khaybar, captive et humiliée.

A l’occasion de ce mariage, un banquet avait été organisé. Les invités mangèrent les bonnes choses prises de Khaybar jusqu’à satiété. Après quoi,le Prophète  reprit le chemin de Médine, ayant toujours à l’esprit le premier refus de Safiya de le prendre comme époux. Mais elle lui raconta un songe qu’elle avait fait avant la prise de Khaybar : La nuit de son mariage avec Kinana Ibn Rabi’, elle vie en rêve une lune se poser sur ses genoux. Elle le raconta à son mari qui lui dit en colère : En vérité, tu désires Muhammed, le roi du Hijaz.

Le Prophète  se réjouit de cette nouvelle. Il comprit qu’à présent, elle l’acceptait comme époux. Il ne voulait pas lui montrer sa satisfaction. Aussi lui demanda-t-il la raison de son premier refus. Elle lui dit :

– J’avais peur pour ta sécurité tant que tu étais encore proche du lieu ou se trouvaient les Juifs.

Les souvenirs de Safiya

Safiya se remémorait les discussions des membres de sa famille qiu parlaient de leur Livre annonçant la venue d’un Prophète. Elle se rappelait leur haine et leur déception quand ce Prophète  émigra à Médine alors que cela aurait dû être pour eux une bonne nouvelle.

Safiya se rappelait encore quand son père et son oncle paternel partirent à la rencontre de ce Prophète, entrant triomphalement à Médine. Ils ne revinrent qu’au coucher du soleil. Ils arrivèrent exténués et abattus par cette apparition. Safiya s’approcha d’eux pour entendre leur discussion. Ses deux parents étaient tellement soucieux qu’ils ne firent pas attention à sa présence. Elle entendit son oncle dire à son père :

– Est-ce bien lui le Prophète attendu ?

Ayant reçu une réponse affirmative, il insista :

– Tu l’as bien reconnu et tu en as la preuve ? Si c’est le cas, que ressens-tu à présent ?
– Par Dieu ! Mon animosité à son égard demeure et persiste, répondit le père de Safiya.

L’empoisonnement du Prophète

Pendant ce temps, les musulmans n’avaient pas oublié l’acte perfide d’une femme juive de Khaybar, à savoir Zaynab Bint al-Harith, épouse de Sallâm Ibn Mishkam, un des chefs du clan des juifs de Khaybar. Elle entra chez le Prophète alors que celui-ci se sentait tranquille depuis la reddition des Juifs et la conclusion de leur accord. Cette femme lui présenta un rôti d’agneau empoisonné après avoir demandé à ses Compagnons : « Quelle est la partie préférée de l’Envoyé de Dieu? » Aussi força-t-elle la dose de poison dans la partie concernée.

Le Prophète  ne mangea qu’une partie du rôti et donna l’autre à un de ses Compagnons Bishr Ibn-Barra. Après quoi, il dit : « L’os de ce rôti me dit qu’il est empoisonné! » Il appela la femme de Sallam qui reconnut avoir empoisonné la viande en disant :

– Je me suis dis : si c’est vraiment un Prophète, il en sera averti. Si ce n’est qu’un roi, je me serais débarrassé de lui.

Le Prophète  ne prit aucune mesure contre elle. Cependant, son compagnon, qui avait mangé une partie du rôti, mourut des conséquences de l’empoisonnement.

La vie familiale

Sur le chemin du retour à Médine, la chamelle, qui portait Safiya, trébucha et fit tomber celle-ci. Les femmes y virent un mauvais présage et dirent qu’il fallait éloigner d’eux cette Juive. Aussi, le Prophète  préféra ne pas faire entrer Safiya parmi ses autres épouses. Ainsi, il l’emmena chez un de ses Compagnons, Harith Ibn an-Na’man. Les femmes Ansarites se précipitèrent pour aller admirer la beauté de cette Juive. Entre temps, le Prophète  reconnut ‘Aisha, le visage entièrement recouvert, qui marchait d’un pas précipité. De loin, il la suivit du regard. Il la vit entrer dans la maison d’al-Harith Ibn Nu’am. Il l’attendit jusqu’au moment où elle ressortit. Il alla vers elle et la saisit par son vêtement en lui disant : « Comment l’as-tu trouvé, ô la rousse ? »

La jalousie de ‘Aisha se manifesta et, haussant les épaules, elle répondit :

– J’ai vu la Juive.
– Ne dis pas cela car elle a embrassé l’Islam et son islam est bon.

‘Aisha ne fit aucun commentaire et se dirigea à la maison où Hafsa l’attendait avec impatience pour connaitre l’opinion qu’elle avait sur la nouvelle mariée. ‘Aisha ne nia pas que Safiya était d’une grande beauté. Elle lui raconta aussi que leur époux la surprit à la sortir de la maison d’al-Harith ainsi que la discussion qu’elle eut avec lui.

En arrivant dans la maison du  Prophète , Safiya trouva deux groupes de femmes qui l’attendaient. D’un côté, il y avait ‘Aisha, Hafsa et Sawdah et de l’autre, les autres femmes dont Fatima az-Zahra. C’était comme si ces deux groupes lui demandaient de quel clan elle allait faire partie. Il lui était difficile de choisir entre l’épouse préférée du Prophète et sa fille bien aimée. Aussi, décida-t-elle de ne pas prendre position pour l’une ou l’autre mais d’entretenir plutôt de bons rapports avec toutes les femmes qu’elles soient dans un clan ou dans l’autre.

Cependant, Safiya ne pouvait s’attendre à aucun mal de la part de Fatima car celle-ci n’avait nullement l’intention de participer à ces antagonismes de femmes. Au contraire, elle rechercait la paix morale de son père.

La crainte de Safiya ne pouvait venir que de la jalousie de ‘Aisha qui ne supportait pas qu’une belle femme puisse venir s’associer à elle à l’intérieur de la Maison de l’Elu de Dieu. En effet, l’épouse préférée du Prophète, Hafsa et les autres femmes s’enorgueillissaient de leur appartenance à la famille des Qurayshites et des Arabes. Quant à Safiya, elle n’était qu’une juive donc une étrangère et une intruse.

Quand à Safiya entendait les critiques et les sous-entendus de Aisha et Hafsa, elle se plaignait au Prophète  en pleurant. Elle lui disait :

– Comment peuvent-elles prétendre être meilleure que moi alors que Muhammad est mon mari, mon père est Aaron et mon oncle paternel est Moïse ?

L’Envoyé de  Dieu  sentait que Safiya était considérée comme une étrangère dans sa Maison. Aussi ne se privait il pas de la défendre auprès des autres femmes, chaque fois que l’occasion se présentait.

Au cours d’un voyage, le Prophète  était accompagné de Safiya et de Zaynab bint Jahsh. Chemin faisant, le chameau de la première se blessa et ne pouvait plus supporter un poids sur son épaule. Heureusement que le palefrenier de zaynab était spacieux et qu’il pouvait contenir deux personnes. Le Prophète  lui demanda alors de cédé un espace à Safiya. Zaynab répondit avec hauteur et orgueil :

– Moi, donner une place à cette juive !

Cette réflexion fâcha l’Envoyé de Dieu. Il bouda Zaynab deux mois ou même trois sans jamais l’approcher.

Safiya ne fut jamais privée de la protection de son mari jusqu’à la mort de ce dernier. Alors que le Prophète  se trouvait atteint de cette maladie qui allait l’emporter, toutes les Mères des croyants se réunirent autour de son lit. Safiya dit, en cette occasion :

– Je jure par Dieu ô Messager de Dieu ! J’aurai aimé être atteinte à ta place du mal qui te fait souffrir.

Les autres femmes se regardèrent en se jetant des clins d’oeil, comme pour se dire que Safiya ne pensait pas ce qu’elle disait. Le Prophète  surprit leurs regards. Aussi leur dit-elle :

– Cessez de faire des clins d’oeil entre vous. Je jure par Dieu que les paroles de Safiya sont sincères.

A la mort du Prophète, Safiya perdit cette protection. Les gens n’avaient pas oublié qu’elle était d’origine Juive. Ils ne manquaient pas de la harceler, de temps à autre, pour lui rappeler ses origines, en dépit de la sincérité de son islam et de sa qualité d’épouse de l’Elu de Dieu. Ce fut ainsi qu’une de ses servantes alla voir l’Emir des Croyants, ‘Umar Ibn al-Khattab pour lui rapporter que Safiya pratiquait le Sabbat et priait à la manière des Juifs. Ce n’était, en réalité, qu’un pur mensonge, une invention destinée seulement à porter préjudice à sa maîtresse.

Le calife interrogea la Mère des croyants pour connaître la vérité. Safiya lui répondit :

– Quant au Sabbat, je ne l’aime plus depuis que Dieu me l’a fait remplacer par le vendredi. Quant à être Juive, je ne peux pas nier cette origine puisque je suis d’origine Juive.

Lorsque Safiya interrogea sa servante sur les raisons qui la poussèrent à lancer contre elle de telles calomnies, elle reçut cette réponse :

– C’est Satan.

Safiya la congédia en décidant de la libérer de son asservissement :

– Pars d’ici, lui dit-elle, tu es libre !

Lors de la grande fitna, qui aboutit à l’assassinat de ‘Uthman, Safiya prit ouvertement position pour ce dernier. Ainsi, quand le troisième calife de l’Islam était encerclé par ses assaillants, elle allait, elle-même lui porter à manger et à boire.

Safiya  mourut sous le califat de Mu’awiyya et fut enterrée au cimetière d’al-Baqi avec toutes les autres Mères des croyants.

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Environ un an après le mariage avec Umm Salmah, le Prophète  épousa Zaynab Bint Jahsh qui avait eu pour mère Ummiyya, fille de ‘Ab al-Muttalib, et tante de l’Envoyé de Dieu. Elle s’appelait auparavant Barrah. Ce fut le Prophète qui lui donna le nom de Zaynab.

Zaynab ne pouvait que susciter la jalousie des autres épouses car, non seulement, elle était belle, mais aussi son mariage a été ordonné par Dieu et mentionné dans le Coran. Pour bien comprendre les circonstances particulières de cette union, nous devons revenir en arrière.

Qui était Zayd ?

Zayd Ibn al-Harith avait été adopté par le Prophète  avant la révélation. Par la suite, il sera le premier, après Ali, à embrasser l’Islam.

Zayd appartenait à une grande lignée avant d’avoir été capturé et asservi par ses propriétaires. Son père ne désespéra pas de la retrouver. En effet, après de longues recherches, il apprit que son fils avait été adopté par l’Envoyé de Dieu . Il partit avec son frère Ka’b pour demander le retour de son fils. Quand il se présenta devant le Prophète , il lui manifesta son désir de reprendre son fils. Celui ci lui déclara :

– Nous allons l’appeler et lui demander de faire son choix. S’il veut repartir avec vous, je ne m’opposerai pas à sa volonté. Si, au contraire, il préfère rester avec moi, je ne le contraindrai pas à vous suivre.

Le père fut étonné que son fils choisisse de demeurer auprès du Prophète plutôt que de rejoindre sa famille. Il lui dit :

– Ô Zayd ! Préfères tu l’asservissement à ton père, ta mère, ton pays et ton peuple ?

– J’ai vu en cet homme quelque chose d’extraordinaire. C’est pourquoi, je ne me séparerai jamais de lui.

Ce fut alors que le Prophète  prit Zayd par la main, se présenta à une assemblée de Quraysh pour les informer qu’il l’avait adopté. Ce fut ainsi qu’il fut connu sous ce nom : « Zayd Ibn Muhammad ». Etant devenu son fils, Zayd avait, dès lors, le droit de compter au nombre de ses héritiers.

Le Mariage de Zayd et de Zaynab

Quand, à Médine, le Prophète  suscita la fraternité entre les Muhajirin et les Ansar, il donna à Zayd, comme frère, son oncle paternel Hamza. Et quand, le jeune homme avait atteint l’âge du mariage, il lui choisit, pour femme, Zaynab Bint Jahsh, la fille de sa tante paternelle. Celle-ci refusa de le prendre comme époux. Elle fut soutenue, dans son refus, par son frère Abd Allah Ibn Jahsh. Ils ne pouvaient pas admettre qu’une femme noble puisse épouser un ancien esclave d’origine yéménite, devenu un protégé parmi tant d’autres.

Le Prophète  argumenta en faveur de Zayd : Celui-ci était son fils et il appartenait à la Communauté de l’Islam. Il était issu d’une famille honorable tant du côté du père et que de la mère. Mais Zaynab continua à refuser cette union, bien qu’elle aurait voulu ne pas mécontenter le Prophète. Elle ne donna son agrément qu’à la suite de la révélation de ce verset :

« Au croyant, non plus qu’à la croyante, une fois que Dieu a tranché, avec Son Envoyé, sur un cas, il ne reste plus le choix sur leur propre cas. Qui se rebelle contre Dieu et Son envoyé se trouve dans l’égarement manifeste » (Coran 33.36)

Ce fut ainsi que Zaynab épousa Zayd par obéissance à Dieu et à son Messager.

Mésentente dans le foyer conjugal et mariage avec le Prophète

Certes, Zaynab accepta ce mariage sur un ordre venu du Ciel mais elle ne supportait pas encore d’être la femme d’un affranchi. Zayd subit cette vie pénible pendant un certain temps et alla ensuite se plaindre au Prophète. Celui ci ne pouvait que lui conseiller d’être patient et de lui ordonner « Garde ton épouse et crains Dieu ! »

Il en fut ainsi jusqu’au jour où le Prophète  alla voir Zayd chez lui. Celui ci était absent. Zaynab, qui était protégée par un rideau, lui demanda d’entrer mais il refusa. Entre temps, un vent souleva la tenture et il vit cette femme en tenue quelque peu légère. Le Prophète ressentit une étrange sensation. Il repartit en marmonnant : « Gloire à Dieu ! Gloire à Dieu qui dérive les coeurs ! »

Zaynab entendit ce qu’a dit le fils de son oncle. Elle se mit à réfléchir pour tenter de comprendre les paroles entendues jusqu’au moment ou Zayd arriva. Elle lui apprit que le Prophète  était venu le voir mais sachant qu’il était absent, il refusa d’entrer. Elle lui fit également part de ce qu’elle avait entendu. Zayd attendit un moment, puis alla voir le Prophète pour lui apprendre qu’il avait l’intention de se séparer de son épouse. Il lui certifia qu’il ne pensait d’elle que du bien mais il ne pouvait plus supporter son complexe de supériorité.

En effet, Zaynab se montrait orgueilleuse à son égard et le lui montrait en lui tenant un langage où se mêlait la vanité et la méchanceté. Il ne reçut que cette réponse « Garde pour toi ton épouse ! »

Dieu sonde les coeurs. Il savait parfaitement ce que Son Messager ressentait au fond de son coeur, d’où la révélation de ce verset :

Quand tu disais à celui qu´Allah avait comblé de bienfaits, tout comme toi-même l´avais comblé: « Garde pou toi ton épouse et crains Allah », et tu cachais en ton âme ce qu´Allah allait rendre public. Tu craignais les gens, et c´est Allah qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zayd eût cessé toute relation avec elle, Nous te la fîmes épouser, afin qu´il n´y ait aucun empêchement pour les croyants d´épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le commandement d´Allah doit être exécuté. (Coran 33.37)

Il est vrai qu’il n’était pas possible à Zayd de supporter plus longtemps l’atmosphère de ses liens conjugaux d’autant plus que son épouse ne voulait pas de lui. Il ne luit restait plus qu’à se séparer de sa femme et à décider le divorce. Ce fut à la fin de la période de viduité que le Prophète épousa Zaynab. Les hypocrites exploitèrent cette union pour dénigrer ce dernier :

– Muhammed a interdit le mariage avec les femmes du fils et le voilà, lui, qui se marie avec la femme de son fils.

En cette circonstance, Dieu révéla « Muhammad n´a jamais été le père de l´un de vos hommes, mais le messager d´Allah et le dernier des prophètes. Allah est Omniscient. » (Coran 33.40)

Ensuite dans deux versets, Dieu expose le problème avec plus de clarté et énonce une loi juridique applicable à travers le temps et l’espace. Il mit ainsi fin à ce nom « Zayd Ibn Muhammad », et il fut désormais appelé par son vrai nom « Zayd Ibn Haritha ».

Allah n´a pas placé à l´homme deux coeurs dans sa poitrine. Il n´a point assimilé à vos mères vos épouses [à qui vous dites en les répudiant]: « Tu es [aussi illicite] pour moi que le dos de ma mère ». Il n´a point fait de vos enfants adoptifs vos propres enfants. Ce sont des propos [qui sortent] de votre bouche. Mais Allah dit la vérité et c´est Lui qui met [l´homme] dans la bonne direction.

Appelez-les du nom de leurs pères: c´ est plus équitable devant Allah. Mais si vous ne connaissez pas leurs pères, alors considérez-les comme vos frères en religion ou vos alliés. Nul blâme sur vous pour ce que vous faites par erreur, mais (vous serez blâmés pour) ce que vos coeurs font délibérément. Allah, cependant, est Pardonneur et Miséricordieux. (Coran 33.4)

Les noces et l’inopportunité de s’attarder chez le Prophète

Les noces furent l’occasion d’égorger un mouton et d’inviter les musulmans à participer aux festivités. Les gens venaient en groupe l’un derrière l’autre. Quand le premier terminait son repas, il ressortait, puis c’était le tour de l’autre d’entrer et ainsi de suite. Tous les invités partirent à l’exception de quelques uns qui s’attardèrent à discuter avec le Prophète, tandis que Zaynab demeurait assise, le dos contre le mur. Celle ci raconta qu’elle ne savait pas si c’était elle qui l’informa du départ des derniers invités où si c’était la révélation, à la suite de laquelle il souleva le voile qui le séparait d’elle.

Le verset en question indiquait clairement aux gens de ne pas rentrer chez le Prophète  à l’improviste et de ne pas s’attarder chez lui au point de l’importuner dans sa vie privée. Ce fut aussi à cette occasion que le Hijab fut imposé aux femmes de l’Envoyé de Dieu et également l’interdiction de prendre pour épouses ses femmes, celle-ci étant considérées comme les Mères des croyants.

Ô vous qui croyez! N´entrez pas dans les demeures du Prophète, à moins qu´invitation ne vous soit faite à un repas, sans être là à attendre sa cuisson. Mais lorsqu´on vous appelle, alors, entrez. Puis, quand vous aurez mangé, dispersez-vous, sans chercher à vous rendre familiers pour causer. Cela faisait de la peine au Prophète, mais il se gênait de vous (congédier), alors qu´Allah ne se gêne pas de la vérité. Et si vous leur demandez (à ses femmes) quelque objet, demandez-le leur derrière un rideau: c´est plus pur pour vos coeurs et leurs coeurs; vous ne devez pas faire de la peine au Messager d´Allah, ni jamais vous marier avec ses épouses après lui; ce serait, auprès d´Allah, un énorme pêché. (Coran 33.53)

La vie familiale

Ce mariage avec Zaynab accentua la jalousie de Aisha. Elle ne pouvait rester insensible en voyant cette belle femme entrer dans la Maison du Prophète. Cette jalousie était partagé par toutes les autres épouses, d’abord parce que Zaynab était la parente de leur mari et aussi parce que c’était Dieu qui la maria. D’ailleurs, elle-même ne manquait pas de dire :

– Votre mari est mon parent et Dieu me maria à partir de sept cieux.

Ainsi que nous l’avons narré précédemment, Aisha complota avec Sawda et Hafsa pour faire croire à leur époux que sa bouche dégageait une mauvaise odeur à la suite de sa consommation du miel que Zaynab lui avait servi. Ce complot entraîna leur mari à s’interdire, à l’avenir, de manger de cette sucrerie. En dépit de cette animosité, Zaynab prit la défense de Aisha lors de l’affaire du collier. De par sa nature, c’était une femme bonne, honnête, fidèle en amitié, n’aimant pas le mensonge. De plus, ainsi que le dit ‘Aisha :

– Je n’ai pas vu une femme de bien et avec de meilleures pratiques religieuses que Zaynab.

De son côté, le Prophète  a dit : Zaynab éprouve une grande crainte révérencielle envers Dieu.

En outre, elle était généreuse. Elle fabriquait de ses mains des objets qu’elle revendait pour, ensuite, distribuer en aumônes le produit de ses revenus. A la mort de son époux, la rivalité entre les épouses n’avait plus sa raison d’être. Aussi, s’adonna-t-elle à l’adoration du Tout Puissant. Ainsi, elle se montre compatissante envers les croyants et, vis-à-vis de son Seigneur, d’une grande dévotion : prières et jeûnes, selon le témoignage d’Umm Salma. Quant à Aisha, en apprenant la mort de Zaynab, elle dit :

– Une femme louable et dévote nous a quittés. Elle était prompte à aider les veuves et les orphelins.

Lorsque ‘Umar Ibn Khattab devint l’Emir des croyants, il envoya à Zaynab un don de douze mille dirhams afin qu’elle puisse subvenir à sa subsistance. Elle distribua cette somme d’argent entre les nécessiteux. Quant le calife apprit son geste généreux, il se rendit chez elle et lui remit encore mille dirhams. Zaynab répartit encore cet argent entre les pauvres, ne gardant pour elle aucun dirham.

Quand en l’an XX, la mort se présenta à elle, elle dit : « J’ai déjà préparé mon linceul. Si Umar, l’Emir des Croyants, m’envoie un autre, donnez en aumône l’un des deux. Si vous pouvez donner en aumône mon linceul, ce serait mieux pour moi. »

L’Emir des Croyants fit la prière des morts devant la tombe de Zaynab. Une foule de médinois l’accompagna jusqu’au cimetière de Baqi.

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Son Mariage avec Abu Salma

Après la mort de Zaynab, la mère des pauvres, le Prophète  épousa quelques temps après, Umm Salma  qui occupa la chambre de la défunte.

Umm Salma appartenait à une grande famille Qurayshite. Son nom complet est : Hind Bint Abu Ummiyya Ibn al-Mughira Ibn Abd Allah Ibn Umar Ibn Makhzum al- Qurayshiyya al-Makhzumiyya. En outre, c’était une femme à la fois belle et intelligente.

Umm Salma était mariée auparavant à Abu Salma Abd Allah Ibn Abd al-Asad, Compagnon du Prophète qui avait émigré en Abyssinie et ensuite à Médine. Il était le fils de la tante maternelle de l’Envoyé de Dieu.

Abu Salma avait un passé glorieux dans l’histoire de l’Islam. Il était au nombre des dix premiers émigrants en Abyssinie. Ce fut sur cette terre étrangère que Hind accoucha d’une fille nommée « Salma », d’où son nom d’Umm Salma. La mari retourna à la Mecque à la fin du blocus de la famille du Prophète, une fois que la proclamation établissant leur isolement avait été déchirée par des volontaires qui ne supportaient plus cette injustice. Il connut donc les persécutions des idolâtres.

Aussi, l’Envoyé de Dieu  autorisa les Compagnons d’émigrer à Yathrib (Médine), après le grand serment d’allégeance d’al-Aqaba. Abu Salma ramena sa famille à La Mecque.

Séparation avec son mari et émigration à Médine

Umm Salma raconta elle même les péripéties de leur départ de la Mecque. Son père la fit monter sur un chameau ainsi que son fils. Lorsque des membres de la famille des Banu Mughira les virent, ils s’interposèrent au départ d’une femme de leur clan. Aussi, s’emparèrent-ils violemment d’Umm Salma. Ce fut ainsi que son mari rejoignit Médine seul, sans son épouse. Depuis, elle sortait tous les matins et s’asseyait sur une colline de la Mecque, scrutant l’horizon et pleurant jusqu’à la tombée de la nuit.

Cette situation dura jusqu’au jour où un de ses oncles paternels, membre du clan des Banu Mughira, passa devant elle et vit dans quel état elle se trouvait. Il eut pitié d’elle. Aussi intercéda-t-il auprès des notables de son clan pour leur demander de libérer cette pauvre femme qu’ils avaient séparée de son mari et de son fils. Il insista tant et si bien qu’ils finirent par céder : « Rejoins ton mari, si tel est ton désir« , lui dirent-ils.

Les Banu Abd al-Asad, clan de la mère, lui rendirent son fils. Umm Salma monta sur un chameau, mit son enfant sur ses genoux et partit, toute seule, sans aucune compagnie, vers Médine où elle devait retrouver son époux. En cours de route, Umm Salma rencontra Uthman Ibn Talha qui lui demanda où elle allait. L’ayant informé qu’elle se disposait à rejoindre son mari à Médine, il s’étonna de la voir entreprendre ce long voyage, isolée du monde.

Je ne suis accompagné par personne, lui dit-elle. Je n’ai avec moi que Dieu et mon fils.

Elle dit de cet homme : « Par Dieu ! Je n’ai jamais été accompagné par un homme d’entre les Arabes aussi généreux« .

Il est vrai qu’il renonça à toutes ses affaires, prit les rênes du chameau et la conduisit jusqu’à Médine. En arrivant près du village des Banu Umar Ibn Awf, il lui dit :

– Ton mari se trouve dans ce village. Rentre chez lui avec la bénédiction de Dieu. Ensuite, il retourna à la Mecque.

Umm Salma a été ainsi une des premières femmes à émigrer à Médine. De la même manière que son mari a été le premier Compagnon à s’y rendre.

La Mort d’Abu Salma

Dès lors, Umm Salma s’occupa de l’éducation de ses enfants tandis que son époux avait le champ libre pour participer au jihâd. Il participa à la bataille de Badr. Il était parmi les trois cents quatorze combattants qui affrontèrent un ennemi trois fois plus nombreux. Il était aussi au nombre des musulmans qui combattirent à Uhud où il fut blessé. Au fil du temps, sa blessure s’aggrava. Il mourut en l’an VI de l’Hégire. Le Prophète  demeura à son chevet jusqu’à ce qu’il rendit l’âme. Il lui ferma les yeux et fit la prière des morts. A cette occasion, il accomplit neuf takbirat, soit plus qu’il n’en faut. Des Compagnons lui demandèrent,  étonnés :

– Ô Envoyé de Dieu ! Est-ce une omission ou un oubli de ta part ?
– Ce n’est ni une omission, ni un oubli. Quand bien même aurais je fais mille takbirat, il le méritait certainement, répondit-il.

Avant de mourir, Abu Salma fit cette prière : Seigneur Dieu ! Que quelqu’un de bien me remplace dans ma famille. On peut dire que Dieu exauça son vœu puisque c’est le Prophète  qui épousa Umm Salma.

Son mariage avec le Prophète

Quand la période de viduité d’Umm Salma prit fin, beaucoup de Compagnons demandèrent sa main, parmi lesquels Abu Bakr et Umar Ibn Khattab. Cependant, elle déclina leur demande. Après eux, le Prophète envoya quelqu’un la demander en mariage. Umm Salma aurait bien voulu accepter cet honneur mais elle considérait qu’elle n’était plus jeune, qu’elle avait des enfants et donc qu’elle ne pouvait pas faire partie de la maison du Prophète aux côtés de femmes aussi jeunes que Aisha et Hafsa.

L’Envoyé de Dieu  lui fit répondre :

Je suis plus âgé que toi. Quant à la jalousie, Dieu la fera disparaitre de toi. Quant à ton entretien matériel et de celle de tes enfants, Dieu et Son Messager s’en chargeront.

Umm Salma n’avait d’autre choix que de répondre affirmativement. Le mariage fut célébré au mois de Shawal an IV de l’Hégire. Elle laissa sa fille, encore enfant, entre les mains d’une nourrice afin de s’occuper plus librement des charges de sa nouvelle vie. Elle commença par se montrer généreuse à l’égard des enfants de son ancien époux et qui étaient aussi les siens. Aussi demanda-t-elle au prophète :

– Ô Envoyé de Dieu ! Est-ce que j’ai une récompense en dépensant au profit des enfants de Abu Salma, qui sont aussi les miens ? La réponse a été, bien entendu, favorable.

Umm Salma était une femme qui n’avait pas froid aux yeux. Elle défendait ses idées et n’admettait pas que quelqu’un interfère dans sa vie privée. Ce fut ainsi qu’elle apostropha une fois Umar Ibn al-Khattab en lui disant :

C’est étrange, Ô Umar Ibn Khattab ! Tu te mêles de tout au point que tu veuilles aussi intervenir dans les affaires concernant l’Envoyé de Dieu et ses épouses.

Elle se tint ces propos que parce qu’elle savait que sa place auprès du Prophète et au sein de sa maison était des plus confortables car son mari la considérait comme un membre de sa famille, occupant un rang égal à tous les autres.

Elle et ses enfants sont des composantes de la Maison du Prophète

Un jour, Umm Salma se trouvait chez le Prophète. Elle avait avec elle sa fille, Zaynab. Entre temps, Fatima as-Zahra entra avec ses deux fils, Hassan et Hussein. Le Prophète serra sa fille et les deux garçons contre sa poitrine, en disant :

– Que la miséricorde de Dieu et sa bénédiction soient sur vous, Ô membres de la Maison ! Que Dieu soit béni et glorifié !

A cet instant, Umm Salma se mit à pleurer. Son époux la regarda en lui demandant ce qui la faisait pleurer.

– Ô Envoyé de Dieu ! Tu a serré contre toi ta fille et tes petits enfants, tandis que tu t’es détourné de moi et de ma fille.

Elle reçut cette réponse avec une grande joie :

Vous êtes, toi et ta fille, des membres de la Maison.

En effet, le Prophète  comptait les enfants d’Umm Salma au nombre des membres de sa Maison. Il prit soin de Zaynab, la fille de son épouse et s’occupa d’elle sans discontinuité. Ce fut lui-même qui la maria. De la même manière, il porta une grande attention à Umar et Durrah, fils et fille d’Umm Salma. Il ne faisait aucun doute pour celle-ci qu’elle-même et ses enfants appartenaient à la grande famille de l’Envoyé de Dieu.

Conseillère du prophète

En l’an VI de l’hégire, Umm Salma accompagna le Prophète  quand il partit en direction de la Mecque pour accomplir la Umra. C’était l’époque où les associateurs de Quraysh s’opposèrent à son entrée dans leur ville et où avait été conclu le pacte de Hudaybiyya. Umm Salma joua, en cette circonstance, un rôle éminent mentionné dans les livres d’histoire sur l’islam.

Les compagnons manifestèrent leur déception en prenant connaissance du contenu du pacte car ils considéraient que ses clauses allaient dans le sens des intérêts des idolâtres. Ils ne comprenaient que l’Envoyé de Dieu  puisse accepter les conditions des associateurs. Umar Ibn Khattab était le plus virulent des opposants à ce pacte. L’atmosphère était tendue d’autant plus qu’aucun des Compagnons ne daigna répondre favorablement à l’ordre donné par le Prophète.

En effet, quand il leur demanda d’immoler leurs bêtes et de couper leurs cheveux, rites inhérents à l’accomplissement de la Umra, personne ne s’exécuta malgré que l’Envoyé de Dieu lança cet appel à trois reprises.

Dépité, le Prophète  rejoignit Umm Salma. Sachant de quoi il retournait, elle le conseilla de sortir et, sans adresser la parole à personne, d’immoler sa bête, puis d’appeler son coiffeur pour lui raser les cheveux. L’Envoyé de Dieu  suivit le conseil de sa femme. En voyant cette scène, les musulmans se mirent à sacrifier leurs bétails. Après quoi, les uns rasèrent les cheveux des autres.

Les croyants sauront, plus tard, que le traité de Hudaybiyya était un avantage pour leur Communauté. En effet, exploitant la trêve, ils redoublèrent d’efforts pour diffuser les enseignements de l’Islam. Depuis la conclusion du pacte, le nombre de musulmans doubla.

Umm Salma eut d’autres occasions d’accompagner le Prophète  dans ses expéditions militaires. Il en fut ainsi à Khaybar, lors de la conquête de la Mecque, le blocus de Tayf, puis lors du pèlerinage d’adieu, en l’an XI de l’Hégire.

Partisane de Ali

Lors de la grande fitna, Umm Salma prit position au côté d’Ali . Elle aurait souhaité prendre elle-même  part à la bataille. Cependant, se disait-elle, en tant que Mère des croyants, il ne lui était pas possible de subir une telle épreuve. Il n’en demeurait pas moins qu’elle se rendit chez Ali en lui proposant d’incorporer son fils Umar dans ses troupes. Elle lui dit :

– Ô Ali ! Si je n’avais pas crains de désobéir à Dieu, j’aurais été avec toi dans le champ de bataille. Mais voici mon fils Umar qui est, pour moi, plus précieux que ma personne.

Dieu la garda en vie et elle put ainsi être témoin des épreuves qu’il fit subir à la Communauté musulmane. Elle était encore vivante quand eut lieu le massacre de Kerbala. A sa mort, Abu Hurayra pria sur sa tombe, suivi d’un nombre considérable de croyants. Elle fut la dernière des Mères des croyants à quitter ce monde.

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Quelques temps après le mariage de Hafsa, une autre veuve, Zaynab bint Khazima Ibn-l-Harith  fit son entrée dans la maison du Prophète . De sa biographie, l’histoire n’a retenu que peu de versions d’ailleurs contradictoires.

Le Prophète  l’épousa au mois de ramadan, après avoir été divorcée de Tufayl Ibn al-Harith. On ne sait pas exactement combien de temps elle resta auprès de son mari. Les uns disent qu’elle vécut auprès de lui deux ou trois mois, puis mourut. D’autres disent qu’elle vécut huit mois avant de rentre l’âme. Quoiqu’il en soit, elle ne connut les liens conjugaux que pendant un délai relativement court.

Si les écrits des historiens divergent sur la longévité de Zaynab auprès du Prophète, par contre, ils sont tous d’accord sur la description de son portrait moral. Elle est décrite comme une femme bonne, généreuse et très compatissante envers les pauvres. Il n’y a pas un livre qui mentionne son nom, sans y ajouter « Umm l Masakin » (La mère des indigents)

Dans la sira d’ibn Hicham, elle est ainsi décrite : « Elle était appelée Umm-l-Masakin parce qu’elle les nourrissait et distribuait des aumônes en leur nom. »

Zaynab  est morte alors qu’elle n’avait que trente ans. Le Prophète  pria sur sa tombe et l’enterra dans le cimetière de Baqi’. Elle rendit l’âme, compatissante envers les pauvres et satisfaite de son sort. Elle ne connut ni convoitise ni jalousie. Ce fut la première des Mères des croyants à avoir été ensevelie en ce lieu. Ce fut la seconde femme, après as-sayida Khadija , à mourir du vivant du Prophète.

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Le Rang Unique de Aisha

Aisha est, indiscutablement, l’un des plus grands professeurs que l’Islam ait produit. Elle appartient à l’ensemble des théologiens illustres qui ont continué le travail et la mission du Prophète après sa mort, en interprétant et transmettant ses enseignements. Parmi les hommes, plusieurs noms pouvait prétendre cette distinction, mais parmi les femmes, Aisha était la seule.

Pendant neuf années, elle partagea sa vie avec le Prophète, recevant plus d’attention que les autres épouses. Avec ses dons naturels extraordinaires, Aisha en tira les meilleurs profits.

L’islam est un code de vie complet qui guide les pas des croyants dans tous les domaines d’activité humaine. Les femmes ont leurs problèmes particuliers. En tant que femmes et mères, elles doivent remplir des devoirs différents de ceux des hommes.

C’était à travers ses femmes que le Prophète a transmis ses enseignements au monde féminin. Aisha est facilement devenue la source la plus sûre de ses enseignements. Aisha était dotée d’une mémoire étonnante, à laquelle peut s’ajouter une habituelle observation attentive. Tout cela lui permettait de décrire en détails les expériences remontant aussi loin que son enfance. Ces qualités firent de Aisha une autorité très importante de la loi islamique.

Les sources ultimes de la loi en Islam sont le Coran et la Sunna. Plusieurs chapitres du Coran furent révélés dans la chambre d’Aisha. Son observation attentive et sa mémoire étonnante lui permirent de mémoriser les faits et les dires du Prophète en différentes occasions. Tous ces faits faisaient que son opinion sur les points de la loi était très respectée. En voici quelques exemples :

A la mort de Saad Ibn Abu Waqqas, Aisha suggéra que sa prière funéraire soit lue dans la mosquée du Prophète. Les gens y firent une objection. « Les gens ont une mauvaise mémoire ! s’exclama Aisha. Le Messager d’Allah a fait celle de Said Sohail Ibn Baidha dans cette mosquée. »

Une fois, quelques Compagnons racontèrent aux gens que les pleurs et les lamentations des parents ajoutent quelque chose au châtiment de la personne morte. Ils citèrent un hadith du Prophète à l’appui. Quand la question fut rapportée à Aisha, elle dit : « Qu’Allah leur pardonne ! Ils n’ont pas menti, mais ils ont oublié ou mal compris. Le fait réel est qu’un jour le Messager d’Allah passa à côté d’une procession funéraire d’une juive dont les parents pleuraient et gémissaient. A cela, il fit cette remarque :  Ces gens hurlent et elle subit le châtiment. »

Une fois, le Compagnon très connu Abu Hurayra dit aux gens : « Si quelqu’un prie et qu’une femme ou un âne ou un chien passe devant lui, sa prière est annulée. » Quand ce récit arriva aux oreilles de Aisha, elle s’exclama : « Quoi ! Veut-il dire qu’une femme ne vaut pas mieux qu’un âne ou un chien ? Ma chambre était si petite que mon bistarah (matelas) se trouvait juste en face du tapis de prière du Prophète. Quand il priait, j’étais allongée dans mon lit, mes pieds pendillant au dessus de son tapis. Quand il allait se prosterner, il touchait mes pieds et je les retirais. Je les tendais de nouveau après cela. Il m’arrivait quelques fois par nécessité, de passer devant lui pendant qu’il priait. »

Cette explication amena Abu Huraira à retirer ce qu’il avait dit.

Aisha vécut un demi-siècle après le Prophète. La période qui suivait sa mort était la période des Compagnons qui avaient quelques difficultés à se diriger à partir du Coran et de la Sunna. Les Compagnons chefs moururent un par un. Il y eut alors une génération qui n’avait pas de connaissances personnelles sur la façon de vivre du Prophète. Seule une poignée de Compagnons qui étaient très jeunes à la mort du Prophète, était les porte-flambeaux de la connaissance, pour cette génération. Abullah Ibn Omar, Abdullah Ibn Abbas et Aisha appartenaient à ce groupe.

L’Amour pour la vérité

Aisha avait une telle passion pour la vérité que comme son illustre père, elle reçut le titre de « Véridique ». Elle n’a jamais hésité de déclarer que ce qu’elle pensait était la vérité. Pour rien au monde, elle n’aurait abandonné son devoir envers Dieu et les hommes.

Les Califats d’Abu Bakr et d’Omar furent des périodes d’harmonie interne. Les musulmans combattaient les ennemis étrangers et devaient se serrer les rangs. Pendant le Califat d’Outhman, la situation changea. L’ère de conquête prit fin. Les gens commencèrent à exprimer le désir de vivre une vie aisée et confortable. Des querelles réciproques commencèrent, des rivalités oubliées refirent surface. Des redistributions inégales des biens produisirent une multitude de maux sociaux. La main du Calife agé était trop faible pour mettre un terme à cela.

Comme des sentiments d’insatisfaction et d’inquiétude grandissaient, on recherchait la sérénité de Médine. Ceux qui avaient des plaintes s’adressèrent aux Compagnons et aux Mères des Croyants. Aisha était parmi ceux qui considéraient comme capables d’améliorer les choses. Elle déclara très vite sa désapprobation de la politique d’Outhman. Cependant, elle était strictement contre la violence. Quand Oushtar Nakhi, le chef rebelle suggéra que Outhman fut tué, elle exprima son horreur. Son propre frère Muhammed, agissait contre le Calife. Elle le supplia de ne pas utiliser des méthodes illégales et le pria de l’accompagner à la Mecque pour le Pèlerinage. Mais il refusa d’accepter ce conseil.

L’assassinat d’Outhman a tellement secoué Aisha qu’elle exprime ouvertement sa haine pour cette acte, en des termes violents. Elle fut même décidée de marcher su Bassora à la tête d’une armée. Rien d’autre qu’un profond sens du devoir, l’amena à tirer l’épée contre Ali. Elle a été absente de Médine pour quelques temps et ses points de vue sur les tragiques incidents dans la capitale étaient basés sur les récits de Talha et Zoubair. Naturellement, elle dut faire confiance aux récits de ces témoins oculaires. Aussi, la solution qu’elle avait choisie n’était pas celle de son propre choix. Cependant, au moment où elle réalisa son erreur, elle ne perdit pas de temps à la confesser. Elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour se corriger. Une fois, quelqu’un lui demanda : « Qui le Prophète aime-t-il le plus ? Fatima ! fut la réponse. Et parmi les hommes ? Son mari Ali qui était le premier pour les prières et pour le jeûne. »

Les dix huit derniers années de la vie de Aisha ont été vécues sous l’autorité de Mouawiya. Contrastant avec le Califat des quatres Califes bien guidés, celui de Mouawiya était un cas particulier. Aisha n’a jamais hésité à déclarer la vérité. Hajr Ibn Abdi, un Compagnon, vivait à Koufa. Il était un partisan d’Ali. Le gouverneur de Koufa l’arrêta et l’envoya à Damas. Quand Aisha apprit cela, elle envoya immédiatement un homme à Mouawiya, lui demandant de ne pas gêner Hajr. Cependant, Hajr fut tué avant que le messager n’arrive. Quand Mouawiya visita Médine par la suite, la première question que Aisha lui posa, fut celle-ci : « Mouawiya ! Qu’est il arrivé à votre prudence au sujet de Hajr ? »

La guerre civile qui suivit l’assassinat d’Ouhtman divisa les musulmans en trois groupes. Les habitants de l’Iraq et de l’Egypte disaient du mal d’Outhman et de ses parents. Ceux de Syrie en faisaient de même pour Ali. Les Kharijites haïssaient les deux groupes. Regrettant cet état des choses, Aisha fit cette remarque : « Allah ordonne dans le Coran de demander Sa miséricorde et Ses bénédictions pour les Compagnons du Prophète, mais ces gens jettent des malédictions sur eux ! »

Une fois, Mouawiya écrivit à Aisha, lui demandant un conseil. Elle lui donna cette réponse : « J’ai entendu le Messager d’Allah dire : Celui qui essaie de contenter Allah, ne se souciant pas du mécontentement des gens, sera protégé contre la méchanceté des gens. Mais celui qui contente les gens au prix du mécontentement d’Allah, sera abandonné par Allah à la merci des gens. »

Pendant sa vie, Mouawiya  commença à faire prêter serment d’allégeance à son fils Yazid. Aisha n’apprécia pas cela. Abdullah Ibn Zoubeir et quelques autres chefs s’opposèrent sans peur à cette proposition. Quand, lors d’une visite à Médine, Mouawiya s’en plaignit à Aisha, elle répondit : « Faites ce qui vous semble être bon ! Je demande une seule chose : Ne forcez pas ces hommes à agir contre leur gré ! »

Un Grand Professeur

L’islam insiste beaucoup sur l’importance de l’éducation. Le Prophète lui même, était le plus grand professeur de l’histoire. Il voulait que l’éducation se répande. Pour cela, il rassembla toutes les personnes de talent et d’une grande vertu et les forma spécialement, pour travailler comme professeurs après lui. Aisha était l’un de ces professeurs.

Sa propre éducation et instruction commencèrent à l’âge de neuf ans, quand elle arriva chez le Prophète. Elles continuèrent jusqu’à ses dix-huit ans. Cela fit d’elle un des plus grands professeurs de son siècle. Elle vécut jusqu’à l’âge de 67 ans, assez longtemps pour aider les gens à trouver des solutions à des problèmes d’une période si différente de celle du début de l’Islam. Elle partageait cette distinction avec de grands maîtres comme Abdullah Ibn Omar, Abdullah Ibn Abbas, Abu Hurayra et Zaid ibn Thabit. Ces professeurs célèbres firent de Médine, le plus grand centre d’étude du monde. L’école de Aisha était considérée comme le siège le plus important du savoir.

Aisha continua à dormir encore quelque temps dans la chambre du Prophète, à côté de sa tombe. Une nuit, elle le vit en rêve. Le lendemain, elle emménagea dans la chambre voisine. Au cours du temps, la chambre devint le centre le plus important de l’éducation. En face de la porte, il y avait un rideau. Aisha s’asseyait derrière le rideau. Des filles, des garçons et les hommes pour lesquels elle n’avait pas à observer le voile, entraient dans la pièce et s’asseyaient en face d’elle. Les autres prenaient place dans la cour de la mosquée, près du rideau.

La méthode d’enseignement adoptée était une combinaison de conversation et de discussion. Quelquefois, elle parlait d’un sujet et les autres écoutaient. A la fin de l’exposé, on posait des questions et on y répondait. Quelquefois, la leçon prenait la forme de questions posées par les élèves et de réponses détaillées, données par le professeur. En d’autres occasions, on commençait une discussion, les élèves et le professeur y prenant part librement. Aisha veillait bien à la prononciation et à l’accent. Les fautes étaient corrigées immédiatement.

Quelques uns des adultes assistaient aux cours de temps en temps. La plupart des garçons et filles, cependant, étaient des étudiants réguliers. Les orphelins de Médine bénéficiaient d’une attention spéciale de la part de Aisha. Elle s’occupait de toutes leurs dépenses. Les personnes qui avaient eu le privilège d’étudier avec Aisha surpassaient leurs camarades.

Aisha était la plus gentille avec ses élèves que leurs propres mères. Elle en adopta quelque uns.

Son amour et son attention pour ses élèves étaient tels que sa propre famille les enviaient. Elle aimait chèrement son neveu Abdullah Ibn Zoubeir. Mais il enviait quand quand même Aswad, un élève prometteur de Aisha. Ses élèves aussi, avaient la plus grande estime pour elle.

Le nombre d’élèves qui profita de son éducation se comptait par centaine. Rares étaient les savant en hadiths qui n’avaient pas bénéficié directement de ses connaissances. Les plus grands noms parmi eux sont :

Orwa frère d’Abullah ibn Zoubeir et neveu de Aisha. Il fut élevé par elle. Il était en passe de devenir le premier savant de Médine.

Qacim, un autre neveu de Aisha. Il était le fils de son frère Muhammed. Etant devenu orphelin, elle l’éleva. Il était en passe de devenir un grand savant de la loi islamique.

Abu Salma, fils d’Abdur Rahman Ibn Aouf lui aussi était orphelin et fut élevé par Aisha. Il était en passe de devenir un grand savant en hadith.

Massrouq, le jeune d’Iraq que Aisha avait adopté. Il devint plus tard, l’autorité principale de la loi islamique en Iraq.

Imam Nakhi, d’Iraq. Les autres étudiants iraquiens enviaient sa chance d’avoir étudié avec Aisha.

Omerah bint Abdur Rahman, une fille Ansari. Elle était l’élève la plus brillante parmi les filles, et très aimée de Aisha. C’était elle qui écrivait les lettres de Aisha. Les hadiths rassemblés par le Calife Omar ibn Abdul Aziz pendant son règne, étaient scrupuleusement examinées par Omerah.

Aisha accomplissait régulièrement le Hadj chaque année. Pendant le Hadj, sa tente devenant l’endroit le plus inspirant dans l’immense assemblée. Les gens de différents pays, se pressaient vers cette tente pour trouver des réponses à leurs questions. Aisha était extrêmement polie envers les gens. Si quelqu’un hésitait de poser une question, elle disait : « Vous pouvez librement me poser n’importe quelle question que vous poseriez à votre propre mère ! »

La mort de Aisha

Même quand elle était âgée, Aisha continuait à servir l’islam et les musulmans avec la même vigueur. Elle devenait si chère au coeur du peuple qu’elle fut la personne la plus aimée et la plus respectée de son temps.

Dans le mois de Ramadan de l’an 58 de l’hégire, Aisha tomba soudainement malade. Les jours passèrent et sa condition s’aggravait. Les gens accouraient pour prendre des nouvelles de sa santé.

Le célèbre compagnon et cousin du Prophète, Abdullah Ibn Abbas lui rendit un jour visite. Elle hésitait à le recevoir car elle avait peur qu’il commence à faire des éloges sur ses services rendus à l’islam. Poussée par ses neveux, elle le reçut.

Après quelques informations sur sa santé, le visiteur commença à faire des compliments à la mère des Croyants. « Tu étais la femme préférée du Prophète. A cause de toi, Allah a révélé les versets se rapportant au Tayamoun ; des versets du Coran parlent de la pureté de ton caractère. Ces verset sont aujourd’hui récités dans les mosquées, jour et nuit ! »

Ibn Abbas ! dit-elle, d’une voie faible, n’en dit pas plus. Je souhaite n’être jamais née ! (Se remémorant le fardeau de la Bataille du Chameau)

Quand sa fin était proche, Aisha dicta sa dernière volonté : « Ne m’enterrez pas dans mon ancienne maison, au côté de mon mari car j’ai commis une faute. Enterrez-moi dans le cimetière de Médine, aux côtés des autres femmes ! Enterrez moi la nuit, n’attendez pas le matin ! »

Quelqu’un suggéra : « Il serait préférable de vous enterrer là ou le Prophète et votre père Abu Bakr reposent ! » « Dans ce cas, dit Aisha, toute ma repentance aura été vaine et je devrais me repentir à nouveau. »

Au soir du 17 Ramadan, Aisha Siddiqua, la Véridique, mourut paisiblement. Elle avait 67 ans. La prière venait de se terminer quand la nouvelle se répandit dans la ville. Elle affligea tout le monde. Des foules se rassemblèrent dans les rues.

« Hélas ! disait-on. Les gens viennent d’être privés du grand professeur, formé spécialement par le Prophète lui-même ! »

En accord avec sa volonté, Aisha fut enterrée dans le cimetière de Médine. Des milliers de personnes assistèrent à la prière funéraire qui fut dirigée par Abu Huraira. Jamais auparavant dans l’histoire de Médine, des funérailles ne furent aussi largement assistés la nuit. Des foules énormes de femmes sortirent dans la rue, donnant à cette circonstance un aspect de recueil national.

Le Personnage

La vie de Aisha démontre à quel degré peut s’élever une femme musulmane. Avant l’avènement de la religion, une femme n’avait presque aucun droit. L’islam l’a soudainement élevée au plus haut sommet de la dignité humaine tout en insistant sur la douceur et la pureté de sa nature. L’exemple de Aicha montre comment cela peut se faire. Elle était rigoureuse au sujet du voile et du code moral et pourtant, elle a joué un rôle vital dans la vie sociale, religieuse et politique de son peuple.

Aisha était une femme pieuse. En plus des cinq prières obligatoires, elle s’attachait également aux surérogatoires et elle jeunait fréquemment même après le mois de Ramadan. Aisha observa toute sa vie le même état d’ascétisme que durant la vie du Prophète. Elle n’avait pas de passion pour les beaux vêtements. Elle n’avait qu’un seul ensemble à la fois. Quand il se déchirait, elle s’en procurait un autre. Aussitôt qu’elle recevait un peu d’argent, elle le distribuait aux pauvres. Une fois, Mouawiya lui envoya 100 000 dirhams. Elle jeûnait ce jour là. Elle les distribua immédiatement, sans rien garder pour elle. Le soir, elle n’avait rien à manger. « Pourquoi ne m’as tu pas rappelé de garder quelque chose pour ce soir ? » dit-elle à la servante.

La malveillance n’est jamais entrée dans son coeur, bien que la provocation fût grande. Une fois, un égyptien lui rendit visite : « Quel genre d’homme est votre gouverneur ? » demanda-t-elle. Il traite bien le peuple, fut la réponse.

« Quelque soit le traitement de cet homme envers mon frère Muhammed (Ibn Abu Bakr), fit remarquer Aisha, je ne peux pas m’empêcher de déclarer que le Messager d’Allah a dit en ma présence :  Ô Allah ! Si un gouverneur est très dur envers son peuple, alors toi aussi, sois dur envers lui. Mais s’il est bon envers son peuple, alors Toi aussi sois bon envers lui. »

Islammedia 2011

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