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La solitude, puis les mariages du Prophète

Depuis la mort de Khadija , les jours s’écoulaient chargés du poids de la mission prophétique. Quant aux nuits, elles s’emplissaient du souvenir de la disparue. Ainsi, le Prophète  demeurait sans compagne. De leurs côtés, ses compagnons observaient sur lui les effets de la tristesse. Ils auraient souhaité le voir briser sa solitude en se mariant le plus tôt possible.

Cependant, aucun des Compagnons ne prenait le courage de l’entretenir d’une éventuelle union. Il a fallu qu’un soir Khalwa Bint Hakim as-Salmiyya aille chez lui et lui dit :

Ô Envoyé de Dieu ! Je te vois plongé dans la plus totale des tristesses depuis la mort de Khadija.

Elle l’observa un moment, puis soudain, elle lui proposa de se remarier. Le Prophète  la regarda en silence, écoutant la voix de son coeur plein de souvenir de la défunte. Il se rappela alors du jour, voilà plus de vingt ans, où Nafisa Bint Muniyya vint à lui pour lui parler de mariage et lui présenter une éventuelle union avec Khadija.

Quelques temps après, le Prophète  leva la tête et dit :

– Qui épouserais-je après Khadijah ?

Mariage du Prophète

Khawla avait deux propositions à faire à l’Envoyé de Dieu  : une vierge, à savoir Aïsha et une déjà mariée mais séparée de son marie, c’est à dire Sawda Bint Zam’ah Ibn Qays Ibn Abd Shams Ibn Abd Waddi-l-‘Amiriyyah.

Le Prophète  donna son accord pour demander Sawda  en mariage. Khawla se rendit aussitôt dans la maison de Zam’ah et se présenta devant Sawda en lui disant :

– Ô Sawda ! Dieu a fait entrer chez toi le bien et la bénédiction !

Etonnée de cette introduction emplie d’un bon présage, Sawda se demanda quelle nouvelle exceptionnelle Khawla allait lui communiquer. Elle ne tarda pas à apprendre que c’était l’Envoyé de Dieu qui la demandait en mariage. Elle n’arrivait pas à maîtriser sa stupeur mêlée d’étonnement et de joie. Elle répondit sans hésitation mais d’une voix tremblante :

J’accepte cette demande. Mais va voir mon père et informe le de cette démarche.

Khawla n’hésita pas un instant. Elle se rendit sur le champ chez le père qui était un vieil homme, fatigué par le poids des années.

– Muhammad Ibn Abd Allah Ibn Abd al-Muttallib m’a envoyé pour te demander la main de ta fille Sawda.

Le vieillard fut transporté de joie à cette annonce surprenante mais il voulut connaître d’abords l’opinion de l’intéressée avant de faire la sienne. Celle-ci , bien sur, lui donna, sans hésitation, une réponse affirmative. Aussi, le père de Sawda demanda-t-il à Khawla d’inviter Muhammad de venir le voir afin d’officialiser cette union.

L’étonnement des gens

Le bruit circula dans la Mecque que Muhammad  avait demandé en mariage Sawda fille de Zam’ah. Les gens ne voulaient pas en croire à leurs oreilles. Ils s’interrogeaient, un léger doute dans l’esprit : Sawda était non seulement veuve mais âgée. En outre, elle n’était pas très belle. Il y avait une très grande différence entre elle et Khadija, belle, riche et convoitée par de grands notables mecquois. De plus, elle avait une haute stature dans le milieu Qurayshite.

Ce que ces gens ne comprenaient pas, c’est que le Prophète  n’avait nullement l’idée de remplacer Khadija par Sawda ou par n’importe quelle autre femme. Sa première épouse était considérée par lui comme irremplaçable. Il recherchait surtout une femme qui pourrait tenir et organiser sa maison. Il songea qu’elle en était capable et remplissait des conditions honorables. En effet, Sawda avait émigré en Abyssinie avec son mari as-Sakran Ibn Amru Ash-Shams. Celui-ci mourut quelques temps après son arrivée dans cette terre étrangère. Ce fut ainsi que Sawda devint veuve, loin de sa patrie.

Le souvenir de l’émigration de Sawda

La présence de Sawda auprès du Prophète  rappelait à celui-ci le petit groupe dont les membres quittèrent leurs maisons et abandonnèrent leurs biens pour traverser le désert et la mer avant d’arriver en Abyssinie. Ils fuyaient, avec leur religion, l’oppression des idolâtres mecquois.

Dans ce groupe d’émigrants, il y avait Malik Ibn Zam’ah, frère de Sadawh, As-Sakran Ibn Amr, son mari et fils de son oncle paternel, les deux frères de ce dernier Salit et Hatib, son neveu, fils de son frère, Abd Allah Ibn Suhayl. C’est à dire que ce n’était pas le veuvage et l’âge avancé de Sawda qui importaient à l’Envoyé de Dieu. C’était le fait qu’elle appartenait au premier groupe de musulmans qui avaient cru en sa mission prophétique.

Aussi s’imagina-t-il Sawda en train de faire ses adieux à sa terre natale, cette terre où elle passa la plus grande partie de son enfance. Elle partait vers un pays qu’elle n’avait jamais connu, avec des gens dont certains étaient de sa famille et d’autres ne l’étaient pas. Elle savait qu’elle allait à la rencontre d’un peuple dont l’arabe n’était pas la langue véhiculaire et dont l’Islam n’était pas leur religion. Tous ces événements exercèrent sur le Prophète  des sentiments favorables à l’égard de cette émigrante qui a connu le veuvage en exil et qui était revenue dans son pays pour prendre de l’âge. Sa vieillesse ne comptait pas devant la vie dure et pénible que cette seconde épouse avait traversée.

Sawda, consciente de son état d’épouse

Voilà Sawda, épouse de l’Envoyé de Dieu . Elle ne manqua pas de se comparer à Khadija, la première femme, puis à Aisha, cette jeune fille dont le mariage était attendu d’un mois à un autre. Elle ne pouvait donc qu’être étonnée de son état et cela la remplissait de joie d’être l’épouse du Prophète.

Elle ne se faisait pas, pourtant, beaucoup d’illusions. Elle savait, par expérience, qu’entre son coeur et celui de son mari, il y avait une barrière infranchissable. C’est qu’elle faisait une distinction entre le Prophète et l’être humain qu’il était. Elle n’ignorait pas que ce n’était pas avec l’homme qu’elle allait vivre. C’était l’Envoyé de Dieu qui la prit comme épouse. Elle comprenait donc que ses liens avec lui n’étaient pas tissés d’amour mais de bonté et de miséricorde de sa part.

Sawda n’était point perturbée par sa situation. Bien au contraire, elle était fière que l’Envoyé de Dieu la hisse à un rang si élevé. Il a fait d’une veuve et d’une femme âgée, la Mère des croyants. Cet honneur lui procurait beaucoup d’énergie et elle s’occupait, avec enthousiasme, de la maison de son époux et de ses filles.

Sawda ne ressentait ni amertume ni complexe d’infériorité. Elle était heureuse quand elle voyait le Prophète  rire de sa démarche car son corps corpulent la balançait d’un côté et de l’autre. De la même manière, il se réjouissait de la vivacité de son esprit et de son humour. Sawda lui dit un jour en plaisantant :

Cette nuit, j’ai prié derrière toi. Tu as mis tellement de temps dans ta prosternation que j’ai été amené à bouchez mon nez, de crainte que le sang y coule. Cette parole fit rire l’Envoyé de Dieu.

L’arrivée de Aisha et des autres femmes dans la maison du Prophète

Sawda continuait à s’occuper de la maison de son mari jusqu’à l’arrivée de Aïsha, la fille d’Abu Bakr. Elle lui céda le plus grand espace et mit tous ses efforts pour satisfaire la nouvelle mariée et veiller à son confort.

Après Aisha, d’autres épouses venaient agrémenter la vie familiale. Ce fut par ordre, Hafsa, fille de Umar Ibn Khattab, Zaynab, fille de Jahsh, Umm Salmah, fille de Abu Umiyyah al Makhzumi. Sawda continuait à accorder sa préférence à Aïcha en lui consacrant son amitié et son dévouement, sans pour autant le manifester ostensiblement pour ne pas mettre dans l’embarras les autres femmes de l’Envoyé de Dieu ou susciter leur jalousie. Elle ne tenait pas à être l’origine d’une possible discorde.

Cependant, le Prophète  avait pitié de Sawda qui était privée de la même affection qu’il portait aux autres épouses. Il s’efforçait de lui ouvrir son coeur et de lui vouer des sentiments affectueux. Cependant, avant d’être Prophète, c’était aussi un homme. Aussi, s’il la plaçait sur le même pied d’égalité du point de vue des dépenses pour son entretien, il ne lui était pas aisé de se montrer équitable entre elle et les autres femmes, du point de vue sentimental. Ce fut pourquoi, il décida, en fin de compte, de se séparer d’elle. Aussi, un jour, attendit-il la nuit où il devait dormir avec elle pour lui annoncer sa détermination de divorcer de la manière la plus convenable.

En entendant la décision prise par son mari, elle sentir comme si les murs de la pièce se resserraient contre elle. Elle suffoquait et croyait que sa respiration allait s’arrêter. Elle garda le silence un moment, puis tendit sa main vers celle de son époux, comme pour lui demander de venir à son secours. Sentant cette main tremblante, le Prophète  la serra très fort, pensant ainsi qu’il pourrait faire disparaître la peur qui envahissait tout son corps.

Prenant en mains toutes ses forces, Sawda, dont le visage trahissait la tristesse, déclara dans un murmure où se mêlaient la crainte et l’espoir :

– Garde-moi auprès de toi. Je ne te demande pas de te comporter avec moi comme avec tes autres épouses. Cependant, je voudrais être ressuscitée par Dieu, le Jour de la Résurrection, en tant que ton épouse.

Sawda, relâcha sa main. Elle n’attendait pas une réponse favorable à son désir bien qu’elle était décidée à rester aux côtés de son époux, en essayant aynt de satisfaire sa volonté.

A ce moment, Sawda ressentait la froideur de sa vieillesse gagner la lourdeur de son corps. Elle eut honte alors de vouloir rivaliser avec des femmes aussi jeunes et belle que Aisha, Hafsa, Zaynab… Elle se disait, qu’en exigeant le respect de son tour à dormir avec l’Envoyé de Dieu, c’est comme si elle revendiquait un droit qui ne lui appartenait pas. Aussi, était elle disposée à déclarer : Répudie moi, ô Envoyé de Dieu ! Cependant, ses paroles trébuchaient dans sa gorge. Elle n’arrivait pas à les libérer.

Sawda était torturée par ses sentiments. Son inquiétude se prolongea, attendant la décision du Prophète de la répudier. Soudain, une idée lui traversa l’esprit et dit calmement :

Ô Envoyé de Dieu ! Garde-moi auprès de toi. Je laisserai mon tour d’intimité à Aisha. En outre, je ne réclamerai pas pour moi, ce que les autres femmes demanderont pour elles !

Cette proposition émut le Prophète . Voilà une femme qui ne tenait pas à le quitter et était prête à se sacrifier pour satisfaire les autres épouses et en particulier Aïsha, sa préférée. Le Prophète  finit par accepter la proposition de Sawda. Celle-ci remercia Dieu qui lui suggéra cette proposition. Le Créateur, se dit-elle, soulagea sa peine et la sauva des amères épreuves, conséquentes à cette séparation avec le Prophète.

Mort de Sawda

Ainsi Sawda demeura dans la maison de l’Envoyé de Dieu , jusqu’au jour où Dieu l’appela à lui. Elle survécut à la mort de son mari. Elle ne mourut que vers la fin du califat de Umar Ibn Khattab.

Aisha n’oublia pas la belle oeuvre accomplie par Sawda qui lui sacrifia son tour. Le souvenir de la fidélité à sa parole lui revenait souvent en mémoire.

Il n’y a pas une femme, disait-elle de Sawda, que j’ai aimé tant pour sa volonté de renoncer à son droit.

Islammedia 2011

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A cause du pacte des Quraysh, – De leur pacte [concernant] les voyages d´hiver et d´été. – Qu´ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (la Kaaba). – qui les a nourris contre la faim et rassurés de la crainte! (Coran, 106)

Ces versets nous renseignent sur le commerce que les Mecquois entretenaient en hiver et en été, tantôt vers la Syrie et tantôt vers le Yémen. Le Prophète  avait entrepris ces voyages avec son oncle Abu Talib alors qu’il était encore un tout jeune enfant.

Mariage du Prophète

Khadija  était une riche commerçante de la Mecque. Celle-ci avait entendu parler du sérieux de Muhammad et de sa probité. Elle connaissait la valeur des hommes d’abord parce qu’en tant que commerçante avisée, elle traitait des affaires avec eux et, qu’ensuite, elle avait été mariée deux fois. Ses époux morts, elle demeura veuve.

Un jour, Abou Talib dit à son neveu : « Je suis un homme sans fortune, les temps sont devenus durs pour nous, nous avons été tourmentés par ces années de misère, et nous n’avons ni possessions matérielles ni marchandises. Cette femme, Khadîdjah, envoie des hommes de ton peuple pour faire des affaires avec sa fortune et ils en gagnent un bénéfice. Alors si elle vient vers toi, montre-lui ton honnêteté. »

Elle avait donc fait appel à Muhammad pour conduire ses caravanes au nord et au sud de la Péninsule arabique.

Ainsi, le temps s’écoulait à la Mecque jusqu’au jour où As-Sayida Khadija s’était confiée à une amie Nafisa Bint Muniyyah. Elle lui avait manifesté son désir d’épouser Muhammad. Ce fut ainsi que cette amie avait fait les démarches nécessaires et avait obtenu son consentement.

Le mariage avait été célébré en présence des familles et des amis. Khadija était âgée de 40 ans quand elle l’épousa, et il en avait 25.

Elle lui donna 2 garçons, Al-Qasim, ‘Abdullah (morts en bas âge), et 4 filles : ZaynabRuqiyaOum Koulthoum, et Fatima.

La Révélation

La Péninsule Arabique était plongée dans l’idolâtrie et la Mecque était le lieu où convergeaient toutes les tribus. Celles-ci venaient chaque année en pèlerinage et se rassemblaient autour de la Ka’ba. Cette Maison antique était devenue un centre païen depuis de longs siècles.

Muhammad  fuyait cette adoration et aimait se réfugier annuellement dans la grotte de Hira. Là, il réfléchissait au mystère de l’univers, en observant son étendue à travers l’immensité du désert et la lumière du ciel étoilé. Il sentait qu’il y avait, derrière et au-dessus de ces espaces, une force invisible qui les organisait et les gérait. Il demeura ainsi jusqu’à l’âge de quarante ans.

Entre temps, Khadija encourageait l’isolement périodique de son époux et lui apportait tout son soutien.

Ce fut lors de la nuit du destin, que Muhammad , agé de 40 ans, avait reçu la Révélation. Dieu l’avait choisi pour être le dernier Messager.

Quant le Prophète  connut la frayeur et douta de ses facultés mentales, à cause de l’apparition surnaturelle de l’archange Gabriel, ce fut vers Khadija qu’il se réfugia et se confia. Aussi était-elle pour lui d’un grand secours et d’un immense réconfort. C’était auprès d’elle qu’il s’armait de patience et reprenait courage car les jours de repos étaient terminés puisque l’ange Gabriel lui transmis cet ordre du Seigneur de l’univers : Lève toi et avertit les gens. Appelle les à n’adorer que Dieu et Lui seul. Mais à qui allait-il faire appel et qui répondrait à son appel ?

La Prédication

Conformément aux instructions reçues de Dieu, le Prophète  commença sa prédication en appelant les membres de sa famille, voire même ses proches amis, à embrasser l’Islam. Il va de soi que cette adhésion devrait regrouper les hommes et les femmes sincères et honnêtes. L’appel a été entendu par une poignée de personnes dont l’ambition et l’orgueil n’obscurcissaient pas l’esprit.

As-sayida Khadija, l’épouse du Prophète  a été la première musulmane de l’histoire. Dès le premier instant, elle sut que sa vision dans la grotte de Hira était le prélude de sa mission prophétique. Elle ne se borna pas seulement à croire au Message, révélé à Muhammad, mais elle lui apporta son soutien moral et matériel. As-sayida Khadija, femme énergique et douée de bon sens, avait la manière d’apaiser les angoisses de son mari et de lui insuffler du courage quand elle sentait que son énergie faiblissait. Sa perspicacité lui laissait comprendre qu’un homme, aussi pur et aussi parfait que lui, ne pouvait pas être le jouet de manoeuvres sataniques.

Des êtres vertueux de son envergure et de sa trempe ne pouvaient pas être abandonnés par Dieu. Ils ne pouvaient s’attendre à aucune défection de la part de leur Créateur et de toutes les personnes qui éprouvaient pour eux de forts sentiments d’amitié. Or Khadija insistait auprès de son époux pour lui expliquer qu’il appartenait à cette catégorie d’homme que le Tout Puissant n’abandonne pas à leur sort, et que les amis bienveillants et chaleureux ne le délaisseront pas dans les moments si critiques soient-ils.

– Certes, jamais Dieu, lui dit-elle, ne t’ingligera d’affronts, car tu es uni avec tes proches, tu soutiens les faibles, tu donnes à ceux qui n’ont rien, tu héberges les hôtes et tu secours les hôtes des vicissitudes du droit.

Selon al-Bayhaqi, As-Sayyida Khadija, afin de tester la sainteté de l’apparition, dit à l’Envoyé de Dieu :

– Ô fils de mon oncle ! Peux tu m’informer du moment ou ton compagnon t’apparaîtra ?

Ainsi, alors que le Prophète se trouvait chez Khadija, l’archange Gabriel se manifesta à lui. Il en avertit son épouse car il le voyait distinctement. Ce qui n’était pas le cas de son épouse. Celle-ci lui demanda de s’asseoir à sa droite et lui demanda s’il continuait à le voir. En effet, l’apparition se maintenanit.

Puis, elle lui demanda une autre fois de poser sa tête sur ses genoux. La vision ne quittait toujours pas l’intérieur de la maison.

Ensuite, elle ôta le foulard qui couvrait sa tête, laissant ses cheveux à l’air libre, ce qui était un geste d’intimité qui détournerait le regard de toute personne pudique. Devant une telle scène, l’archange s’éclipsa aussitôt. Ce fut alors qu’elle dit :

– Ce n’est pas un démon. C’est bien un ange qui se montre à toi, ô fils de mon oncle !

Il n’y avait plus aucun doute dans l’esprit de as-sayyida Khadija. Son époux était bien l’Envoyé d’Allah et l’ange Gabriel le transmetteur du Message divin.

Certes, as-sayyida Khadîja avait une totale confiance en son mari. Cependant, ce n’est pas seulement cette confiance qu’elle lui portait qui l’amena à embrassa la religion de Dieu. La cause profonde de cette adhésion était sa conviction que la religion communiquée au Prophète était celle de la droiture et de la rectitude, celle qui suivrait en droite ligne la guidance spirituelle et morale d’Abraham.

Cette évidence la conduisit à faire confirmer ce qu’elle avait entendu de la bouche de son époux auprès de Waraqa Ibn Nawfal. Cet homme, âgé et d’une grande piété, était versé dans les questions religieuses. Il était aussi attentif à la venue d’un nouveau prophète.

Après lui avoir exposé tous les détails des événements vécus par son conjoint, le vieillard, d’un ton posé et bien assuré de ses paroles, répondit :

– Ô Khadîja ! Si tout ce que tu viens de me dire est absolument véridique, sache que c’est que le grand Nâmous (l’archange Gabriel) qui est venu… (Muhammad) est certainement le prophète de ce peuple. Dis-leur de s’en tenir fermement.

Aussitôt, as-sayyida Khadija retourna chez elle, confiante et assurée de ce qu’elle venait d’entendre. Elle en informa le Prophète.

Son soutien

Le Prophète  ne pouvait pas rester insensible devant la foi aussi profonde que forte de son épouse. La vigueur du caractère de cette dernière exerçait chaque fois une attraction positive sur le moral de l’Envoyé de Dieu. Il en était ainsi chaque fois que son message sur l’Unicité d’Allah rencontrait des obstacles devant l’idolâtrie de son peuple. Elle était toujours là quand les Quraysh manifestaient leur répugnance et leur agressivité aux versets du Coran et quand, injustement, ils le traitaient, lui, de menteur. Elle dynamisait son ardeur et dissipait sa tristesse quand il revenait à la maison, l’air abattu par tant d’obstination et de résistance farouche.

Le Prophète  se réjouissait, chaque fois, de voir que sous son toit, il y a avait constamment quelqu’un pour supporter sa mission, le soutenir dans ses activités si ardues et stimuler sa volonté.

La mort de Khadija

La vie entre les deux conjoints oscillait entre le haut et le bas mais plus souvent vers le bas, surtout le jour où les notables de Quraysh avaient décidé de camper le Prophète  et sa famille en un endroit et d’organiser un blocus qui dura six mois.

Quelques temps après, son oncle paternel Abu Talib Ibn ‘Abd al-Muttalib meurt. Celui-ci était son grand protecteur et son rempart contre l’autoritarisme des Quraysh. A sa suite, ce sera as-sayyida Khadîja, son épouse bien-aimée, qui quittera définitivement le monde terrestre, laissant son époux, provisoirement, seul et sans compagne.

Elle mourut trois années avant l’Hégire.

Cette fois, on peut dire que le Prophète était totalement orphelin. Ibn Ishâq a dit : « qu’elle était pour lui une sorte vizir de sincérité de l’Islam ». Ce fut ce que les historiens appelèrent « L’année du deuil ».

Son souvenir reste

Le souvenir de as-sayyida Khadîja était si intense qu’un jour, à Médine, Hâlah, la sœur de la défunte arriva à Médine. Quand le Prophète  crut entendre sa première femme dans la cour de la maison, tant la voix de l’une ressemblait à l’autre. Son cœur se mit alors à palpiter très fort.

Le corps de as-sayyida Khadîja avait disparu mais son souvenir demeura gravé dans le cœur du Prophète. Il eut pourtant d’autres épouses mais il n’oublia jamais la première d’entre elles. L’amour qu’il portait à Khadîja rendait d’ailleurs ‘Aïsha jalouse de tant de prévenance. Elle lui dit un jour :

« On dirait qu’il n’existe pas de femmes dans le monde en dehors de Khadîja ».

En une autre occasion, à la suite de certains reproches que ‘Aïsha ne manquait pas de lui faire chaque fois qu’il parlait de sa première épouse en termes élogieux, il lui dit :

– Par Allah, elle a cru en moi quand les gens se montraient impies. Elle a tenu pour vrai ce que je disais au moment où les gens me traitaient de menteur. Elle m’a secouru avec ses biens quand les gens m’en privaient. Elle a été la femme qui m’a donné un garçon.

Depuis, ‘Aïsha ne parla plus d’elle pour ne pas remuer la plaie de son époux.

Islammedia 2011

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Ni l’amertume, ni le désappointement n’effleurèrent l’esprit de Muhammed  et Khadija  à la naissance d’une troisième fille, Um Kaltoum  . Pourtant, cette nouvelle aurait chagriné n’importe quel autre père qui n’ayant pas d’enfant mâle se serait sentit humilié. Au contraire, Muhammed  et Khadija ont remercié Dieu de leur avoir offert ce petit bijou qui réjouissait leurs yeux.

Comme ses soeurs, elle reçut la meilleure éducation.

Le mariage des deux soeurs :

Quelque temps après le mariage de Zaynab avec Abu l-As Ibnu-r-Rabi’, une délégation de la famille de Abd al-Muttalib arriva dans la maison de Muhammad . Elle etait venue pour demander la main de Um Kaltoum et sa grande soeur Ruqiyya pour ‘Utayba et ‘Ataba, les deux neveux de ‘Abdul-‘Uzza.

Les deux filles n’avaient rien à reprocher aux deux prétendants, mais elles s’inquietèrent de la réputation de Umm Jamila, la femme de ‘Abdul-‘Uzza et mère des deux jeunes hommes, qui était connue pour avoir un coeur dur, insensible aux malheurs des autres. Elle était, de plus, une mauvaise langue.

Mais Ruqiyya et Um Kaltoum ne purent pas décliner la proposition de mariage, car un refus aurait été ressentit comme un affront et une humiliation à Umm Jamila, qui n’aurait pas hésité à créer une zizanie dans le clan Quraychite.

Ainsi, elles acceptèrent de se marier pour ne pas causer de problème entre leur Père Muhammed et ses proches parents. Il ne leur restait qu’à supporter l’animosité de ‘Abdu-l-‘Uzza et la malveillance de sa femme.

Répudiation des deux soeurs

Le Mariage ne durera pas longtemps. En effet, dès que le Prophète  commença sa mission et se mit a appeler les gens à la religion de la vérité, ses deux filles Umm Kaltoum et Ruqiyya furent chassées de la maison d »Abdu-l-‘Uzza surnommé Abu Lahab et retournèrent auprès de leur père et leur mère.

Les membres de la famille des deux maris, enracinés dans leur idolâtrie, avaient été encouragés par les Quraysh, aussi entêtés dans leur mécréance qu’eux, à répudier les deux filles sans tarder :

– En vous mariant avec ses filles, vous avez soulagé Muhammad de ses soucis. Rendez lui donc ses filles pour le faire replonger dans ses insolubles problèmes.

Ils promirent aux deux fils d’Abu Lahab de les marier avec n’importe quelles autres femmes qurayshites qui leur plairaient.

Le blocus décrété par les mécréants

Dieu avait voulu faire du bien à Um Kaltoum en la divorçant de ‘Utayba Ibn Abu Lahab. Elle avait été délivrée de la fureur d’Umm Jamil, la porteuse de bois, ainsi que l’avait décrite le Coran. Donc, après sa répudiation, Umm Kaltoum rejoignit la maison paternelle et vécut avec sa soeur Fatima à la Mecque.

Cela lui donna l’occasion d’aider sa mère Khadija, et son père qui revenait à chaque fois exténué par les offenses dont ses compatriotes l’accablaient. Les deux femmes étaient là pour le soulager de ses souffrances morales.

Entre temps, Hamza rallia les rangs de la communauté musulmane suivi de Umar Ibn Khattab. Umm Kaltoum se sentait quelque peu soulagé car elle voyait que son père était à présent entouré d’hommes vaillants, capables de lui apporter une aide précieuse.

Cependant, la vindicte des Quraysh était tenace. Aussi Umm Kaltoum subit avec ses parents et toute la famille Hashimite, sauf Abu Lahab, le blocus organisé par les mécréants. Elle mangea avec eux les feuilles des arbres quand ils n’avaient pas de quoi se nourrir décemment. Pendant trois ans, toutes les nourritures, qu’ils recevaient, leur parvenaient clandestinement par des amis et des alliés.

Cette pénible situation n’ébranla pas pour autant la foi d’Umm Kaltoum. Elle était certaine de la victoire de son père bien qu’elle avait, comme tous les autres, si faim qu’elle portait à sa bouche tout ce qui lui paraissait consommable. Cet état dura jusqu’au jour où un groupe d’assiociateurs eurent leur conscience troublée de voir des gens souffrir de la sorte. Beaucoup commencèrent à regretter leur acte. Ce fut ainsi, qu’une nuit, Hisham Ibn Amru arriva avec un chameau plein de provisions près du lieu du blocus. Il libéra la bête de ses rênes et celle ci se dirigea vers le campement.

Le Prophète  distribua le contenu entre tous les prisonniers du campement.

Quelques temps plus tard, Hisham Ibn Amr et d’autres hommes avec lui décidèrent de déchirer la proclamation du blocus. Arrivés à la Kaaba, ils trouvèrent la proclamation rongée par les termites. Il ne restait suspendu qu’un petit carré de papier où il était encore écrit :

« En ton Nom Seigneur Dieu – Bismika allahumma« . Devant ce spectacle imprévu, les Quraysh restèrent interloqués.

Fin du blocus et décès de Khadija

Les musulmans présents dans ce campement, applaudirent la bonne nouvelle. Tous ce préparèrent à quitter ce lieu de sacrifice et de privation et se dirigèrent vers la Ka’ba. Ils firent le tour de ce temple, après quoi, chacun retourna chez lui.

Dans la maison du Prophète , As-Sayyida Khadija se prépara à rencontrer son Seigneur. Quelques temps après la levé du blocus, alors que son mari se trouvait à ses côtés, elle rendit l’âme. Ses filles, Umm Kaltoum et Fatima entouraient son lit. Elles embrassèrent une dernière fois cette mère qui avait montré tant de courage, de persévérance et de ténacité devant l’adversité.

L’émigration à Médine

Le moment arriva ou Dieu ordonna au Prophète  d’émigrer à Yathrib. Il fit ses adieux à ses filles, avec l’espoir de les revoir à Médine et émigra avec son compagnon Abu Bakr.

La bonne nouvelle de leur arrivé à Yathrib, sains et sauf, arriva à la Mecque. Il était, à présent temps que les filles, Umm Kaltoum et Fatima, ainsi que la famille d’Abu Bakr rejoignent leur père sous la conduite de Zayd Ibn Haryth. La tristesse d’abandonner leur maison se mêlait à la joie de revoir leur père et de vivre avec lui au milieu d’autres émigrants et de leurs hôtes bienfaiteurs les Ansârs.

Deux années s’écoulèrent depuis l’émigration d’Umm Kaltoum et de Fatima. Cette période avait été pleine d’évènements. Umm Kaltoum était témoin du retour de son père victorieux à Badr. De la même manière, elle vécut la triste mort de sa chère soeur Ruqiyya.

Le mariage avec Uthman Ibn Affan

Au cours de la troisième année, les Quraysh continuaient à pleurer leurs morts de Badr et appelaient à la vengeance. Umm Kaltoum s’attendait que Uthman Ibn Affan demande sa main après la mort de sa femme Ruqiyya. Cependant, un léger incident faillit déranger ce projet. En effet, un jour du mois ar-Rabi’, le Prophète  rentra à la maison pour un repos bien mérité.

Il n’eût pas le temps de s’asseoir que ‘Umar Ibn Khattab  fit irruption chez lui, agité par la colère. Il se plaignit de l’attitude d’Abu Bakr  et de Uthman  parce qu’il avait proposé, à l’un puis à l’autre, de prendre pour femme sa fille Hafsa. Celle-ci avait perdu son mari Khunays Ibn Hadhafah. Si Abu Bakr garda le silence, Uthman lui répondit :

Je ne veux pas me marier aujourd’hui.

Umm Kaltoum entendit son père dire à Umar :

– Hafsa se mariera avec un homme meilleur que Uthman. Et Uthman se mariera avec une femme meilleure que Hafsa.

Elle comprit l’allusion et son coeur se mit à battre de joie. Alors le Prophète  l’appela et lui proposa de se marier avec Uthman. Elle donna son accord. Le mariage fut célébré et Umm Kaltoum rejoignit la maison de Uthman, où sa grande soeur avait également vécu.

Umm Kaltoum vécut six années dans la maison de Uthman. Elle avait vu l’Islam remporter victoire sur victoire, comme elle avait vu son père organiser des expéditions militaires les unes après les autres. Son mari était toujours aux côtés de son père. Il combattait en donnant sa fortune et en se disposant à sacrifier sa vie.

La générosité de Uthman Ibn Affan

Il y avait un puits nommé « puits de dawmah » qui appartenait à un Juif. Celui ci s’enrichissait en vendant de l’eau aux musulmans. Une fois, l’Envoyé de Dieu  dit à ses compagnons :

– Qui de vous achètera ce puits et le mettra à la disposition des musulmans pour qu’ils puissent s’alimenter librement en eau ? Celui qui le fera aura un abreuvoir spécialement réservé à lui au Paradis.

Uthman se proposa d’aller voir le Juif, propriétaire du puits. Il lui fit une proposition, mais le Juif ne daigna en vendre que la moitié au prix de douze mille dirham. Ainsi, il l’acheta. Il fut décidé que la propriété du puits serait un jour à Uthman et un jour au Juif. Quand le tour du premier arrivait, les musulmans emplissaient de l’eau de sorte que ce liquide leur suffise pendant deux jours. Quand le Juif vit ce qui se passait, il lui dit :

Tu m’as privé d’une source de revenu. Achète donc l’autre moitié pour huit mille dirham. C’est ce qui fut fait.

Une autre fois, le Prophète  demanda à ses compagnons :

Qui de vous voudrait agrandir notre mosquée ? Uthman acheta un terrain qui permit d’élargir l’espace du lieu de prière.

Au mois de Dhu-l-Qi’da, an VI de l’hégire, Umm Kaltoum vit son père quitter Médine à la tête d’environ mille cinq cents compagnons. Il voulait aller à la Mecque pour effectuer la Umra, le petit pèlerinage. Tous partirent sans armes, sauf leurs épées gardées dans leurs fourreaux. Ce qui signifiait qu’ils n’avaient pas l’intention de livrer une bataille. Les Mecquois s’opposèrent à l’entrée des musulmans dans leur cité. Ils les bloquèrent à Hudaybiyya. Le Prophète  envoya Uthman comme émissaire afin qu’il fasse savoir aux associateurs que les musulmans n’ont pas d’intention belliqueuse. Leur seul désir est seulement de s’acquitter des rites de la Umra.

En apprenant que son mari avait été désigné en qualité d’émissaire pour le camp ennemi, Umm Kaltoum sentit de fortes palpitations dans son coeur. Elle n’ignorait pas que son père avait une grande confiance en son époux. Il était digne de confiance d’accomplir une mission aussi délicate et périlleuse. Cela ne l’empêcha pas de craindre pour sa vie. La fausse nouvelle de la mort de Uthman, tué par les idolâtres, se répandit à Médine. Son angoisse se transforma alors en une profonde consternation tant son chagrin n’avait plus aucune limite.

Quant au Prophète , il appela les croyants à prêter le serment « bay’atu-r-ridwan » de venger Uthman. Cependant le deuil d’Umm kaltoum ne dura pas longtemps puisque son mari était revenu, sain et sauf, de sa mission. Un traité fut signé entre les deux parties dans lequel les mecquois autorisaient les musulmans à revenir l’an prochain accomplir leur devoir. C’est ce qui fut fait.

Triomphe de l’Islam et décès d’Umm Kaltoum

Deux années après le pacte de Hudaybiyya, les musulmans entrèrent triomphalement à la Mecque. Ainsi, Umm Kaltoum assista à la victoire finale de l’Islam. En ce moment où la voie était libre pour ce qui voulait retourner chez lui à la Mecque, elle se rappela sa mère et ses deux soeurs Zaynab et Ruqiyya, toutes ensemble dans leur maison familiale. Umm Kaltoum était aussi témoin de l’expédition de Tabuk au mois de Rajab, an IX de l’hégire. Ce fut avec l’argent de son mari que l’armée musulmane fut équipée. Il offrit neuf cents cinquante chameaux. Il ajouta cinquante chevaux pour boucler le chiffre de mille. Tous ces évènements ne pouvaient que réjouir Umm Kaltoum.

Hélas ! Tout a une fin. Umm Kaltoum mourut dans la maison de son époux, en l’an IX de l’hégire sans laisser de descendance. Le Prophète  demeura debout devant la tombe de sa fille, les yeux pleins de larmes et le coeur serré de souffrance. Il ne restait auprès de lui que Fatima, la plus jeune des filles.

Ainsi Umm Kaltoum mourut avant son père qui retournera auprès de son Créateur une année plus tard. Sa mort lui évita d’assister à la mort tragique de son mari Uthman, assassiné par des assiégeants en furie et qui, après elle, épousa deux autres femmes : Umm al-Banin bint Ubayda et Naïla Bint al-Farâfasa.

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Zaynab  était la fille aînée de l’Envoyé de Dieu  et de Khadija . Sa naissance précéda de dix ans, la révélation divine faite à son père. Quant à sa mère, elle entrait dans sa quarante cinquième année.

Elle épousa son cousin Abû-l-Âs Ibnu Rabi’, qui faisait partie des hommes riches et honorables de la Mecque.

Ils eurent deux heureux événements, en premier lieu la naissance d’une fille dénommée Oumama et plus tard, un garçon prénommé Ali. Ces circonstances ont eu lieu juste avant l’Hégire du Messager de Dieu.

Les premiers à croire à sa mission et à rallier l’Islam furent sa femme Khadija, Zeinab et ses soeurs, Ali fils de Abi Talib ainsi que Zaïd, fils de Harith (que Dieu les agrée), qui faisait partie de la famille du Messager de Dieu saws. Ce fut la première famille islamique.

De retour d’un voyage, Abû-l-Âs fut mis au courant au sujet de la nouvelle religion que son beau-père devait communiquer au peuple, à savoir, l’adoration d’un Dieu unique. Zaynab exhortait son époux à se rallier à sa foi. Hélas, il déclina l’offre, argumentant sur le fait que l’on dise, qu’il a soi-disant abandonné la religion de ses aïeux pour l’Islam, et tout cela à cause de sa femme.

Les Qurayshites multipliaient leur agressivité à l’égard du Prophète saws. Ce fut ainsi que les notables de Quraysh décidèrent, dans une proclamation, affichée à la Kaaba, d’organiser un blocus autour de la famille du Prophete saws. Celui ci, ses parents et ses adeptes furent isolés dans un terrain, non loin de la Mecque. Le blocus dura trois longues années.

Certes Zaynab ne faisait pas partie de ceux qui avaient été bannis. Mais les nouvelles de sa famille lui parvenaient jusqu’à la maison de son mari. Elle ne pouvait qu’être peinée par l’état dans lequel son père, sa mère et ses soeurs vivaient.

Cet isolement prit fin après que quelques personnalités mecquoises se révoltèrent contre le sort réservé au Prophète saws. Ils décidèrent d’arracher la proclamation des murs de la Kaaba. Enfin, si la vie relativement normale reprit son court, il n’en resta pas moins que ce blocus eut de néfastes répercussions sur la santé de son oncle Abu Talib et de sa femme Khadija.

En effet, Abu Talib qui accordait sa protection au Prophète saws, mourut six mois après la fin du blocus, suivi trois jours après par la mort de Khadija. Ainsi, les premiers soutiens du Prophète saws disparurent.

Les idolâtres redoublèrent alors leur persécution jusqu’à ce que vint l’ordre du Messager de Dieu sawsd’émigrer. Une petite partie des fidèles se rendirent en Abyssinie dont sa soeur Ruqyiya. Le reste des fidèles finirent par quitter la Mecque pour se rendre à Médine, suivi plus tard par le prophète Muhammad et son fidèle compagnon Abou Bakr (que Dieu l’agrée). Zaynab demeura ainsi seule à la Mecque en compagnie de ses enfants.

Lors de la bataille de Badr, les Musulmans étaient approximativement trois cents, alors que les Qoraychites furent un millier. Pourtant, les musulmans remportèrent la victoire avec l’aide du Tout Puissant. Rentrant victorieux à Médine avec un butin et de nombreux prisonniers de guerre, parmi lesquels se trouvait Abû-l-Âs.

Les Musulmans avaient exigé une rançon contre la liberté des captifs. A la Mecque, les Qorayshites se rendirent chez les parents des détenus, afin de réunir la rançon réclamée. Ils se rendirent chez Zeinab (que Dieu l’agrée) lui réclamant le prix de la rançon contre la liberté de son mari. Elle ne possédait que le bijou que Khadija lui offrit lors de son mariage. Le Prophète saws l’ayant reconnue, il pleura et expliqua aux musulmans les faits, leur demandant avec leur approbation la liberté d’Abû-l-Âs.

Abû-l-Âs rentra ainsi chez lui. Quand Zaynab le vit, elle sauta de joie. Cependant, ces retrouvailles allaient être suivies par une nouvelle séparation. En effet, le Prophète saws avait demandé que sa fille lui soit ramenée à Médine. Il n’était plus possible à une croyante d’être unie à un mécréant.

Il faut rappeler que les deux soeurs de Zaynab, Ruqiyya et Umm Kaltoum, furent répudiées par leurs maris idolâtres. Par contre celui de Zaynab refusa de divorcer malgré la promesse des notables de son clan de le marier le plus rapidement possible.

Malgré l’amour qu’elle portait à son mari, Zaynab était une fille obéissante. Elle ne pouvait pas aller à l’encontre de la décision de son père, d’autant plus qu’elle revêtait un caractère religieux. Enceinte, elle s’apprêta à émigrer, les préparations terminées, elle se mit en route en plein jour et devant les Qoraychites, accompagnée seulement par le frère de son conjoint. La nouvelle de son exode est parvenue aux oreilles des ennemis de l’Islam, et la blessure de la défaite était encore béante chez eux, et l’auteur n’était autre que son père, il fallait se venger, ils envoyèrent quelques hommes pour les intercepter.

Ils finirent par les rejoindre hors de la Mecque. Le premier qui les aperçut, fut Habbâru Ibn al-Aswad qui avait perdu à Badr ses trois frères. Il piqua de sa lance le chameau sur lequel était montée Zaynab. Le chameau se rua et fit tomber Zaynab qui heurta un rocher tout prêt de là. Grand archer, son beau frère s’était mis en position l’arc à la main, la défendant contre quiconque voulait s’approcher d’elle. A cet instant précis, Abou Soufyan, qui ne se trouvait non loin de là, intervint en disant :

Ô Kinâna (le frère du mari de Zaynab), Baisse ton arc. Nous avons à parler ! Je ne m’oppose pas au départ de Zaynab qui va rejoindre son père. Cependant, vous partez en plein jour, au vu et au su de tous alors que tu connais le malheur qui nous a frappé à Badr. En te laissant partir, les gens prendront cela comme une humiliation et une faiblesse de notre part. Retourne donc sur tes pas et attends que le calme revienne. Les gens sauront que nous nous sommes opposés à ce départ. Ensuite, tu reprendras Zaynab et tu la conduiras chez son père discrètement.

Zaynab était à terre, le sang coulant de sa blessure provoquée par sa chute. Kinâna fit demi-tour avec sa belle sœur à la Mecque où malheuresement elle perdit son foetus. Son mari resta avec elle jusqu’au moment où ses blessures se cicatrisèrent. Une fois ses forces revenues, elle quitta la Mecque avec son beau frère. Cette fois les poursuivant de la veille fermèrent leurs yeux.

Médine accueillit la fille du Prophète avec enthousiasme. Le Prophète saws montra sa joie, d’un côté, mais il était courroucé par le traitement que les idolâtres avaient fait subir à sa fille.

Zaynab vécut, au cours des six premières années à Médine, dans la sérénité, si ce n’est l’espoir d’apprendre un jour que son mari venait d’embrasser l’islam. C’est que depuis son arrivée auprès de son père, des centaines et des centaines de gens avaient rejoint la religion de Dieu. Elle voyait que la victoire que le Très Haut avait promis à son Messager était certaine.

Un matin, à l’heure de la prière du fajr, elle entendit sa porte s’ouvrir lentement et avec précaution. Soudain, elle vit son mari, debout au seuil de la maison. Elle fut transportee de joie et cria: «Abû-l-Âs ! Abû-l-Âs !». Ces retrouvailles n’etaient pas toutes empreintes de joie. L’époux de Zaynab n’était pas venu a Médine en tant que Musulman mais comme fugitif. II demeurait encore associateur comme il l’était avant. Il lui donna alors les explications suivantes:

– Ô Zaynab! Je ne suis pas a Yathrib en tant que musulman. Je revenais de Syrie avec une caravane transportant certaines marchandises à moi et d’autres à un groupe de Qurayshites. Au cours du chemin, une expédition militaire, conduite par Zayd Ibn Harith et comprenant cent soixante-dix hommes, nous intercepta. J’ai réussi à leur échapper. Je me suis caché jusqu’à la tombée de la nuit. A présent, je suis là en cachette et je me place sous ta protection.

Zaynab etait angoissée. Elle ne savait quelle attitude prendre. Elle garda le silence et entendit son père prononcer le takbîr de la priere de l’aube. A la fin de l’office, elle sortit au seuil de la porte et voyant les croyants sortir en groupe de la mosquee, elle cria:

– Ô vous les gens ! Sachez que j’ai sous ma protection Abû-l-Âs Ibn Rabi’.

L’Envoyé de Dieu saws dit à son entourage:

– Avez vous entendu ce que j’ai entendu ? Ayant reçu une réponse positive, il ajouta « Par celui qui détient l’âme de Muhammad dans ses mains, je n’étais pas au courant de cette nouvelle jusqu’au moment où je l’ai entendue comme vous. » Il poursuivit après un court silence : « Je place sous ma protection ce que ma fille a placé sous sa protection« .

Le Prophete saws entra chez sa fille. Dès que Zaynab le vit, elle s’écria, attendant de lui son approbation et son soutien:

 Ô Envoyé de Dieu ! Si Abû-l-Âs est proche, c’est qu’il est le fils d’un oncle. Et s’il ne l’est pas, il reste le père d’un enfant. Je déclare qu’il est sous ma protection.

Son généreux père manifesta de la tendresse à sa fille. Cependant, il lui apprit qu’étant musulmane et lui associateur, elle n’était plus licite pour lui. Zaynab comprit que l’union conjugale était, à présent, interdite par la religion de Dieu puisque celle-ci n’autorisait pas le mariage d’une croyante avec un idolâtre. Aussi, lui dit-elle d’un ton triste: «C’est le moment de notre séparation». Abul-‘As se cacha le visage afin que son épouse ne voit pas les larmes qui coulaient sur ses joues. Apres quoi, il leva la tête et lui dit d’un ton calme et pondéré:

– « Hier, il m’a été proposé d’embrasser l’Islam et de prendre avec moi les biens que je transportais. Mais ces biens appartiennent aux associateurs. Aussi ai-je refusé d’obtempérer. C’est qu’il est malheureux que ma vie de musulman commence en trahissant la confiance de ceux qui m’ont remis leur dépôt. »

Zaynab le regarda bien en face, cherchant a déchiffrer la pensée de son mari. Elle n’en croyait pas ses oreilles. Etait-il vraiment disposé à embrasser l’Islam? Ce serait vraiment une nouvelle des plus importantes car ce serait leur retour à une vie conjugale commune.

Au matin, l’Envoye de Dieu saws envoya chercher Abu-l-‘As. Il se trouvait à la mosquée, entouré de quelques uns de ses Compagnons parmi lesquels ceux qui avaient participé a l’expédition et s’étaient emparés des marchandises de la caravane. Il leur dit:

– Comme vous le savez, cet homme est l’un de nous. Vous vous êtes saisie de sa marchandise. Si vous voulez lui rendre son bien, faites-le mais si vous ne le voulez pas, gardez-le car, faisant partie d’un butin de guerre, il est de votre droit de le garder.

Tous, d’une même voix, répondirent :

– Ô Envoyé de Dieu! Nous lui rendons les biens que nous lui avons pris.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Tous les biens, sans exception, furent restitués.

Au moment de se dire adieu, Abu-l-‘As promit à l’Envoyé de Dieu saws qu’il embrasserait l’Islam dès qu’il aurait remis les biens à leurs ayant droits.

Abu-l-‘As arriva à La Mecque. Les Mecquois étaient ravis de son retour avec des gains appréciables, conséquents à de fructueuses tractations commerciales. Il s’assura que tous avaient récupéré leurs biens. Puis, balayant du regard l’assistance, il dit avec calme et moderation mais d’une voix distincte pour qu’il puisse être entendu:

– « Je témoigne qu’il n’y a point de divinité en dehors de Dieu et je témoigne que Muhammed est le serviteur et l’Envoyé de Dieu. » Il continua : « Si je n’ai pas donné mon adhésion à l’Islam alors que je me trouvais à Médine, c’est pour que vous ne disiez pas que je voulais m’accaparer de vos biens. A présent que je vous ai restitué votre dû, je me déclare musulman. »

Après quoi, il partit en direction de Médine, laissant Ie public abasourdi par cette sensationnelle nouvelle. Quant à lui, il resplendissait de joie car il allait retrouver sa femme bien-aimée et vivre auprès d’elle le restant de leurs jours. Arrivé à Médine, il se dirigea vers la mosquée où se trouvait le Prophète. Sur son passage, les musulmans le saluaient et le félicitaient d’avoir embrassé l’Islam.

Mais lui, il etait préoccupé par une seule idée: est-ce que 1’Envoye de Dieu allait accepter une nouvelle union avec Zaynab? Etant musulman, rien ne s’opposait a ce qu’il vive sous le même toit que Zaynab. C’est pourquoi, le Prophète saws prit son beau-fils par la main et le conduisit chez sa fille. C’était ainsi que le rempart, qui les avait désunis, avait été détruit et que la vie conjugale entre les deux époux reprit naturellement.

Hélas, une année après la reprise des liens conjugaux, Zaynab mourut au début de l’an huit de l’Hégire. Cette fois, c’était une séparation definitive en ce monde.

C’est le Prophète saws qui la déposa dans sa tombe et on sait qu’il invoqua Allah en sa faveur.

Quant à Abû-l-`As, il survécut jusqu’au califat de `Umar.

Qu’Allah soit satisfait de Zaynab 

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Muhammad Ibn Içhâq a dit : « Khadîdja Bint Khouwaïlid était une commerçante, noble et riche, qui employait des hommes, pour s’occuper de son commerce.

Lorsqu’on l’informa de la sincérité des paroles du Messager d’Allah (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur Lui), de son intégrité et de ses belles vertus, elle lui envoya quelqu’un afin de lui proposer de travailler pour elle, pour mener une des ses caravanes en Syrie. En contrepartie, elle lui proposa de lui donner plus qu’elle ne donnait aux autres gérants. Elle envoya avec lui, l’un des ses serviteurs du nom de Maïssara.

Ils partirent donc vers la Syrie. Le Messager d’Allah (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur Lui) s’arrêta pour se reposer à l’ombre d’un arbre, près d’un monastère habité par des moines. Dès qu’un des moines le vit assis, sous cet arbre, il appela Maïssara et lui dit : « Qui est cet homme ? ». Maïssara lui répondit : « C’est un homme de Koreïch, un des habitants de l’enceinte sacrée ».

Le moine lui dit : « Aucun homme ne s’est assis sous cet arbre, mis à part un prophète ».

Le Prophète (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur Lui) vendit donc les marchandises qu’il avait ramenées avec lui, et acheta ce qu’il voulait acheter, puis il revint à la Mecque, accompagné de Maïssara.
On rapporte que Maïssara voyait, en cours de route, deux anges protéger le Prophète (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur Lui) du soleil, alors qu’il était sur son chameau.

Khadîdja était une femme noble et d’une très grande intelligence, et avait de plus de grandes vertus honorées par Allah.
Lorsque Maïssara l’informa de ce qu’il avait vu et entendu, elle envoya un émissaire auprès du Prophète (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur Lui) en lui disant, d’après ce que rapportent les historiens : « Ô mon cousin, je suis attirée par toi, par ta parenté, par la place que tu possèdes au sein de ton peuple, ton intégrité, tes grandes vertus et ta sincérité ».  Elle lui proposa alors le mariage.

Elle était l’une des femmes les plus nobles, les plus honorables et les plus riches de Koreïch. Tous les hommes de son peuple la convoitaient et désiraient marier avec elle.

Lorsque le Prophète (Que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) apprit cela, il en informa ses oncles. Ce fut Hamza, l’un de ses oncles, qui partit avec lui, à la maison de Khouwaïlid Ibn Asad, le père de Khadîdja, pour demander la main de cette dernière. Et c’est ainsi que le mariage fut conclu et qu’il (Que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) l’épousa. […] »

El-Bayhaqî a rapporté pour sa part d’après El-Hâkem que le Prophète (Que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait vingt cinq ans lorsqu’il épousa Khadîdja, tandis qu’elle avait, pour sa part, trente cinq ans.¹


¹L’article s’appuie sur la Biographie du Prophète (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur Lui) d’Ibn Kathir.

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Représailles contre Bani Qouraydhah

Rien n’est pire, aux yeux des Arabes, que de trahir la confiance et violer un serment fait de façon solennelle.  Il était donc temps, maintenant, de s’occuper de Bani Qouraydhah.  Le jour où les musulmans revinrent des tranchées, le Prophète déclara la guerre contre la traître Bani Qouraydhah qui, consciente de sa culpabilité, s’était déjà réfugiée dans ses forteresses.  Après un siège qui dura près d’un mois, ils durent se rendre sans conditions.  Tout au plus supplièrent-ils d’être jugés par un membre d’une tribu arabe de laquelle ils étaient partisans.  Ils choisirent le chef du clan avec lequel ils avaient une alliance de longue date, Sa’d ibn Mou’adh, de Aws.  Ce dernier, suite aux blessures qu’il avait subies durant la bataille d’Ouhoud, était mourant et dut être porté pour pouvoir prononcer son jugement.  Sans hésiter, il condamna à mort les hommes de la tribu.

Houdaybiyyah

Au cours de la même année, le Prophète eut une vision dans laquelle il se vit entrer à la Mecque sans rencontrer de résistance; c’est alors qu’il prit la décision d’accomplir le pèlerinage.  En plus d’un certain nombre de musulmans de Médine, il offrit aux tribus arabes alliées, dont le nombre avait passablement augmenté après la déconfiture de Qouraysh lors de la bataille des tranchées, de l’accompagner.  Cependant, la plupart refusèrent son offre.  Ce sont donc mille quatre cents homme, vêtus en pèlerins et amenant avec eux les bêtes à sacrifier, qui entreprirent le voyage jusqu’à la Mecque.  Comme il s’en approchaient, un ami de la cité vint à leur rencontre et avertit le Prophète que Qouraysh avait juré de les empêcher d’entrer dans le sanctuaire et que leur cavalerie était déjà en route.  Alors le Prophète ordonna à ses hommes de faire un détour par les gorges des montagnes.  Ces derniers étaient donc épuisés lorsqu’ils descendirent finalement dans la vallée de la Mecque.  Ils campèrent dans un endroit appelé Houdaybiyyah.  Là, le Prophète tenta de parvenir à une entente avec Qouraysh, expliquant qu’ils ne venaient qu’en tant que pèlerins.  Le premier messager qu’il envoya fut maltraité et son chameau blessé aux jarrets.  Il revint donc sans avoir pu transmettre son message.  Qouraysh, de son côté, envoya un messager qui s’avéra fort arrogant et menaçant dans ses paroles.  Un autre de leurs envoyés s’adressa au Prophète de façon si familière qu’on dût lui rappeler sévèrement le respect qu’il devait manifester envers ce dernier.  C’est lui qui, en revenant à la Mecque, dit : « J’ai vu César et Khosro dans leur splendeur, mais jamais je n’ai vu d’homme plus honoré par ses compagnons que ne l’est Mohammed. »

Le Prophète voulut alors envoyer un messager qu’il imposerait le respect.  Il choisit Outhman à cause de son lien de parenté avec la puissante famille Oumayyad.  Tandis que les musulmans attendaient son retour, quelqu’un vint leur annoncer qu’Outhman avait été assassiné.  C’est à ce moment que le Prophète, assis sous un arbre, à Houdaybiyyah, fit prêter serment à tous ses compagnons qu’ils résisteraient tous ensemble ou tomberaient tous ensemble.  Mais par la suite, ils apprirent qu’en réalité, Outhman n’avait pas été assassiné.  Puis, une troupe sortie de la Mecque pour venir attaquer les musulmans fut capturée et amenée devant le Prophète, qui leur pardonna suite à leur promesse de renoncer à toute hostilité.

Trêve de Houdaybiyyah

Qouraysh envoya par la suite de meilleurs messagers.  Après quelques négociations, la trêve de Houdaybiyyah fut signée.  Elle stipulait qu’il n’y aurait plus d’hostilités entre les deux parties pour une période de dix ans.  Que le Prophète devait retourner à Médine sans avoir visité la Ka’aba, mais qu’on le laisserait accomplir le pèlerinage avec ses compagnons l’année suivante.  Qouraysh promit d’évacuer la Mecque pour leur permettre de le faire.  Durant la période de la trêve, les déserteurs de Qouraysh venus rejoindre les musulmans seraient retournés chez eux, mais les déserteurs musulmans allés rejoindre la Mecque ne le seraient pas.  Toute tribu ou clan souhaitant faire partie du traité en tant qu’allié(e) de Qouraysh pourrait le faire.  Les musulmans furent consternés en apprenant les clauses du traité.  Ils se demandèrent, entre eux : « À quand cette victoire qui nous a été promise? »

Comme ils revenaient chez eux, en provenance de Houdaybiyyah, la sourate intitulée « la victoire » fut révélée.  En réalité, cette trêve s’avéra être la plus grande victoire obtenue par les musulmans jusque-là.  La guerre avait constitué une barrière entre eux et les idolâtres, mais maintenant, les deux parties s’étaient rencontrées et avaient discuté, et à partir de là, l’islam se répandit plus vite que jamais.  Au cours des deux années qui s’écoulèrent entre la signature du traité et la chute de la Mecque, le nombre de convertis fut plus important que le nombre total de convertis depuis les débuts de l’islam.  Le Prophète s’était déplacé jusqu’à Houdaybiyyah avec 1400 hommes.  Deux ans plus tard, lorsque les Mecquois violèrent la trêve, il alla les affronter avec une armée de 10 000 homme

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La bataille du Mont Ouhoud

Au cours de l’année suivante, une armée composée de trois mille hommes partit de la Mecque pour venir détruire Yathrib.  La première idée du Prophète, au départ, fut de simplement défendre la ville, un plan qu’Ibn Oubayy, leader des « hypocrites », approuva fortement.  Mais les hommes qui s’étaient battus à Badr, croyant que Dieu les aiderait en toutes circonstances, virent comme une honte le fait d’attendre derrière des murs.

Devant leur foi et leur ferveur, le Prophète céda et partit avec une armée de mille hommes vers le Mont Ouhoud, où les attendait l’ennemi.  Pour se venger, Ibn Oubayy et ses hommes, qui composaient le tiers de l’armée, se retirèrent.  En dépit des lourdes pertes, la bataille d’Ouhoud se serait soldée par une victoire encore plus grande que celle de Badr, pour les musulmans, si ce n’avait été de la désobéissance d’un groupe de cinquante archers auquel le Prophète avait demandé de monter la garde devant un passage que pouvait emprunter la cavalerie ennemie.  Croyant que leur armée avait remporté la bataille, ils quittèrent leur position, craignant de voir leur part du butin leur échapper.  C’est à ce moment que la cavalerie ennemie s’engouffra par le passage ainsi libéré et fonça sur les musulmans.  Le Prophète lui-même fut blessé et la rumeur de sa mort commença à courir parmi les combattants jusqu’à ce que quelqu’un le reconnaisse et clame à tue-tête qu’il était encore vivant.  Les musulmans, se regroupant autour du Prophète, battirent en retraite, laissant de nombreux morts sur le coteau.  Ce territoire appartenait aux Mecquois; les femmes de Qouraysh commencèrent à circuler parmi les corps, se lamentant auprès de ceux appartenant aux leurs et mutilant ceux des musulmans.  Le corps de Hamzah, le jeune oncle et ami d’enfance du Prophète, était du nombre, et l’abominable Hind, épouse d’Abou Soufyan qui en voulait particulièrement à Hamzah et qui avait donné une récompense à l’homme qui l’avait tué, ouvrit son corps, en sortit le foie et en mâchouilla une partie.  Le jour suivant, le Prophète sortit à nouveau avec son armée afin que Qouraysh l’apprenne et soit dissuadé d’attaquer Médine.  Le stratagème fonctionna grâce à un bédouin qui croisa les musulmans et discuta avec eux.  Puis, il poursuivit son chemin et croisa l’armée de Qouraysh.  Interrogé par Abou Soufyan, il lui dit que Mohammed, plus fort que jamais et assoiffé de vengeance, les attendait sur le champ de bataille avec son armée.  Apprenant cela, Abou Soufyan décida de retourner à la Mecque.

Massacres de musulmans

Le revers qu’ils avaient subi sur le Mont Ouhoud avait réduit le prestige des musulmans aux yeux des tribus arabes et des juifs de Yathrib.  Des tribus qui avaient jusque-là penché en faveur des musulmans penchaient maintenant en faveur de Qouraysh.  Des compagnons du Prophète se faisaient désormais attaquer et même tuer lorsqu’ils voyageaient en petits groupes.  Khoubayb, un de ses messagers, fut capturé par une tribu du désert et vendu à Qouraysh, qui le tortura à mort, sur la place publique, à la Mecque.

Expulsion de Bani Nadhir

En dépit du traité conclu avec les musulmans, les juifs, désormais, cachaient difficilement leur hostilité envers eux.  Ils se mirent à négocier des alliances avec Qouraysh et les « hypocrites », et tentèrent même d’assassiner le Prophète.  Ce dernier se vit dans l’obligation de prendre des mesures punitives contre certains d’entre eux.  La tribu de Bani Nadhir fut assiégée dans ses forteresses, sa résistance se trouva affaiblie et elle fut forcée d’émigrer.

Bataille des tranchées

Abou Soufyan avait probablement compris que les représailles « œil pour œil, dent pour dent » étaient devenues inutiles.  Soit il faisait tomber les musulmans une fois pour toutes, soit il perdait la guerre de façon définitive.  Usant de ses talents diplomatiques, il planifia de former une confédération de tribus bédouines dont certaines étaient violemment opposées aux musulmans et les autres uniquement intéressées par un éventuel butin.  En même temps, il commença à sonder secrètement les juifs de Médine au sujet d’une possible alliance.  Au cours de la cinquième année de la Hijrah (i.e. au début de l’an 627), il partit avec 10 000 hommes en direction de Médine, ce qui constituait la plus imposante armée jamais vue dans le Hijaz (la partie occidentale de la Péninsule arabe).  Médine, de son côté, ne pouvait en rassembler plus de 3000 pour leur résister.

Le Prophète tint un conseil de guerre et cette fois, personne ne suggéra d’aller à la rencontre de l’ennemi.  Leur principale préoccupation concernait la meilleure façon de protéger la cité.  C’est à ce moment que Salman le Persan, un ancien esclave qui était devenu l’un des plus proches compagnons du Prophète, suggéra de creuser de profondes tranchées tout autour de la cité entre les champs de lave et les forteresses.  Il s’agissait d’une tactique sans précédent dans les guerres entre peuples arabes, mais elle plut immédiatement au Prophète et ils se mirent tous au travail, lui y compris.

Le travail était à peine terminé lorsque l’armée des confédérés apparut à l’horizon.  Tandis que les musulmans attendaient l’assaut, ils apprirent que Bani Qouraydhah, une tribu juive de Yathrib qui avait jusque-là été loyale, était passée à l’ennemi.  L’affaire semblait désespérée.  Le Prophète fit venir chaque homme disponible près des tranchées, laissant la cité aux commandes d’un musulman aveugle, et l’ennemi fut accueilli par une pluie de flèches alors qu’il s’approchait de l’obstacle inattendu.  Abou Soufyan et ses hommes ne purent jamais le traverser, mais demeurèrent en position durant trois ou quatre semaines, échangeant des flèches et des insultes avec les défenseurs de la cité.  La température changea, des vents glaciaux se mirent à balayer l’endroit, accompagnés de pluies torrentielles; c’était plus que ce que les bédouins confédérés pouvaient supporter.  Ils avaient suivi l’armée de Qouraysh en croyant obtenir facilement un butin et ils savaient qu’ils n’avaient rien à gagner à attendre près d’une tranchée boueuse, sous une pluie battante, à regarder leurs bêtes mourir à cause du manque de fourrage.  Ils disparurent les uns après les autres sans même saluer Abou Soufyan.  L’armée de désintégra et il se vit lui-même forcé de se retirer.  Le jeu était terminé.  Et il avait perdu.

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