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A cause du pacte des Quraysh, – De leur pacte [concernant] les voyages d´hiver et d´été. – Qu´ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (la Kaaba). – qui les a nourris contre la faim et rassurés de la crainte! (Coran, 106)

Ces versets nous renseignent sur le commerce que les Mecquois entretenaient en hiver et en été, tantôt vers la Syrie et tantôt vers le Yémen. Le Prophète  avait entrepris ces voyages avec son oncle Abu Talib alors qu’il était encore un tout jeune enfant.

Mariage du Prophète

Khadija  était une riche commerçante de la Mecque. Celle-ci avait entendu parler du sérieux de Muhammad et de sa probité. Elle connaissait la valeur des hommes d’abord parce qu’en tant que commerçante avisée, elle traitait des affaires avec eux et, qu’ensuite, elle avait été mariée deux fois. Ses époux morts, elle demeura veuve.

Un jour, Abou Talib dit à son neveu : « Je suis un homme sans fortune, les temps sont devenus durs pour nous, nous avons été tourmentés par ces années de misère, et nous n’avons ni possessions matérielles ni marchandises. Cette femme, Khadîdjah, envoie des hommes de ton peuple pour faire des affaires avec sa fortune et ils en gagnent un bénéfice. Alors si elle vient vers toi, montre-lui ton honnêteté. »

Elle avait donc fait appel à Muhammad pour conduire ses caravanes au nord et au sud de la Péninsule arabique.

Ainsi, le temps s’écoulait à la Mecque jusqu’au jour où As-Sayida Khadija s’était confiée à une amie Nafisa Bint Muniyyah. Elle lui avait manifesté son désir d’épouser Muhammad. Ce fut ainsi que cette amie avait fait les démarches nécessaires et avait obtenu son consentement.

Le mariage avait été célébré en présence des familles et des amis. Khadija était âgée de 40 ans quand elle l’épousa, et il en avait 25.

Elle lui donna 2 garçons, Al-Qasim, ‘Abdullah (morts en bas âge), et 4 filles : ZaynabRuqiyaOum Koulthoum, et Fatima.

La Révélation

La Péninsule Arabique était plongée dans l’idolâtrie et la Mecque était le lieu où convergeaient toutes les tribus. Celles-ci venaient chaque année en pèlerinage et se rassemblaient autour de la Ka’ba. Cette Maison antique était devenue un centre païen depuis de longs siècles.

Muhammad  fuyait cette adoration et aimait se réfugier annuellement dans la grotte de Hira. Là, il réfléchissait au mystère de l’univers, en observant son étendue à travers l’immensité du désert et la lumière du ciel étoilé. Il sentait qu’il y avait, derrière et au-dessus de ces espaces, une force invisible qui les organisait et les gérait. Il demeura ainsi jusqu’à l’âge de quarante ans.

Entre temps, Khadija encourageait l’isolement périodique de son époux et lui apportait tout son soutien.

Ce fut lors de la nuit du destin, que Muhammad , agé de 40 ans, avait reçu la Révélation. Dieu l’avait choisi pour être le dernier Messager.

Quant le Prophète  connut la frayeur et douta de ses facultés mentales, à cause de l’apparition surnaturelle de l’archange Gabriel, ce fut vers Khadija qu’il se réfugia et se confia. Aussi était-elle pour lui d’un grand secours et d’un immense réconfort. C’était auprès d’elle qu’il s’armait de patience et reprenait courage car les jours de repos étaient terminés puisque l’ange Gabriel lui transmis cet ordre du Seigneur de l’univers : Lève toi et avertit les gens. Appelle les à n’adorer que Dieu et Lui seul. Mais à qui allait-il faire appel et qui répondrait à son appel ?

La Prédication

Conformément aux instructions reçues de Dieu, le Prophète  commença sa prédication en appelant les membres de sa famille, voire même ses proches amis, à embrasser l’Islam. Il va de soi que cette adhésion devrait regrouper les hommes et les femmes sincères et honnêtes. L’appel a été entendu par une poignée de personnes dont l’ambition et l’orgueil n’obscurcissaient pas l’esprit.

As-sayida Khadija, l’épouse du Prophète  a été la première musulmane de l’histoire. Dès le premier instant, elle sut que sa vision dans la grotte de Hira était le prélude de sa mission prophétique. Elle ne se borna pas seulement à croire au Message, révélé à Muhammad, mais elle lui apporta son soutien moral et matériel. As-sayida Khadija, femme énergique et douée de bon sens, avait la manière d’apaiser les angoisses de son mari et de lui insuffler du courage quand elle sentait que son énergie faiblissait. Sa perspicacité lui laissait comprendre qu’un homme, aussi pur et aussi parfait que lui, ne pouvait pas être le jouet de manoeuvres sataniques.

Des êtres vertueux de son envergure et de sa trempe ne pouvaient pas être abandonnés par Dieu. Ils ne pouvaient s’attendre à aucune défection de la part de leur Créateur et de toutes les personnes qui éprouvaient pour eux de forts sentiments d’amitié. Or Khadija insistait auprès de son époux pour lui expliquer qu’il appartenait à cette catégorie d’homme que le Tout Puissant n’abandonne pas à leur sort, et que les amis bienveillants et chaleureux ne le délaisseront pas dans les moments si critiques soient-ils.

– Certes, jamais Dieu, lui dit-elle, ne t’ingligera d’affronts, car tu es uni avec tes proches, tu soutiens les faibles, tu donnes à ceux qui n’ont rien, tu héberges les hôtes et tu secours les hôtes des vicissitudes du droit.

Selon al-Bayhaqi, As-Sayyida Khadija, afin de tester la sainteté de l’apparition, dit à l’Envoyé de Dieu :

– Ô fils de mon oncle ! Peux tu m’informer du moment ou ton compagnon t’apparaîtra ?

Ainsi, alors que le Prophète se trouvait chez Khadija, l’archange Gabriel se manifesta à lui. Il en avertit son épouse car il le voyait distinctement. Ce qui n’était pas le cas de son épouse. Celle-ci lui demanda de s’asseoir à sa droite et lui demanda s’il continuait à le voir. En effet, l’apparition se maintenanit.

Puis, elle lui demanda une autre fois de poser sa tête sur ses genoux. La vision ne quittait toujours pas l’intérieur de la maison.

Ensuite, elle ôta le foulard qui couvrait sa tête, laissant ses cheveux à l’air libre, ce qui était un geste d’intimité qui détournerait le regard de toute personne pudique. Devant une telle scène, l’archange s’éclipsa aussitôt. Ce fut alors qu’elle dit :

– Ce n’est pas un démon. C’est bien un ange qui se montre à toi, ô fils de mon oncle !

Il n’y avait plus aucun doute dans l’esprit de as-sayyida Khadija. Son époux était bien l’Envoyé d’Allah et l’ange Gabriel le transmetteur du Message divin.

Certes, as-sayyida Khadîja avait une totale confiance en son mari. Cependant, ce n’est pas seulement cette confiance qu’elle lui portait qui l’amena à embrassa la religion de Dieu. La cause profonde de cette adhésion était sa conviction que la religion communiquée au Prophète était celle de la droiture et de la rectitude, celle qui suivrait en droite ligne la guidance spirituelle et morale d’Abraham.

Cette évidence la conduisit à faire confirmer ce qu’elle avait entendu de la bouche de son époux auprès de Waraqa Ibn Nawfal. Cet homme, âgé et d’une grande piété, était versé dans les questions religieuses. Il était aussi attentif à la venue d’un nouveau prophète.

Après lui avoir exposé tous les détails des événements vécus par son conjoint, le vieillard, d’un ton posé et bien assuré de ses paroles, répondit :

– Ô Khadîja ! Si tout ce que tu viens de me dire est absolument véridique, sache que c’est que le grand Nâmous (l’archange Gabriel) qui est venu… (Muhammad) est certainement le prophète de ce peuple. Dis-leur de s’en tenir fermement.

Aussitôt, as-sayyida Khadija retourna chez elle, confiante et assurée de ce qu’elle venait d’entendre. Elle en informa le Prophète.

Son soutien

Le Prophète  ne pouvait pas rester insensible devant la foi aussi profonde que forte de son épouse. La vigueur du caractère de cette dernière exerçait chaque fois une attraction positive sur le moral de l’Envoyé de Dieu. Il en était ainsi chaque fois que son message sur l’Unicité d’Allah rencontrait des obstacles devant l’idolâtrie de son peuple. Elle était toujours là quand les Quraysh manifestaient leur répugnance et leur agressivité aux versets du Coran et quand, injustement, ils le traitaient, lui, de menteur. Elle dynamisait son ardeur et dissipait sa tristesse quand il revenait à la maison, l’air abattu par tant d’obstination et de résistance farouche.

Le Prophète  se réjouissait, chaque fois, de voir que sous son toit, il y a avait constamment quelqu’un pour supporter sa mission, le soutenir dans ses activités si ardues et stimuler sa volonté.

La mort de Khadija

La vie entre les deux conjoints oscillait entre le haut et le bas mais plus souvent vers le bas, surtout le jour où les notables de Quraysh avaient décidé de camper le Prophète  et sa famille en un endroit et d’organiser un blocus qui dura six mois.

Quelques temps après, son oncle paternel Abu Talib Ibn ‘Abd al-Muttalib meurt. Celui-ci était son grand protecteur et son rempart contre l’autoritarisme des Quraysh. A sa suite, ce sera as-sayyida Khadîja, son épouse bien-aimée, qui quittera définitivement le monde terrestre, laissant son époux, provisoirement, seul et sans compagne.

Elle mourut trois années avant l’Hégire.

Cette fois, on peut dire que le Prophète était totalement orphelin. Ibn Ishâq a dit : « qu’elle était pour lui une sorte vizir de sincérité de l’Islam ». Ce fut ce que les historiens appelèrent « L’année du deuil ».

Son souvenir reste

Le souvenir de as-sayyida Khadîja était si intense qu’un jour, à Médine, Hâlah, la sœur de la défunte arriva à Médine. Quand le Prophète  crut entendre sa première femme dans la cour de la maison, tant la voix de l’une ressemblait à l’autre. Son cœur se mit alors à palpiter très fort.

Le corps de as-sayyida Khadîja avait disparu mais son souvenir demeura gravé dans le cœur du Prophète. Il eut pourtant d’autres épouses mais il n’oublia jamais la première d’entre elles. L’amour qu’il portait à Khadîja rendait d’ailleurs ‘Aïsha jalouse de tant de prévenance. Elle lui dit un jour :

« On dirait qu’il n’existe pas de femmes dans le monde en dehors de Khadîja ».

En une autre occasion, à la suite de certains reproches que ‘Aïsha ne manquait pas de lui faire chaque fois qu’il parlait de sa première épouse en termes élogieux, il lui dit :

– Par Allah, elle a cru en moi quand les gens se montraient impies. Elle a tenu pour vrai ce que je disais au moment où les gens me traitaient de menteur. Elle m’a secouru avec ses biens quand les gens m’en privaient. Elle a été la femme qui m’a donné un garçon.

Depuis, ‘Aïsha ne parla plus d’elle pour ne pas remuer la plaie de son époux.

Islammedia 2011

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Dès qu’on eut pris l’injuste décision d’assassiner le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) Jibril descendit et vint informer celui-ci, par révélation de son Seigneur, du complot des Koraïchites. Il l’informa aussi qu’Allah lui ordonnait de sortir et qu’il lui avait précisé le moment de son émigration en ces termes : « Cette nuit, ne dors pas dans ton lit, comme d’habitude.»0

A midi, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) alla voir Abû Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) pour définir avec lui les étapes de l’émigration. A cet égard, Aicha (qu’Allah soit satisfait d’elle) dit : « Pendant que nous étions assis chez Abû Bakr à midi pile, quelqu’un dit à celui-ci : « Voici le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui arrive, à un moment où d’habitude, il ne venait pas par ici.» Abû Bakr dit : « Par Allah ! Ce qui l’amène par ici à pareille heure est important !» Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) arriva, demanda la permission d’entrer, se la fit accorder, entra et dit à Abû Bakr :« Sors de chez toi

Abû Bakr lui dit : « je jure que ceux-ci sont plutôt de ta famille. » Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) reprit : « On m’a donné la permission de sortir.» Abû Bakr s’enquit : « Je t’accompagne ? » Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) répondit : « oui

Après la définition des étapes de l’émigration, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) rentra chez lui attendant la tombée de la nuit.»

Encerclement de la maison du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)

S’agissant des grands malfaiteurs des Koraïchites, ils passèrent leur journée à préparer la mise à exécution du plan monté et approuvé par le parlement de La Mecque, le matin même. 
A cette fin, onze principaux malfaiteurs avaient été choisis, à savoir : Abû Jahl ibn Hichâm, Al-Hakam ibn Abil-As, Okba ibn Abi Mouait, An-Nadr ibn Al-Hârith, Omayya ibn Khalaf, Zomaa ibn Al-Aswad, Touaaima ibn Adi, Abû Lahab, Oubai ibn Khalaf, Nabih ibn Al-Hajjâj et le frère de Nabih : Monabih ibn Al-Hajjâj. 

Ibn Ishâk dit : « Au premier tiers de la nuit, ils se regroupèrent devant la porte de sa chambre attendant qu’il sorte pour sauter sur lui. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait l’habitude de dormir pendant la première partie de la nuit pour se réveiller à la moitié ou aux trois quarts de celle-ci et se rendre à la sainte mosquée où il se mettait à prier. Les malfaiteurs avaient la ferme conviction que leur sale complot réussirait. Ils étaient tellement confiants qu’Abû Jahl, dans sa vanité et son orgueil dit, s’adressant à ses compagnons encerclant la maison, avec moquerie et persiflage : « Muhammad prétend que si vous le suivez dans ce à quoi il vous appelle, vous serez ressuscités après votre mort pour jouir de paradis pareils à ceux d’Al-Ordon. Sinon, selon lui, il vous égorgera, après quoi vous serez ressuscités pour brûler dans un feu qu’on vous aura préparé.» 

L’heure de la réalisation du complot était fixée au-delà de minuit, au moment où le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) sortirait de chez lui. Les malfaiteurs veillèrent, dans l’attente de l’heure prévue. Cependant Allah déjoua leur complot, Lui qui détient le royaume des cieux et de la terre, Lui qui fait ce qu’Il veut, qui protège et que rien ni personne ne protège. Il avait réalisé ce dont Il avait parlé à son Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) :

« (Et rappelle-toi) le moment où les mécréants complotaient contre toi pour t’emprisonner ou t’assassiner ou te bannir. Ils complotèrent, mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes. »

Sourate 8 : ‘ Le butin’- verset 30

Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) quitta sa maison.

Malgré tous leurs préparatifs, les Koraïchites essuyèrent un échec lamentable dans la réalisation de leur complot. Cette nuit-là, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit à Ali ibn Abi Tâlib :

« Dors dans mon lit ! Enveloppe-toi dans mon manteau vert de Hadramaout. Dors-y. Ils ne te feront rien de mal

C’est dans ce manteau que dormait toujours le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Ainsi Ali ibn Abi Tâlib dormit dans le lit du Prophète , le remplaçant pour cette nuit-là. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) sortit, traversa les rangs des assiégeants et prit une poignée de sable qu’il répandit sur leurs têtes. Allah leur avait voilé les yeux. Il dit :

« et Nous mettrons une barrière devant eux et une barrière derrière eux ; Nous les recouvrirons d’un voile : et voilà qu’ils ne pourront rien voir. »

Sourate 36 : ‘ Ya sin’ -verset 9.

Il n’y eut aucun d’eux à qui il ne mit du sable sur la tête avant d’aller chez Abû Bakr. Ensemble, et dans la nuit, ils sortirent par un soupirail dans la maison d’Abû Bakr et rejoignirent la grotte de Thawr, en direction du Yémen.

Les assiégeants continuèrent à attendre l’heure de commettre leur forfait. Peu avant ce moment, ils se rendirent compte de leur échec et furent frappés de déception. Quelqu’un n’appartenant pas à leur milice les avait trouvés en train d’attendre devant la porte et leur dit : « Qu’est-ce que vous attendez ? » Ils répondirent : « Muhammad. » L’homme reprit : « Désolé ! Vous l’avez raté. Par Allah ! Il est passé devant vous et à répandu du sable sur vos têtes. Il s’en est allé vaquer à ses affaires.» Ils dirent : « Par Allah ! Nous ne l’avons pas vu.» Cela dit, ils se dressèrent, faisant tomber le sable de leurs têtes. Toutefois, ils regardèrent par le trou de la porte de la chambre, virent Ali et dirent : « Par Allah ! Voici Muhammad en train de dormir. Il s’est couvert de son manteau !» Aussi, ne bougèrent-ils pas jusqu’au matin.

Alors, Ali sortit du lit et leur tomba dans les bras. Les malfaiteurs l’interrogèrent au sujet du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et il répondit : « Je ne sais rien de lui.»

DE LA MAISON A LA GROTTE

Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) quitta sa maison dans la nuit du 27 Safar (deuxième mois) de l’an 14 de la prophétie (nuit du 12 au 13 septembre 622 du calendrier Grégorien.)

Il se rendit chez son compagnon, Abû Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui), l’homme le plus sûr pour sa compagnie et pour ses biens. Ensemble ils quittèrent en passant par une arrière-porte et se dépêchèrent de sortir de La Mecque, avant le point de l’aube. Sachant que les Koraïchites trouveraient à force de chercher et que le chemin vers lequel les regards allaient d’abords s’orienter était le chemin principal de Médine allant vers le Nord, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) emprunta le chemin diamétralement opposé, à savoir, celui situé au sud de La Mecque et allant vers le Yémen.

Il fit une distance d’environ neuf kilomètres sur ce chemin, atteignit une haute montagne connue sous le nom de montagne de Thawr. A ce niveau, le chemin était escarpé, pierreux et difficile à escalader. Alors le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) marcha pieds nus. Une autre version précise qu’il marchait sur le chemin sur la pointe des pieds pour ne pas laisser de traces et ainsi, marcha pieds nus. Quoi qu’il en fût, Abû Bakr le porta lorsqu’il eut atteint la montagne et fit des efforts jusqu’à une grotte située au sommet de la montagne, grotte connue dans l’histoire sous le nom de « grotte de Thawr».

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et Abû Bakr à l’intérieur de la grotte

Une fois la grotte atteinte, Abû Bakr dit au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Par Allah ! Tu n’entreras qu’après que je l’aurai fait. S’il y a quelque chose de dangereux, il m’emportera pour te laisser sain et sauf.» Sur ces mots, il entra dans la grotte et la balaya. Il trouva un trou, dans l’une des parois, et aussitôt déchira son manteau pour le boucher. Toutefois il y avait encore deux autres trous : il les boucha avec ses pieds. Ensuite, il dit au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Entre ! »

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) entra, plaça sa tête sur une pierre et dormit. Abû Bakr fut blessé au pied par une pierre mais ne bougea pas de peur d’attirer l’attention de son compagnon. Il pleurait. Ses larmes tombèrent sur le visage du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Celui-ci dit : « Qu’as-tu donc, Abû Bakr ? » Ce dernier répondit : « Je suis blessé.» Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) cracha sur la blessure et celle-ci disparut.

Les deux compagnons se cachèrent dans la grotte pendant trois nuits : celles du vendredi, du samedi et du dimanche. Abdoullah ibn Abû Bakr était avec eux. A ce sujet Aicha dit : « C’était un jeune, intelligent et ingénieux.» Il les quittait vers la fin de la nuit, à l’aube et, au matin, se retrouvait avec les Koraïchites, comme s’il avait passé la nuit à La Mecque. Il prenait connaissance de toutes les tractations et machinations et, la nuit, il venait leur en apporter les nouvelles. Au-dessus de la grotte, Amir ibn Fouhayra, l’esclave affranchi d’Abû Bakr gardait des moutons qu’il laissait, à un certain moment de la nuit, camper au-dessus de la grotte. De la sorte, il leur fournissait du lait toute la nuit. A l’aube, il les quittait, poussant ses moutons au loin. Ainsi faisait-il dans chacune des trois nuits. Amir ibn Fouhayra suivait, avec ses moutons, les traces d’Abdoullah ibn Abû Bakr, après le départ de celui-ci pour La Mecque, en vue de les effacer.

Quant aux Koraïchites, ils étaient fous de rage lorsqu’ils apprirent que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) s’était échappé à la sortie de la nuit où l’on devait réaliser le complot. Leur première réaction fut de frapper Ali, de le traîner jusqu’à la Kaaba où ils l’enfermèrent pendant une heure, dans l’espoir d’obtenir de lui des informations au sujet du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et d’Abû Bakr.

N’ayant rien tiré d’Ali, ils se rendirent chez Abû Bakr et frappèrent à la porte. Alors, Asmâ, la fille d’Abû Bakr sortit. Ils lui dirent : « Où est ton père ? » Elle répondit : « Par Allah ! Je ne sais pas où il est.» Abû Jahl l’ignoble et le pervers leva la main et lui asséna une gifle qui fit tomber sa boucle d’oreille. Les Koraïchites décidèrent ensuite, au cours d’une séance extraordinaire tenue en urgence, de mettre en œuvre tous les moyens susceptibles de permettre la capture des deux hommes. Toutes les routes et les pistes partant de La Mecque furent mises sous la surveillance d’hommes armés jusqu’aux dents. De même, les Koraïchites offrirent une grosse prime de cent chamelles par fugitif, soit deux cents chamelles à quiconque les ramenait morts ou vivants. Alors, les cavaliers, les fantassins et les pisteurs se mirent à chercher. Ils se disséminèrent dans les montagnes et les vallées, dans les vallons et sur les plateaux, mais en vain. Les poursuivants arrivèrent jusqu’à l’entrée de la grotte, cependant, Allah les fit échouer. Abû Bakr dont les propos ont été rapportés par Anas et ensuite par al-Boukhârî, dit : « J’étais avec le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dans la grotte. Levant la tête, je vis les pieds des poursuivants et aussitôt dis : « Ô Messager d’Allah: « Si l’un d’eux baissait les regards il nous apercevrait ». Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) répondit : « Tais-toi, Abû Bakr ! Nous sommes deux et Allah nous complète en troisième ». Une autre information donne : « Que penses-tu, Ô Abû Bakr, de deux qu’Allah complète en troisième ? ». Alors qu’il ne restait entre les poursuivants et le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) que quelques petits pas à franchir, ceux-ci rebroussèrent chemin. C’était là un miracle qu’Allah dédia à son Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

SUR LA ROUTE DE MEDINE

Lorsque le feu de la recherche se fut éteint et qu’eurent cessé les investigations et les enquêtes, après l’effervescence des Koraïchites ayant abouti à une poursuite de trois jours sans aucun résultat, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et son compagnon sortirent pour se rendre à Médine. Ils avaient déjà engagé à leur service Abdallah ibn Ouraykit Al-Laythi, un guide habile et expérimenté. Celui-ci professait la même religion que les Koraïchites. Toutefois, ils lui firent confiance et lui remirent leurs deux chamelles, lui fixant rendez-vous trois jours après, à la grotte de Thawr, où il devait se présenter muni des deux bêtes. Dans la nuit du lundi premier jour de Rabia al-Awwal de la première année de l’hégire (16 septembre 622 du calendrier grégorien), Abdoullah ibn Ouraykit leur apporta les deux montures et alors, Abû Bakr dit au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Ô Messager d’Allah ! Prend l’une de ces deux montures. » Il rapprocha de lui la meilleure des deux, mais le Prophète accepta à condition d’en payer le prix.

Asmâ, la fille d’Abû Bakr (Qu’Allah soit satisfait d’elle et de son père) vînt apporter leur vase. Toutefois, elle avait oublié d’y mettre l’anse par laquelle on l’accrochait. Lorsqu’après leur départ, allant accrocher le vase, elle se rendit compte que celui-ci n’avait pas d’accrochoir, elle coupa sa ceinture en deux morceaux, dont elle utilisa l’un comme accrochoir et l’autre comme collier. C’est pour cela qu’on l’appelait la « femme aux deux ceintures.»

Ensuite, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), Abû Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) et Amir ibn Fouhayra se mirent en route, en compagnie du guide Abdoullah ibn Ouraykit, le long de la côte. Ayant quitté la grotte, ce dernier tendit d’abord à aller vers le sud en direction du Yémen et ensuite alla vers l’ouest en direction de la côte. De la sorte, il parvint à un chemin que les gens n’avaient pas l’habitude d’emprunter, bifurqua vers le nord peu avant la côte de la mer rouge et recoupa une voie que presque personne n’utilisait.

Ibn Ishâq a mentionné les endroits où passa le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). A cet égard, il dit : « Après être sorti avec eux, le guide passa par la partie inférieure de La Mecque et, ensuite, faisant son chemin le long de la côte, finit par recouper la route passant par Osfân. De là, il passa sous Amajj, continua pour recouper la route après avoir traversé un corridor. Poursuivant son chemin, il s’achemina vers Al-Khirâr, Thanyatoul-Mourra, et Lakfâ. Il dépassa Madlajat Lakf, entra dans Madlajat Majâh, s’achemina vers Marjah Mahâj, entra dans Marjah Thil-Ghadwain et à l’intérieur de Thi Kichr. A partir de là, il se dirigea vers Al-Jadâjid, Al-Ajrad, alla vers Thi Salam partie de Batn Madlajat Taaahon, s’achemina vers Al- Abâbîd. Il dépassa ensuite Al-Fâja, descendit Al-Araj, alla vers Thaniyatoul-Aa’ir- du côté droit de Rakouba- descendit Batn Ri’i et arriva à Qoubâ. Voici quelques aspects de ce qui arriva en route :

1. Selon un rapport d’al-Boukhârî, Abû Bakr As-Siddik (qu’Allah soit satisfait de lui) dit : « Nous avons voyagé toute la nuit et aussi, le lendemain jusqu’à midi. La route était déserte. Personne d’autre n’y passait. Un long rocher nous surplombait masquant les rayons du soleil. Nous descendîmes donc à son ombre. Je nivelai de ma main une place où le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pouvait dormir, après quoi j’y étalai de la fourrure puis dis : « Dors ! Ô Messager d’Allah ! Je vais nettoyer les alentours.» Après que le Messager d’Allah fut endormi, je sortis pour nettoyer les alentours. Soudain, mon regard se posa sur un berger qui, avec ses moutons, venait vers le rocher, pour, en fait, faire comme nous. Alors je lui dis : « A qui appartiens-tu, mon garçon ? » Il répondit : « A un médinois ou un mecquois.» (le doute ne vient pas du berger bien sûr, mais d’une des personnes qui nous rapporte l’histoire) Je repris : « Tes moutons ont-ils du lait ? » Il répondit : « Oui.» Je dis : « Vas-tu donc traire ? » Il répondit : « Oui. » et attrapa une brebis. Je lui dis : « Enlève le sable, les poils et les impuretés qui se trouvent sur les mamelles ! » Il s’affaira à traire un peu de lait dans un récipient cubique. J’avais avec moi une gourde que je portais pour le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), gourde à laquelle il se désaltérait et faisait ses ablutions. Je retournai auprès du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) mais évitai de le réveiller. Lorsqu’il se fut réveillé, je refroidis le lait en y ajoutant de l’eau puis lui dit : « Bois ! Messager d’Allah ». Il but à son aise et dit : « N’est-il pas l’heure de partir ? » Je répondis : « Si.» Alors nous repartîmes.

2. Abû Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) avait l’habitude d’être à la disposition du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). C’était un vieillard que l’on connaissait et le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) un jeune que l’on ne connaissait pas. Ainsi, un homme rencontra Abû Bakr et lui dit : « Qui est celui qui avec toi ? » Abû Bakr répondit : « Il me montre le chemin.» L’homme, par méconnaissance pensait qu’Abû Bakr voulait dire le chemin terrestre, alors qu’il ne s’agissait que de la voie du bien.

3. Sourâkah ibn Mâlik rejoignit le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et Abû Bakr. A cet égard, il dit : « Pendant que j’étais assis dans l’un des conseils de ma tribu, Banî Madlaj, un homme arriva et, nous surplombant puisque nous étions assis, dit : « Ô Sourâkah, j’ai vu des silhouettes sur la côte. Je pense que c’est Muhammad et ses compagnons ! » Je sus aussitôt que c’était eux, mais lui répondis : « Non ; ce ne sont pas eux. Tu as plutôt vu tel et tel qui sont partis devant nous.» Ensuite, je restai pendant une heure au conseil avant de me lever pour rentrer chez moi. Je dis à ma captive de me sortir mon cheval qui se trouvait derrière une butte de terre, sous sa garde. Je pris ma lance, sortis par l’arrière de la maison et, marchant, me mis à planifier mon voyage jusqu’au cheval que j’enfourchai. Celui-ci me transporta au point de m’emmener à proximité d’eux et ensuite trébuchant, me désarçonna. Me relevant, je me dépêchai de mettre la main sur mon carquois. J’en sortis ensuite mes baguettes que je consultai. Tomberais-je sur la bonne baguette ou sur la mauvaise ? Ce fut celle que je détestais qui sortit. Alors, je remontai à cheval, désobéissant aux baguettes. Je m’approchai et m’approchai encore au point d’entendre le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) réciter le Coran. A ce que je voyais, lui ne se retournait guère, mais Abû Bakr quant à lui se retournait très souvent. Par la suite, les pattes de mon cheval s’enlisèrent dans le sable jusqu’aux genoux et me voilà encore désarçonné. Je rabrouai l’animal et me relevai, mais c’est à peine si celui-ci avait sorti ses pattes. Lorsqu’il y fut parvenu, il en résulta un nuage de poussière montant vers le ciel comme de la fumée. Je consultai encore mes baguettes et celle que je détestais sortit de nouveau. Alors, me détournant de tout cela, j’interpellai prudemment les gens que je poursuivais et les voilà qui s’arrêtèrent. Je me remis en scelle et ensuite pus les rejoindre. J’avais l’intime conviction que l’on me retenait en prison pour m’empêcher de les suivre, que la cause du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) triompherait. Je dis à celui-ci : « Ta tribu a mis ta tête à prix.» Je les informai de ce que les gens leur voulaient et leur offris des provisions de route. Toutefois, ils ne m’informèrent ni ne me posèrent de questions. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se contenta de dire : « Il vaut mieux que tu t’éloignes de nous.» Je lui demandai de m’écrire des versets. Alors, Il ordonna à Amir ibn Fouhayra de le faire et celui-ci le fit sur un morceau de peau de bête.» Dans un certain rapport, Abû Bakr dit : « Nous nous mîmes en route. Les gens nous cherchaient et personne d’autre que Sourâkah ibn Mâlik ibn Jaacham ne parvint à nous rattraper, monté sur son cheval. Alors, je dis : « Quelqu’un nous rattrape ! Ô Messager d’Allah ! » Il dit :

« Ne t’afflige pas, Allah est avec nous »

(Sourate 9 : ‘Le repentir’ –verset 40).

Sourâkah s’en retourna. Il trouva sur son chemin des gens qui cherchaient toujours et leur dit : « j’ai déjà fouillé les parages et vous informe qu’il n’y a rien.» Ainsi, le jour il s’activait en la faveur des recherchés et la nuit servait de gardien à ceux-ci.

4. Dans son voyage vers Médine le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) passa devant les deux tentes d’Oumm Maabad de la tribu des Kouzâma. C’était une femme obèse et robuste qui, restant dans la cour de sa tente, nourrissait et désaltérait les passants. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et Abû Bakr l’interrogèrent : « Y a-t-il quelque chose chez toi ? » Elle répondit : « Par Allah ! S’il y avait quelque chose chez moi, les villages ne seraient pas plus pauvres.» En fait, c’était une année de pénurie. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) regarda par la fente de la tente vit une brebis et dit : « Et cette brebis, Oumm Maabad ? » Elle répondit : « C’est une brebis incapable de suivre les moutons.» Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) reprit : « A-t-elle du lait ? » Elle répondit : « Elle est trop épuisée pour en avoir.» Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Me permettrais-tu de la traire ? » Elle dit : « Oui ! Ma foi ! Vas-y si tu peux en tirer du lait.» Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) passa sa main sur les mamelles de la brebis, prononça le nom d’Allah, et pria. Alors, le lait s’échappa et coula. Il demanda à la femme d’apporter un récipient, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) s’engagea à la traire au point de voir le récipient surmonté d’écume. Il désaltéra Oum Maabad qui alors but à son aise, suivie en cela par les compagnons et le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui-même. Il s’engagea à la traire une seconde fois au point de remplir le récipient qu’il laissa alors avec elle, avant de se remettre en route. Le mari d’Oumm Maabad, ne tarda pas à rentrer poussant devant lui des chèvres qui n’avaient plus que la peau sur les os. Lorsqu’il vit le lait, il s’étonna et dit : « D’où te vient ceci ? Ma foi ! Il n’y avait pas de lait à la maison, que je sache ! » Sa femme lui répondit : « C’est vrai, mais, par Allah ! Un homme est passé disant ceci et cela dans un état comme ceci et comme cela.» L’homme reprit : « Par Allah ! je pense que c’est le gars des Koraïchites, celui qu’ils cherchent. Décris-le-moi. » Oumm Maabad le lui décrivit dans sa beauté physique et sa parole splendide qu’à force d’écouter l’auditeur avait l’impression de le voir en personne et de se trouver devant lui. Nous reviendrons sur ce point en abordant vers la fin, les traits caractéristiques du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Alors Abû Maabad dit : « Par Allah ! Celui-là, c’est l’homme des Koraïchites, celui au regard duquel, ils disent ce qu’ils disent. J’ai déjà songé à l’accompagner mais sans aucun doute je le ferai à la première occasion ». Du côté de La Mecque, une voix retentit, le matin, sans que personne n’arrivât à en connaître l’origine. Elle disait :

« Qu’Allah le Seigneur du Trône rétribue en bien deux compagnons descendus chez Oumm Maabad
et qui furent bienfaisants à leur arrivée, comme à leur départ heureux qui passa la soirée en compagnie de Muhammad.
Ô combien les Koraïchites tirent profit de ce dont Allah vous détourne.
Leur œuvre et leur bienveillance sont sans prix
Banou Kaab n’ont plus à s’en faire
Assuré est leur rôle dans l’ordre des croyants.
Interrogez donc votre sœur au sujet de la brebis.
Si vous le faites, c’est la brebis même, qui témoigna.»

Asmâ dit : « Nous ne savions pas vers où s’orientait le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lorsqu’un djinn arriva au-dessous de La Mecque et récita ces vers. Les gens le suivaient, écoutaient sa voix mais ne le voyaient pas. Ainsi continua-t-il jusqu’à sa sortie par le haut. Lorsque nous eûmes entendu sa parole nous sûmes que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) s’orientait vers Médine.

5. En route, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) rencontra Bouraida ibn Al-Hasîb Al-Aslami entouré de près de 80 ménages qui embrassèrent l’Islam avec lui. Il accomplit, avec eux derrière, la dernière prière du dernier crépuscule (al-Ichâ). Bouraida résida sur le terroir de sa tribu jusqu’après Uhud, moment où il rejoignit le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Abdoullah ibn Bouraida a rapporté que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était toujours optimiste et non point pessimiste. Bouraida s’en allait à cheval en compagnie de 70 cavaliers de son clan appartenant à Banî Sahm. Alors il rencontra le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui lui dit : « A quel clan appartiens-tu ? » Il répondit : « Aslam ». Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit alors à Abû Bakr : « Nous somme sauvés », et ensuite s’adressa encore à Bouraida : « A quelle dynastie appartiens-tu ? » Celui-ci dit : « à Banî Sahm », et le Prophète de dire : « Ta flèche est sortie.» 

6. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) passa auprès d’Abû Aws Tamim ibn Hajar ou Abû Tamim ibn Hajar Al-Aslami à Kahdâwât entre al-Jouhfa et Harachi (dans al-Araj), alors que leur voyage avait été à un moment ralenti dans l’après-midi, lui et Abû Bakr étant montés sur un même chameau. Alors, Aws fit monter le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) sur un étalon de chameau et, ensuite, envoya avec les deux compagnons un garçon à lui, appelé Masaoud, auquel il parla en ces termes : « Fais les passer par là que tu sais être un chemin sûr et ne les quitte pas.» Le garçon les fit passer par le chemin en question au point de les faire accéder à Médine. Ensuite, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) laissa Masaoud repartir chez son maître après l’avoir chargé de dire à celui-ci de marquer ses chameaux au cou comme c’était le cas avec les chevaux, à savoir deux anneaux séparés par un trait, car c’était là la marque de sa tribu. Lorsque les associateurs se présentèrent, le dimanche, Aws ordonna à son serviteur Masaoud ibn Hounaida de quitter al-Araj et de se rendre à pied auprès du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) l’informer de leur présence. Ceci a été mentionné par Ibn Mâkoulâ rapportant les propos d’at-Tabari. Aws embrassa l’Islam après l’arrivée du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à Médine. Il résidait à Al-Araj.

7. En cours de route et à Batn Rîm, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) rencontra az-Zoubair en compagnie des musulmans : Des commerçants en provenance de la Syrie. az-Zoubair donna alors au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et à Abû Bakr des vêtements blancs.

LA DESCENTE A QOUBÂ

Le lundi 8 du mois Rabia al-Awwal de l’an 14 de la prophétie – première année de l’Hégire (23 septembre 622 du calendrier grégorien), le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est descendu à Qoubâ. Orwa ibn az-Zoubair dit : « Les musulmans de Médine avaient appris que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait quitté La Mecque. Aussi, tous les malins se rendaient-ils sur la route où ils se mettaient à l’attendre jusqu’au moment où la chaleur de midi les renvoyait dans leurs demeures. Un jour, ils s’en retournèrent après avoir longuement attendu. Cependant, dés qu’ils eurent regagné leurs maisons, un juif qui était monté sur un blockhaus pour observer quelque chose, aperçut, sans illusion, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et ses compagnons tous de blanc vêtus. Alors celui-ci ne put s’empêcher de crier du plus haut de sa voix : « Ô Arabes ! Voici votre grand-père que vous attendiez.» Aussi, les musulmans sortirent-ils. Ils reçurent le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) au-delà de la route.

Ibn Al-Qayyim dit : « J’entendis la clameur et les Allâhou Akbar chez Banî Amr ibn Awf : les musulmans, contents de son arrivée, criaient « Allâhou Akbar ». Ils allèrent à sa rencontre, l’accueillirent, le saluèrent comme un Prophète et l’entourèrent tout en se mettant à graviter autour de lui qui, alors restait calme, faisant preuve de quiétude et de sérénité. Il lui fut révélé ce qui suit :

« alors ses alliés seront Allah, Gabriel et les vertueux d’ entre les croyants, et les Anges sont par surcroît (son) soutien. » Sourate 66 : ‘L’interdiction’ – verset 4
Amr ibn az-Zoubair dit : « Alors ils reçurent le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui, entouré par la foule, bifurqua vers la droite, au point de descendre chez Banî Amr ibn Awf et cela, un lundi, Abû Bakr se mettait à contenir la foule, alors que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était assis, silencieux, salué par les médinois qui venaient d’arriver et qui ne l’avaient pas encore vu ». Un autre document mentionne : « Les gens venaient saluer Abû Bakr jusqu’au moment où celui-ci, voyant que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait chaud, lui donna de l’ombre à l’aide de son manteau. A ce moment, les gens reconnurent le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).» Toute la ville de Médine était là pour l’accueil. C’était un jour solennel et l’histoire de cette ville n’en avait jamais connu de semblable. Les juifs constatèrent la véracité de l’annonce faite par le Prophète Habkouk : « Allah vient de Taymân et le Saint des montagnes de Fâran.»

A Qoubâ, le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) descendit chez Kalthoum ibn Al-Hadm. D’autres disent au contraire qu’il descendit chez Saad ibn Khaythama, toutefois la première assertion est plus consistante. En fait, Ali ibn Abi Tâlib resta pendant trois jours à La Mecque, pour rendre aux gens ce qu’ils avaient confié au Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Ensuite, émigrant à pied, il rejoignit les deux compagnons à Qoubâ et alors descendit chez Kalthoum ibn Al-Hadm. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) passa quatre jours à Qoubâ : lundi, mardi, mercredi et jeudi. Il fonda la mosquée de Koubâ et y pria, la première mosquée fondée sur la crainte d’Allah après l’avènement de la prophétie. Le jeudi (le vendredi selon d’autres) il se mit en scelle sur l’ordre d’Allah, Abû Bakr montant en croupe. Il envoya auprès de Banî An-Najjâr- ses oncles maternels et ceux-ci se présentèrent munis de leurs épées. Il allait vers Médine lorsque la prière du vendredi le trouva chez Banî Sâlim ibn Awf. Alors, restant avec ceux-ci, il en dirigea la prière au sein de la mosquée située au fond de la vallée. La congrégation comptait 100 hommes.

L’ENTREE A MEDINE

Après la prière du vendredi, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) entra à Médine. Depuis ce jour, la ville de Yathrib fut connue sous le nom de Madinatou ar-rasoul ( la ville du Prophète ) en abrégé : Médine. C’était un grand jour historique. Les maisons et les chemins vibraient de louanges et de vénérations dédiées à Allah. Les filles de Médine chantaient le poème suivant, envahies de joie et de gaieté :

« La pleine lune luit et nous éclaire à Médine. Il nous faut donc être reconnaissants, tant qu’on nous appelle à Allah. Ô Toi qu’on a envoyé auprès de nous ! Y Tu apportes l’ordre auquel nous obéirons.»

Al-Ansâr (les partisans du Prophète à Médine), même s’ils n’avaient pas de grandes richesses, souhaitaient tous voir le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) descendre chez eux. Jamais celui-ci ne passait dans une des maisons d’Al-Ansar sans que le mors de sa monture ne fût saisi par des gens qui, alors, disaient : « Venez chez les plus nombreux, aux raisins et au régal.» Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur disait : « Ôtez-vous de son chemin. Elle obéit à un ordre.» La monture poursuivit sa marche jusqu’à l’endroit actuel de la mosquée du Prophète ; alors, elle s’agenouilla, mais ensuite se releva, marcha un peu, fit volte face, revint et s’agenouilla au premier endroit. Alors le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) descendit chez Banî An-Najjâr mêmes , ses oncles à qui Allah avait bien voulu accorder une telle chance. En effet, il plut au Très-Haut de les honorer en faisant descendre chez eux leur neveu. Les gens se mirent alors à s’adresser au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), lui demandant de descendre chez eux. Abû Ayoub Al-Ansâri se dépêcha de prendre ses bagages pour les emmener chez lui. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se mettait à dire : « L’homme est avec ses bagages.» Assad ibn Zourara vint se saisir des rênes de sa monture qui, elle resta chez lui. Dans le rapport fait par Anas selon al-Boukhârî, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Laquelle des maisons appartenant aux nôtres est plus proche ? » Alors Abû Ayoub dit : « La mienne, Ô Messager d’Allah ! La voici ma maison et ceci en est la porte. Allons-y ! on nous a préparé un repas. Levez vous avec la bénédiction d’Allah.» Quelques jours après, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) fut rejoint par sa femme Sawda, ses deux filles Fâtima et Oumm Koulthoum, Ousâma ibn Zayd et Oumm Ayman en compagnie de Abdillah ibn Abi Bakr qui conduisait la famille d’Abû Bakr dont on notait Aicha. Zaynab était restée chez Abil-As et ne put émigrer qu’après la batailla de Badr. Aicha dit : « Après que le Prophète fut arrivé à Médine, Abû Bakr et Bilâl tombèrent malades. Alors j’allai les voir et dis : « Père, comment vas-tu ? Bilâl comment vas-tu ? » Sous le coup de la fièvre, Abû Bakr disait toujours :

« On souhaite à l’homme le bonjour dans sa famille alors que la mort lui est plus proche que ses chaussures.»

Guéri de sa fièvre, Bilâl disait :
« Vais-je encore passer la nuit dans une certaine vallée avec autour de moi Idhar et Jalil.
Retournerai-je un jour aux eaux de Mijjâna ?
Reverrai-je Châmah et Toufail ? »

J’allais voir le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et l’informai. Il dit :

« Seigneur ! Fais nous aimer Médine de la même façon que nous aimons La Mecque, voire plus. Restaure sa santé, bénis son accueil, chasses-en la fièvre et protège-la.»

Ici, s’achève l’une des parties de la biographie du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et l’une des étapes de l’appel islamique, à savoir celle de La Mecque.

  • Auteur : Professeur Safi Ar-Rahman al-Moubarakfouri, professeur de l’université salafiste de l’Inde.
  • Révisé par l’association Aux Sources de l’Islam
  • Extrait du livre « LE NECTAR CACHETE » Édition Darussalam
  • (Il est vivement conseillé aux frères, et sœurs de se le procurer.)

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C’est durant cette période de sa vie que Mohammed commença à faire des rêves agréables, qu’il voyait ensuite se réaliser. Il ressentait aussi un besoin grandissant de solitude et c’est pourquoi il prit l’habitude de se retirer dans les montagnes rocheuses entourant la Mecque pour aller y méditer. Il se retirait plusieurs jours à la fois, emportant avec lui des provisions. Sous la lumière aveuglante du jour et au cours des nuits claires du désert, quand le scintillement des étoiles est si vif qu’il pénètre l’œil, entouré des « signes » de Dieu, sa retraite le préparait, sans qu’il ne le sache encore, à recevoir une importante révélation et à se voir confier une mission colossale : devenir prophète et transmettre à son peuple et à l’humanité tout entière la vérité provenant de Dieu.

Il reçut la première révélation au cours d’une des dernières nuits du mois de ramadan, connue comme la « nuit du destin » (laylat-oul-qadr) chez les musulmans.

La grotte de Hira (vue aérienne). Le prophète Mohammed y méditait souvent. C’est là qu’il reçut les premières révélations du Coran.

Il était seul dans la grotte du Mont Hira quand il fut soudain interpellé par l’ange de la révélation, Gabriel, le même qui était allé voir Marie, la mère de Jésus. L’ange l’étreignit et lui ordonna : « Iqra! » (Lis!). Il dit: « Je ne sais pas lire! ». L’ange répéta deux fois son ordre et obtint chaque fois la même réponse de la part de Mohammed. Alors il agrippa solidement ce dernier puis, relâchant un peu son étreinte, il lui révéla :

« Lis : au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme (à partir) d’un caillot (de sang). Lis! Ton Seigneur est le Très Généreux, qui a enseigné par la plume, a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas. » (Coran 96:1-5)

C’est ainsi que débuta l’extraordinaire histoire de l’ultime révélation de Dieu à l’humanité, révélation qui demeure en vigueur jusqu’à la fin des temps. La rencontre d’un Arabe, il y a quatorze siècles, avec un être sorti tout droit du domaine de l’invisible fut un événement d’une importance si capitale qu’il allait bouleverser des peuples entiers à travers le monde, affecter la vie de centaines de millions d’hommes et de femmes, amener la construction de grandes cités et l’éclosion de grandes civilisations, provoquer la défaite de puissantes armées et faire renaître de leurs cendres des splendeurs insoupçonnées. Cet événement allait également amener des foules aux portes du Paradis. Le mot iqra, se répercutant dans les vallées du Hijaz, brisa le moule dans lequel était coulé le monde; et cet homme, seul parmi les rochers, prit sur ses épaules un fardeau tel qu’il aurait fait s’écrouler les montagnes s’il était descendu sur elles.

Le prophète Mohammed avait quarante ans et avait donc atteint un âge mûr. Cette rencontre extraordinaire provoqua une peur intense chez lui. Terrifié, l’homme qui dévala la montagne à toutes jambes pour aller se réfugier dans les bras de sa femme Khadija n’était plus le même que celui qui l’avait gravie pour aller méditer dans une grotte.

Alors qu’il dévalait la montagne comme s’il était poursuivi, il entendit une puissante voix crier : « Mohammed! Tu es le messager de Dieu et je suis Gabriel! ». Il dirigea son regard vers le ciel et vit Gabriel, énorme, qui occupait tout l’horizon. Dans toutes les directions, il ne voyait que lui. Il courut jusque chez lui, entra en trombe et dit, haletant, à sa femme : « Couvre-moi! Couvre-moi! ». Elle le fit s’allonger et le couvrit d’un manteau. Puis, dès qu’il eut recouvré ses esprits, il lui raconta ce qu’il venait de vivre. Il avait peur, il craignait pour sa vie. Mais elle le rassura :

« Jamais Dieu ne te déshonorera. Tu entretiens de bonnes relations avec ta famille, tu aides les pauvres, tu sers tes invités généreusement et tu portes secours aux victimes de calamités. » (Sahih al-Boukhari)

Elle voyait en son mari un homme que jamais Dieu n’humilierait car il était juste, honnête et altruiste. La toute première personne à croire en lui fut donc sa propre épouse, Khadija. Elle alla voir son oncle, Waraqa, un savant versé dans la Bible. Après l’avoir écoutée raconter l’expérience de son mari, il reconnut en lui l’homme que la Bible décrivait comme le prophète attendu, et il confirma que ce qui lui était apparu dans la grotte était bel et bien l’ange Gabriel, l’ange de la révélation :

« Il s’agit du Gardien des secrets (Gabriel), apparu à Moïse. » (Sahih al-Boukhari)

Le Prophète continua de recevoir des révélations jusqu’à sa mort, révélations que ses compagnons mémorisèrent et mirent par écrit sur des peaux de mouton et autres supports.

Le Coran ou « récitation »
Les paroles transmises à Mohammed par Gabriel sont considérées comme sacrées par les musulmans et ne sont jamais confondues avec celles qu’il a lui-même émises. Les premières forment le Livre sacré, le Coran, tandis que les secondes ont été recueillies sous forme de hadiths. Comme Gabriel récitait oralement le Coran au Prophète, ce Livre sacré est connu sous le nom d’Al-Qour’ane, i.e. « la récitation », la récitation de l’homme qui ne savait pas lire.

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