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Posts Tagged ‘Badr’

Hafsa  était la fille de ‘Umar ibn Al-Khattâb, mecquois de la tribu des Adî. Sa Mère s’appelait Zaynab bint Maz’ûn. Elle est née cinq années avant la Révélation, la même année que Fâtima, la fille du Prophète.

Le veuvage de Hafsa

Hafsa était mariée à Khunays Ibn Hudhâfa Ibn Qays. Celui ci émigra d’abord en Abyssinie et ensuite à Médine. Il participa à la bataille de Badr et à celle d’Uhud où il fut grièvement blessé. Il mourut quelques temps après à la suite de ses blessures. Il laissa ainsi Hafsa, fille de Umar Ibn Khattab, veuve alors qu’elle n’avait que dix-huit ans.

Umar était triste de voir sa fille, si jeune, vivre dans le veuvage. Chaque fois qu’il rentrait à la maison, il ne supportait de la regarder si belle et si agile, condamnée à demeurer sans foyer. Ce fut alors qu’il décida de lui choisir un mari digne d’elle. Il jeta son dévolu sur Abu Bakr, l’ami intime de l’Envoyé de Dieu.

Abu Bakr écouta la proposition de Umar avec tendresse et sympathie. Cependant, il se tut et ne lui donna aucune réponse, ce qui était considéré comme un refus. Umar s’étonna que son ami n’accepte pas sa fille alors que c’était lui même qui la lui proposait. Umar contint sa colère. Il se tourna vers Uthman Ibn Affan dont la femme Ruqiyya, fille du Prophète, venait de mourir des suites d’une longue maladie. Malheureusement, Uthman lui dit :

Je ne veux pas me marier pour le moment.

Cette fois, Umar laissa éclater sa colère. Il ne pouvait accepter deux refus successifs. Il se dirigea alors vers le Prophète  pour se plaindre de ses deux Compagnons et lui déclarer :

Comment, lui dit-il, refuser d’épouser Hafsa alors qu’elle est en pleine jeunesse et en pleine forme ?

Le Prophète  sourit et répondit :

Hafsa épousera un homme meilleur que Uthman et celui ci épousera une femme meilleur que Hafsa.

Umar comprit alors que Muhammed  désirait épouser sa fille. Il bondit de joie et serra fortement la main du Prophète en signe de remerciement. C’est ainsi que les malheurs de Hafsa avaient pris fin et que le Prophète  créa un lien de parenté avec son amis Umar.

Quelques tensions

Hafsa arriva dans la maison du Prophète, où vivaient déjà Sawdah et Aïcha. Si la première manifesta sa satisfaction, la seconde s’inquiétait de voir l’arrivé d’une épouse aussi jeune qu’elle et intelligente. Mais, en fin de compte, elle la prit pour amie et confidente.

Hafsa accepta volontiers l’amitié de Aisha d’autant plus que le nombre des épouses du Prophète augmentait. Il est vrai que son père, Umar, la mit en garde contre une éventuelle rivalité avec Aisha.

Sache que tu n’es rien devant Aisha et ton père n’est rien devant le sien, lui dit-il avec modestie et humilité.

Un jour que ‘Umar faisait des reproches à son épouse, celle-ci lui répondit sur un ton auquel il n’était pas habitué. Il lui demanda la raison de ce comportement nouveau et elle lui apprit que les Épouses du Prophète  lui répliquaient et considérait donc qu’elle pouvait en faire autant !

Parlant de Hafsa, elle ajouta : « II y en a une qui, du matin au soir, lui dit tout ce qu’elle pense sans hésiter. » ‘Umar, préoccupé, se rendit auprès de Hafsa et l’interrogea à ce sujet. Hafsa lui confirma ce qu’avait dit sa mère. Devant sa réponse affirmative, il s’emporta en lui disant :

– Je te mets en garde contre le châtiment de Dieu et la colère de Son Messager. Que ta beauté ne te trompe pas. Si c’était moi, je t’aurai répudiée.

C’est à dire qu’il lui ordonna d’être soumise et obéissante.

L’affaire de Maria, la copte :

Un jour, Maria vint voir le Prophète  pour une affaire la concernant. Il s’isola avec elle dans la chambre de hafsa qui était absente, en visite chez son père. En revenant à l’improviste, elle souleva le rideau de son lieu de séjour et vit les deux conjoints en discussion. Elle attendit le départ de Maria. Cette attente lui parut longue car elle se sentait debout sur des charbons ardents. Elle entra dans sa chambre et dit à son mari :

J’ai vu qui était avec toi dans ma chambre. Si je ne t’avais pas aperçu, tu aurais eu des rapports avec elle alors qu’elle n’en avait pas le droit.

Elle lui fit une scène terrible et ne cessa de lui faire des reproches jusqu’à ce que son époux lui promette de ne plus avoir de rapports intimes avec Maria. Il lui demanda, en contre partie de garder secrètement cet événement. Cependant, Hafsa ne pouvait pas garder de secret pour ‘Aisha. Elle lui dévoila ce dont elle avait été témoin et la promesse que lui a fait le Prophète. Cela ne fit qu’attiser la jalousie de Aisha et des autres femmes qui en voulaient à Maria d’avoir pris un tour intime qui ne lui appartenait pas.

Selon des commentateurs, ce serait en cette circonstance que Dieu révéla la sourate at-Tahrim (Le Prophète avait promis de se priver des relations avec Maria). D’autres disent que c’est plutôt au sujet de ce complot ourdi par Sawdha, Aisha et Hafsa qui firent croire que sa bouche dégageait une mauvaise odeur à la suite de la consommation de miel chez Zaynab (Il avait juré de se privé de miel)

La sourate at-Tahrim (l’Interdiction) :

– Ô Prophète! Pourquoi, en recherchant l´agrément de tes femmes, t´interdis-tu ce qu´Allah t´a rendu licite? Et Allah est Pardonneur, Très Miséricordieux.

– Allah vous a prescrit certes, de vous libérer de vos serments. Allah est votre Maître; et c´est Lui l´Omniscient, le Sage.

– Lorsque le Prophète confia un secret à l´une de ses épouses et qu´elle l´eut divulgué et qu´Allah l´en eut informé, celui-ci en fit connaître une partie et passa sur une partie. Puis, quand il l´en eut informée elle dit: « Qui t´en a donné nouvelle? » Il dit: « C´est l´Omniscient, le Parfaitement Connaisseur qui m´en a avisé ».

– Si vous vous repentez à Allah c´est que vos coeurs ont fléchi. Mais si vous vous soutenez l´une l´autre contre le Prophète, alors ses alliés seront Allah, Gabriel et les vertueux d´entre les croyants, et les Anges sont par surcroît [son] soutien.

– S´Ils vous répudie, il se peut que Seigneur lui donne en échange des épouses meilleures que vous, musulmanes, croyantes, obéissantes, repentantes, adoratrices, jeûneuses, déjà mariées ou vierges. (Coran 66)

La Répudiation de Hafsa

Ce fut en cette occasion que le Prophète , ayant appris que son secret avait été dévoilé, rompit momentanément avec toutes ses femmes. Les commentateurs affirment que le Prophète  avait effectivement répudié Hafsa (talaq raj’i), puis la ramena. Diverses versions expliquent les circonstances de ce retour. L’une dit que ce fut par miséricorde pour Umar qui couvrit sa tête de terre en s’exclamant :

Quel énorme poids supporte Dieu à cause de Umar et de sa fille !

Gabriel descendit alors, le lendemain, auprès de l’Envoyé de Dieu et lui dit :

Dieu t’ordonne de ramener Hafsa par miséricorde pour Umar.

Selon une autre version, Gabriel se présenta devant le Prophète et lui dit :

Ramène Hafsa car c’est une femme droite et elle sera ton épouse au Paradis.

Cette répudiation eut lieu avant celle qui eut pour conséquence la révolte de Aisha qui entraina les autres femmes sur son sillage. Le Prophète  avaient isolées toutes ses épouses. Cette fois encore, Hafsa regretta amèrement d’avoir divulgué le secret que son époux lui avait confié, de la même manière qu’elle déplora d’avoir participé à un complot contre son époux, qui ne le méritait pas. Elle ne pouvait agir autrement, elle qui était une femme pieuse et adoratrice.

Son père lui avait dit que l’Envoyé de Dieu  l’avait répudiée deux fois. S’il le refaisait une troisième, il ne lui adresserait plus la parole. Entre temps, Umar se rendit chez le Prophète. Il demanda la permission d’entrer en précisant au portier qu’il ne venait pas voir son maître pour résoudre le problème de sa fille. Quant à cette dernière, il disait d’elle :

Par Dieu ! S’il m’ordonnait de lui trancher le cou, je le ferai sur le champ.

L’Envoyé de Dieu  entendit ces paroles qui l’émurent. Aussi, ordonna-t-il de l’introduire. Umar sanglota en voyant le tapis sur lequel l’Envoyé de Dieu était allongé. Il n’avait devant lui qu’un morceau de pain en orge. Umar lui dit :

– Ô Envoyé de Dieu ! Que l’état de ces femmes ne te chagrine pas. Si tu les répudies, Dieu sera avec toi. Il en sera ainsi des anges, de Gabriel, de Mikael, de moi, d’Abu Bakr et de tous les croyants.

Le Prophète sourit en lui disant qu’il n’avait pas répudié ses épouses mais qu’il ne décidait que de leur isolement. Ceci rendit la tranquillité dans l’âme de Umar.

Le précieux dépôt

Après la mort du Prophète , ce fut Hafsa qui a été chargée de garder la copie écrite du Coran. En effet, Umar conseilla à Abu Bakr, devenu le premier calife de l’Islam, de réunir en un livre tous les versets du Coran éparpillés ici et là. Il ne fallait pas que le Livre sacré disparaisse des mémoires, d’autant que des centaines de lecteurs du Coran étaient morts dans les batailles livrées contre l’ennemi, en particulier les apostats. Abu Bakr suivit le conseil de Umar. Il désigna une commission qui se chargea de rassembler tous les écrits et tout ce que les musulmans avaient gardé dans leur mémoire. Lorsque la tâche fut terminée, le document fut remis à Hafsa, fille de Umar.

En l’an XIII, Abu Bakr mourut. Son successeur, Umar, prit le titre d’Emir des croyants. Ainsi, Hafsa fut témoin de l’expansion de l’Islam sous le califat de son père. De la même manière qu’elle fut témoin de son assassinat. Umar fut poignardé mortellement par Abu Lu’Lua al-Majusi, le mois de Dhu-l-Hijja, an XXIII de l’Hégire.

Hafsa ne participa à aucune bataille dans les dissensions musulmanes. Elle demeura à Médine, s’adonnant au culte de Dieu avec une grande dévotion. Elle mourut sous le califat de Mu’awiyya. Elle fut enterrée dans le cimetière al-Baqi’, avec les autres Mères des croyants.

 Islammedia 2011

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Ni l’amertume, ni le désappointement n’effleurèrent l’esprit de Muhammed  et Khadija  à la naissance d’une troisième fille, Um Kaltoum  . Pourtant, cette nouvelle aurait chagriné n’importe quel autre père qui n’ayant pas d’enfant mâle se serait sentit humilié. Au contraire, Muhammed  et Khadija ont remercié Dieu de leur avoir offert ce petit bijou qui réjouissait leurs yeux.

Comme ses soeurs, elle reçut la meilleure éducation.

Le mariage des deux soeurs :

Quelque temps après le mariage de Zaynab avec Abu l-As Ibnu-r-Rabi’, une délégation de la famille de Abd al-Muttalib arriva dans la maison de Muhammad . Elle etait venue pour demander la main de Um Kaltoum et sa grande soeur Ruqiyya pour ‘Utayba et ‘Ataba, les deux neveux de ‘Abdul-‘Uzza.

Les deux filles n’avaient rien à reprocher aux deux prétendants, mais elles s’inquietèrent de la réputation de Umm Jamila, la femme de ‘Abdul-‘Uzza et mère des deux jeunes hommes, qui était connue pour avoir un coeur dur, insensible aux malheurs des autres. Elle était, de plus, une mauvaise langue.

Mais Ruqiyya et Um Kaltoum ne purent pas décliner la proposition de mariage, car un refus aurait été ressentit comme un affront et une humiliation à Umm Jamila, qui n’aurait pas hésité à créer une zizanie dans le clan Quraychite.

Ainsi, elles acceptèrent de se marier pour ne pas causer de problème entre leur Père Muhammed et ses proches parents. Il ne leur restait qu’à supporter l’animosité de ‘Abdu-l-‘Uzza et la malveillance de sa femme.

Répudiation des deux soeurs

Le Mariage ne durera pas longtemps. En effet, dès que le Prophète  commença sa mission et se mit a appeler les gens à la religion de la vérité, ses deux filles Umm Kaltoum et Ruqiyya furent chassées de la maison d »Abdu-l-‘Uzza surnommé Abu Lahab et retournèrent auprès de leur père et leur mère.

Les membres de la famille des deux maris, enracinés dans leur idolâtrie, avaient été encouragés par les Quraysh, aussi entêtés dans leur mécréance qu’eux, à répudier les deux filles sans tarder :

– En vous mariant avec ses filles, vous avez soulagé Muhammad de ses soucis. Rendez lui donc ses filles pour le faire replonger dans ses insolubles problèmes.

Ils promirent aux deux fils d’Abu Lahab de les marier avec n’importe quelles autres femmes qurayshites qui leur plairaient.

Le blocus décrété par les mécréants

Dieu avait voulu faire du bien à Um Kaltoum en la divorçant de ‘Utayba Ibn Abu Lahab. Elle avait été délivrée de la fureur d’Umm Jamil, la porteuse de bois, ainsi que l’avait décrite le Coran. Donc, après sa répudiation, Umm Kaltoum rejoignit la maison paternelle et vécut avec sa soeur Fatima à la Mecque.

Cela lui donna l’occasion d’aider sa mère Khadija, et son père qui revenait à chaque fois exténué par les offenses dont ses compatriotes l’accablaient. Les deux femmes étaient là pour le soulager de ses souffrances morales.

Entre temps, Hamza rallia les rangs de la communauté musulmane suivi de Umar Ibn Khattab. Umm Kaltoum se sentait quelque peu soulagé car elle voyait que son père était à présent entouré d’hommes vaillants, capables de lui apporter une aide précieuse.

Cependant, la vindicte des Quraysh était tenace. Aussi Umm Kaltoum subit avec ses parents et toute la famille Hashimite, sauf Abu Lahab, le blocus organisé par les mécréants. Elle mangea avec eux les feuilles des arbres quand ils n’avaient pas de quoi se nourrir décemment. Pendant trois ans, toutes les nourritures, qu’ils recevaient, leur parvenaient clandestinement par des amis et des alliés.

Cette pénible situation n’ébranla pas pour autant la foi d’Umm Kaltoum. Elle était certaine de la victoire de son père bien qu’elle avait, comme tous les autres, si faim qu’elle portait à sa bouche tout ce qui lui paraissait consommable. Cet état dura jusqu’au jour où un groupe d’assiociateurs eurent leur conscience troublée de voir des gens souffrir de la sorte. Beaucoup commencèrent à regretter leur acte. Ce fut ainsi, qu’une nuit, Hisham Ibn Amru arriva avec un chameau plein de provisions près du lieu du blocus. Il libéra la bête de ses rênes et celle ci se dirigea vers le campement.

Le Prophète  distribua le contenu entre tous les prisonniers du campement.

Quelques temps plus tard, Hisham Ibn Amr et d’autres hommes avec lui décidèrent de déchirer la proclamation du blocus. Arrivés à la Kaaba, ils trouvèrent la proclamation rongée par les termites. Il ne restait suspendu qu’un petit carré de papier où il était encore écrit :

« En ton Nom Seigneur Dieu – Bismika allahumma« . Devant ce spectacle imprévu, les Quraysh restèrent interloqués.

Fin du blocus et décès de Khadija

Les musulmans présents dans ce campement, applaudirent la bonne nouvelle. Tous ce préparèrent à quitter ce lieu de sacrifice et de privation et se dirigèrent vers la Ka’ba. Ils firent le tour de ce temple, après quoi, chacun retourna chez lui.

Dans la maison du Prophète , As-Sayyida Khadija se prépara à rencontrer son Seigneur. Quelques temps après la levé du blocus, alors que son mari se trouvait à ses côtés, elle rendit l’âme. Ses filles, Umm Kaltoum et Fatima entouraient son lit. Elles embrassèrent une dernière fois cette mère qui avait montré tant de courage, de persévérance et de ténacité devant l’adversité.

L’émigration à Médine

Le moment arriva ou Dieu ordonna au Prophète  d’émigrer à Yathrib. Il fit ses adieux à ses filles, avec l’espoir de les revoir à Médine et émigra avec son compagnon Abu Bakr.

La bonne nouvelle de leur arrivé à Yathrib, sains et sauf, arriva à la Mecque. Il était, à présent temps que les filles, Umm Kaltoum et Fatima, ainsi que la famille d’Abu Bakr rejoignent leur père sous la conduite de Zayd Ibn Haryth. La tristesse d’abandonner leur maison se mêlait à la joie de revoir leur père et de vivre avec lui au milieu d’autres émigrants et de leurs hôtes bienfaiteurs les Ansârs.

Deux années s’écoulèrent depuis l’émigration d’Umm Kaltoum et de Fatima. Cette période avait été pleine d’évènements. Umm Kaltoum était témoin du retour de son père victorieux à Badr. De la même manière, elle vécut la triste mort de sa chère soeur Ruqiyya.

Le mariage avec Uthman Ibn Affan

Au cours de la troisième année, les Quraysh continuaient à pleurer leurs morts de Badr et appelaient à la vengeance. Umm Kaltoum s’attendait que Uthman Ibn Affan demande sa main après la mort de sa femme Ruqiyya. Cependant, un léger incident faillit déranger ce projet. En effet, un jour du mois ar-Rabi’, le Prophète  rentra à la maison pour un repos bien mérité.

Il n’eût pas le temps de s’asseoir que ‘Umar Ibn Khattab  fit irruption chez lui, agité par la colère. Il se plaignit de l’attitude d’Abu Bakr  et de Uthman  parce qu’il avait proposé, à l’un puis à l’autre, de prendre pour femme sa fille Hafsa. Celle-ci avait perdu son mari Khunays Ibn Hadhafah. Si Abu Bakr garda le silence, Uthman lui répondit :

Je ne veux pas me marier aujourd’hui.

Umm Kaltoum entendit son père dire à Umar :

– Hafsa se mariera avec un homme meilleur que Uthman. Et Uthman se mariera avec une femme meilleure que Hafsa.

Elle comprit l’allusion et son coeur se mit à battre de joie. Alors le Prophète  l’appela et lui proposa de se marier avec Uthman. Elle donna son accord. Le mariage fut célébré et Umm Kaltoum rejoignit la maison de Uthman, où sa grande soeur avait également vécu.

Umm Kaltoum vécut six années dans la maison de Uthman. Elle avait vu l’Islam remporter victoire sur victoire, comme elle avait vu son père organiser des expéditions militaires les unes après les autres. Son mari était toujours aux côtés de son père. Il combattait en donnant sa fortune et en se disposant à sacrifier sa vie.

La générosité de Uthman Ibn Affan

Il y avait un puits nommé « puits de dawmah » qui appartenait à un Juif. Celui ci s’enrichissait en vendant de l’eau aux musulmans. Une fois, l’Envoyé de Dieu  dit à ses compagnons :

– Qui de vous achètera ce puits et le mettra à la disposition des musulmans pour qu’ils puissent s’alimenter librement en eau ? Celui qui le fera aura un abreuvoir spécialement réservé à lui au Paradis.

Uthman se proposa d’aller voir le Juif, propriétaire du puits. Il lui fit une proposition, mais le Juif ne daigna en vendre que la moitié au prix de douze mille dirham. Ainsi, il l’acheta. Il fut décidé que la propriété du puits serait un jour à Uthman et un jour au Juif. Quand le tour du premier arrivait, les musulmans emplissaient de l’eau de sorte que ce liquide leur suffise pendant deux jours. Quand le Juif vit ce qui se passait, il lui dit :

Tu m’as privé d’une source de revenu. Achète donc l’autre moitié pour huit mille dirham. C’est ce qui fut fait.

Une autre fois, le Prophète  demanda à ses compagnons :

Qui de vous voudrait agrandir notre mosquée ? Uthman acheta un terrain qui permit d’élargir l’espace du lieu de prière.

Au mois de Dhu-l-Qi’da, an VI de l’hégire, Umm Kaltoum vit son père quitter Médine à la tête d’environ mille cinq cents compagnons. Il voulait aller à la Mecque pour effectuer la Umra, le petit pèlerinage. Tous partirent sans armes, sauf leurs épées gardées dans leurs fourreaux. Ce qui signifiait qu’ils n’avaient pas l’intention de livrer une bataille. Les Mecquois s’opposèrent à l’entrée des musulmans dans leur cité. Ils les bloquèrent à Hudaybiyya. Le Prophète  envoya Uthman comme émissaire afin qu’il fasse savoir aux associateurs que les musulmans n’ont pas d’intention belliqueuse. Leur seul désir est seulement de s’acquitter des rites de la Umra.

En apprenant que son mari avait été désigné en qualité d’émissaire pour le camp ennemi, Umm Kaltoum sentit de fortes palpitations dans son coeur. Elle n’ignorait pas que son père avait une grande confiance en son époux. Il était digne de confiance d’accomplir une mission aussi délicate et périlleuse. Cela ne l’empêcha pas de craindre pour sa vie. La fausse nouvelle de la mort de Uthman, tué par les idolâtres, se répandit à Médine. Son angoisse se transforma alors en une profonde consternation tant son chagrin n’avait plus aucune limite.

Quant au Prophète , il appela les croyants à prêter le serment « bay’atu-r-ridwan » de venger Uthman. Cependant le deuil d’Umm kaltoum ne dura pas longtemps puisque son mari était revenu, sain et sauf, de sa mission. Un traité fut signé entre les deux parties dans lequel les mecquois autorisaient les musulmans à revenir l’an prochain accomplir leur devoir. C’est ce qui fut fait.

Triomphe de l’Islam et décès d’Umm Kaltoum

Deux années après le pacte de Hudaybiyya, les musulmans entrèrent triomphalement à la Mecque. Ainsi, Umm Kaltoum assista à la victoire finale de l’Islam. En ce moment où la voie était libre pour ce qui voulait retourner chez lui à la Mecque, elle se rappela sa mère et ses deux soeurs Zaynab et Ruqiyya, toutes ensemble dans leur maison familiale. Umm Kaltoum était aussi témoin de l’expédition de Tabuk au mois de Rajab, an IX de l’hégire. Ce fut avec l’argent de son mari que l’armée musulmane fut équipée. Il offrit neuf cents cinquante chameaux. Il ajouta cinquante chevaux pour boucler le chiffre de mille. Tous ces évènements ne pouvaient que réjouir Umm Kaltoum.

Hélas ! Tout a une fin. Umm Kaltoum mourut dans la maison de son époux, en l’an IX de l’hégire sans laisser de descendance. Le Prophète  demeura debout devant la tombe de sa fille, les yeux pleins de larmes et le coeur serré de souffrance. Il ne restait auprès de lui que Fatima, la plus jeune des filles.

Ainsi Umm Kaltoum mourut avant son père qui retournera auprès de son Créateur une année plus tard. Sa mort lui évita d’assister à la mort tragique de son mari Uthman, assassiné par des assiégeants en furie et qui, après elle, épousa deux autres femmes : Umm al-Banin bint Ubayda et Naïla Bint al-Farâfasa.

 slammedia.free.fr

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La campagne de Badr

Lors d’une expédition, une caravane de Qouraysh, en route pour la Syrie, échappa aux musulmans.  Alors ces derniers attendirent son retour.  Des éclaireurs musulmans l’aperçurent à son retour, menée par Abou Soufyan lui-même.  Ils coururent avertir le Prophète et lui donnèrent des détails sur sa taille.  Si cette caravane était interceptée, cela aurait un impact économique majeur sur Qouraysh, impact qui se répercuterait sur toute la société mecquoise.  Les éclaireurs rapportèrent que la caravane ferait une halte aux puits de Badr; les musulmans se préparèrent donc à l’intercepter.

Abou Soufyan eut vent des intentions des musulmans; il envoya une missive urgente à la Mecque, demandant à ce qu’une armée soit envoyée pour s’occuper d’eux.  Comprenant à quel point les conséquences seraient catastrophiques si la caravane était interceptée, ils rassemblèrent le plus d’hommes possible et partirent à la rencontre des musulmans.  En route vers Badr, l’armée reçut la nouvelle qu’Abou Soufyan avait réussi à échapper aux musulmans en détournant la caravane vers une autre route longeant la mer.  L’armée mecquoise, composée d’un millier d’hommes, poursuivi son chemin jusqu’à Badr afin de donner une leçon aux musulmans et de les dissuader de jamais attaquer une autre caravane dans le futur.

Quand les musulmans apprirent l’arrivée imminente de l’armée mecquoise, ils comprirent qu’ils devaient prendre rapidement une décision courageuse, voire audacieuse.  Car s’ils n’allaient pas à leur rencontre, à Badr, les Mecquois continueraient d’attaquer l’islam de toutes parts et peut-être même viendraient-ils jusqu’à Médine prendre les vies, les propriétés et les biens des musulmans.  Le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) tint une réunion consultative afin d’établir un plan d’action.  Il ne voulait pas prendre la tête des musulmans, et plus particulièrement des Ansars qui composaient la majeure partie de l’armée et qui n’étaient même pas tenus, par le serment d’Aqaba, de combattre au-delà de leurs territoires et de participer à une bataille avec laquelle ils n’étaient pas nécessairement d’accord.

Un homme parmi les Ansars, Sa’d ibn Mou’aadh, se leva et réaffirma leur dévouement au Prophète et à la cause de l’islam.  Il dit :

« Ô prophète de Dieu!  Nous croyons en toi et nous sommes témoins de ce dont tu nous as gratifiés.  Et nous déclarons, en termes non équivoques, que ce que tu nous as transmis est la Vérité.  Nous te prêtons un serment d’obéissance et de sacrifice ferme et énergique.  Nous t’obéissons de notre plein gré en tout ce que tu nous ordonnes et, par Dieu qui t’a envoyé avec la Vérité, si tu nous demandais de plonger dans la mer, nous le ferions sans hésiter et aucun de nous ne resterait derrière.  L’idée d’affronter l’ennemi ne nous fait pas reculer.  Nous avons l’expérience de la guerre et on peut compter sur nous pour combattre.  Nous espérons que Dieu te fera voir, par nos propres mains, ces actes de bravoure qui te feront plaisir.  Cela dit, nous te prions, au nom de Dieu, de bien vouloir nous mener au champ de bataille. »

Après cette démonstration de soutien et d’amour inconditionnels envers le Prophète et l’islam, à la fois des émigrants et des Ansars, les musulmans, au nombre d’environ 300, prirent le chemin de Badr.  Comme ils n’avaient que soixante-dix chameaux et trois chevaux, ils les montèrent à tour de rôle.  Ils avancèrent pour aller à la rencontre de ce qui allait plus tard être appelé al-Yawm al-Fourqan, c’est-à-dire le Jour du discernement; discernement entre la lumière et l’obscurité, entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux.

La nuit précédent l’affrontement, le Prophète la passa en prières et en invocations.  La bataille eut lieu le 17 du mois de Ramadan de la deuxième année de la Hijrah (correspondant à l’an 624).  Les Arabes avaient l’habitude de commencer les batailles par des duels.  Les musulmans prirent le dessus lors de ces préliminaires, au cours desquels certains notables de Qouraysh perdirent la vie.  Enragés, les membres de Qouraysh foncèrent sur les musulmans, déterminés à les éliminer une fois pour toutes.  Les musulmans gardèrent une position de défense stratégique, ce qui provoqua de lourdes pertes chez les Mecquois.  Le Prophète suppliait son Seigneur de toutes ses forces, tendant les bras si haut que sa cape tomba de ses épaules.  C’est à ce moment qu’il reçut une révélation lui promettant l’aide de Dieu :

« Je vais vous aider (en vous envoyant) un millier d’anges déferlant les uns à la suite des autres. » (Coran 8:9)

Apprenant cette bonne nouvelle, le Prophète ordonna aux musulmans de passer à l’offensive.  L’imposante armée de Qouraysh fut complètement décontenancée par le zèle, la bravoure et la foi déterminée des musulmans.  Et, après avoir essuyé de lourdes pertes, elle ne put faire autrement que de fuir.  Les musulmans se retrouvèrent seuls sur le champ de bataille avec les corps de quelques Mecquois, dont le plus grand ennemi de l’islam, Abou Jahl.  Qouraysh venait d’être défaite et Abou Jahl, tué.  La promesse de Dieu s’était réalisée :

« Ils seront bientôt mis en déroute et fuiront. » (Coran 54:45)

À l’issue de cette bataille, qui fut l’une des plus décisives de l’histoire de l’islam, on ne compta qu’entre soixante-dix et quatre-vingts victimes.

La Mecque chancela sous le choc de la nouvelle.  Abou Soufyan devint la figure dominante de la cité et il savait mieux que quiconque que cette affaire ne pouvait en rester là.  Le succès engendre le succès et les tribus bédouines, comprenant rapidement de quel côté se trouvait le pouvoir, furent de plus en plus tentées de s’allier aux musulmans.  C’est ainsi que l’islam gagna de nombreux nouveaux convertis à Médine.

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