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Son Mariage avec Abu Salma

Après la mort de Zaynab, la mère des pauvres, le Prophète  épousa quelques temps après, Umm Salma  qui occupa la chambre de la défunte.

Umm Salma appartenait à une grande famille Qurayshite. Son nom complet est : Hind Bint Abu Ummiyya Ibn al-Mughira Ibn Abd Allah Ibn Umar Ibn Makhzum al- Qurayshiyya al-Makhzumiyya. En outre, c’était une femme à la fois belle et intelligente.

Umm Salma était mariée auparavant à Abu Salma Abd Allah Ibn Abd al-Asad, Compagnon du Prophète qui avait émigré en Abyssinie et ensuite à Médine. Il était le fils de la tante maternelle de l’Envoyé de Dieu.

Abu Salma avait un passé glorieux dans l’histoire de l’Islam. Il était au nombre des dix premiers émigrants en Abyssinie. Ce fut sur cette terre étrangère que Hind accoucha d’une fille nommée « Salma », d’où son nom d’Umm Salma. La mari retourna à la Mecque à la fin du blocus de la famille du Prophète, une fois que la proclamation établissant leur isolement avait été déchirée par des volontaires qui ne supportaient plus cette injustice. Il connut donc les persécutions des idolâtres.

Aussi, l’Envoyé de Dieu  autorisa les Compagnons d’émigrer à Yathrib (Médine), après le grand serment d’allégeance d’al-Aqaba. Abu Salma ramena sa famille à La Mecque.

Séparation avec son mari et émigration à Médine

Umm Salma raconta elle même les péripéties de leur départ de la Mecque. Son père la fit monter sur un chameau ainsi que son fils. Lorsque des membres de la famille des Banu Mughira les virent, ils s’interposèrent au départ d’une femme de leur clan. Aussi, s’emparèrent-ils violemment d’Umm Salma. Ce fut ainsi que son mari rejoignit Médine seul, sans son épouse. Depuis, elle sortait tous les matins et s’asseyait sur une colline de la Mecque, scrutant l’horizon et pleurant jusqu’à la tombée de la nuit.

Cette situation dura jusqu’au jour où un de ses oncles paternels, membre du clan des Banu Mughira, passa devant elle et vit dans quel état elle se trouvait. Il eut pitié d’elle. Aussi intercéda-t-il auprès des notables de son clan pour leur demander de libérer cette pauvre femme qu’ils avaient séparée de son mari et de son fils. Il insista tant et si bien qu’ils finirent par céder : « Rejoins ton mari, si tel est ton désir« , lui dirent-ils.

Les Banu Abd al-Asad, clan de la mère, lui rendirent son fils. Umm Salma monta sur un chameau, mit son enfant sur ses genoux et partit, toute seule, sans aucune compagnie, vers Médine où elle devait retrouver son époux. En cours de route, Umm Salma rencontra Uthman Ibn Talha qui lui demanda où elle allait. L’ayant informé qu’elle se disposait à rejoindre son mari à Médine, il s’étonna de la voir entreprendre ce long voyage, isolée du monde.

Je ne suis accompagné par personne, lui dit-elle. Je n’ai avec moi que Dieu et mon fils.

Elle dit de cet homme : « Par Dieu ! Je n’ai jamais été accompagné par un homme d’entre les Arabes aussi généreux« .

Il est vrai qu’il renonça à toutes ses affaires, prit les rênes du chameau et la conduisit jusqu’à Médine. En arrivant près du village des Banu Umar Ibn Awf, il lui dit :

– Ton mari se trouve dans ce village. Rentre chez lui avec la bénédiction de Dieu. Ensuite, il retourna à la Mecque.

Umm Salma a été ainsi une des premières femmes à émigrer à Médine. De la même manière que son mari a été le premier Compagnon à s’y rendre.

La Mort d’Abu Salma

Dès lors, Umm Salma s’occupa de l’éducation de ses enfants tandis que son époux avait le champ libre pour participer au jihâd. Il participa à la bataille de Badr. Il était parmi les trois cents quatorze combattants qui affrontèrent un ennemi trois fois plus nombreux. Il était aussi au nombre des musulmans qui combattirent à Uhud où il fut blessé. Au fil du temps, sa blessure s’aggrava. Il mourut en l’an VI de l’Hégire. Le Prophète  demeura à son chevet jusqu’à ce qu’il rendit l’âme. Il lui ferma les yeux et fit la prière des morts. A cette occasion, il accomplit neuf takbirat, soit plus qu’il n’en faut. Des Compagnons lui demandèrent,  étonnés :

– Ô Envoyé de Dieu ! Est-ce une omission ou un oubli de ta part ?
– Ce n’est ni une omission, ni un oubli. Quand bien même aurais je fais mille takbirat, il le méritait certainement, répondit-il.

Avant de mourir, Abu Salma fit cette prière : Seigneur Dieu ! Que quelqu’un de bien me remplace dans ma famille. On peut dire que Dieu exauça son vœu puisque c’est le Prophète  qui épousa Umm Salma.

Son mariage avec le Prophète

Quand la période de viduité d’Umm Salma prit fin, beaucoup de Compagnons demandèrent sa main, parmi lesquels Abu Bakr et Umar Ibn Khattab. Cependant, elle déclina leur demande. Après eux, le Prophète envoya quelqu’un la demander en mariage. Umm Salma aurait bien voulu accepter cet honneur mais elle considérait qu’elle n’était plus jeune, qu’elle avait des enfants et donc qu’elle ne pouvait pas faire partie de la maison du Prophète aux côtés de femmes aussi jeunes que Aisha et Hafsa.

L’Envoyé de Dieu  lui fit répondre :

Je suis plus âgé que toi. Quant à la jalousie, Dieu la fera disparaitre de toi. Quant à ton entretien matériel et de celle de tes enfants, Dieu et Son Messager s’en chargeront.

Umm Salma n’avait d’autre choix que de répondre affirmativement. Le mariage fut célébré au mois de Shawal an IV de l’Hégire. Elle laissa sa fille, encore enfant, entre les mains d’une nourrice afin de s’occuper plus librement des charges de sa nouvelle vie. Elle commença par se montrer généreuse à l’égard des enfants de son ancien époux et qui étaient aussi les siens. Aussi demanda-t-elle au prophète :

– Ô Envoyé de Dieu ! Est-ce que j’ai une récompense en dépensant au profit des enfants de Abu Salma, qui sont aussi les miens ? La réponse a été, bien entendu, favorable.

Umm Salma était une femme qui n’avait pas froid aux yeux. Elle défendait ses idées et n’admettait pas que quelqu’un interfère dans sa vie privée. Ce fut ainsi qu’elle apostropha une fois Umar Ibn al-Khattab en lui disant :

C’est étrange, Ô Umar Ibn Khattab ! Tu te mêles de tout au point que tu veuilles aussi intervenir dans les affaires concernant l’Envoyé de Dieu et ses épouses.

Elle se tint ces propos que parce qu’elle savait que sa place auprès du Prophète et au sein de sa maison était des plus confortables car son mari la considérait comme un membre de sa famille, occupant un rang égal à tous les autres.

Elle et ses enfants sont des composantes de la Maison du Prophète

Un jour, Umm Salma se trouvait chez le Prophète. Elle avait avec elle sa fille, Zaynab. Entre temps, Fatima as-Zahra entra avec ses deux fils, Hassan et Hussein. Le Prophète serra sa fille et les deux garçons contre sa poitrine, en disant :

– Que la miséricorde de Dieu et sa bénédiction soient sur vous, Ô membres de la Maison ! Que Dieu soit béni et glorifié !

A cet instant, Umm Salma se mit à pleurer. Son époux la regarda en lui demandant ce qui la faisait pleurer.

– Ô Envoyé de Dieu ! Tu a serré contre toi ta fille et tes petits enfants, tandis que tu t’es détourné de moi et de ma fille.

Elle reçut cette réponse avec une grande joie :

Vous êtes, toi et ta fille, des membres de la Maison.

En effet, le Prophète  comptait les enfants d’Umm Salma au nombre des membres de sa Maison. Il prit soin de Zaynab, la fille de son épouse et s’occupa d’elle sans discontinuité. Ce fut lui-même qui la maria. De la même manière, il porta une grande attention à Umar et Durrah, fils et fille d’Umm Salma. Il ne faisait aucun doute pour celle-ci qu’elle-même et ses enfants appartenaient à la grande famille de l’Envoyé de Dieu.

Conseillère du prophète

En l’an VI de l’hégire, Umm Salma accompagna le Prophète  quand il partit en direction de la Mecque pour accomplir la Umra. C’était l’époque où les associateurs de Quraysh s’opposèrent à son entrée dans leur ville et où avait été conclu le pacte de Hudaybiyya. Umm Salma joua, en cette circonstance, un rôle éminent mentionné dans les livres d’histoire sur l’islam.

Les compagnons manifestèrent leur déception en prenant connaissance du contenu du pacte car ils considéraient que ses clauses allaient dans le sens des intérêts des idolâtres. Ils ne comprenaient que l’Envoyé de Dieu  puisse accepter les conditions des associateurs. Umar Ibn Khattab était le plus virulent des opposants à ce pacte. L’atmosphère était tendue d’autant plus qu’aucun des Compagnons ne daigna répondre favorablement à l’ordre donné par le Prophète.

En effet, quand il leur demanda d’immoler leurs bêtes et de couper leurs cheveux, rites inhérents à l’accomplissement de la Umra, personne ne s’exécuta malgré que l’Envoyé de Dieu lança cet appel à trois reprises.

Dépité, le Prophète  rejoignit Umm Salma. Sachant de quoi il retournait, elle le conseilla de sortir et, sans adresser la parole à personne, d’immoler sa bête, puis d’appeler son coiffeur pour lui raser les cheveux. L’Envoyé de Dieu  suivit le conseil de sa femme. En voyant cette scène, les musulmans se mirent à sacrifier leurs bétails. Après quoi, les uns rasèrent les cheveux des autres.

Les croyants sauront, plus tard, que le traité de Hudaybiyya était un avantage pour leur Communauté. En effet, exploitant la trêve, ils redoublèrent d’efforts pour diffuser les enseignements de l’Islam. Depuis la conclusion du pacte, le nombre de musulmans doubla.

Umm Salma eut d’autres occasions d’accompagner le Prophète  dans ses expéditions militaires. Il en fut ainsi à Khaybar, lors de la conquête de la Mecque, le blocus de Tayf, puis lors du pèlerinage d’adieu, en l’an XI de l’Hégire.

Partisane de Ali

Lors de la grande fitna, Umm Salma prit position au côté d’Ali . Elle aurait souhaité prendre elle-même  part à la bataille. Cependant, se disait-elle, en tant que Mère des croyants, il ne lui était pas possible de subir une telle épreuve. Il n’en demeurait pas moins qu’elle se rendit chez Ali en lui proposant d’incorporer son fils Umar dans ses troupes. Elle lui dit :

– Ô Ali ! Si je n’avais pas crains de désobéir à Dieu, j’aurais été avec toi dans le champ de bataille. Mais voici mon fils Umar qui est, pour moi, plus précieux que ma personne.

Dieu la garda en vie et elle put ainsi être témoin des épreuves qu’il fit subir à la Communauté musulmane. Elle était encore vivante quand eut lieu le massacre de Kerbala. A sa mort, Abu Hurayra pria sur sa tombe, suivi d’un nombre considérable de croyants. Elle fut la dernière des Mères des croyants à quitter ce monde.

 Islammedia 2011

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Le Rang Unique de Aisha

Aisha est, indiscutablement, l’un des plus grands professeurs que l’Islam ait produit. Elle appartient à l’ensemble des théologiens illustres qui ont continué le travail et la mission du Prophète après sa mort, en interprétant et transmettant ses enseignements. Parmi les hommes, plusieurs noms pouvait prétendre cette distinction, mais parmi les femmes, Aisha était la seule.

Pendant neuf années, elle partagea sa vie avec le Prophète, recevant plus d’attention que les autres épouses. Avec ses dons naturels extraordinaires, Aisha en tira les meilleurs profits.

L’islam est un code de vie complet qui guide les pas des croyants dans tous les domaines d’activité humaine. Les femmes ont leurs problèmes particuliers. En tant que femmes et mères, elles doivent remplir des devoirs différents de ceux des hommes.

C’était à travers ses femmes que le Prophète a transmis ses enseignements au monde féminin. Aisha est facilement devenue la source la plus sûre de ses enseignements. Aisha était dotée d’une mémoire étonnante, à laquelle peut s’ajouter une habituelle observation attentive. Tout cela lui permettait de décrire en détails les expériences remontant aussi loin que son enfance. Ces qualités firent de Aisha une autorité très importante de la loi islamique.

Les sources ultimes de la loi en Islam sont le Coran et la Sunna. Plusieurs chapitres du Coran furent révélés dans la chambre d’Aisha. Son observation attentive et sa mémoire étonnante lui permirent de mémoriser les faits et les dires du Prophète en différentes occasions. Tous ces faits faisaient que son opinion sur les points de la loi était très respectée. En voici quelques exemples :

A la mort de Saad Ibn Abu Waqqas, Aisha suggéra que sa prière funéraire soit lue dans la mosquée du Prophète. Les gens y firent une objection. « Les gens ont une mauvaise mémoire ! s’exclama Aisha. Le Messager d’Allah a fait celle de Said Sohail Ibn Baidha dans cette mosquée. »

Une fois, quelques Compagnons racontèrent aux gens que les pleurs et les lamentations des parents ajoutent quelque chose au châtiment de la personne morte. Ils citèrent un hadith du Prophète à l’appui. Quand la question fut rapportée à Aisha, elle dit : « Qu’Allah leur pardonne ! Ils n’ont pas menti, mais ils ont oublié ou mal compris. Le fait réel est qu’un jour le Messager d’Allah passa à côté d’une procession funéraire d’une juive dont les parents pleuraient et gémissaient. A cela, il fit cette remarque :  Ces gens hurlent et elle subit le châtiment. »

Une fois, le Compagnon très connu Abu Hurayra dit aux gens : « Si quelqu’un prie et qu’une femme ou un âne ou un chien passe devant lui, sa prière est annulée. » Quand ce récit arriva aux oreilles de Aisha, elle s’exclama : « Quoi ! Veut-il dire qu’une femme ne vaut pas mieux qu’un âne ou un chien ? Ma chambre était si petite que mon bistarah (matelas) se trouvait juste en face du tapis de prière du Prophète. Quand il priait, j’étais allongée dans mon lit, mes pieds pendillant au dessus de son tapis. Quand il allait se prosterner, il touchait mes pieds et je les retirais. Je les tendais de nouveau après cela. Il m’arrivait quelques fois par nécessité, de passer devant lui pendant qu’il priait. »

Cette explication amena Abu Huraira à retirer ce qu’il avait dit.

Aisha vécut un demi-siècle après le Prophète. La période qui suivait sa mort était la période des Compagnons qui avaient quelques difficultés à se diriger à partir du Coran et de la Sunna. Les Compagnons chefs moururent un par un. Il y eut alors une génération qui n’avait pas de connaissances personnelles sur la façon de vivre du Prophète. Seule une poignée de Compagnons qui étaient très jeunes à la mort du Prophète, était les porte-flambeaux de la connaissance, pour cette génération. Abullah Ibn Omar, Abdullah Ibn Abbas et Aisha appartenaient à ce groupe.

L’Amour pour la vérité

Aisha avait une telle passion pour la vérité que comme son illustre père, elle reçut le titre de « Véridique ». Elle n’a jamais hésité de déclarer que ce qu’elle pensait était la vérité. Pour rien au monde, elle n’aurait abandonné son devoir envers Dieu et les hommes.

Les Califats d’Abu Bakr et d’Omar furent des périodes d’harmonie interne. Les musulmans combattaient les ennemis étrangers et devaient se serrer les rangs. Pendant le Califat d’Outhman, la situation changea. L’ère de conquête prit fin. Les gens commencèrent à exprimer le désir de vivre une vie aisée et confortable. Des querelles réciproques commencèrent, des rivalités oubliées refirent surface. Des redistributions inégales des biens produisirent une multitude de maux sociaux. La main du Calife agé était trop faible pour mettre un terme à cela.

Comme des sentiments d’insatisfaction et d’inquiétude grandissaient, on recherchait la sérénité de Médine. Ceux qui avaient des plaintes s’adressèrent aux Compagnons et aux Mères des Croyants. Aisha était parmi ceux qui considéraient comme capables d’améliorer les choses. Elle déclara très vite sa désapprobation de la politique d’Outhman. Cependant, elle était strictement contre la violence. Quand Oushtar Nakhi, le chef rebelle suggéra que Outhman fut tué, elle exprima son horreur. Son propre frère Muhammed, agissait contre le Calife. Elle le supplia de ne pas utiliser des méthodes illégales et le pria de l’accompagner à la Mecque pour le Pèlerinage. Mais il refusa d’accepter ce conseil.

L’assassinat d’Outhman a tellement secoué Aisha qu’elle exprime ouvertement sa haine pour cette acte, en des termes violents. Elle fut même décidée de marcher su Bassora à la tête d’une armée. Rien d’autre qu’un profond sens du devoir, l’amena à tirer l’épée contre Ali. Elle a été absente de Médine pour quelques temps et ses points de vue sur les tragiques incidents dans la capitale étaient basés sur les récits de Talha et Zoubair. Naturellement, elle dut faire confiance aux récits de ces témoins oculaires. Aussi, la solution qu’elle avait choisie n’était pas celle de son propre choix. Cependant, au moment où elle réalisa son erreur, elle ne perdit pas de temps à la confesser. Elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour se corriger. Une fois, quelqu’un lui demanda : « Qui le Prophète aime-t-il le plus ? Fatima ! fut la réponse. Et parmi les hommes ? Son mari Ali qui était le premier pour les prières et pour le jeûne. »

Les dix huit derniers années de la vie de Aisha ont été vécues sous l’autorité de Mouawiya. Contrastant avec le Califat des quatres Califes bien guidés, celui de Mouawiya était un cas particulier. Aisha n’a jamais hésité à déclarer la vérité. Hajr Ibn Abdi, un Compagnon, vivait à Koufa. Il était un partisan d’Ali. Le gouverneur de Koufa l’arrêta et l’envoya à Damas. Quand Aisha apprit cela, elle envoya immédiatement un homme à Mouawiya, lui demandant de ne pas gêner Hajr. Cependant, Hajr fut tué avant que le messager n’arrive. Quand Mouawiya visita Médine par la suite, la première question que Aisha lui posa, fut celle-ci : « Mouawiya ! Qu’est il arrivé à votre prudence au sujet de Hajr ? »

La guerre civile qui suivit l’assassinat d’Ouhtman divisa les musulmans en trois groupes. Les habitants de l’Iraq et de l’Egypte disaient du mal d’Outhman et de ses parents. Ceux de Syrie en faisaient de même pour Ali. Les Kharijites haïssaient les deux groupes. Regrettant cet état des choses, Aisha fit cette remarque : « Allah ordonne dans le Coran de demander Sa miséricorde et Ses bénédictions pour les Compagnons du Prophète, mais ces gens jettent des malédictions sur eux ! »

Une fois, Mouawiya écrivit à Aisha, lui demandant un conseil. Elle lui donna cette réponse : « J’ai entendu le Messager d’Allah dire : Celui qui essaie de contenter Allah, ne se souciant pas du mécontentement des gens, sera protégé contre la méchanceté des gens. Mais celui qui contente les gens au prix du mécontentement d’Allah, sera abandonné par Allah à la merci des gens. »

Pendant sa vie, Mouawiya  commença à faire prêter serment d’allégeance à son fils Yazid. Aisha n’apprécia pas cela. Abdullah Ibn Zoubeir et quelques autres chefs s’opposèrent sans peur à cette proposition. Quand, lors d’une visite à Médine, Mouawiya s’en plaignit à Aisha, elle répondit : « Faites ce qui vous semble être bon ! Je demande une seule chose : Ne forcez pas ces hommes à agir contre leur gré ! »

Un Grand Professeur

L’islam insiste beaucoup sur l’importance de l’éducation. Le Prophète lui même, était le plus grand professeur de l’histoire. Il voulait que l’éducation se répande. Pour cela, il rassembla toutes les personnes de talent et d’une grande vertu et les forma spécialement, pour travailler comme professeurs après lui. Aisha était l’un de ces professeurs.

Sa propre éducation et instruction commencèrent à l’âge de neuf ans, quand elle arriva chez le Prophète. Elles continuèrent jusqu’à ses dix-huit ans. Cela fit d’elle un des plus grands professeurs de son siècle. Elle vécut jusqu’à l’âge de 67 ans, assez longtemps pour aider les gens à trouver des solutions à des problèmes d’une période si différente de celle du début de l’Islam. Elle partageait cette distinction avec de grands maîtres comme Abdullah Ibn Omar, Abdullah Ibn Abbas, Abu Hurayra et Zaid ibn Thabit. Ces professeurs célèbres firent de Médine, le plus grand centre d’étude du monde. L’école de Aisha était considérée comme le siège le plus important du savoir.

Aisha continua à dormir encore quelque temps dans la chambre du Prophète, à côté de sa tombe. Une nuit, elle le vit en rêve. Le lendemain, elle emménagea dans la chambre voisine. Au cours du temps, la chambre devint le centre le plus important de l’éducation. En face de la porte, il y avait un rideau. Aisha s’asseyait derrière le rideau. Des filles, des garçons et les hommes pour lesquels elle n’avait pas à observer le voile, entraient dans la pièce et s’asseyaient en face d’elle. Les autres prenaient place dans la cour de la mosquée, près du rideau.

La méthode d’enseignement adoptée était une combinaison de conversation et de discussion. Quelquefois, elle parlait d’un sujet et les autres écoutaient. A la fin de l’exposé, on posait des questions et on y répondait. Quelquefois, la leçon prenait la forme de questions posées par les élèves et de réponses détaillées, données par le professeur. En d’autres occasions, on commençait une discussion, les élèves et le professeur y prenant part librement. Aisha veillait bien à la prononciation et à l’accent. Les fautes étaient corrigées immédiatement.

Quelques uns des adultes assistaient aux cours de temps en temps. La plupart des garçons et filles, cependant, étaient des étudiants réguliers. Les orphelins de Médine bénéficiaient d’une attention spéciale de la part de Aisha. Elle s’occupait de toutes leurs dépenses. Les personnes qui avaient eu le privilège d’étudier avec Aisha surpassaient leurs camarades.

Aisha était la plus gentille avec ses élèves que leurs propres mères. Elle en adopta quelque uns.

Son amour et son attention pour ses élèves étaient tels que sa propre famille les enviaient. Elle aimait chèrement son neveu Abdullah Ibn Zoubeir. Mais il enviait quand quand même Aswad, un élève prometteur de Aisha. Ses élèves aussi, avaient la plus grande estime pour elle.

Le nombre d’élèves qui profita de son éducation se comptait par centaine. Rares étaient les savant en hadiths qui n’avaient pas bénéficié directement de ses connaissances. Les plus grands noms parmi eux sont :

Orwa frère d’Abullah ibn Zoubeir et neveu de Aisha. Il fut élevé par elle. Il était en passe de devenir le premier savant de Médine.

Qacim, un autre neveu de Aisha. Il était le fils de son frère Muhammed. Etant devenu orphelin, elle l’éleva. Il était en passe de devenir un grand savant de la loi islamique.

Abu Salma, fils d’Abdur Rahman Ibn Aouf lui aussi était orphelin et fut élevé par Aisha. Il était en passe de devenir un grand savant en hadith.

Massrouq, le jeune d’Iraq que Aisha avait adopté. Il devint plus tard, l’autorité principale de la loi islamique en Iraq.

Imam Nakhi, d’Iraq. Les autres étudiants iraquiens enviaient sa chance d’avoir étudié avec Aisha.

Omerah bint Abdur Rahman, une fille Ansari. Elle était l’élève la plus brillante parmi les filles, et très aimée de Aisha. C’était elle qui écrivait les lettres de Aisha. Les hadiths rassemblés par le Calife Omar ibn Abdul Aziz pendant son règne, étaient scrupuleusement examinées par Omerah.

Aisha accomplissait régulièrement le Hadj chaque année. Pendant le Hadj, sa tente devenant l’endroit le plus inspirant dans l’immense assemblée. Les gens de différents pays, se pressaient vers cette tente pour trouver des réponses à leurs questions. Aisha était extrêmement polie envers les gens. Si quelqu’un hésitait de poser une question, elle disait : « Vous pouvez librement me poser n’importe quelle question que vous poseriez à votre propre mère ! »

La mort de Aisha

Même quand elle était âgée, Aisha continuait à servir l’islam et les musulmans avec la même vigueur. Elle devenait si chère au coeur du peuple qu’elle fut la personne la plus aimée et la plus respectée de son temps.

Dans le mois de Ramadan de l’an 58 de l’hégire, Aisha tomba soudainement malade. Les jours passèrent et sa condition s’aggravait. Les gens accouraient pour prendre des nouvelles de sa santé.

Le célèbre compagnon et cousin du Prophète, Abdullah Ibn Abbas lui rendit un jour visite. Elle hésitait à le recevoir car elle avait peur qu’il commence à faire des éloges sur ses services rendus à l’islam. Poussée par ses neveux, elle le reçut.

Après quelques informations sur sa santé, le visiteur commença à faire des compliments à la mère des Croyants. « Tu étais la femme préférée du Prophète. A cause de toi, Allah a révélé les versets se rapportant au Tayamoun ; des versets du Coran parlent de la pureté de ton caractère. Ces verset sont aujourd’hui récités dans les mosquées, jour et nuit ! »

Ibn Abbas ! dit-elle, d’une voie faible, n’en dit pas plus. Je souhaite n’être jamais née ! (Se remémorant le fardeau de la Bataille du Chameau)

Quand sa fin était proche, Aisha dicta sa dernière volonté : « Ne m’enterrez pas dans mon ancienne maison, au côté de mon mari car j’ai commis une faute. Enterrez-moi dans le cimetière de Médine, aux côtés des autres femmes ! Enterrez moi la nuit, n’attendez pas le matin ! »

Quelqu’un suggéra : « Il serait préférable de vous enterrer là ou le Prophète et votre père Abu Bakr reposent ! » « Dans ce cas, dit Aisha, toute ma repentance aura été vaine et je devrais me repentir à nouveau. »

Au soir du 17 Ramadan, Aisha Siddiqua, la Véridique, mourut paisiblement. Elle avait 67 ans. La prière venait de se terminer quand la nouvelle se répandit dans la ville. Elle affligea tout le monde. Des foules se rassemblèrent dans les rues.

« Hélas ! disait-on. Les gens viennent d’être privés du grand professeur, formé spécialement par le Prophète lui-même ! »

En accord avec sa volonté, Aisha fut enterrée dans le cimetière de Médine. Des milliers de personnes assistèrent à la prière funéraire qui fut dirigée par Abu Huraira. Jamais auparavant dans l’histoire de Médine, des funérailles ne furent aussi largement assistés la nuit. Des foules énormes de femmes sortirent dans la rue, donnant à cette circonstance un aspect de recueil national.

Le Personnage

La vie de Aisha démontre à quel degré peut s’élever une femme musulmane. Avant l’avènement de la religion, une femme n’avait presque aucun droit. L’islam l’a soudainement élevée au plus haut sommet de la dignité humaine tout en insistant sur la douceur et la pureté de sa nature. L’exemple de Aicha montre comment cela peut se faire. Elle était rigoureuse au sujet du voile et du code moral et pourtant, elle a joué un rôle vital dans la vie sociale, religieuse et politique de son peuple.

Aisha était une femme pieuse. En plus des cinq prières obligatoires, elle s’attachait également aux surérogatoires et elle jeunait fréquemment même après le mois de Ramadan. Aisha observa toute sa vie le même état d’ascétisme que durant la vie du Prophète. Elle n’avait pas de passion pour les beaux vêtements. Elle n’avait qu’un seul ensemble à la fois. Quand il se déchirait, elle s’en procurait un autre. Aussitôt qu’elle recevait un peu d’argent, elle le distribuait aux pauvres. Une fois, Mouawiya lui envoya 100 000 dirhams. Elle jeûnait ce jour là. Elle les distribua immédiatement, sans rien garder pour elle. Le soir, elle n’avait rien à manger. « Pourquoi ne m’as tu pas rappelé de garder quelque chose pour ce soir ? » dit-elle à la servante.

La malveillance n’est jamais entrée dans son coeur, bien que la provocation fût grande. Une fois, un égyptien lui rendit visite : « Quel genre d’homme est votre gouverneur ? » demanda-t-elle. Il traite bien le peuple, fut la réponse.

« Quelque soit le traitement de cet homme envers mon frère Muhammed (Ibn Abu Bakr), fit remarquer Aisha, je ne peux pas m’empêcher de déclarer que le Messager d’Allah a dit en ma présence :  Ô Allah ! Si un gouverneur est très dur envers son peuple, alors toi aussi, sois dur envers lui. Mais s’il est bon envers son peuple, alors Toi aussi sois bon envers lui. »

Islammedia 2011

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