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Posts Tagged ‘Abdullâh’

La Question de l’héritage

Le Prophète  n’a laissé aucun bien sous forme d’argent ou de nourriture. En fait, dans sa maison, il n’y avait rien à manger pour le repas du soir où il mourut. Cependant, il possédait quelques jardins. Les revenus de ces terres étaient dépensés pour les besoins publics. D’après la loi de l’héritage, ces terres étaient maintenant la propriété de ses femmes qui avaient l’intention de les réclamer au nouveau chef de l’état. Aïcha les arrêta en disant : « Vous ne vous rappelez pas des paroles du Prophète ? Il a clairement dit que tout ce qu’il laisse derrière appartiendrait au peuple en général et à aucun individu en particulier ! »

La mort du père de Aisha

Abu Bakr fut Calife pour un peu plus de deux ans. Pendant les derniers moments de sa maladie, Aïcha s’asseyait à son chevet. Il lui avait donné quelques biens. Maintenant qu’il allait quitter ce monde, il pensa à ses autres enfants. Il dit à Aïcha :

« Aïcha, céderais-tu ces biens à tes plus jeunes frères et soeurs ? »

Aïcha accepta promptement. Il demanda ensuite :

« Combien de pièces de tissu le linceul du Prophète avait il ?
Trois morceaux de tissu blanc,
 répondit Aïcha.
Et quel jour est il mort ?
Lundi !
Quel jour est-ce aujourd’hui ?
Lundi !
Je vais aussi quitter ce monde d’ici ce soir. »

Le Calife regarda alors le drap qui le recouvrait. Il avait quelques tâches.

« Nettoie-le, dit-il, et apporte deux autres pièces. Les trois suffiront pour couvrir mon corps !
Mais ce drap est usé, père,
 protesta Aïcha.
 Les vivants ont plus besoin de vêtements neufs qu’un mort, répondit le Calife. »

Le soir même, Abu Bakr mourut et fut enterré au côté du Prophète.

Aïcha offre sa place à Omar

Quand Omar, second Cailfe, était couché, blessé mortellement, il envoya son fils Abdullah, prier Aïcha de le laisser être enterré au côté de ses deux illustres Compagnons. Abdullah trouva Aïcha en pleurs. En réponse au message du Calife mourant, elle dit :

« Je voulais que ma tombe soit là. Mais je préfère Omar à moi même ! »

Omar fut alors enterré dans la chambre de Aïcha. Son rêve s’était totalement réalisé. Les trois lunes étaient descendues dans sa chambre.

L’assassinat d’Uthman

Aïcha, comme la plupart des Compagnons, n’était pas d’accord sur quelques points politiques d’Uthman. Mais elle était contre la violence. Oushtar Nakhi, un rebelle, lui demanda ce qu’elle pensait du projet d’assassiner Uthman. Elle s’écria avec horreur : « Qu’Allah m’en préserve ! Comment puis-je prendre part à l’assassinat du chef des chefs ? »

Le plus jeune frère de Aïcha, Muhammed, qui fut élevé par Ali, était également un des chefs rebelles. Avant de partir pour le Hadj, Aïcha lui conseilla fortement de l’accompagner à la Mecque, mais il ne l’écouta pas.

Aïcha était sur le chemin de retour à Médine, quand Talha et Zoubeir la rencontrèrent. Tous deux étaient les maris de ses soeurs et des Compagnons d’un haut rang. Ils lui racontèrent le meurtre de sang froid du Calife et du vaste pillage dans Médine. Le remède qu’ils proposèrent était de lever une armée forte qui ramènerait la paix dans le pays. Aïcha fut facilement persuadée et une grande armée se réunit sous le drapeau.

Les Chefs de Banu Umayya, dont la plupart étaient à la Mecque, se joignirent à cette armée. Ceci les permit de passer pour des défenseurs de la vérité et de la justice. Le plan de Aïcha était de marcher sur Médine. Mais ses conseillers pensèrent différemment. Ils la forcèrent de marcher sur Bassora.

La nouvelle que la femme du Prophète  conduisait une armée pour restaurer la paix dans le pays, se répandit très vite. Des hommes venus de près ou de loin, commencèrent à se précipiter dans son armée, afin qu’elle bénéficie d’une grande force.

En marchant, l’armée passa par l’étang d’un village. Les chiens du voisinage commencèrent à aboyer. Quand leur hurlements atteignirent ses oreilles, une prophétie oubliée du Prophète  lui revint soudain à l’esprit. Il y a quelques années, il avait dit un jour, au milieu de ses femmes :

« Je ne sais pas laquelle de vous sera aboyée par les chiens de Joab ! »

« A quel endroit, sommes nous ? » demanda anxieusement Aïcha.

« Joab ! » lui répondit-on.

« Alors, je dois revenir sur mes pas, » soupira-t-elle. Talha, Zoubeir et les autres s’opposèrent à elle, mais elle ne voulait pas faire un pas de plus. L’armée fit halte. A la fin, ses conseiller eurent le dessus, et elle continua sa marche à contre coeur.

Entrée dans Bassora

Outhman Ibn Hounayf, le Gouverneur de Bassora, envoya une délégation à Aïcha, pour savoir le but de sa campagne. Aïcha fit un discours tellement animé devant la délégation, qu’un membre de la délégation se joignit à elle. Cependant, le Gouverneur décida de faire son devoir. Il sortit avec une armée pour arrêter l’entrée de Aïcha dans la ville.

Les deux armées se tinrent face à face. Talha et Zoubeir sortirent et abordèrent l’armée du Gouverneur, ce qui produisit un vacarme. Voyant cela, Aïcha s’avança. Il y avait une telle dignité dans ses paroles qu’il y eut aussitôt un silence de part et d’autre. Elle termina son discours avec ses mots : « Oui, écoutez attentivement ! Ce que vous devriez faire maintenant et qu’il serait peu convenable d’ignorer, c’est d’arrêter les assassins d’Outhman et de mettre en vigueur les commandements d’Allah ! »

L’effet fut spectaculaire. On criait : « Oui, elle a raison ! Elle a parfaitement raison. » En très peu de temps la moitié de l’armée du Gouverneur se joignit à celle de Aïcha.

Le Gouverneur, cependant, refusa d’abandonner. Pendant trois jours, les deux armées se tinrent face à face. Au troisième jour, on décida d’envoyer un homme à Médine pour savoir si Talha et Zubeir avaient fait serment d’allégeance à Ali de leur propre gré ou sous la pression. Dans le premier cas, l’armée de Aïcha devrait retourner. Dans le second, le Gouverneur remettrait la ville à Aïcha.

Kaab Ibn Thaur, le juge de Bassora, fut choisi pour aller à Médine pour connaître les faits réels. Kaab arriva à Médine un vendredi. Après la prière du vendredi, il se leva dans la mosquée et s’écria : « Dites moi, Ô peuple ! Talha et Zoubeir ont-il fait serment d’allégeance de leur propre gré ou sous la pression ? » Tout le monde se tut mais Ossama se leva et dit : « Par Allah ! Ils le firent sous la pression ! »

Kaab transmit la réponse. Entre temps, le Gouverneur avait reçu des ordres d’Ali de ne pas remettre la ville. Il obéit aux ordres du Calife. Dans la bataille qui suivit, le Gouverneur fut renversé. Aïcha entra dans Bassora. Ceux qui avaient pris part dans la révolte contre Outhman furent tués. Cependant, un des chefs put s’échapper car des centaines de ses hommes armés, étaient venus le défendre. L’armée de Aïcha ne réussit pas à mettre la main sur lui.

La Bataille du Chameau

Ali fut profondément bouleversé par la nouvelle que Bassora était tombée aux mains de Aïcha. Il se rappela alors une parole du Prophète  qui lui avait dit un jour :
« Quelque chose surviendra entre toi et Aïcha.
Je serai alors le plus malchanceux des humains !
 s’était exclamé Alî.
Non, mais quand cela arrivera, fais-la retourner à son lieu de sécurité. »

Ali devait donc apaiser en priorité le confit Iraqien avant de s’occuper de la Syrie. Il demanda de l’aide au Médinois mais la réponse fut maigre. Seulement 700 hommes acceptèrent d’aller avec lui. Beaucoup plus se joignirent à lui en chemin ; de même que 7000 venant de Koufa. Au moment où il arriva à Bassora, il avait 20 000 hommes. Aïcha sortit pour le rencontrer avec une armée de 30 000 hommes.

Pour la première fois dans la brève histoire de l’islam, deux armées musulmanes se tenaient prêtes pour s’affronter. Des parents et des proches étaient opposés les uns aux autres. A la pensée de la lutte à venir les coeurs des musulmans soucieux saignaient. Zoubeir s’écria avec dégoût : « Hélas ! Après être devenus puissants comme le roc, les musulmans sont maintenant prêt à briser leur propre pouvoir ! »

Des musulmans soucieux priaient dans leurs coeurs afin que le choc soit évité. Un chef très influent poussa Ali vers des pourparlers de paix. Ali apprécia la demande. L’homme alla ensuite à l’autre camp. Aïcha, Talha et Zoubair expliquèrent que leur seul but était de punir les assassins d’Outhman et de tout faire rentrer dans l’ordre.

A cela, l’homme répondit : « Mère des fidèles ! Réfléchissez attentivement à la situation. Afin de punir 500 personnes, vous verserez le sang de 5000. Les familles de ces 5000 personnes vont prendre alors leur revanche. Dans ces conditions, comment les choses vont elles rentrer dans l’ordre ? »

L’argument rendit Aisha et ses conseillers silencieux. Ils étaient tous d’accord pour faire la paix avec Ali. La nouvelle contenta Ali. Cette déclaration se dit entendre de l’armée du Calife. « Personne ne doit penser à la guerre. Demain, nous allons arranger la situation paisiblement. Ceux qui sont, en quelque façon, impliqués dans l’assassinat d’Outhman doivent se séparer de nous ! »

Cette déclaration mit une bonne partie de l’armée de Ali, mal à l’aise. C’étaient ceux qui avaient pris part dans la révolte contre Outhman. Ils avaient l’espoir que dans le camp d’Ali, ils seraient saufs. Cet espoir semblait s’envoler. Leur seule chance était de précipiter la lutte. Ils étaient décidés de ne pas la laisser s’envoler.

La nuit arriva et les hommes des deux camps dormaient mais les assassins d’Outhman étaient occupés à préparer une attaque surprise. Un peu avant l’aube, ils attaquèrent l’armée de Aïcha. Il y eut une ruée soudaine sur les armes, des deux côtés. Chaque camp accusait l’autre de trahison. Ali essaya en vain de retenir ses hommes mais la bataille était trop poussée.

Kaab, le juge de Bassora, était du côté de Aisha. Il vint à elle et dit : « Mère des fidèles ! Si vous montez votre chameau et que vous alliez dans la bataille, la scène pourrait inciter l’autre camp à faire la paix ! »

Elle s’assit sur son chameau et se dirigea droit en pleine bataille. Ali fit un essai de dernière minute pour la paix. Il se tint en face de son armée et aperçut Zoubeir. Les deux chefs se tinrent si près l’un de l’autre que les cous de leur chevaux se touchaient.

« Zoubeir, dit Ali. As-tu oublié que le Prophète a dit un jour que tu lutteras contre moi pour une raison injuste ? » Zoubeïr, se souvenant de ces propos du Prophète , réalisa son erreur. Il abandonne le combat et quitte le champ de bataille. Sur son chemin vers Médine, il est tué par un ennemi alors qu’il priait.

Talha veut également, à un moment donné, interrompre la lutte. Mais il est blessé par une flèche; on le ramène, suite à sa demande, à Bassora, où il meurt.

Voyant les musulmans s’entretuer, Aïcha demanda à Kaab, le juge de Bassora, d’appeler Ali au livre d’Allah. Il ouvrit le Qur’an et le mit entre les deux armées. Mais avant qu’il ne pût réciter un verset, une flèche mit fin à sa vie.

Les hommes de Aïcha se pressèrent autour d’elle comme un solide mur humain et chantaient les vers suivant : « Ô notre Mère ! Ô la meilleure mère que nous connaissons ! Ne voyez vous pas combien de guerriers ont été blessés ainsi que leurs mains et têtes coupées ! »

Pour arrêter la lutte, Ali ordonna à ses hommes de renverser le chameau. En prenant un grand risque, quelques hommes d’Ali passèrent derrière le chameau et coupèrent ses pattes de derrière. Le chameau retomba sur ses pattes de devant, descendant ainsi Aisha. La lutte s’arrêta alors. Le frère de Aïcha, Muhammed qui combattait du côté d’Ali se précipita vers sa soeur et lui tendit la main pour se relever.

« Quelle main insolente, est-ce ? demanda Aisha.
– Je suis ton frère, répondit Muhammed. Es tu blessée ?
– Non ! dit elle »

Ali traita Aisha avec le plus grand respect. Elle se reposa quelques jours à Bassora, puis elle fut escortée par son frère Muhammed accompagnée d’une quarantaine de femmes respectables. Ali et son fils Hassan l’accompagnèrent quelques kilomètres. Avant de se quitter, Aisha s’adressa au peuple en disant : « Mes enfants ! Il n’y a pas d’inimitié entre Ali et moi. Je le considère comme un homme bon ! »

« La Mère des croyants a raison, ajouta Ali. Elle est la femme honorée du Prophète dans ce monde et dans l’autre. »

Regret Permanent

De Bassora, Aïcha partit pour la Mecque afin d’accomplir le Pèlerinage. Elle retourna ensuite à Médine, à la porte du Prophète.

Aïcha avait marché vers l’Iraq avec de bonnes intentions. Son but était de rétablir l’ordre et la paix. Maintenant qu’elle avait un certain recul, la mésaventure semblait être la plus grande tragédie de sa vie. Ses deux soeurs et des milliers d’autres musulmanes étaient devenues veuves à cause de sa campagne.

Sans aucun doute avait-elle choisi la mauvaise voie. Aïcha regretta cette malheureuse erreur toute sa vie. A chaque fois que cela lui venait à l’esprit, elle s’exclamait :

« J’aurai du être un arbre ! J’aurais du être une pierre ou un caillou ! J’aurai du être morte ! »

Jusqu’au dernier moment de sa vie, elle déclara qu’elle regrettait d’avoir pris part dans la campagne Irakienne.

Quand elle récitait le Qur’an et spécialement le verset suivant :

« Ô femmes du Prophète, demeurez dans vos demeures…» (Coran, 33. 33)

Elle pleurait tellement que son voile était trempée. Il y avait encore une place dans sa chambre pour une autre tombe, mais avant sa mort, elle laissa une volonté :

« Ne m’enterrez pas aux côtés du Prophète, car j’ai commis une erreur après lui ! »

Ce regret sincère aurait plus que racheté sa triste faute. Aïcha eut le courage moral d’avouer ses erreurs et de s’en sentir sincèrement désolée.

Islammedia 2011

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Introduction

 

Le Prophète,

aimer et être aimé ?

 

De tous les sentiments profanes ou sacrés, l’amour est le plus doux et le plus sublime. Aimer son prochain procure à l’homme une multitude de bienfaits : sa personnalité s’épanouit grâce à l’amour et s’enrichit de nombreuses vertus telles que le dévouement, la loyauté, la fidélité, la générosité, la pudeur, la sagesse, l’équité, l’honnêteté…. L’amour développe également en lui de nobles comportements : tenir de bons propos, sourire à autrui, faire preuve de tolérance, savoir écouter l’autre et le consulter en retour en cas de besoin, fermer les yeux sur les défauts des gens, éviter de les mettre mal à l’aise et encourager les fautifs en nourrissant leur coeur d’espérance. Ce noble élan du coeur concentre véritablement en lui la quintessence des sentiments humains, car il implique le désir ardent et impatient de donner ou de rendre service, la gratitude, le sens de l’hospitalité, le respect de la dignité et de la sacralité de l’homme, la volonté d’introduire la douceur et la compassion dans son rapport au monde, le désir d’enseigner aux gens et d’éclairer leur vie par le savoir authentique et le souci de conformer ses paroles à ses actes. Il se manifeste aussi par la modestie, la propreté, une clémence constante, le goût pour la paix, le dynamisme, l’amour du travail bien fait, l’amabilité de l’expression ou encore un humour de bon aloi.

Toutes ces vertus, toutes ces qualités ont trouvé leur expression suprême en la personne de Muhammad fils de `Abdullâh, qui a su les faire siennes dans son coeur comme dans son comportement extérieur, dans sa vie privée comme dans sa vie publique. Il a su en être l’incarnation vivante à chaque instant de son existence dans son rapport au monde, que ce soit vis-à-vis de ses épouses, de ses enfants et petits-enfants, de ses compagnons ou même de ses ennemis.

Si Muhammad, la fierté de tout le genre humain, fait l’objet d’un tel amour dans tant de coeurs, c’est parce que tout être humain sain d’esprit ne peut que s’éprendre de la beauté où qu’il la rencontre. Ainsi le lui commande sa nature originelle.

Si Muhammad suscite tant de ferveur et d’affection à travers le temps et l’espace, c’est aussi en raison de l’amour profond et de la haute considération qu’il portait aux prophètes et messagers qui l’ont précédé. D’aucuns pourraient se demander à première vue pourquoi cette attitude justifie un surcroît d’amour à son égard. La réponse est simple. Nous savons bien qu’il est dans la nature humaine, depuis l’aube des temps d’éprouver de la jalousie et de l’hostilité entre semblables, ces sentiments générant opposition, reniement et dépréciations réciproques. De ces tares, le prophète de l’Islam est totalement et parfaitement exempt et pur. Loin de développer un sentiment de rivalité envers ceux qui en d’autres temps avaient été dotés des mêmes attributs que lui (l’élection divine, l’inspiration céleste, la transmission des messages divins et la perfection des moeurs), le prophète Muhammad a toujours rendu un vibrant hommage aux prophètes et envoyés qui l’ont précédé.

Il les aimait, car il voyait en eux des hommes venus proclamer haut et fort la vérité, répandant le bien et la beauté à la surface de cette planète, héritiers respectueux des livres saints et des messagers antérieurs.

Il est vrai que la moralité des prophètes atteint un degré si sublime de perfection qu’aucun être humain ordinaire, à savoir non élu ou inspiré, ne peut prétendre.

C’est là quelque chose d’incontestable.

Cependant, que les noms d’Abraham, de Moïse et de Jésus soient cités dans le Livre révélé à Muhammad, plus fréquemment encore que le nom de Muhammad lui-même, est une chose sans précédent.

Dans le Coran, on trouve en effet :

-1- 48 occurrences du nom d’Abraham.

-2- 136occurrences du nom de Moïse

-3- 36occurrences du nom de Jésus

-4- 4 occurrences du nom de Muhammad, auxquelles on peut ajouter une occurrence de la forme Ahmad. Au total donc, Muhammad n’est cité que cinq fois.

En terme de proportions, l’on voit bien que les mentions de Muhammad dans le Livre qui lui a été révélé sont étonnamment peu nombreuses comparées à celles d’Abraham, de Moïse et de Jésus.

En soi, cette répartition constitue une preuve tant sur le plan objectif que moral de l’authenticité de la prophétie de Muhammad. En effet, seul un véritable prophète, totalement voué à la vérité, proclamant courageusement ce qui lui est révélé sans rien en dissimuler, peut atteindre ce haut degré d’équité et d’impartialité dans sa transmission d’un texte saint qui accorde une telle prépondérance aux autres prophètes.

A ce premier constat sur la place de choix que le Coran réserve à l’évocation des autres prophètes, viennent s’en ajouter d’autres :

Tout d’abord, le Coran révélé par Allah au prophète Muhammad est le seul registre consignant le nom des principaux prophètes et envoyés, ainsi que leurs livres, leurs principes, leurs missions et leurs messages véritables.

Parfois, il évoque les messagers de façon générale, comme l’illustrent ces versets :

« Dis : Louange à Allah et paix sur ses Serviteurs qu’Il a élus !».

« Allah choisit des messagers parmi les Anges et parmi les hommes ».

« Ils sont auprès de Nous, certes, parmi les meilleurs élus ».

« Et il y a des messagers dont Nous t’avons raconté l’histoire précédemment, et des messagers dont Nous ne t’avons point raconté l’histoire».

Parfois, en revanche, l’évocation se fait plus précise et détaillée, comme le montrent ces deux passages tirés respectivement des sourates al-An`âm et Maryam :

«Tel est l’argument que Nous inspirâmes à Abraham contre son peuple. Nous élevons en haut rang qui Nous voulons Ton Seigneur est Sage et Omniscient. Et Nous lui avons donné Isaac et Jacob et Nous les avons guidés tous les deux. Et Noé, Nous l’avons guidé auparavant, et parmi la descendance (d’Abraham)(ou de Noé), David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. Et c’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants. De même, Zacharie, Jean-Baptiste, Jésus et Elie, tous étant du nombre des gens de bien. De même, Ismaël, Elisée, Jonas et Lot. Chacun d’eux Nous l’avons favorisé par-dessus le reste du monde ».

«Et mentionne dans le Livre, Abraham. C’était un très véridique et un Prophète. (…) Et mentionne dans le Livre Moïse. C’était vraiment un élu, et c’était un Messager et un prophète. Du côté droit du Mont (Sinaï) Nous l’appelâmes et Nous le fîmes approcher tel un confident et par Notre miséricorde, Nous lui donnâmes Aaron son frère comme prophète. Et mentionne Ismaël, dans le Livre. Il était fidèle à ses promesses ; et c’était un Messager et un prophète. Et il commandait à sa famille la prière et la Zakât ; et il était agréé auprès de son Seigneur. Et mentionne Idris, dans le Livre. C’était un véridique et un prophète et nous l’élevâmes à un haut rang. Voilà ceux qu’Allah a comblés de faveurs, parmi les prophètes, parmi les descendants d’Adam, et aussi parmi ceux que Nous avons transportés en compagnie de Noé, et parmi la descendance d’Abraham et d’Israël, et parmi ceux que Nous avons guidés et choisis. Quand les versets du Tout Miséricordieux leur étaient récités, ils tombaient prosternés en pleurant ».

Par ailleurs, la vocation universelle de la religion de Muhammad, religion qui s’adresse à tous les hommes quelle que soit l’origine ou la localisation, implique que le coeur de Muhammad, son âme et son esprit puissent accueillir tous les prophètes et tous les livres saints et qu’il fasse l’éloge de ses frères prophètes.

Bien que la mission prophétique ultime soit complète et parfaite, le Prophète a reçu l’injonction de suivre l’exemple des prophètes qui l’ont précédé, concernant les points fondamentaux de la croyance, les obligations de la foi et les valeurs morales :

«Certes vous avez eu un bel exemple [à suivre] en Abraham et en ceux qui étaient avec lui »

«Voilà ceux qu’Allah a guidés : suis donc leur direction », ici il est fait allusion à la série de prophètes et d’envoyés dont les noms ont été cités dans les versets qui précèdent directement celui-ci.

Le prophète Muhammad est donc aimé à la fois pour ses qualités et sa conduite morale qui confinent à la perfection, et pour la relation chaleureuse et éminente qu’il entretient avec les autres membres de la grande fratrie prophétique dispersés à travers les époques et les contrées, qui ont répandu la connaissance, la lumière et la vertu, depuis Noé jusqu’au Messie Jésus fils de Marie, que les bénédictions d’Allah et sa miséricorde soient sur eux tous.

A travers ces quelques lignes d’introduction, nous avons esquissé la nature des relations qui unissent les prophètes. Nous aurons l’occasion, dans les pages qui suivent de les étudier plus en détail et de constater, une fois de plus, le rang élevé que les élus d’Allah ont atteint par leur vertu. Ils nous proposent un modèle de sincérité, de fidélité et de grandeur qui devrait servir d’idéal à toutes les âmes nobles de par le monde.

Si en effet, Allah a choisi d’envoyer comme messagers à l’humanité, plutôt que des anges, des hommes pris en leur sein, c’est bien pour nous montrer que la perfection morale est accessible aux hommes et que ce n’est donc pas qu’une simple vue de l’esprit.

« Leurs messagers leur dirent : « Certes, nous ne sommes que des humains comme vous ».

« Dis : Je suis en fait un être humain comme vous. Il m’a été révélé (…)».

Si des êtres doués de la même nature, de la même constitution physique, des mêmes caractéristiques morales que nous, ont pu incarner à un degré inégalé l’essence même de l’amour, du respect et tissé entre eux des relations lumineuses pleines d’estime et de sincérité, c’est bien la preuve, qu’à notre modeste niveau, dans la mesure de nos capacités et selon la force de notre détermination, nous pouvons nous aussi aspirer à instaurer des relations fraternelles avec le reste des hommes, d’où la haine, la jalousie et le rejet seraient définitivement bannis.

 islamhouse

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