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Archive for septembre 2012

 

 

La solitude, puis les mariages du Prophète

Depuis la mort de Khadija , les jours s’écoulaient chargés du poids de la mission prophétique. Quant aux nuits, elles s’emplissaient du souvenir de la disparue. Ainsi, le Prophète  demeurait sans compagne. De leurs côtés, ses compagnons observaient sur lui les effets de la tristesse. Ils auraient souhaité le voir briser sa solitude en se mariant le plus tôt possible.

Cependant, aucun des Compagnons ne prenait le courage de l’entretenir d’une éventuelle union. Il a fallu qu’un soir Khalwa Bint Hakim as-Salmiyya aille chez lui et lui dit :

– Ô Envoyé de Dieu ! Je te vois plongé dans la plus totale des tristesses depuis la mort de Khadija.

Elle l’observa un moment, puis soudain, elle lui proposa de se remarier. Le Prophète  la regarda en silence, écoutant la voix de son coeur plein de souvenir de la défunte. Il se rappela alors du jour, voilà plus de vingt ans, où Nafisa Bint Muniyya vint à lui pour lui parler de mariage et lui présenter une éventuelle union avec Khadija.

Quelques temps après, le Prophète  leva la tête et dit :

Qui épouserais-je après Khadijah ?

La demande en mariage

Ainsi, quand Khalwa proposa à l’Envoyé de Dieu, le nom de `Aïsha , le coeur de celui-ci s’épanouit en raison du fort lien d’amitié qui le liait à Abu Bakr. Aussi avant d’aller chez Sawda, Khalwa se rendit d’abord à la maison de celui qui allait être le premier calife de l’Islam, après la mort du sceau des envoyés. Elle trouva Umm Rûman, la mère de `Aïsha et lui dit qu’elle venait lui annoncer une heureuse nouvelle.

« L’Envoyé de Dieu m’a envoyé pour demander la main de `Aïsha. »

La mère se réjouit de cette annonce et appela son mari. Dès que celui-ci fit son apparition, Khalwa répéta le motif de sa mission. Abu Bakr fut surprit et dit : « Le Prophète et moi, nous nous sommes toujours considérés comme des frères. `Aïsha est donc sa nièce. Comment peut-elle se marier à lui ? »

Khalwa revint voir le Prophète et l’informa des inquiétudes d’Abu Bakr. Elle reçut cette réponse :

« Dis à Abu Bakr qu’il n’est pas mon propre frère mais seulement mon frère en islam. L’Islam n’interdit pas le mariage avec la fille d’un tel frère. »

Abu bakr demanda quelques instants de réflexion et sortit de la maison. Umm Ruman expliqua à Khalwa la raison du départ de son mari : Mat’am Ibn Addi avait sollicité la main de `Aïsha pour son fils Jabir. Or Abu Bakr n’avait pas pour habitude de faillir aux promesses qu’il donnait. Et cette fois encore, il voulait s’assurer que les choses s’arrangeraient.

Abu Bakr entra chez Mat’am et trouva avec lui sa femme, Umm Jabir, qui était encore idolâtre. Celle-ci prit la parole :

« Ô Abu Bakr ! il est possible qu’en mariant notre fils à ta fille, celle-ci le fera entrer dans sa religion que toi-même tu partages ? »

Abu Bakr ne lui répondit pas mais se tourna vers le mari pour lui demander ce qu’il en pensait.

« Mon opinion, dit-il, est celle que tu as entendue de ma femme. »

Abu Bakr sortit de chez Mat’am, l’air soulagé. Il ne pouvait pas donner sa fille à un idolâtre. C’est dire que sa promesse tombait à l’eau. Arrivé auprès de Khalwa, il lui demanda d’inviter le Prophète.

L’Envoyé de Dieu répondit à l’invitation. Ce fut alors que l’accord de son union avec `Aïsha était conclu, alors qu’elle n’avait que six ou sept ans. La dot avait été fixée à cinq cents dirhams.

Portrait du père et de la mère de `Aïsha

Les membres de la famille de `Aïsha, les Banu Taym étaient connus pour leur générosité, leur courage, leur fidélité et leur opinion juste et sensée. Ils étaient donnés en exemple pour leur bonté envers leurs femmes et l’excellent traitement qu’ils leur réserveraient.

De plus, Abu Bakr était renommé pour sa bonne moralité, sa douceur et sa sensibilité. C’était un commerçant avisé, droit et honnête. A ce titre, il avait gagné la confiance des mecquois. A cela, il faut ajouter qu’il a été le premier homme à répondre à l’appel de l’Islam. Il s’adonna au service de la religion avec son corps, son esprit et ses biens. Il recruta même d’autres adeptes tels que Uthman Ibn Affan, az-Zubayr Ibn al-Awwam, Abd ar-Rahman Ibn ‘Awf, Sa’d Ibn Abi Waqqas, Talha Ibn ‘Ubayd Allah, etc. Ils font tous partis des dix musulmans auxquels le Paradis avait été promis. Que Dieu les ait en Sa miséricorde.

D’Abu Bakr, le Prophète  avait dit :

« Je n’ai pas appelé une seule personne à l’Islam sans qu’elle ne refuse, n’émette des objections ou manifeste des hésitations, exception faite d’Abu Bakr Ibn Qahafah. Quand je lui ai fait la proposition, il l’accepta sans aucune hésitation. »

Il ajouta :

« Il n’y a pas de fortune qui m’a été autant utile que celle d’Abu Bakr. » Il est vrai que cet ami sincère et dévoué lui avait dit :

« Ô Envoyé de Dieu ! Est-ce que mes biens et moi-même ne t’appartiennes pas ? »

Quant à la mère de `Aïsha, Umm Rûman, fille de Amir al-Kinaniya, elle appartenait au nombre des illustres Sahabiyat. Au temps de la jahiliya, elle épousa Abd Allah Ibn al-Harith al-Asadi. Elle eut de lui un garçon nommé at-Tufayl. A sa mort, elle s’unit à Abu Bakr et, de leur union, deux enfants virent le jour : `Aïsha et Abd ar-Rahman.

Elle émigra à Médine quand le Prophète  et son compagnon Abu Bakr furent bien installés. Elle mourut du vivant du Sceau des envoyés. Celui ci visita sa tombe et, après avoir imploré le pardon de Dieu pour elle, dit :

« Ô Seigneur Dieu ! Tu n’es pas sans savoir ce que Umm Ruman a enduré pour Toi et pour Ton Messager. »

Quant à `Aïsha, elle naquit à la Mecque, quatre ou cinq ans après le début de la révélation. Elle embrassa l’Islam, ainsi que sa soeur Asmah, avant même sa maturité. C’était l’époque où les musulmans ne constituaient qu’un petit et faible groupe.

Le Prophète  la connut depuis sa tendre enfance. Il l’observa grandir et s’épanouir. Chaque fois qu’il voyait la mère, il lui demandait de prendre bien soin de sa fille. Un jour qu’il vit `Aïsha avec un air fâché et renfrogné, il dit :

« Ô Umm Ruman ! Ne t’avais-je pas conseillé de prendre bien soin d’elle ? »

L’émigration vers Médine

Arriva le jour où le Prophète  reçut l’ordre d’émigrer à Médine. Abu Bakr attendait avec impatience et souhaitait être celui qui accompagnerait son ami dans cette traversée du désert. Le Prophète annonça ce départ et c’est ainsi que les deux compagnons montèrent sur leurs chameaux et se dirigèrent vers Médine.

Les notables Quraychites promirent cent chameaux à celui qui les arrêterait. Mais le Prophète et Abu Bakr arrivèrent à Médine, sains et saufs et furent accueillit triomphalement. Quelques semaines plus tard, Abu Bakr envoya un mot à son fils Abdullah, lui disant de conduire la famille du Prophète, sa propre mère et ses soeurs à Médine. `Aïsha vécut chez ses parents pendant huit mois à Médine.

La Maladie

Au début, le climat de Médine ne convenait pas à beaucoup de réfugiés qui tombèrent malades. Abu Bakr était l’un d’eux. Il avait une forte fièvre. `Aïsha prenait soin de lui, jour et nuit. L’état de Abu bakr devint sérieux. Il était couché désespérément et répétait sans cesse ces mots :

« Chacun se voit pris au piège sous les yeux de sa famille. La mort est plus proche que les lacets de ses chaussures »

`Aïsha alla voir le Prophète  et lui demanda de prier pour la santé de son père. Il le fit et Abu Bakr se sentit ensuite mieux.

Quelques temps après, `Aïsha tomba malade. Sa maladie était grave aussi. Le père affectueux s’asseyait près de son lit jour et nuit. Finalement, la fièvre tomba et elle commença à guérir. Cependant, la maladie fut tellement sérieuse qu’elle perdit ses cheveux.

Le départ de la maison de ses parents

Quant `Aïsha fut complètement guérie, Abu Bakr vint au Prophète et lui aborda la question du mariage. Il fallait à présent concrétiser l’acte conclu à la Mecque trois années auparavant. Il lui dit :

« Messager d’Allah, pourquoi ne prend tu pas ta femme dans ta propre maison maintenant ? »

« Je n’ai pas d’argent pour payer la dot ! » répondit le Prophète.

« Tu peux m’emprunter l’argent. » dit Abu Bakr

Le Prophète lui emprunta ainsi cinq cents dirhams et envoya l’argent à `Aïsha.

Le jour suivant, le Prophète  envoya quelques femmes Ansari chercher `Aïsha. Quand elles arrivèrent che Abu Bakr, `Aïsha jouait. Sa mère la baigna, la coiffa et la conduisit dans la chambre où se trouvaient des femmes qui s’écrièrent en choeur « Pour toujours et dans la joie, soit la bienvenue ! »

Pendant ce temps, le Prophète arriva. Il n’y avait dans la maison qu’un bol de lait. On le lui offra. Il prit le bol de lait et en but une gorgée. Il passa ensuite le lait à Aisha qui, timidement, en fit de même.

Après cette simple cérémonie, `Aïsha embrassa ses parents et alla vivre avec son glorieux mari.

La Maison de `Aïsha

Du côté Est de la mosquée du Prophète, il y avait une rangée de petites habitations en boue. C’était les demeures du Prophète, qu’occupaient ses femmes.

La chambre de `Aïsha avait dix pieds de long, avec des murs en boue et le sol en terre. Elle avait un toit de chaume, de feuilles et de branches de datte. Le toit était si bas qu’on pouvait facilement le toucher. L »unique porte donnait sur la mosquée et était fermée par un simple rideau. Le mobilier consistait en un matelas, un oreiller de fibres de dattiers, un tapis, deux jarres, l’une pour les dattes, l’autre pour la farine, ainsi qu’une cruche pour l’eau et un bol. Il y avait aussi une lampe à huile, qui, faute d’huile, ne fonctionnait pas souvent.

La cour de la mosquée servait aussi de cour à la chambre. Pendant le mois de Ramadan, quand le Prophète s’assseyait pour l’Itikaf, il s’asseyait près de la chambre. Il mettait sa tête à l’interieur pour se faire coiffer les cheveux. S’il avait besoin de quelque chose, il tendait la main et `Aïsha le lui donnait.

Une éducation minutieuse commence

L’éducation d’Aïsha se fit sous les soins du meilleur professeur de l’histoire. Avec un but défini, le Prophète  commença à façonner l’esprit de la femme qui était destinée à transmettre et à interpréter ses enseignements au monde féminin.

Avec une ardeur étonnante, `Aïsha plaça ses remarquables talents au service de son éducation. Chacune des vertus humaines se trouvait achevée à la perfection dans la personnalité du Prophète. Dès que le Prophète entrait dans sa chambre, elle commençait à poser toutes sortes de questions. La porte de la chambre donnait sur la cour de la mosquée. Quand le Prophète  s’asseyait dans la mosquée pour enseigner aux gens et leur expliquer des choses, `Aïsha restait près de la porte et écoutait chaque mot qu’il disait. Le résultat était une connaissance étonnamment large et une profonde compréhension. Très peu de compagnons pouvaient égaler `Aïsha dans la compréhension du Qur’an et de la Sunna.

L’esprit de recherche de `Aïsha rendait un service permanent à l’Islam. Ses questions étaient la source de lumière à plusieurs problèmes importants. Voici quelques exemples :

Combattre pour la cause d’Allah est le devoir de tout musulman. Un jour `Aïsha demanda : « Ô Messager d’Allah, les femmes devraient-elles aller aux champs de bataille, tout comme les hommes ? »

« Non, le Pèlerinage est suffisant pour elles ! » répondit le Prophète.

Un jour, elle demanda : « Messager d’Allah, le consentement d’une femme est-il nécessaire avant le mariage ? » « Oui! », fut la réponse. « Mais les filles sont généralement trop timides pour exprimer leur consentement ! », continua `Aïsha. « Leur silence traduit leur consentement », expliqua le Prophète.

Une fois, le Prophète  déclara : « Suivez la voie du milieu. Essayer de rapprocher les gens. Dites leur qu’ils entreront au Paradis, non seulement par mérite, mais par la grâce Divine ! »

Cette annonce sonnait étrange aux oreilles de `Aïsha. Aussi, demanda t-elle : « Messager d’Allah, est-ce que cela s’applique à toi aussi ?» « Oui, répondit le Prophète, moi aussi je prie pour la faveur d’Allah et son pardon. »

Un jour, quelqu’un avait volé quelque chose appartenant à `Aïsha. Elle maudit le voleur. En entendant l’injure, le Prophète  dit : « N’enlève pas le péché de cette personne et ta propre récompense en proférant ces injures ! »

Cette éducation continuait jour et nuit. `Aïsha est entrée dans la maison du Prophète à neuf ans et elle avait 18 ans à sa mort. Elle a donc passé les neuf années les plus formatives d’une vie sous les soins affectueux du Prophète. Elle était la seule femme vierge qu’il avait épousée. Ses co-épouses étaient toutes des veuves, bien éduquées dans les manières, dans les maisons de leurs premiers maris. `Aïsha arriva au Prophète avec un esprit neuf et flexible.

L’Amour pour le Prophète

`Aïsha débordait d’amour pour son mari. Elle aimait le servir. Même quand elle avait une servante pour l’aider, elle préférait faire les choses de ses propres mains. Elle moulait elle même la farine, la pétrissait et faisait le pain. C’était elle qui faisait le lit et lavait le linge du Prophète. C’était elle qui préparait le Miswak et l’eau pour l’ablution.

La dévotion de `Aïsha était si grande qu’elle aimait tout ce qu’il aimait et détestait ce qu’il détestait.

Une fois, elle reçut un rideau imprimé à portraits d’hommes et d’animaux. La vue même du rideau fit rougir le Prophète. En demandant ce qui n’allait pas, le Prophète  dit : « Les anges n’entrent pas dans une maison où il y a des images d’hommes et d’animaux. » `Aïsha enleva immédiatement les rideaux.

Un jour, un compagnon devait donner une fête de mariage, mais n’avait pas d’argent pour le faire. Il rechercha l’aide du Prophète. « Allez chez `Aïsha, dit-il, et dites-lui de vous donner un panier de grains. » `Aïsha obéit, bien que cela la laissât sans nourriture pour la nuit.

La dévotion de `Aïsha était telle que l’absence du Prophète la rendait inquiète. Elle se leva une nuit, et ne trouvant pas le Prophète dans son lit, commença à tâtonner dans l’obscurité. Sa main toucha son pied. Elle comprit qu’il était occupé dans la prière. Une autre fois, elle fut réveillé par le bruit de la porte. « Le Prophète est parti », pensa-t-elle. « Mais où pourrait-il aller ? Peut-être chez une autre femme ! » `Aïsha le suivit furtivement. Il se dirigea vers le cimetière de Médine et s’abandonna aux prières. « Puissent mes parents mourir pour lui! » soupira `Aïsha. « Comme la réalité était loin de mon imagination ! » Il arrivait fréquemment que le Prophète  s’endormait sa tête sur les genoux de `Aïsha. Elle ne bougeait pas pour ne pas déranger son sommeil.

L’épouse préférée du Prophète

L’Amour de `Aïsha était pleinement récompensé. De toutes les femmes, elle était la préférée. Dans toute chose, le Prophète  traitait ses femmes de manière égale, mais il ne pouvait leur rendre un amour équivalent. En cela, `Aïsha dépassait les autres. C’est pourquoi le Prophète disait souvent : « Seigneur, je fais avec justice tout ce qui est en mon pouvoir, mais pardonne-moi pour ce qui est au dessus de mon contrôle ! »

Du pain trempé dans la soupe était le plat préféré des arabes de cette époque. Le Prophète comparait Aisha à ce plat. Une fois, il déclara : « Parmi les hommes, beaucoup ont atteint la perfection, mais parmi les femmes, Marie fille d’Imran et Assya femme de pharaon, sont les seuls exemples. Aisha a la même supériorité sur les femmes que le taourid sur les autres plats. »

Une fois, Amr ibn al-As demanda au Prophète : « Messager d’Allah ! Qui aimez vous le plus ? » « `Aïsha », fut la réponse. « Ô Messager d’Allah, ma question concernait les hommes. » « Le père d’Aïsha », répondit le Prophète.

Une fois, `Aïsha accompagna le Prophète au cours d’un voyage. Le chameau sur lequel elle était montée s’échappa et s’enfuit avec elle. Cela rendit le Prophète si agité, qu’il cria : « Ô ma femme ! »Tant que le chameau ne fut pas pris, il était inquiet.

Les compagnons connaissaient l’attention spéciale du Prophète pour Aisha. Ils envoyèrent généralement de la nourriture le jour où il était chez `Aïsha. Les co-épouses n’appréciaient pas cela. Elles poussèrent Fatima, la fille du Prophète, à transmettre leur point de vue à son père. Elle lui parla de la question, mais la réponse fut : « Ô Fatima, j’aime celle que vous n’aimez pas ! »

La remarque fit taire Fatima. Sa belle mère la poussa une nouvelle fois à faire un deuxième essai, mais elle refusa. A la fin, les co-épouses persuadèrent l’une d’entre elles, Um Salma de porter le problème au Prophète. Elle était une femme de tact. Trouvant une occasion un jour, elle posa le cas au Prophète.« Oum Salma, répondit il, ne dis rien contre Aisha. Elle est la seule femme dans le lit de laquelle, j’ai reçu une Révélation. »

Un jour de l’Aid, des noirs d’Abyssinie se livraient à la gaieté. Ils s’entrainaient avec des lances. `Aïsha voulait voir le spectacle. Le Prophète  se mit debout devant elle afin qu’elle puisse voir d’au dessus de ses épaules. Il resta debout ainsi aussi longtemps que `Aïsha fut interessée par le spectacle.

Une fois, un voisin perse invita le Prophète  à diner. « Est ce que `Aïsha est invitée ? » demanda-t-il. « Non », répondit l’homme. « Je ne peux pas accepter l’invitation », dit alors le Prophète. L’homme revint et offrit une invitation à `Aïsha aussi. Cette fois, l’invitation fut acceptée et tous deux allèrent ensemble au dîner.

Au retour du pélerinage de l’Adieu, ‘ Aisha refusa d’alourdir son chameau avec les bagages d’une autre épouse comme le lui a demandé le Prophète. Celui ci lui proposa : « Veux-tu que Abu Ubayda arbitre entre nous ? – Non dit-elle, il ne me donnera jamais raison contre toi ! – Alors ‘Umar ? Proposa-t-il. – Oh non ! J’ai peur de lui ! Même Satan a peur de lui ! – Eh bien, veux-tu que ce soit ton père, Abu Bakr ? » Elle y consentit et on fit appeler Abu Bakr , qui, apprenant la cause de l’incident et l’entêtement de sa fille avant même que le Prophète n’ait terminé son exposé et que Aisha puisse défendre sa cause – leva la main et la gifla… Le Prophète  l’arrêta en disant : « Je n’ai pas voulu cela. » Il se leva et lava de ses mains le visage et la robe de sa jeune épouse. [Rapporté par Bukhârî]

Une autre fois, `Aïsha était avec le Prophète lors d’un voyage. Les compagnons étaient tous devant et eux, très en arrière. « Faisons une course ! », suggéra le Prophète. Ils coururent et `Aïsha gagna parce qu’elle était plus mince. Des années plus tard, `Aïsha perdit parce qu’elle avait grossi. «`Aïsha,dit le Prophète, nous sommes à égalité maintenant ! »

Une fois elle demanda au Prophète  « Comment est ton amour pour moi ? ».
Il lui répondit : « Comme le nœud de la corde », voulant ainsi dire qu’il était fort et sûr.
A maintes reprises ensuite elle lui demanda comment était le nœud, il lui répondait : « Toujours inchangé ».

Le vrai secret

Certains pensaient que l’amour du Prophète  pour `Aïsha était dû à sa beauté. il est vrai que `Aïsha était jolie. Elle avait un beau teint et un corps mince. Mais quelques co-épouses étaient plus jolies. Zaynab, Jouwayriya et Safya étaient décidément bien plus belles qu’elle. Le vrai secret de l’amour du Prophète ne devrait pas être cherché dans le charme physique mais dans les hautes qualités de `Aïsha.

Ce point de vue se renforce quand on se souvient que le Prophète aimait évoquer la mémoire de sa défunte femme, Khadija. Sa mémoire était encore si chère à son coeur, qu’il parlait toujours d’elle avec les mots les plus gentils, à tel point que `Aïsha l’enviait. Une fois, le Prophète commença à louer sa mémoire pendant un long moment. A cela, `Aïsha dit : « Ô Messager d’Allah, pourquoi autant parler d’une vieille femme Qouraïchite ? Allah vous a donné de meilleures femmes. »

Le Prophète changea de couleur et lui dit : « Elle fut l’épouse qui a cru en moi quand d’autres m’ont rejeté. Quand les gens m’accusaient de mentir, elle a affirmé ma sincérité. Quand j’ai été abandonné, elle a dépensé sa richesse pour soulager le poids de ma douleur. Elle m’a donné des enfants alors que les autres femmes ne m’en ont pas donnés»

Ces faits montrent que seulement les hautes qualités de caractère pouvaient compter pour `Aïsha, dans l’esprit du Prophète. Elle était douée de talents extraordinaires que l’éducation et l’instruction avaient développés à l’extrême. Tout ceci faisait de `Aïsha la femme la plus accomplie du siècle et donc la femme favorite du Prophète.

Dévotion pour Allah

Si `Aïsha aimait quelqu’un plus que le Prophète , c’était Allah le Tout-Puissant. En cela, comme en d’autres choses, elle suivait l’exemple du Prophète lui-même.

Le Prophète aimait `Aïsha plus que tout autre. Mais cet amour n’était rien en comparaison de son amour pour Allah. `Aïsha elle-même disait qu’aussitôt que se faisait l’appel à la prière, il se levait et s’en allait comme s’il n’avait rien à faire avec elle. Au moment où il entrait dans la maison il disait : « Si un homme obtient deux vallées pleines d’or, il en aurait désiré encore une autre. Seule la poussière peut remplir son ventre. Allah a crée plusieurs formes de richesse pour lesquelles nous le remercions et que nous donnons aux pauvres. Allah se penche vers celui qui se penche à lui. »

Le but de cette constante déclaration était de rappeler à sa famille que les richesses de ce monde ne comptaient pas.

Même chez lui, le Prophète  était souvent pris dans le souvenir d’Allah. Quand il rentrait de la prière du soir, il se brossait les dents avec du miswak et se mettait au lit. Au milieu de la nuit, il se levait et commençait à prier. Avant l’aube, il réveillait `Aïsha qui le rejoignait dans la prière. Après l’aube, il offrait deux rakaats de la prière du matin. Ensuite, il s’allongeait sur son côté pendant quelques minutes et se rendait à la mosquée pour la prière. Il n’était pas rare pour le Prophète  et `Aïsha de passer toute la nuit en prières, pleurant et demandant le pardon d’Allah. Pendant ces prières, le Prophète récitait de longs chapitres du Coran.

Le Prophète  jeûnait très souvent. `Aïsha aussi jeûnait avec lui. Pendant les dix derniers jours de Ramadan, le Prophète s’asseyait dans la mosquée pour l’Itikaf. On dressait une tente pour lui dans la cour de la mosquée. Quelques fois, `Aïsha aussi s’asseyait pour l’Itikaf et une tente séparée était dressée pour elle.

Cet acte rendit `Aïsha profondément pieuse. Même après la mort du Prophète, la prière et le jeûne étaient les deux choses les plus chères à `Aïsha. Une fois elle jeûna la veille de la fête du sacrifice, il faisait extrêmement chaud et elle perdit connaissance. Les gens vidèrent de l’eau sur sa tête. Quelqu’un suggéra qu’elle rompe le jeûne. Elle répondit : « Comment puis-je faire cela ? J’ai entendu le Messager d’Allah dire que jeûner ce jour lave les péchés de l’année précédente. »

`Aïsha ne manquait jamais son Hajj annuel, parce qu’elle avait entendu le Messager d’Allah dire que le Pèlerinage à la Mecque apporte la même récompense aux femmes que la guerre sainte aux hommes.

Le Prophète  ne se souciait jamais de garder quoi que ce soit. `Aïsha a suivi fidèlement cette pratique durant toute sa vie. Elle recevait une bonne pension de la part des Califes mais elle la distribuait aussitôt aux nécessiteux.

Les relations humaines

`Aïsha avait de très bonne relations avec tous les membres de la famille du Prophète. Elle devait traiter avec huit co-épouses. Mais elle n’avait que de la bienveillance pour toutes.

Sawdah était en si bon termes avec `Aïsha, qu’elle lui céda volontairement son tour. Concernant Hafsa, elle avait des relations de soeur.

Umm Salma, comme `Aïsha, était remarquable par ses qualités intellectuelles. Malgré son âge avancé, le Prophète avait une grande attention pour elle. Et il y avait une parfaite entente entre elle et `Aïsha.

Juwayriyya était la plus attirante. Quand elle est entrée dans la maison du Prophète, `Aïsha craignait qu’elle n’attire en premier l’attention du Prophète. Mais sa crainte était malfondée. Aisha continuait à occuper la première place dans le coeur du Prophète.

Zaynab était la cousine du Prophète et se considérait la plus importante de toutes les femmes. Elle se mettait en colère facilement. Une nuit, elle était assise chez `Aïsha. Il n’y avait pas de lumière. Le Prophète entra et se dirigea vers Zaynab. `Aïsha s’écria : « C’est Zaynab ! » Ce qui rendit celle-ci furieuse. Elle dit beaucoup de choses peu aimables sur Aisha qui rétorqua. Mais la discussion s’arrêta là. Elles ne manifestèrent plus de mauvaise volonté l’une envers l’autre.

Une fois, Zaynab appela Safiya « une juive ». Cela déplut tellement au Prophète qu’il ne parla plus à Zaynab pendant deux mois. A la fin, Zaynab rechercha l’aide de `Aïsha. Elle traita le sujet avec une telle habilité, que la faute de Zaynab fut pardonnée.

Quand les hypocrites portèrent une fausse accusation sur `Aïsha, le Prophète rechercha l’opinion de Zaynab. « Je ne vois que de la vertu en `Aïsha », déclara Zaynab.

A la mort de Zaynab, voici ce qu’à dit `Aïsha : « Je n’ai pas connu de femme plus honnête, plus religieuse, plus pieuse, plus véridique, plus généreuse et qui craigne le plus Allah que Zaynab. Elle se mettait facilement en colère, mais elle s’excusait toujours par la suite. »

L’opinion de `Aïsha sur Maymuna : « Elle était la plus pieuse de nous »

Quand Umm Habiba était sur le point de mourir, elle fit appeler `Aïsha et dit : « En vivant ensemble, il est naturel que des désaccords surgissent quelquefois. S’il te plait, oublie et pardonne ce qui a pu y avoir !» « Qu’Allah te pardonne et te libère de tout blâme ! » répondit `Aïsha.

« Tu m‘a rendue heureuse à la fin de ma vie, dit la femme mourante, qu’Allah te rende toujours heureuse ! »

Au sujet de Safya, elle disait : « C’est la meilleure cuisinière que j’ai connue. »

Bref, `Aïsha rendait à chaque co-épouse ce qui lui était dû. Avec un esprit ouvert, elle appréciait les vertus de chacune. Il était naturel que des mésententes se produisaient quelquefois, mais elles n’étaient que passagères.

`Aïsha n’avait pas d’enfant d’elle même. Il était d’usage en Arabie d’être appelé par le père ou la mère d’un tel. Ces noms étaient une marque de noblesse. `Aïsha s’occupa tellement de son neuveu Abdullah que le Prophète la surnomma « Umm Abdullah ». `Aïsha adopta et éleva également une fille Ansari. Quand elle fut grande, elle la donna en mariage.

`Aïsha avait aussi quatre belles-filles. Elles étaient toutes plus âgées qu’elle ; la plus jeune, Fatima, avait cinq ans de plus qu’elle. Zaynab, Ruqiyya, Umm Kalthoum étaient déjà mariées quand `Aïsha entra chez le Prophète. Fatima se maria un an plus tard. Toutes deux vivaient ensemble très amicalement.

`Aïsha s’est beaucoup occupé du mariage de Fatima. C’est elle qui a plâtré les murs de sa maison, rembourré les oreillers avec des fibres de dattes et préparé ce qu’elle allait avoir comme dot. Quand le marié arriva, `Aïsha lui offrit des dattes et des raisins. Après cela, `Aïsha disait souvent : « Je n’ai jamais vu un meilleur mariage que celui là

`Aïsha avait la plus grande admiration pour Fatima. Voici ce qu’elle pensait de Fatima : « A la seule exception de son père, je ne connais personne, meilleure que Fatima. Elle ressemblait beaucoup à son père en tout. Quand elle visitait son père, il se mettait debout immédiatement, lui baisait la main et lui laissait sa place. De la même façon, quand il allait la voir, elle se levait, l’embrassait et lui cédait sa place. »

Islammedia 2011

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La solitude, puis les mariages du Prophète

Depuis la mort de Khadija , les jours s’écoulaient chargés du poids de la mission prophétique. Quant aux nuits, elles s’emplissaient du souvenir de la disparue. Ainsi, le Prophète  demeurait sans compagne. De leurs côtés, ses compagnons observaient sur lui les effets de la tristesse. Ils auraient souhaité le voir briser sa solitude en se mariant le plus tôt possible.

Cependant, aucun des Compagnons ne prenait le courage de l’entretenir d’une éventuelle union. Il a fallu qu’un soir Khalwa Bint Hakim as-Salmiyya aille chez lui et lui dit :

Ô Envoyé de Dieu ! Je te vois plongé dans la plus totale des tristesses depuis la mort de Khadija.

Elle l’observa un moment, puis soudain, elle lui proposa de se remarier. Le Prophète  la regarda en silence, écoutant la voix de son coeur plein de souvenir de la défunte. Il se rappela alors du jour, voilà plus de vingt ans, où Nafisa Bint Muniyya vint à lui pour lui parler de mariage et lui présenter une éventuelle union avec Khadija.

Quelques temps après, le Prophète  leva la tête et dit :

– Qui épouserais-je après Khadijah ?

Mariage du Prophète

Khawla avait deux propositions à faire à l’Envoyé de Dieu  : une vierge, à savoir Aïsha et une déjà mariée mais séparée de son marie, c’est à dire Sawda Bint Zam’ah Ibn Qays Ibn Abd Shams Ibn Abd Waddi-l-‘Amiriyyah.

Le Prophète  donna son accord pour demander Sawda  en mariage. Khawla se rendit aussitôt dans la maison de Zam’ah et se présenta devant Sawda en lui disant :

– Ô Sawda ! Dieu a fait entrer chez toi le bien et la bénédiction !

Etonnée de cette introduction emplie d’un bon présage, Sawda se demanda quelle nouvelle exceptionnelle Khawla allait lui communiquer. Elle ne tarda pas à apprendre que c’était l’Envoyé de Dieu qui la demandait en mariage. Elle n’arrivait pas à maîtriser sa stupeur mêlée d’étonnement et de joie. Elle répondit sans hésitation mais d’une voix tremblante :

J’accepte cette demande. Mais va voir mon père et informe le de cette démarche.

Khawla n’hésita pas un instant. Elle se rendit sur le champ chez le père qui était un vieil homme, fatigué par le poids des années.

– Muhammad Ibn Abd Allah Ibn Abd al-Muttallib m’a envoyé pour te demander la main de ta fille Sawda.

Le vieillard fut transporté de joie à cette annonce surprenante mais il voulut connaître d’abords l’opinion de l’intéressée avant de faire la sienne. Celle-ci , bien sur, lui donna, sans hésitation, une réponse affirmative. Aussi, le père de Sawda demanda-t-il à Khawla d’inviter Muhammad de venir le voir afin d’officialiser cette union.

L’étonnement des gens

Le bruit circula dans la Mecque que Muhammad  avait demandé en mariage Sawda fille de Zam’ah. Les gens ne voulaient pas en croire à leurs oreilles. Ils s’interrogeaient, un léger doute dans l’esprit : Sawda était non seulement veuve mais âgée. En outre, elle n’était pas très belle. Il y avait une très grande différence entre elle et Khadija, belle, riche et convoitée par de grands notables mecquois. De plus, elle avait une haute stature dans le milieu Qurayshite.

Ce que ces gens ne comprenaient pas, c’est que le Prophète  n’avait nullement l’idée de remplacer Khadija par Sawda ou par n’importe quelle autre femme. Sa première épouse était considérée par lui comme irremplaçable. Il recherchait surtout une femme qui pourrait tenir et organiser sa maison. Il songea qu’elle en était capable et remplissait des conditions honorables. En effet, Sawda avait émigré en Abyssinie avec son mari as-Sakran Ibn Amru Ash-Shams. Celui-ci mourut quelques temps après son arrivée dans cette terre étrangère. Ce fut ainsi que Sawda devint veuve, loin de sa patrie.

Le souvenir de l’émigration de Sawda

La présence de Sawda auprès du Prophète  rappelait à celui-ci le petit groupe dont les membres quittèrent leurs maisons et abandonnèrent leurs biens pour traverser le désert et la mer avant d’arriver en Abyssinie. Ils fuyaient, avec leur religion, l’oppression des idolâtres mecquois.

Dans ce groupe d’émigrants, il y avait Malik Ibn Zam’ah, frère de Sadawh, As-Sakran Ibn Amr, son mari et fils de son oncle paternel, les deux frères de ce dernier Salit et Hatib, son neveu, fils de son frère, Abd Allah Ibn Suhayl. C’est à dire que ce n’était pas le veuvage et l’âge avancé de Sawda qui importaient à l’Envoyé de Dieu. C’était le fait qu’elle appartenait au premier groupe de musulmans qui avaient cru en sa mission prophétique.

Aussi s’imagina-t-il Sawda en train de faire ses adieux à sa terre natale, cette terre où elle passa la plus grande partie de son enfance. Elle partait vers un pays qu’elle n’avait jamais connu, avec des gens dont certains étaient de sa famille et d’autres ne l’étaient pas. Elle savait qu’elle allait à la rencontre d’un peuple dont l’arabe n’était pas la langue véhiculaire et dont l’Islam n’était pas leur religion. Tous ces événements exercèrent sur le Prophète  des sentiments favorables à l’égard de cette émigrante qui a connu le veuvage en exil et qui était revenue dans son pays pour prendre de l’âge. Sa vieillesse ne comptait pas devant la vie dure et pénible que cette seconde épouse avait traversée.

Sawda, consciente de son état d’épouse

Voilà Sawda, épouse de l’Envoyé de Dieu . Elle ne manqua pas de se comparer à Khadija, la première femme, puis à Aisha, cette jeune fille dont le mariage était attendu d’un mois à un autre. Elle ne pouvait donc qu’être étonnée de son état et cela la remplissait de joie d’être l’épouse du Prophète.

Elle ne se faisait pas, pourtant, beaucoup d’illusions. Elle savait, par expérience, qu’entre son coeur et celui de son mari, il y avait une barrière infranchissable. C’est qu’elle faisait une distinction entre le Prophète et l’être humain qu’il était. Elle n’ignorait pas que ce n’était pas avec l’homme qu’elle allait vivre. C’était l’Envoyé de Dieu qui la prit comme épouse. Elle comprenait donc que ses liens avec lui n’étaient pas tissés d’amour mais de bonté et de miséricorde de sa part.

Sawda n’était point perturbée par sa situation. Bien au contraire, elle était fière que l’Envoyé de Dieu la hisse à un rang si élevé. Il a fait d’une veuve et d’une femme âgée, la Mère des croyants. Cet honneur lui procurait beaucoup d’énergie et elle s’occupait, avec enthousiasme, de la maison de son époux et de ses filles.

Sawda ne ressentait ni amertume ni complexe d’infériorité. Elle était heureuse quand elle voyait le Prophète  rire de sa démarche car son corps corpulent la balançait d’un côté et de l’autre. De la même manière, il se réjouissait de la vivacité de son esprit et de son humour. Sawda lui dit un jour en plaisantant :

Cette nuit, j’ai prié derrière toi. Tu as mis tellement de temps dans ta prosternation que j’ai été amené à bouchez mon nez, de crainte que le sang y coule. Cette parole fit rire l’Envoyé de Dieu.

L’arrivée de Aisha et des autres femmes dans la maison du Prophète

Sawda continuait à s’occuper de la maison de son mari jusqu’à l’arrivée de Aïsha, la fille d’Abu Bakr. Elle lui céda le plus grand espace et mit tous ses efforts pour satisfaire la nouvelle mariée et veiller à son confort.

Après Aisha, d’autres épouses venaient agrémenter la vie familiale. Ce fut par ordre, Hafsa, fille de Umar Ibn Khattab, Zaynab, fille de Jahsh, Umm Salmah, fille de Abu Umiyyah al Makhzumi. Sawda continuait à accorder sa préférence à Aïcha en lui consacrant son amitié et son dévouement, sans pour autant le manifester ostensiblement pour ne pas mettre dans l’embarras les autres femmes de l’Envoyé de Dieu ou susciter leur jalousie. Elle ne tenait pas à être l’origine d’une possible discorde.

Cependant, le Prophète  avait pitié de Sawda qui était privée de la même affection qu’il portait aux autres épouses. Il s’efforçait de lui ouvrir son coeur et de lui vouer des sentiments affectueux. Cependant, avant d’être Prophète, c’était aussi un homme. Aussi, s’il la plaçait sur le même pied d’égalité du point de vue des dépenses pour son entretien, il ne lui était pas aisé de se montrer équitable entre elle et les autres femmes, du point de vue sentimental. Ce fut pourquoi, il décida, en fin de compte, de se séparer d’elle. Aussi, un jour, attendit-il la nuit où il devait dormir avec elle pour lui annoncer sa détermination de divorcer de la manière la plus convenable.

En entendant la décision prise par son mari, elle sentir comme si les murs de la pièce se resserraient contre elle. Elle suffoquait et croyait que sa respiration allait s’arrêter. Elle garda le silence un moment, puis tendit sa main vers celle de son époux, comme pour lui demander de venir à son secours. Sentant cette main tremblante, le Prophète  la serra très fort, pensant ainsi qu’il pourrait faire disparaître la peur qui envahissait tout son corps.

Prenant en mains toutes ses forces, Sawda, dont le visage trahissait la tristesse, déclara dans un murmure où se mêlaient la crainte et l’espoir :

– Garde-moi auprès de toi. Je ne te demande pas de te comporter avec moi comme avec tes autres épouses. Cependant, je voudrais être ressuscitée par Dieu, le Jour de la Résurrection, en tant que ton épouse.

Sawda, relâcha sa main. Elle n’attendait pas une réponse favorable à son désir bien qu’elle était décidée à rester aux côtés de son époux, en essayant aynt de satisfaire sa volonté.

A ce moment, Sawda ressentait la froideur de sa vieillesse gagner la lourdeur de son corps. Elle eut honte alors de vouloir rivaliser avec des femmes aussi jeunes et belle que Aisha, Hafsa, Zaynab… Elle se disait, qu’en exigeant le respect de son tour à dormir avec l’Envoyé de Dieu, c’est comme si elle revendiquait un droit qui ne lui appartenait pas. Aussi, était elle disposée à déclarer : Répudie moi, ô Envoyé de Dieu ! Cependant, ses paroles trébuchaient dans sa gorge. Elle n’arrivait pas à les libérer.

Sawda était torturée par ses sentiments. Son inquiétude se prolongea, attendant la décision du Prophète de la répudier. Soudain, une idée lui traversa l’esprit et dit calmement :

Ô Envoyé de Dieu ! Garde-moi auprès de toi. Je laisserai mon tour d’intimité à Aisha. En outre, je ne réclamerai pas pour moi, ce que les autres femmes demanderont pour elles !

Cette proposition émut le Prophète . Voilà une femme qui ne tenait pas à le quitter et était prête à se sacrifier pour satisfaire les autres épouses et en particulier Aïsha, sa préférée. Le Prophète  finit par accepter la proposition de Sawda. Celle-ci remercia Dieu qui lui suggéra cette proposition. Le Créateur, se dit-elle, soulagea sa peine et la sauva des amères épreuves, conséquentes à cette séparation avec le Prophète.

Mort de Sawda

Ainsi Sawda demeura dans la maison de l’Envoyé de Dieu , jusqu’au jour où Dieu l’appela à lui. Elle survécut à la mort de son mari. Elle ne mourut que vers la fin du califat de Umar Ibn Khattab.

Aisha n’oublia pas la belle oeuvre accomplie par Sawda qui lui sacrifia son tour. Le souvenir de la fidélité à sa parole lui revenait souvent en mémoire.

Il n’y a pas une femme, disait-elle de Sawda, que j’ai aimé tant pour sa volonté de renoncer à son droit.

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A cause du pacte des Quraysh, – De leur pacte [concernant] les voyages d´hiver et d´été. – Qu´ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (la Kaaba). – qui les a nourris contre la faim et rassurés de la crainte! (Coran, 106)

Ces versets nous renseignent sur le commerce que les Mecquois entretenaient en hiver et en été, tantôt vers la Syrie et tantôt vers le Yémen. Le Prophète  avait entrepris ces voyages avec son oncle Abu Talib alors qu’il était encore un tout jeune enfant.

Mariage du Prophète

Khadija  était une riche commerçante de la Mecque. Celle-ci avait entendu parler du sérieux de Muhammad et de sa probité. Elle connaissait la valeur des hommes d’abord parce qu’en tant que commerçante avisée, elle traitait des affaires avec eux et, qu’ensuite, elle avait été mariée deux fois. Ses époux morts, elle demeura veuve.

Un jour, Abou Talib dit à son neveu : « Je suis un homme sans fortune, les temps sont devenus durs pour nous, nous avons été tourmentés par ces années de misère, et nous n’avons ni possessions matérielles ni marchandises. Cette femme, Khadîdjah, envoie des hommes de ton peuple pour faire des affaires avec sa fortune et ils en gagnent un bénéfice. Alors si elle vient vers toi, montre-lui ton honnêteté. »

Elle avait donc fait appel à Muhammad pour conduire ses caravanes au nord et au sud de la Péninsule arabique.

Ainsi, le temps s’écoulait à la Mecque jusqu’au jour où As-Sayida Khadija s’était confiée à une amie Nafisa Bint Muniyyah. Elle lui avait manifesté son désir d’épouser Muhammad. Ce fut ainsi que cette amie avait fait les démarches nécessaires et avait obtenu son consentement.

Le mariage avait été célébré en présence des familles et des amis. Khadija était âgée de 40 ans quand elle l’épousa, et il en avait 25.

Elle lui donna 2 garçons, Al-Qasim, ‘Abdullah (morts en bas âge), et 4 filles : ZaynabRuqiyaOum Koulthoum, et Fatima.

La Révélation

La Péninsule Arabique était plongée dans l’idolâtrie et la Mecque était le lieu où convergeaient toutes les tribus. Celles-ci venaient chaque année en pèlerinage et se rassemblaient autour de la Ka’ba. Cette Maison antique était devenue un centre païen depuis de longs siècles.

Muhammad  fuyait cette adoration et aimait se réfugier annuellement dans la grotte de Hira. Là, il réfléchissait au mystère de l’univers, en observant son étendue à travers l’immensité du désert et la lumière du ciel étoilé. Il sentait qu’il y avait, derrière et au-dessus de ces espaces, une force invisible qui les organisait et les gérait. Il demeura ainsi jusqu’à l’âge de quarante ans.

Entre temps, Khadija encourageait l’isolement périodique de son époux et lui apportait tout son soutien.

Ce fut lors de la nuit du destin, que Muhammad , agé de 40 ans, avait reçu la Révélation. Dieu l’avait choisi pour être le dernier Messager.

Quant le Prophète  connut la frayeur et douta de ses facultés mentales, à cause de l’apparition surnaturelle de l’archange Gabriel, ce fut vers Khadija qu’il se réfugia et se confia. Aussi était-elle pour lui d’un grand secours et d’un immense réconfort. C’était auprès d’elle qu’il s’armait de patience et reprenait courage car les jours de repos étaient terminés puisque l’ange Gabriel lui transmis cet ordre du Seigneur de l’univers : Lève toi et avertit les gens. Appelle les à n’adorer que Dieu et Lui seul. Mais à qui allait-il faire appel et qui répondrait à son appel ?

La Prédication

Conformément aux instructions reçues de Dieu, le Prophète  commença sa prédication en appelant les membres de sa famille, voire même ses proches amis, à embrasser l’Islam. Il va de soi que cette adhésion devrait regrouper les hommes et les femmes sincères et honnêtes. L’appel a été entendu par une poignée de personnes dont l’ambition et l’orgueil n’obscurcissaient pas l’esprit.

As-sayida Khadija, l’épouse du Prophète  a été la première musulmane de l’histoire. Dès le premier instant, elle sut que sa vision dans la grotte de Hira était le prélude de sa mission prophétique. Elle ne se borna pas seulement à croire au Message, révélé à Muhammad, mais elle lui apporta son soutien moral et matériel. As-sayida Khadija, femme énergique et douée de bon sens, avait la manière d’apaiser les angoisses de son mari et de lui insuffler du courage quand elle sentait que son énergie faiblissait. Sa perspicacité lui laissait comprendre qu’un homme, aussi pur et aussi parfait que lui, ne pouvait pas être le jouet de manoeuvres sataniques.

Des êtres vertueux de son envergure et de sa trempe ne pouvaient pas être abandonnés par Dieu. Ils ne pouvaient s’attendre à aucune défection de la part de leur Créateur et de toutes les personnes qui éprouvaient pour eux de forts sentiments d’amitié. Or Khadija insistait auprès de son époux pour lui expliquer qu’il appartenait à cette catégorie d’homme que le Tout Puissant n’abandonne pas à leur sort, et que les amis bienveillants et chaleureux ne le délaisseront pas dans les moments si critiques soient-ils.

– Certes, jamais Dieu, lui dit-elle, ne t’ingligera d’affronts, car tu es uni avec tes proches, tu soutiens les faibles, tu donnes à ceux qui n’ont rien, tu héberges les hôtes et tu secours les hôtes des vicissitudes du droit.

Selon al-Bayhaqi, As-Sayyida Khadija, afin de tester la sainteté de l’apparition, dit à l’Envoyé de Dieu :

– Ô fils de mon oncle ! Peux tu m’informer du moment ou ton compagnon t’apparaîtra ?

Ainsi, alors que le Prophète se trouvait chez Khadija, l’archange Gabriel se manifesta à lui. Il en avertit son épouse car il le voyait distinctement. Ce qui n’était pas le cas de son épouse. Celle-ci lui demanda de s’asseoir à sa droite et lui demanda s’il continuait à le voir. En effet, l’apparition se maintenanit.

Puis, elle lui demanda une autre fois de poser sa tête sur ses genoux. La vision ne quittait toujours pas l’intérieur de la maison.

Ensuite, elle ôta le foulard qui couvrait sa tête, laissant ses cheveux à l’air libre, ce qui était un geste d’intimité qui détournerait le regard de toute personne pudique. Devant une telle scène, l’archange s’éclipsa aussitôt. Ce fut alors qu’elle dit :

– Ce n’est pas un démon. C’est bien un ange qui se montre à toi, ô fils de mon oncle !

Il n’y avait plus aucun doute dans l’esprit de as-sayyida Khadija. Son époux était bien l’Envoyé d’Allah et l’ange Gabriel le transmetteur du Message divin.

Certes, as-sayyida Khadîja avait une totale confiance en son mari. Cependant, ce n’est pas seulement cette confiance qu’elle lui portait qui l’amena à embrassa la religion de Dieu. La cause profonde de cette adhésion était sa conviction que la religion communiquée au Prophète était celle de la droiture et de la rectitude, celle qui suivrait en droite ligne la guidance spirituelle et morale d’Abraham.

Cette évidence la conduisit à faire confirmer ce qu’elle avait entendu de la bouche de son époux auprès de Waraqa Ibn Nawfal. Cet homme, âgé et d’une grande piété, était versé dans les questions religieuses. Il était aussi attentif à la venue d’un nouveau prophète.

Après lui avoir exposé tous les détails des événements vécus par son conjoint, le vieillard, d’un ton posé et bien assuré de ses paroles, répondit :

– Ô Khadîja ! Si tout ce que tu viens de me dire est absolument véridique, sache que c’est que le grand Nâmous (l’archange Gabriel) qui est venu… (Muhammad) est certainement le prophète de ce peuple. Dis-leur de s’en tenir fermement.

Aussitôt, as-sayyida Khadija retourna chez elle, confiante et assurée de ce qu’elle venait d’entendre. Elle en informa le Prophète.

Son soutien

Le Prophète  ne pouvait pas rester insensible devant la foi aussi profonde que forte de son épouse. La vigueur du caractère de cette dernière exerçait chaque fois une attraction positive sur le moral de l’Envoyé de Dieu. Il en était ainsi chaque fois que son message sur l’Unicité d’Allah rencontrait des obstacles devant l’idolâtrie de son peuple. Elle était toujours là quand les Quraysh manifestaient leur répugnance et leur agressivité aux versets du Coran et quand, injustement, ils le traitaient, lui, de menteur. Elle dynamisait son ardeur et dissipait sa tristesse quand il revenait à la maison, l’air abattu par tant d’obstination et de résistance farouche.

Le Prophète  se réjouissait, chaque fois, de voir que sous son toit, il y a avait constamment quelqu’un pour supporter sa mission, le soutenir dans ses activités si ardues et stimuler sa volonté.

La mort de Khadija

La vie entre les deux conjoints oscillait entre le haut et le bas mais plus souvent vers le bas, surtout le jour où les notables de Quraysh avaient décidé de camper le Prophète  et sa famille en un endroit et d’organiser un blocus qui dura six mois.

Quelques temps après, son oncle paternel Abu Talib Ibn ‘Abd al-Muttalib meurt. Celui-ci était son grand protecteur et son rempart contre l’autoritarisme des Quraysh. A sa suite, ce sera as-sayyida Khadîja, son épouse bien-aimée, qui quittera définitivement le monde terrestre, laissant son époux, provisoirement, seul et sans compagne.

Elle mourut trois années avant l’Hégire.

Cette fois, on peut dire que le Prophète était totalement orphelin. Ibn Ishâq a dit : « qu’elle était pour lui une sorte vizir de sincérité de l’Islam ». Ce fut ce que les historiens appelèrent « L’année du deuil ».

Son souvenir reste

Le souvenir de as-sayyida Khadîja était si intense qu’un jour, à Médine, Hâlah, la sœur de la défunte arriva à Médine. Quand le Prophète  crut entendre sa première femme dans la cour de la maison, tant la voix de l’une ressemblait à l’autre. Son cœur se mit alors à palpiter très fort.

Le corps de as-sayyida Khadîja avait disparu mais son souvenir demeura gravé dans le cœur du Prophète. Il eut pourtant d’autres épouses mais il n’oublia jamais la première d’entre elles. L’amour qu’il portait à Khadîja rendait d’ailleurs ‘Aïsha jalouse de tant de prévenance. Elle lui dit un jour :

« On dirait qu’il n’existe pas de femmes dans le monde en dehors de Khadîja ».

En une autre occasion, à la suite de certains reproches que ‘Aïsha ne manquait pas de lui faire chaque fois qu’il parlait de sa première épouse en termes élogieux, il lui dit :

– Par Allah, elle a cru en moi quand les gens se montraient impies. Elle a tenu pour vrai ce que je disais au moment où les gens me traitaient de menteur. Elle m’a secouru avec ses biens quand les gens m’en privaient. Elle a été la femme qui m’a donné un garçon.

Depuis, ‘Aïsha ne parla plus d’elle pour ne pas remuer la plaie de son époux.

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Fatima  était la plus jeune des filles du Prophète saws. Elle est née cinq années avant le début de la révélation ; le jour même où les Quraysh choisirent son père pour la pose de la pierre noire au terme de la reconstruction de la Kaaba.

Elle vécut heureuse auprès de son père, de sa mère, et de ses soeurs, en particulier Zaynab qui joua, pour elle, le rôle de mère. Fatima devait se séparer de ses soeurs, l’une après l’autre, à la suite du mariage de chacune d’elle.

Elle était encore toute jeune lorsque la révélation descendit sur son père. Elle vécut avec le fils de son oncle paternel, Ali Ibn Abu Talib, que le Prophète saws joignit à sa famille et considéra comme son fils. ‘Ali, qui n’avait que quatre ans de plus qu’elle, fut donc pour Fatima un frère et un compagnon.

Témoin des peines endurées par son père

Dès la cinquième année de son âge, Fatima devait, malgré elle, affronter les durs heurts soulevés par les idolâtres contre la nouvelle religion qu’était l’Islam. C’est dire que, sans regretter cette période, elle ne connut pas une enfance tranquille.

Fatima était présente lorsque ‘Aqaba ibn Abu Mu’it arriva, portant dans un sac les entrailles d’un mouton. Il les jeta sur le dos de l’Envoyé de Dieu saws , au moment où il se prosternait. Il ne leva pas la tête jusqu’au moment où sa fille Fatima s’approcha de lui, prit la saleté jetée sur son père et la jeta sur ‘Aqaba. A ce moment, il releva la tête et lança la malédiction contre Abu Jahl, ‘Ataba et d’autres encore. Cette malédiction fit peur aux associateurs. Ils stoppèrent leurs attaques et laissèrent le père de Fatima poursuivre sa prière. Après quoi, le Prophète saws et sa fille quittèrent les lieux, la main dans la main et se dirigèrent vers leur maison.

A une autre occasion, Fatima était avec le Prophète saws alors qu’il faisait le « Tawâf » autour de la Kabah. Une foule de Quraysh se réunit autour de lui, le saisirent et essayèrent de l’étrangler avec ses propres vêtements. Fatima cria et appela à l’aide. Abu Bakr accouru et réussit à libérer le Prophète saws. Il implorait alors: ‘Tueriez-vous un homme qui dit : ‘Mon seigneur est Allah’. Au lieu de baisser les bras, la foule se tourna vers Abu Bakr et commença à le battre jusqu’à ce que le sang coule de sa tête et de son visage.

Emigration à Médine

Ce fut dans ce contexte que Fatima grandit jusqu’au jour où sa famille subit le blocus des mécréants. Elle vécut donc dans le campement avec les privations et les souffrances et ressortit comme tous les autres pour retourner à la Mecque. Elle fut alors témoin de la mort de sa mère Khadija. Quelques temps après, elle suivit son père à Médine à la suite de son émigration avec d’autres Compagnons. ‘Ali, qui resta à la Mecque pour surveiller et protéger les arrières du Prophète saws, rejoindra ce dernier trois jour après.

Le voyage de Fatima et de sa soeur Umm Kaltoum à Médine ne se fit pas sans difficulté. Des associateurs les rattrapèrent en cours de route. Al Huwayrath Ibn ‘Abd Ibn Qassi, un de ceux qui firent le plus de mal à leur père à la Mecque, piqua de sa lance le chameau monté par Fatima. Celle-ci fut déséquilibrée et tomba sur le sol. A cette époque, c’était une jeune fille frêle et faible de corps.

Fatima finira, en fin de compte par arriver à Médine. Elle fut témoin de la fraternité que son père avait suscitée entre les Muhajirin et leurs hôtes les Ansars. Ce fut une fraternité concrétisée par des actes tangibles. Le Prophète saws, lanca cet appel :

– « Soyez frères en Dieu, Que chacun prenne un frère. Quant à moi, voici mon frère » et il désigna Ali.

Son mariage avec ‘Ali

A cette période, Fatima s’approchait de sa dix-huitième année. Ce n’était plus la fille qui, toute jeune, disait à sa mère qu’elle ne se marierait jamais car elle ne tenait pas à se séparer de ses parents comme ses soeurs l’avaient fait. Cependant, elle atteint l’âge de la maturité et savait que le mariage est un état naturel depuis Eve jusqu’à sa mère et ses soeurs. Elle avait à ses côtés ‘Ali qu’elle voyait quotidiennement. Celui-ci avait des vues sur elle mais il n’osait pas les exprimer ouvertement.

En l’an II de l’Hégire, elle reçut des propositions de mariage par l’intermédiaire de son père, dont deux furent rejetées. Ali, le fils d’Abu Tâlib, rassembla alors son courage et vint demander sa main au Prophète. En présence du Prophète pourtant, il se laissa intimider et perdit sa langue. Il ne quitta pas le sol des yeux et ne put dire un mot. Le Prophète saws lui demanda alors :
– ‘Pourquoi es-tu venu ? As-tu besoin de quelque chose ?’ 
Ali ne pouvait toujours pas parler, alors le Prophète saws suggéra :
– ‘Peut-être es-tu venu pour demander Fatima en mariage ?’
– 
‘Oui’ répondit Ali.
Le Prophète saws dit simplement : ‘Marhaban wa ahlan – Bienvenue dans la famille’ et cela fut prit comme l’approbation du Prophète par Ali et par les Ansars qui l’attendaient dehors. On rapporte aussi que le Prophète saws approuva et demanda à Ali s’il avait quelque chose à donner en dot. Ali répondit que non. Le Prophète saws lui rappela qu’il avait un bouclier qu’il pouvait vendre.

Ali vendit le bouclier à Uthman pour quatre dirhams et pendant qu’il se dépêchait de retourner chez le Prophète saws pour lui remettre la dot, Uthman l’arrêta et lui dit :
‘Je te rends ton bouclier comme cadeau de ma part pour ton mariage avec Fatima’.

Le Prophète saws lui-même dirigea la cérémonie du mariage. Pour le « Walîmah », on servit aux invités des dattes, des figues et une mixture de dattes et de beurre gras appelé hais. Un membre dirigeant des Ansars offrit un bélier et d’autres firent des dons de céréales. Tout Médine se réjouit.

Pour son mariage, on rapporte que le Prophète saws offrit à Fatima et à Ali, un lit de bois entrelacé de feuilles de palmes, une couverture de lit en velours, un coussin en cuir rempli de fibres de palmes, une peau de mouton, une marmite, une outre en peau et une meule manuelle pour moudre le grain.

Les difficultés matérielles

La vie de Fatima avec Ali fut aussi simple et sobre qu’elle l’avait été chez son père. En fait, en ce qui concerne le confort matériel, c’était une vie de difficultés et de privations. Durant leur vie commune, Ali resta pauvre car il n’attachait que peu d’importance aux richesses matérielles.

Fatima était la seule parmi ses sœurs à ne pas avoir épouser un homme riche.

En fait, on pourrait dire que la vie de Fatima avec Ali était même plus rigoureuse que celle qu’elle eut chez son père. Au moins, avant le mariage, il y avait toujours dans la famille du Prophète saws une quantité de mains prêtes à aider. Mais maintenant elle devait faire face seule, de fait. Pour soulager leur pauvreté extrême, Ali travaillait comme peintre et porteur d’eau et elle comme broyeuse de céréales. Un jour, elle dit à Ali : ‘J’ai moulu jusqu’à ce que mes mains se couvrent de cloques’. ‘J’ai puisé de l’eau jusqu’à en avoir mal à la poitrine’ répliqua Ali.

Celui-ci suggéra à Fatima ‘Dieu a donné à ton père quelques prisonniers de guerre, va lui demander de te donner une servante’.
A contrecœur, elle alla chez le Prophète saws qui lui dit : ‘qu’est-ce qui t’amène ici, ma petite fille ?’ ‘Je suis venue te donner le Salam’ dit-elle de peur qu’il ne puisse lui donner ce qu’elle avait l’intention de demander.
‘Que faisais-tu ?’ demanda Ali lorsqu’elle repartit seule.
‘J’avais honte de lui demander’ dit-elle. Alors tous deux vinrent ensemble mais le Prophète saws sentit qu’ils étaient moins dans le besoin que d’autres.
‘Je ne vais pas vous le donner’ dit-il ‘et laisser les Ahl as-Suffah (pauvres musulmans restés dans la mosquée) tourmentés par la faim. Je n’ai pas assez pour leur nourriture…’

Ali et Fatima rentrèrent chez eux, et se sentirent quelque peu découragés mais cette nuit, après qu’ils soient allés se coucher, ils entendirent la voix du Prophète leur demandant la permission d’entrer. Pour l’accueillir, ils se levèrent, mais le Prophète saws leur dit :
‘Restez où vous êtes’ et il s’assit à côté d’eux ‘Ne vous indiquerais-je pas quelque chose de meilleur que ce que vous êtes venus me demander ?’ demanda-t-il et ils lui dirent ‘Si’, il dit : ‘Les mots que Jibril m’a enseignés, que vous pouvez dire : ‘Subhana Allah‘ dix fois après la prière, et dix fois « Al hamdu lillah‘ et dix fois « Allahu Akbar« . Et avant de dormir, il faut que vous le disiez 33 fois chacun.
Ali dit plus tard : ‘Je n’ai jamais manqué de le faire depuis que le Messager de Dieu saws nous l’a enseigné’.

Quelques disputes conjugales

Entre temps, il arrivait que l’entente ne règne pas entre Ali et Fatima. Un jour, une dispute s’envenima et les opposa si violemment que les voix des deux conjoints parvenaient jusqu’aux oreilles de l’Envoyé de Dieu saws. Ce fut ainsi que celui-ci accourut chez eux. Il y resta un certain moment et sortit, le visage rayonnant de joie. Quand un Compagnon lui demanda les raisons de cette jovialité, il répondit :

– « Comment voulez vous que je ne sois pas content alors que je viens de réconcilier les deux personnes que j’aime le plus ?

Perte de sa soeur

Au milieu de la seconde année suivant la Hijrah sa sœur Ruqayyah tomba malade: Elle fut prise par la fièvre et la rougeole. Ce fut peu de temps avant la bataille de Badr. Uthman, son mari, resta à ses côtés et manqua la bataille. Ruqayyah mourut juste avant le retour de son père. De retour à Médine, une des premières choses qu’il fit fut de se rendre sur sa tombe.

Fatima y alla avec lui. C’était la première perte qu’ils subirent au sein de leur proche famille depuis la mort de Khadîdjah. Fatima fut énormément touchée par la mort de sa sœur. Les larmes coulèrent de ses yeux dès qu’elle s’assit à côté de son père sur le bord de la tombe, et il la consola et chercha à sécher ses larmes avec le coin de son manteau.

Le Prophète saws avait auparavant parlé des lamentations de la mort, mais cela avait amené un malentendu et quand il revinrent du cimetière, la voix d’Umar en colère fut entendue, contre les femmes qui pleuraient pour les martyrs de Badr et pour Ruqayyah. ‘Umar laisse-les pleurer’ dit le Prophète Mouhammad saws et il ajouta : ‘Ce qui vient du cœur et des yeux, cela vient d’Allah et de sa miséricorde, mais ce qui vient des mains et de la langue, cela vient de Satan’ – par « les mains », il faisait allusion au fait de se frapper la poitrine et de se gifler les joues et par « la langue », aux cris en cœur lancés par les femmes, comme une marque publique de sympathie.

Naissance de ses fils

La perte dont souffrit la famille avec la mort de Ruqayya fut suivie par la joie quand, au grand plaisir de tous les croyants, Fatima donna naissance à un garçon au mois de Ramadan de la troisième année après l’hégire. Le Prophète saws prononça l’Adhan dans l’oreille du nouveau-né et l’appela Al-Hasan, ce qui signifie le beau.

Un an plus tard, elle donna naissance à un autre garçon, qui fut appelé Al-Husayn, ce qui signifie le petit Hassan ou ‘le petit beau’. Fatima emmenait souvent ses deux fils voir leur grand-père qui les aimait excessivement. Plus tard il les emmenait à la Mosquée et ils grimpaient sur son dos quand il se prosternait. Il fit de même avec sa petite-fille, Umamah, la fille de Zaynab.

En l’an cinq de l’hégire, Fatima donna naissance à un troisième enfant, une fille qu’elle nomma comme sa sœur aînée Zaynab, qui était décédée peu avant sa naissance. Cette Zaynab grandit et fut l’héroïne de Karbala. Le quatrième enfant de Fatima naquit l’année d’ensuite. L’enfant était aussi une fille et elle l’appela Umm Kulthum comme sa sœur qui mourut l’année précédente d’une maladie. Ainsi, l’Envoyé de Dieu saws garda dans sa pensée la mémoire de ses deux filles défuntes.

Vers la conquête de la Mecque

Le temps permit à Fatima d’être témoin de l’héroisme de son père qui allait de victoire en victoire, répandant une nouvelle lumière sur le monde, et s’approchait de cette victoire finale que Dieu avait promise à lui et aux croyants. Ce fut ainsi que l’image de la Mecque traversa son esprit. Huit années s’étaient déjà écoulées depuis son arrivée à Médine.

Le jour arriva où le Prophète saws s’avança vers la « Mère des cités » à la tête d’une dizaine de milliers de musulmans. L’entrée victorieuse de l’armée musulmane se fit sous une clameur aussi extraordinaire et qu’exceptionnelle. Dix mille voix scandaient :

Allahu Akbar ! Allahu Akbar ! Allahu Akbar ! Il n’y a point de divinité que Dieu ! Il a fait triompher Ses serviteurs, a renforcé la puissance de Ses soldats et a défait Seul la coalition. Il n’y a de divinité que Dieu. Allahu Akbar !

En arrivant à la Mecque, Fatima souhaita revoir la maison où elle était née et avait grandi, de même que ‘Ali. Après son émigration, elle était devenue celle d’Uqayl Ibn Abu Talib. Aussi, se demanda-t-elle quelle serait la maison que son père leur choisirait à la Mecque. Les Ansârs aussi se posaient la même question : Est ce que l’Envoyé de Dieu saws allait les quitter et séjourner définitivement dans sa ville natale ? La grande joie, qui s’empara de lui en revoyant sa patrie après une si longue absence, leur fit croire qu’il ne retournerait point à Médine; l’un d’eux fit cette remarque :

– Par Dieu ! L’Envoyé de Dieu saws a retrouvé son peuple !

Fatima entendit tous les murmures des Ansars, puis le Prophète saws demanda à les faire rassembler. Il leur tint ce discours après avoir distribué un butin de guerre essentiellement aux Qurayshites, ce qui souleva le mécontentement des Médinois :

– Ô assemblée des Ansars ! Vos propos me sont parvenus ! Comment avez vous pensé de moi ce qui est dans vos coeurs ? Ne suis-je pas venu à vous alors que vous étiez égarés et que Dieu vous a guidés ? N’étiez vous pas pauvres et Dieu vous a enrichis ? N’étiez vous pas ennemis les uns aux autres et Dieu a réuni vos coeurs ? Vous êtes en droit de me dire : Tu es venu à nous alors que ton peuple te traitait de menteur tandis que nous, nous avons cru en toi et nous t’avons donné un refuge !…

– Ô assemblée des Ansars ! Ne voulez vous pas que des gens partent avec du bétail et des chameaux au moment où vous, vous retournerez chez vous en compagnie de l’Envoyé de Dieu ? Par Celui qui détient l’âme d Muhammad dans Sa main, si ce n’était l’émigration, j’aurais été un homme des Ansars. Si je devais choisir un peuple, j’opterai pour celui des Ansars. Ô Seigneur Dieu ! Accorde ta miséricorde aux Ansars, aux fils des Ansars, aux fils des fils des Ansars.

Ce discours fit pleurer les Ansars ainsi que les habitants de la Mecque. Ainsi l’Envoyé de Dieu saws a choisit la demeure de l’émigration. Il ne restait plus à Fatima qu’à faire ses adieux à la maison de son enfance et visiter une derniere fois la tombe de sa mère, avant de s’engager, avec son père, sur la route de Médine. Elle n’y séjourna que deux mois et quelques jours.

Arrivée à Médine, elle passa encore deux mois de bonheur auprès de son père dont l’affection, pour elle, son mari et ses enfants, n’avait faibli à aucun moment. Pendant cette période, elle avait repris des forces. Elle s’occupait davantage de l’éducation de ses enfants, laissant les travaux de la maison à une servante que ‘Ali, enrichi quelque peu par le produit du butin de la conquête de la Mecque, avait mis à sa disposition.

Maladie et mort du Prophète

En l’an XI de l’hégire, le père de Fatima se plaignit d’un mal qui le faisait souffrir. Les membres de la Maison et les musulmans pensaient que ce n’était qu’un mauvais moment à passer et, ensuite, tout rentrerait dans l’ordre. Personne ne se doutait que cette maladie allait l’entraîner vers la mort. Mais Fatima se rappela le moment où elle se rendit chez son père qui se trouvait dans la chambre de ‘Aisha. Après que son père, affaibli par sa maladie, l’embrassa et la fit asseoir à sa droite, il lui fit comprendre que sa vie avait atteint son terme. Elle éclata en sanglots et pour la consoler, il lui dit :

– Tu seras la première des membres de ma Maison qui me rejoindra dans la tombe. Il ajouta :N’accepterais-tu pas d’être la sayyida de cette Communauté ?

Fatima sourit de cette nouvelle. Aisha qui rapporta cette scène, dit qu’elle n’avait jamais vu une joie aussi proche de la tristesse. Elle demanda à Fatima la raison de ce changement brusque d’humeur. Celle ci lui avait répondu sur le moment qu’elle ne pouvait pas révéler un secret que le Prophète saws lui dévoilait.

Quelques jours après, la maladie du Prophète saws empira. La peur se mêla à l’angoisse. Fatima entoura son père de toute son attention, ne cessant pas d’implorer Dieu de renforcer son courage et sa patience. Fatima sentit que l’état de son père empirait quand elle le vit prendre de l’eau de sa main et le renverser lentement sur sa tête. Elle l’entendit lui dire de ne pas être triste après sa mort. Quelques temps après, l’Envoyé de Dieu saws, quitta ce monde, les musulmans et les êtres les plus chers de sa famille.

Fatima s’évanouit. Elle ne sortit complètement de son évanouissement qu’après le serment d’allégeance prêté à Abu Bakr, soit 48 heures après la mort de son père. Elle alla se recueillir sur sa tombe et revint à la maison où elle fut accueillie par Anas Ibn Malik, le serviteur de l’Envoyé. Celui-ci ne pouvait que lui demander de se montrer patiente à la suite de cette perte qui a endeuillé toute la Communauté musulmane. Elle lui répondit :

– Comment ton coeur t’a permis d’abandonner à la terre le cadavre de l’Envoyé de Dieu ?

Malik éclata en sanglots. Il ne pouvait pas contenir ses larmes alors qu’il conseillait la patience à d’autres. Entre temps, ‘Ali arriva et lui fit part que beaucoup de musulmans déclaraient que le califat aurait dû lui revenir. Cependant, les décisions s’étaient précipitées. Non seulement, l’Islam n’avait jamais prescrit que le califat devait être héréditaire, mais il était trop tard pour revenir sur le premier serment d’allégeance accordé à Abu Bakr. Ce fut ce que des Compagnons avaient dit à Fatima :

« Ô fille de l’envoyé de Dieu ! Notre serment d’allégeance a été donné à Abu Bakr. Si ton mari, fils de ton oncle paternel, s’était présenté plus tôt à nous, nous n’aurions pas préféré un autre à lui. »

Mais ‘Ali avait répondu : « Devais je abandonner l’Envoyé de Dieu dans sa maison sans l’enterrer, et sortir pour disputer le pouvoir à d’autres ? »

Abu Bakr demanda à Umar de l’accompagner chez Fatima afin de la convaincre d’accepter le fait accompli, d’autant plus, qu’en sa qualité de premier calife de l’Islam, il lui avait refusé d’hériter de son père, partant du principe qu’on n’hérite pas des prophètes. Arrivé sur les lieux, Abu Bakr prit la parole en disant :

– Ô Bien-aimé de l’Envoyé de Dieu ! Par Dieu ! Ta parenté à l’Envoyé de Dieu est meilleure, pour moi, que ma parenté. Mon affection pour toi est plus forte que celle que je porte à ma fille ‘Aisha. Le jour où ton père est mort, j’aurais aimé mourir ce jour-là et ne pas rester en vie après lui. Je reconnais ton mérite et ta dignité. Si je t’ai privé d’hériter de l’Envoyé de Dieu, c’est parce que je l’ai entendu dire, parlant des prophètes : « Personne n’hérite de nous. Ce que nous possédons doit être distribué en aumônes. »

Fatima rennonca donc à sa demande d’héritage. Par contre, elle s’isola dans sa tristesse et son deuil, pleurant la mort de son père. Il ne lui restait plus qu’à le rejoindre ainsi qu’il le lui avait annoncé quelques temps avant d’aller à la rencontre de son Créateur.

Ce fut ainsi que le lundi, le deuxième jour du mois de ramadan, an XI, Fatima embrassa les membres de sa famille, emplissant ses yeux de larmes chaudes. Puis, elle appela Um Rafi’, la protégée de son père et lui dit, d’une voix basse, à peine perceptible, de lui préparer de l’eau. Elle se lava ainsi qu’elle le faisait elle-même auparavant, vêtit des habits neufs, remplaçant ceux du deuil qu’elle portait, puis elle dit à Umm Rafi’ de poser sa literie au mileu de la chambre. Elle s’allongea, ferma les yeux et s’endormit. Ce fut ainsi qu’elle mourut.

‘Ali l’ensevelit en pleurant et l’enterra dans le cimetière al-Baqi. Il lui fit ses adieux et retourna, l’air abattu, dans cette maison devenue lugubre depuis la disparition de son épouse.

Fatima « la resplendissante » n’avait que 29 ans.

Ses mérites

Le Prophète saws avait un profond amour pour Fatima , il dit une fois : « Quiconque plait à Fatima plait en réalité à Dieu, et quiconque cause sa colère cause en réalité celle de Dieu. Fatima est une partie de moi. Ce qui lui plait me plait aussi, et ce qui l’a met en colère me met aussi en colère »

Il dit aussi : « Les meilleures femmes au monde sont au nombre de quatre : la vierge Marie, Assiya la femme de Pharaon, Khadija la mère des croyants, et Fatima, la fille de Muhammad. »

On donna à Fatima  le titre de az-Zahra, ce qui signifie la Resplendissante, en rapport avec son visage radieux, qui semblait diffuser de la lumière. On dit que lorsqu’elle se levait pour la prière, le mihrab reflétait la lumière de son visage. On l’appelait aussi al-Batul, en raison de son ascèse. Au lieu de passer son temps en compagnie d’autres femmes, elle passait beaucoup de son temps en prière, à lire le Coran ou à d’autres actes d’adoration.

Fatima  avait une forte ressemblance avec son père, le Messager de Dieu saws. Aisha , l’épouse du Prophète, dit d’elle : « Je n’ai jamais vu une créature de Dieu qui ressemblait davantage au Messager de Dieu dans son langage, sa conversation et sa façon de s’asseoir que Fatima. »

Fatima

Les bonnes manières de Fatima , son doux langage, faisaient partie de sa ravissante et sympathique personnalité. Elle était particulièrement gentille avec les pauvres et les nécessiteux, et donnait souvent toute la nourriture qu’elle avait à quelqu’un qui se trouvait dans le besoin même si elle-même restait sur sa faim. Elle n’avait aucun amour pour les ornements, ni pour le luxe et le confort de la vie.

Elle a hérité de son père une éloquence convaincante, puisée dans la sagesse. Quand elle parlait, les gens étaient souvent émus aux larmes. Elle avait la capacité et la sincérité pour créer des émotions, émouvoir les gens aux larmes, et emplir leur cœur de louange et de gratitude pour Dieu pour ses faveurs et sa générosité inestimable.

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Islammedia 2011

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