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Archive for juillet 2012

La venue du mois de Ramadan par la confirmation de la vision de la nouvelle lune annonçant son début est une proclamation de la volonté inébranlable et de la ferme détermination que ressent chaque musulman qui se met à jeûner ce mois par obéissance à son Seigneur et pour profiter de l’école de la foi qu’il constitue. En jeûnant, le croyant profite ainsi des sagesses éminentes que renferment ce mois béni et cet important pilier de l’Islam. Parmi ces sagesses nous pouvons citer à titre d’exemple:

1-    Le fait que Ramadan est une expérience pratique de la sincérité du croyant; si en jeûnant ce croyant abandonne pendant la journée ce qui lui est licite comme nourriture et boisson, il ne lui sied pas qu’il fasse ce qui est illicite pendant ou en dehors du jeûne. Car un homme sensé n’abandonne pas ce qui est licite par obéissance à son Seigneur pendant le jeûne, pour commettre des actes qu’Allah, Exalté soit-Il, a interdits au cours ou en dehors de Ramadan; ainsi, la fornication est illicite selon l’avis unanime des musulmans et celui qui s’y livre ne figure pas parmi les jeûneurs même s’il délaisse sa nourriture au mois de  Ramadan.
Ainsi la sincérité de l’expérience porte le croyant à se soumettre aux prescriptions d’Allah, Exalté soit-Il, à tout moment et en toutes circonstances. Le Noble Coran fait allusion à cette sincérité dans le verset où Allah, Exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « ainsi atteindrez-vous la piété. » (Coran : 2/ 183). Cela veut dire : vous devez éviter les interdits d’Allah, Exalté soit-Il, au même titre que vous avez abandonné la nourriture et la boisson durant le jeûne.
2-    L’expérience du jeûne place un grand point d’interrogation devant les jeûneurs qui connaissent le sens de cette obligation qu’est le jeûne, et sur laquelle ils se doivent de réfléchir lorsqu’ils sentent la faim et la soif ainsi que l’amertume de la privation, éprouvant ainsi la même souffrance que ressent les pauvres et les démunis en dehors du mois de Ramadan. De même, quand ils ressentent la joie au moment de la rupture du jeûne pour le bienfait qu’Allah, Exalté soit-Il, leur a accordé ; le pauvre éprouve, lui aussi, cette joie lorsque les riches le réconfortent et lui épargnent la souffrance de la faim et de la pauvreté ; et ceci est la signification de la solidarité sociale. Celui qui n’est pas conscient de ces significations ne figure pas au nombre des jeûneurs. Voilà pourquoi le Messager () a dit : « N’est pas Croyant celui qui passe la nuit le ventre plein alors que son voisin, à côté de lui, a le ventre vide. »
3-    Le plaisir moral et la tranquillité spirituelle ressentis grâceà l’unité de la société dans l’accomplissement de cette obligation lorsque ses membres s’abstiennent de la nourriture et de la boisson au même moment et qu’ils rompent leur jeûne au même moment. La rupture du jeûne vient après que l’âme ait patienté et souffert, elle qui était habituée à une chose et qui doit s’en passer pendant les journées de Ramadan; le Messager, , a dit : «  Le jeûneur a deux joies, une première lors de la rupture du jeûne, et une seconde lorsqu’il rencontre son Seigneur. « 
4-    Le fait de se débarrasser, pendant ce mois, de l’hégémonie de l’âme et de ses passions, car il se peut que l’un de nous ne puisse se priver durant quelques heures de nourriture et de boisson mais lorsque vient le mois de Ramadan, bien qu’il ait à portée de maintout ce qu’il peut désirer, il ne tendra pas sa main pour en prendre, par obéissance et soumission à l’ordre d’Allah Exalté soit-Il. Cela dépend seulement de son libre-arbitre et il pouvait rompre le jeûne sans que les gens ne le sachent, mais sa crainte d’Allah, Exalté soit-Il, l’en empêche, c’est pour cela que le jeûne est un acte d’adoration exempt de toute impureté, etpar lequel le serviteur ne cherche que la rétribution d’Allah, Exalté soit-Il; Allah, Exalté soit-Il, dit dans le Hadith Qoudoussi : « Toute l’œuvre du fils d’Adam lui appartient à l’exception du jeûne qui M’appartient et c’est Moi Qui en rétribue.» C’est pour cela que les jeûneurs ont le privilège d’avoir une porte qui leur est propre en entrant au Paradis, nommée  » Ar-Rayane« , une porte que ne franchira pas celui qui gâte son jeûne par la perpétration de  péchés allant à l’encontre de cet grand acte d’adoration.
5-    Les bienfaits psychologiques et sanitaires du jeûne ne sont plus un secret pour personne, après leur confirmation par lesdécouvertes scientifiques, alors que ceux qui sont bien enracinés dans la science n’ont pas besoin de ces découvertes pour comprendre que tout acte imposé par Allah, Exalté soit-Il, à Ses serviteurs contient des sagesses infinies et des bienfaits inéluctables. Combien c’est satisfaisant de passer sa journée délaissant ses désirs et accomplissant l’un des actes d’adoration les plus éminents !
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Les cris et les pleurs de Zaynab vibraient encore entre les quatre murs de la maison, quand une seconde fille, Ruqiyya , était venue égayer la maison du Prophète  et de son épouse Khadija. Cette naissance était comme la première une bonne et heureuse nouvelle.

Comme ses soeurs, elle reçut la meilleure éducation.

Le mariage des deux soeurs :

Quelque temps après le mariage de Zaynab avec Abu l-As Ibnu-r-Rabi’, une délégation de la famille de Abd al-Muttalib arriva dans la maison de Muhammad . Elle etait venue pour demander la main de Ruqiyya et sa petite soeur Um Kaltoum pour ‘Ataba et ‘Utayba, les deux neveux de ‘Abdul-‘Uzza.

Les deux filles n’avaient rien à reprocher aux deux prétendants, mais elles s’inquietèrent de la réputation de Umm Jamila, la femme de ‘Abdul-‘Uzza et mère des deux jeunes hommes, qui était connue pour avoir un coeur dur, insensible aux malheurs des autres. Elle était, de plus, une mauvaise langue.

Mais Ruqiyya et Um Kaltoum ne purent pas décliner la proposition de mariage, car un refus aurait été ressentit comme un affront et une humiliation à Umm Jamila, qui n’aurait pas hésité à créer une zizanie dans le clan Quraychite.

Ainsi, elles acceptèrent de se marier pour ne pas causer de problème entre leur Père Muhammed et ses proches parents. Il ne leur restait qu’à supporter l’animosité de ‘Abdu-l-‘Uzza et la malveillance de sa femme.

Répudiation et Persécution

Le Mariage ne durera pas longtemps. En effet, dès que le Prophète  commença sa mission et se mit a appeler les gens à la religion de la vérité, ses deux filles Umm Kaltoum et Ruqiyya furent chassées de la maison d »Abdu-l-‘Uzza surnommé Abu Lahab et retournèrent auprès de leur père et leur mère.

Les membres de la famille des deux maris, enracinés dans leur idolâtrie, avaient été encouragés par les Quraysh, aussi entêtés dans leur mécréance qu’eux, à répudier les deux filles sans tarder :

– En vous mariant avec ses filles, vous avez soulagé Muhammad de ses soucis. Rendez lui donc ses filles pour le faire replonger dans ses insolubles problèmes.

Ils promirent aux deux fils d’Abu Lahab de les marier avec n’importe quelles autres femmes qurayshites qui leur plairaient.

Umm Jamil etait, en réalité, jalouse de as-sayyida Khadija. Elle éprouvait même de la haine envers elle. En incitant les gens contre Muhammad, elle voulait, par la même occasion, altérer le bonheur de son épouse, bonheur qui était cité en exemple dans le milieu mecquois. Non seulement, elle lui rendit ses deux filles, mais elle, et son mari, descendirent dans l’arène de la bataille qui opposait le Sceau des envoyés aux Qurayshites. Il n’y avait pas quelqu’un d’aussi virulent qu’elle et aussi méchant que son époux.

C’est d’elle et de son mari qu’il est question dans la sourate 111 intitulée « Al-Massad », ce qui augmentera davantage leur colère et leur agression :

Que périssent les deux mains d´Abu-Lahab et que lui-même périsse. Sa fortune ne lui sert à rien, ni ce qu´il a acquis. Il sera brûlé dans un Feu plein de flammes. De même sa femme, la porteuse de bois, à son cou, une corde de fibres.

Lorsque cette sourate fut revelée, Umm Jamil, la femme d’Abu Lahab, chercha le Prophète  qui se trouvait avec Abu Bakr dans l’enceinte de la Ka’ba. Ce dernier, en voyant Umm Jamil s’avancer vers eux, dit au Prophète :

– Mets-toi de côté ou quitte la mosquée car il semble qu’elle est venue t’agresser.

Abu Bakr, quelque peu surpris, reçut cette réponse :

– Il y aura comme un écran entre elle et moi. Ainsi elle ne le vit pas.

La femme d’Abu Lahab dit à Abu Bakr sur un ton coléreux, tout en dévoilant son ignorance sur l’origine et la portée de la révélation divine :

– Ton compagnon fait de la poésie contre moi.

Abu Bakr répliqua comme pour rectifier l’erreur de cette femme perfide et lui expliquer la vraie dimension du Livre de Dieu :

– Par Allah ! Il ne dit pas de la poésie.

Quand elle partit, étonné, Abu Bakr dit à son ami :

– Ô Envoyé de Dieu ! Comment se fait il qu’elle n’a pas pu te voir alors que tu es assis près de moi, aussi visible que moi même ?

Le Prophète  répondit en souriant, insouciant de l’incrédulité de cette femme vouée, incontestablement, aux affres du Feu :

– En effet, un ange s’est interposé entre elle et moi.

Le Mariage de Ruqiyya et ‘Uthman Ibn ‘Affan

En renvoyant les deux filles chez leurs parents, Abu Lahab et sa femme Umm Jamil pensaient perturber la famille du Prophète.

Ainsi, leur tentative échoua lamentablement d’autant que Uthman Ibn Affan ne tarda pas à demander la main de Ruqiyya. Celle ci allait connaître une meilleure vie conjugale avec cet homme qui faisait partie des dix hommes auxquels le Paradis avait été promis. Il appartenait à la jeunesse dorée des Quraysh. Cette union venait renforcer la communauté musulmane, d’autant plus que ses membres étaient disposés à sacrifier leurs biens et leur vie pour le triomphe de la religion de Dieu.

L’émigration en Abyssinie

Lorsque le Prophète  vit que l’oppression s’accentuait et qu’il n’avait aucun moyen de s’y opposer, il ordonna aux croyants d’émigrer en terre d’Abyssinie où régnait un roi juste, incapable de faire du mal aux gens.

Uthman Ibn Affan a été le premier à émigrer accompagné de sa femme Ruqiyya. Celle ci ne pouvait pas retenir ses larmes. Elle embrassa son père, sa mère et ses soeurs avant de suivre son mari vers ce pays étranger qu’elle voyait pour la première fois.

Les Abyssins accueillirent convenablement les premiers émigrants et le Négus les laissa vaquer à leurs occupations en toute liberté. Il leur permit de pratiquer leur religion sans qu’aucun ne puisse exercer sur eux une quelconque contrainte.

Cet état ne fit qu’accroître la colère des associateurs mecquois. Ils n’admettaient pas que des musulmans puissent vivre en sécurité. Ainsi, ils décidèrent d’envoyer une délégation pour convaincre le Négus de renvoyer les émigrants à la Mecque, mais le Roi Chrétien refusa de les expulser à cause de leur croyance à Jésus Christ.

L’échec de la tentative procura une immense joie aux musulmans qui allaient vivre en paix, sans toutefois oublier leur patrie.

Ruqiyya était de celles qui avaient le plus de nostalgie. Il est vrai que c’était la première fois de sa vie qu’elle se séparait de son père, sa mère et ses soeurs. Cependant, les événements qu’elle avait subis à la Mecque et les fatigues du trajet jusqu’en Abyssinie avaient quelque peu épuisé ses forces. Sa santé était si fragile qu’elle ne pouvait supporter le bébé qui était dans son ventre. Ce fut alors qu’elle fit une fausse couche. Dieu merci, elle aura un autre enfant une année plus tard. Elle lui donna le nom de son grand-père : ‘Abd Allah.

La faiblesse ressentie par Ruqiyya ne la découragea pas parce qu’elle était entourée des soins de son mari et de l’attention des émigrants. Leur précieuse aide lui fit surmonter la crise morale dont elle avait été atteinte. Sa santé s’améliora encore davantage quand elle apprit que le blocus organisé autour de sa famille avait été levé.

Les nouvelles lui parvenaient, de temps à autre, de la Mecque. Ce fut ainsi qu’elle apprit que de nouveaux membres étaient venus renforcer la communauté musulmane. L’information la plus importante portait sur l’annonce de la réconciliation des assiciateurs avec son père. Cette fausse nouvelle s’était propagée à la suite de la mauvaise interprétation qui a été faite sur ce qui est appelé « les versets sataniques ». La révélation avait mis les choses au point mais les émigrants ne l’avaient pas appris à temps. Aussi, leur éventuel retour à la Mecque les remplissait de joie.

Le Retour à la Mecque

En effet, quelques temps après, des émigrants firent les préparatifs nécessaires pour leur retour. Les partants étaient au nombre de trente trois conduits par Uthman Ibn Affan, accompagné de sa femme et de son nourrisson Abd Allah. La perspective de revoir leurs familles et leurs amis les comblait de gaieté et d’allégresse. Ils se voyaient déjà vivre dans la tranquillité et la paix.

Hélas ! Ils s’aperçurent que rien n’avait changé. Les musulmans mecquois étaient toujours harcelés et brutalisés par les mécréants. Ruqiyya entra néanmoins dans la maison de ses parents en toute confiance. Elle entoura de ses bras ses soeurs Um Khatum et Fatima, ignorant la mauvaise nouvelle qui l’attendait. Elle tourna son regard à droite et à gauche et demanda :

– Où est mon père et où est ma mère ?

Elle apprit que son père était allé à la rencontre des émigrants. Puis, un silence pesant s’abattit dans la maison. Elle répéta sa question :

Et ma mère où est-elle ? , le coeur palpitant.

Um Kaltoum se tut. Quant à Fatima, elle sortit de la chambre, ses yeux gonflés de larmes. Ruqiyya se dirigea vers la chambre de sa mère qu’elle trouva vide. Elle comprit que celle qui lui donna le jour, n’était plus de ce monde. Elle demeura pétrifiée de douleur jusqu’à l’arrivée de son père qui la consola

L’émigration à Médine et décès de Ruqiyya

Ruqiyya ne resta pas longtemps à la Mecque. Après l’émigration de son père à Médine, ce fut ensuite son tour d’aller le rejoindre, en compagnie de son mari.

A Médine, elle feignit d’oublier la mort de sa mère et les misères qu’elle traversait depuis que son père s’était mis à appeler les gens à se conformer à la religion de Dieu. Hélas, Dieu lui fit connaître de nouvelles épreuves. En effet, son fils Abd Allah mourut alors qu’il n’avait que six ans. Elle tomba elle même malade, entourée par les soins de son mari.

Ruqiyya était dans un état critique quand elle entendit l’appel au Jihad. C’était la mobilisation des Muhajirins et des Ansars qui allaient affronter l’ennemi à Badr. Uthman aurait souhaité répondre à cet appel mais son coeur ne l’autorisait pas à quitter Ruqiyya qui luttait contre les affres de la mort. D’ailleurs, le Prophète  l’en dispensa, lui ordonnant de demeurer au chevet de sa femme mourante. Quelques temps après, elle perdit l’âme, au moment où l’annonce de la victoire des croyants sur les mécréants se répandit dans toute la ville de Médine.

Le Prophète  arriva, s’approcha du lit de la défunte et l’embrassa sur le front en signe d’adieu. Ensuite, il alla consoler Fatima qui, courbée sur le lit de sa soeur, versait de chaudes larmes.

Toutes les croyantes accoururent en apprenant la malheureuse nouvelle de la mort de Ruqiyya. Aucune d’elles ne pouvait retenir ses larmes, tant une profonde tristesse agitait leurs coeurs. Leurs cris irritèrent Umar Ibn Khattab qui les réprimanda en leur disant que ce lieu avait besoin de calme et de tranquillité. Le Prophète , stoppa leurs lamentations en disant :

– Tout ce qui est dans les yeux et le coeur émane de Dieu et de sa Miséricorde. Quant à ce qui vient de la main et de la langue est produit par Satan.

Après quoi, il fit la prière sur sa fille Ruqiyya, cette femme qui avait connu deux émigrations, l’une en Abyssinie et l’autre à Médine et dont la mort coïncida avec l’éclatante victoire de la foi sur la mécréance à Badr.

Qu’Allah soit satisfait de Ruqiyya 

Extrait du Livre

La maison du Prophète : Ses épouses, ses filles,…

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Zaynab  était la fille aînée de l’Envoyé de Dieu  et de Khadija . Sa naissance précéda de dix ans, la révélation divine faite à son père. Quant à sa mère, elle entrait dans sa quarante cinquième année.

Elle épousa son cousin Abû-l-Âs Ibnu Rabi’, qui faisait partie des hommes riches et honorables de la Mecque.

Ils eurent deux heureux événements, en premier lieu la naissance d’une fille dénommée Oumama et plus tard, un garçon prénommé Ali. Ces circonstances ont eu lieu juste avant l’Hégire du Messager de Dieu.

Les premiers à croire à sa mission et à rallier l’Islam furent sa femme Khadija, Zeinab et ses soeurs, Ali fils de Abi Talib ainsi que Zaïd, fils de Harith (que Dieu les agrée), qui faisait partie de la famille du Messager de Dieu saws. Ce fut la première famille islamique.

De retour d’un voyage, Abû-l-Âs fut mis au courant au sujet de la nouvelle religion que son beau-père devait communiquer au peuple, à savoir, l’adoration d’un Dieu unique. Zaynab exhortait son époux à se rallier à sa foi. Hélas, il déclina l’offre, argumentant sur le fait que l’on dise, qu’il a soi-disant abandonné la religion de ses aïeux pour l’Islam, et tout cela à cause de sa femme.

Les Qurayshites multipliaient leur agressivité à l’égard du Prophète saws. Ce fut ainsi que les notables de Quraysh décidèrent, dans une proclamation, affichée à la Kaaba, d’organiser un blocus autour de la famille du Prophete saws. Celui ci, ses parents et ses adeptes furent isolés dans un terrain, non loin de la Mecque. Le blocus dura trois longues années.

Certes Zaynab ne faisait pas partie de ceux qui avaient été bannis. Mais les nouvelles de sa famille lui parvenaient jusqu’à la maison de son mari. Elle ne pouvait qu’être peinée par l’état dans lequel son père, sa mère et ses soeurs vivaient.

Cet isolement prit fin après que quelques personnalités mecquoises se révoltèrent contre le sort réservé au Prophète saws. Ils décidèrent d’arracher la proclamation des murs de la Kaaba. Enfin, si la vie relativement normale reprit son court, il n’en resta pas moins que ce blocus eut de néfastes répercussions sur la santé de son oncle Abu Talib et de sa femme Khadija.

En effet, Abu Talib qui accordait sa protection au Prophète saws, mourut six mois après la fin du blocus, suivi trois jours après par la mort de Khadija. Ainsi, les premiers soutiens du Prophète saws disparurent.

Les idolâtres redoublèrent alors leur persécution jusqu’à ce que vint l’ordre du Messager de Dieu sawsd’émigrer. Une petite partie des fidèles se rendirent en Abyssinie dont sa soeur Ruqyiya. Le reste des fidèles finirent par quitter la Mecque pour se rendre à Médine, suivi plus tard par le prophète Muhammad et son fidèle compagnon Abou Bakr (que Dieu l’agrée). Zaynab demeura ainsi seule à la Mecque en compagnie de ses enfants.

Lors de la bataille de Badr, les Musulmans étaient approximativement trois cents, alors que les Qoraychites furent un millier. Pourtant, les musulmans remportèrent la victoire avec l’aide du Tout Puissant. Rentrant victorieux à Médine avec un butin et de nombreux prisonniers de guerre, parmi lesquels se trouvait Abû-l-Âs.

Les Musulmans avaient exigé une rançon contre la liberté des captifs. A la Mecque, les Qorayshites se rendirent chez les parents des détenus, afin de réunir la rançon réclamée. Ils se rendirent chez Zeinab (que Dieu l’agrée) lui réclamant le prix de la rançon contre la liberté de son mari. Elle ne possédait que le bijou que Khadija lui offrit lors de son mariage. Le Prophète saws l’ayant reconnue, il pleura et expliqua aux musulmans les faits, leur demandant avec leur approbation la liberté d’Abû-l-Âs.

Abû-l-Âs rentra ainsi chez lui. Quand Zaynab le vit, elle sauta de joie. Cependant, ces retrouvailles allaient être suivies par une nouvelle séparation. En effet, le Prophète saws avait demandé que sa fille lui soit ramenée à Médine. Il n’était plus possible à une croyante d’être unie à un mécréant.

Il faut rappeler que les deux soeurs de Zaynab, Ruqiyya et Umm Kaltoum, furent répudiées par leurs maris idolâtres. Par contre celui de Zaynab refusa de divorcer malgré la promesse des notables de son clan de le marier le plus rapidement possible.

Malgré l’amour qu’elle portait à son mari, Zaynab était une fille obéissante. Elle ne pouvait pas aller à l’encontre de la décision de son père, d’autant plus qu’elle revêtait un caractère religieux. Enceinte, elle s’apprêta à émigrer, les préparations terminées, elle se mit en route en plein jour et devant les Qoraychites, accompagnée seulement par le frère de son conjoint. La nouvelle de son exode est parvenue aux oreilles des ennemis de l’Islam, et la blessure de la défaite était encore béante chez eux, et l’auteur n’était autre que son père, il fallait se venger, ils envoyèrent quelques hommes pour les intercepter.

Ils finirent par les rejoindre hors de la Mecque. Le premier qui les aperçut, fut Habbâru Ibn al-Aswad qui avait perdu à Badr ses trois frères. Il piqua de sa lance le chameau sur lequel était montée Zaynab. Le chameau se rua et fit tomber Zaynab qui heurta un rocher tout prêt de là. Grand archer, son beau frère s’était mis en position l’arc à la main, la défendant contre quiconque voulait s’approcher d’elle. A cet instant précis, Abou Soufyan, qui ne se trouvait non loin de là, intervint en disant :

Ô Kinâna (le frère du mari de Zaynab), Baisse ton arc. Nous avons à parler ! Je ne m’oppose pas au départ de Zaynab qui va rejoindre son père. Cependant, vous partez en plein jour, au vu et au su de tous alors que tu connais le malheur qui nous a frappé à Badr. En te laissant partir, les gens prendront cela comme une humiliation et une faiblesse de notre part. Retourne donc sur tes pas et attends que le calme revienne. Les gens sauront que nous nous sommes opposés à ce départ. Ensuite, tu reprendras Zaynab et tu la conduiras chez son père discrètement.

Zaynab était à terre, le sang coulant de sa blessure provoquée par sa chute. Kinâna fit demi-tour avec sa belle sœur à la Mecque où malheuresement elle perdit son foetus. Son mari resta avec elle jusqu’au moment où ses blessures se cicatrisèrent. Une fois ses forces revenues, elle quitta la Mecque avec son beau frère. Cette fois les poursuivant de la veille fermèrent leurs yeux.

Médine accueillit la fille du Prophète avec enthousiasme. Le Prophète saws montra sa joie, d’un côté, mais il était courroucé par le traitement que les idolâtres avaient fait subir à sa fille.

Zaynab vécut, au cours des six premières années à Médine, dans la sérénité, si ce n’est l’espoir d’apprendre un jour que son mari venait d’embrasser l’islam. C’est que depuis son arrivée auprès de son père, des centaines et des centaines de gens avaient rejoint la religion de Dieu. Elle voyait que la victoire que le Très Haut avait promis à son Messager était certaine.

Un matin, à l’heure de la prière du fajr, elle entendit sa porte s’ouvrir lentement et avec précaution. Soudain, elle vit son mari, debout au seuil de la maison. Elle fut transportee de joie et cria: «Abû-l-Âs ! Abû-l-Âs !». Ces retrouvailles n’etaient pas toutes empreintes de joie. L’époux de Zaynab n’était pas venu a Médine en tant que Musulman mais comme fugitif. II demeurait encore associateur comme il l’était avant. Il lui donna alors les explications suivantes:

– Ô Zaynab! Je ne suis pas a Yathrib en tant que musulman. Je revenais de Syrie avec une caravane transportant certaines marchandises à moi et d’autres à un groupe de Qurayshites. Au cours du chemin, une expédition militaire, conduite par Zayd Ibn Harith et comprenant cent soixante-dix hommes, nous intercepta. J’ai réussi à leur échapper. Je me suis caché jusqu’à la tombée de la nuit. A présent, je suis là en cachette et je me place sous ta protection.

Zaynab etait angoissée. Elle ne savait quelle attitude prendre. Elle garda le silence et entendit son père prononcer le takbîr de la priere de l’aube. A la fin de l’office, elle sortit au seuil de la porte et voyant les croyants sortir en groupe de la mosquee, elle cria:

– Ô vous les gens ! Sachez que j’ai sous ma protection Abû-l-Âs Ibn Rabi’.

L’Envoyé de Dieu saws dit à son entourage:

– Avez vous entendu ce que j’ai entendu ? Ayant reçu une réponse positive, il ajouta « Par celui qui détient l’âme de Muhammad dans ses mains, je n’étais pas au courant de cette nouvelle jusqu’au moment où je l’ai entendue comme vous. » Il poursuivit après un court silence : « Je place sous ma protection ce que ma fille a placé sous sa protection« .

Le Prophete saws entra chez sa fille. Dès que Zaynab le vit, elle s’écria, attendant de lui son approbation et son soutien:

 Ô Envoyé de Dieu ! Si Abû-l-Âs est proche, c’est qu’il est le fils d’un oncle. Et s’il ne l’est pas, il reste le père d’un enfant. Je déclare qu’il est sous ma protection.

Son généreux père manifesta de la tendresse à sa fille. Cependant, il lui apprit qu’étant musulmane et lui associateur, elle n’était plus licite pour lui. Zaynab comprit que l’union conjugale était, à présent, interdite par la religion de Dieu puisque celle-ci n’autorisait pas le mariage d’une croyante avec un idolâtre. Aussi, lui dit-elle d’un ton triste: «C’est le moment de notre séparation». Abul-‘As se cacha le visage afin que son épouse ne voit pas les larmes qui coulaient sur ses joues. Apres quoi, il leva la tête et lui dit d’un ton calme et pondéré:

– « Hier, il m’a été proposé d’embrasser l’Islam et de prendre avec moi les biens que je transportais. Mais ces biens appartiennent aux associateurs. Aussi ai-je refusé d’obtempérer. C’est qu’il est malheureux que ma vie de musulman commence en trahissant la confiance de ceux qui m’ont remis leur dépôt. »

Zaynab le regarda bien en face, cherchant a déchiffrer la pensée de son mari. Elle n’en croyait pas ses oreilles. Etait-il vraiment disposé à embrasser l’Islam? Ce serait vraiment une nouvelle des plus importantes car ce serait leur retour à une vie conjugale commune.

Au matin, l’Envoye de Dieu saws envoya chercher Abu-l-‘As. Il se trouvait à la mosquée, entouré de quelques uns de ses Compagnons parmi lesquels ceux qui avaient participé a l’expédition et s’étaient emparés des marchandises de la caravane. Il leur dit:

– Comme vous le savez, cet homme est l’un de nous. Vous vous êtes saisie de sa marchandise. Si vous voulez lui rendre son bien, faites-le mais si vous ne le voulez pas, gardez-le car, faisant partie d’un butin de guerre, il est de votre droit de le garder.

Tous, d’une même voix, répondirent :

– Ô Envoyé de Dieu! Nous lui rendons les biens que nous lui avons pris.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Tous les biens, sans exception, furent restitués.

Au moment de se dire adieu, Abu-l-‘As promit à l’Envoyé de Dieu saws qu’il embrasserait l’Islam dès qu’il aurait remis les biens à leurs ayant droits.

Abu-l-‘As arriva à La Mecque. Les Mecquois étaient ravis de son retour avec des gains appréciables, conséquents à de fructueuses tractations commerciales. Il s’assura que tous avaient récupéré leurs biens. Puis, balayant du regard l’assistance, il dit avec calme et moderation mais d’une voix distincte pour qu’il puisse être entendu:

– « Je témoigne qu’il n’y a point de divinité en dehors de Dieu et je témoigne que Muhammed est le serviteur et l’Envoyé de Dieu. » Il continua : « Si je n’ai pas donné mon adhésion à l’Islam alors que je me trouvais à Médine, c’est pour que vous ne disiez pas que je voulais m’accaparer de vos biens. A présent que je vous ai restitué votre dû, je me déclare musulman. »

Après quoi, il partit en direction de Médine, laissant Ie public abasourdi par cette sensationnelle nouvelle. Quant à lui, il resplendissait de joie car il allait retrouver sa femme bien-aimée et vivre auprès d’elle le restant de leurs jours. Arrivé à Médine, il se dirigea vers la mosquée où se trouvait le Prophète. Sur son passage, les musulmans le saluaient et le félicitaient d’avoir embrassé l’Islam.

Mais lui, il etait préoccupé par une seule idée: est-ce que 1’Envoye de Dieu allait accepter une nouvelle union avec Zaynab? Etant musulman, rien ne s’opposait a ce qu’il vive sous le même toit que Zaynab. C’est pourquoi, le Prophète saws prit son beau-fils par la main et le conduisit chez sa fille. C’était ainsi que le rempart, qui les avait désunis, avait été détruit et que la vie conjugale entre les deux époux reprit naturellement.

Hélas, une année après la reprise des liens conjugaux, Zaynab mourut au début de l’an huit de l’Hégire. Cette fois, c’était une séparation definitive en ce monde.

C’est le Prophète saws qui la déposa dans sa tombe et on sait qu’il invoqua Allah en sa faveur.

Quant à Abû-l-`As, il survécut jusqu’au califat de `Umar.

Qu’Allah soit satisfait de Zaynab 

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L’ingratitude est une dépravation morale et une perversion de la nature humaine ; c’est un signe d’engourdissement de la conscience humaine. Le point le plus bas de l’échelle de cette immoralité est l’ingratitude manifestée envers les fondateurs de la religion, les enseignants de la morale et les plus grands bienfaiteurs de l’humanité.
Il est maladroit pour n’importe qui, d’être grossier et offensant, qui plus est quand on s’attaque à ces nobles âmes fondatrices des religions, puisqu’on porte atteinte aux sentiments de millions de personnes qui ne font pas que suivre ces grands hommes, mais sont également disposées à donner leur vie pour eux. De telles manœuvres de nature outrageuse intègrent également le rejet de la vérité. Aucun peuple, aucun pays ou aucune société cultivée ne devrait tolérer ou défendre des personnes aussi dépravées, mal élevées et dépourvues de conscience.
Il convient à présent de souligner les hommages rendus au plus grand bienfaiteur de l’humanité par quelques éminents hommes de lettres de cette partie du monde d’où j’interviens. L’un de ces hommes sincères, Lamartine de nationalité française, dit dans son témoignage de la prophétie de Muhammad (Qu’Allah le bénisse et le salue) : Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n’ont remués que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé, quand ils ont fondé quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel… Ce patriotisme, vengeur des profanations du ciel, fut la vertu des enfants de Mahomet ; la conquête du tiers de la terre à son dogme fut son miracle, ou plutôt ce ne fut pas le miracle d’un homme, ce fut celui de la raison…
L’idée de l’unité de Dieu, proclamée dans la lassitude des théogonies fabuleuses, avait en elle-même une telle vertu, qu’en jaillissant de ses lèvres elle incendia tous les vieux temples des idoles et alluma de ses lueurs un tiers du monde.
John William Draper, le célèbre auteur de A History of the Intellectual Development of Europe, a écrit : Quatre ans après la mort de Justinien, en 569 après J.C., naissait à la Mecque, en Arabie, l’homme qui, parmi tous les hommes, allait exercer la plus grande influence sur la race humaine… Mahomet. Il ajoute que: Mahomet possédait cette combinaison de qualités qui, plus d’une fois, a décidé du sort des empires… En affirmant cette vérité éternelle, il ne s’engageait pas dans une vaine métaphysique, mais s’appliquait à améliorer les conditions sociales des hommes par des prescriptions sur l’observation de la propreté individuelle, de la sobriété, du jeûne et de la prière.
Le grand historien et philosophe de ce siècle, A. J. Toynbee, a déclaré : La disparition du sentiment racial, comme c’est le cas entre les musulmans, est l’une des plus importantes prouesses de l’Islam, et dans le monde contemporain il existe, justement, un besoin criant de propagation de la vertu islamique. Quelle étrange coïncidence que Thomas Carlyle ait choisi Muhammad (Qu’Allah le bénisse et le salue) comme le héros suprême il y a plus d’un siècle et, qu’aujourd’hui, au cours de la dernière décennie du vingtième siècle, Michael H. Hart des Etats-Unis d’Amérique place le Prophète (Qu’Allah le bénisse et le salue) en tête de sa liste des cent personnalités les plus influentes de l’histoire !
Le Prophète de l’Islam (Qu’Allah le bénisse et le salue) et ses adeptes ont rendu à l’humanité des services qui ont joué un rôle mémorable dans la promotion et le développement de la culture et de la civilisation. Seuls deux de ces services seront retenus ici, mais largement soutenus par des preuves historiques. Les étudiants d’histoire savent qu’au treizième siècle, le monde civilisé, divisé par deux grandes religions, le Christianisme et l’Islam, était subitement confronté à une situation qui menaçait la destruction imminente des deux vastes empires d’alors, leurs arts et sciences, leurs cultures et leur morale. Bref, tout ce que la race humaine avait laborieusement accompli durant les siècles derniers, une fois de plus, risquait de se réduire au barbarisme. À l’origine de cette situation se trouvait l’émergence soudaine de Genghis Khan (Tamuchin), un chef des tribus mongoles nomades, qui possédait des qualités remarquables de leadership qui lui permettaient de soumettre tout sur son passage. En 619/1219, Genghis Khan se tourna vers les pays civilisés de l’occident et du nord, les dévastant à coup de feu et d’épée.
L’ampleur de la gravité du coup assené sur les progrès sociaux et culturels par l’invasion mongole peut être appréciée à travers quelques descriptions graphiques de la rapine et du massacre des Mongoles, comme le présente Harold Lamb, biographe de Genghis Khan : “à leur passage, des villes étaient souvent rasées, les rivières détournées de leurs cours, des déserts peuplés de réfugiés et de mourants, et après leur passage, les loups et les grands corbeaux restaient souvent les seules créatures vivantes dans ces terres autrefois peuplées. La consternation envahit la chrétienté, une génération après la mort de Genghis Khan, lorsque les redoutables cavaliers mongols marchèrent sur l’Europe de l’ouest, lorsque Boleslas de la Pologne et Bela de la Hongrie désertèrent les champs frappés, et Henri, le Duc de Silésie, mourut a coups de flèche avec ses Chevaliers Teutoniques à Liegnitz — partageant ainsi le sort du Grand-Duc George de Russie. Ces détails sont suffisamment horribles pour qu’on s’y attarde aujourd’hui. Il s’agissait d’une guerre de très grande ampleur – une ampleur qui n’était pas très loin de la dernière guerre européenne.
Il s’agissait du massacre d’êtres humains non pas par haine, mais tout simplement pour en finir avec eux. Au mépris des valeurs humaines, ils avaient pu surmonter les terreurs des vastes déserts, les barrières des montagnes et des mers, les affres du climat et les ravages de la famine et de la pestilence. Aucun danger ne les impressionnait, aucun bastion ne leur résistait, aucune prière pour la clémence ne touchait leur sensibilité. Son œuvre est consignée, en grande partie, par ses ennemies. Son impact sur les civilisations était si dévastateur que pratiquement la moitie du monde devait repartir a zéro.
Les empires de Chathay, de Prester John, de Black Cathay, de Kharesem, de Russie, pour une période des principautés de la Pologne, et — après sa mort — le Khalifat de Baghdad, avaient disparu. Lorsque ce barbare indomptable venait à conquérir une nation, tous les autres conflits prenaient fin. Toute la conception des choses, déplorable ou non, s’en trouva bouleversée, et au sein des survivants à la conquête mongole, la paix s’installa dans la durée. Harold Lamd souligne à juste titre que l’impact des Mongols, orchestré par Genghis Khan, a été bien résumé par les auteurs de la Cambridge Medieval History en ces termes : Cette ‘nouvelle puissance de l’histoire’ – la capacité d’un homme à changer la civilisation humaine – avait commencé avec Genghis Khan et pris fin avec son petit fils Kublai, lorsque l’empire mongol fut au bord de l’éclatement. Elle n’a plus refait surface depuis lors. La terreur de l’invasion mongole n’était pas uniquement réduite au Turkestan, en Iran et en iraq. Les atrocités mongoles provoquaient des frémissements même dans les coins les plus éloignés du monde où l’on se serait attendu le moins à la présence de leurs armées.
Edward Gibbon écrit dans son livre History of the Decline and Fall of the Roman Empire : Le monde latin fut assombri par ce nuage d’hostilité sauvage, un fugitif russe avait porté l’alarme en Suède ; et les lointaines nations baltes de l’océan tremblaient à l’approche des Tartares, dont leur peur et ignorance avaient tendance à se départir de l’espèce humaine. Les Mongols ont d’abord attaqué Boukhara qu’ils rasèrent complètement. Aucune âme ne fut épargnée. Ensuite, ils mirent Samarkand en ruine et massacrèrent toute sa population. Les autres centres urbains du monde islamique d’alors subirent le même sort. Les Tartares auraient pu dévaster toute la Chrétienté (alors divisée sur le plan politique et souffrant de nombreux fléaux sociaux), comme le déclarait H.G. Wells : Un visionnaire amateur de l’histoire observant le monde à l’aube du septième siècle aurait conclu très raisonnablement que c’était simplement une question de quelques siècles avant que l’ensemble de l’Europe et de l’Asie ne tombent sous la domination mongole.
Harold Lamb écrit : Nous savons juste que les forces allemandes et polonaises se sont éclatées face à l’assaut de l’étendard mongol et furent exterminées ; Henri et ses barons moururent de la même manière que les Hospitaliers… En moins de deux mois, ils ont envahi l’Europe, des sources de l’Elbe à la mer, ont défait trois grandes armées et une douzaine de petites armées et pris d’assaut toutes les villes, excepté Olmutz.

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