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Archive for mars 2012

En ce qui concerne la sagesse à la base du mariage avec ces neuf femmes, il faut savoir qu’elle est connue d’office de toute personne ayant étudié la biographie du Prophète . En effet, chacun de ces mariages a une histoire relatant les raisons pour lesquelles le Prophète, , l’a contracté. De plus, il était licite à cette époque de se marier autant de fois qu’on le souhaitait. Le présent texte ne nous permet pas d’entrer dans le détail de ces mariages, mais nous allons donner quelques indications qui suffiront pour l’instant.
On sait que le Prophète, , a passé sa jeunesse et une partie de sa maturité, jusqu’à cinquante ans, avec une seule femme, plus âgée que lui de quinze ans. Il l’avait épousée alors qu’elle-même avait déjà connu le mariage. Elle possédait en outre des enfants d’autres maris. Malgré cela, ils vécurent tous deux dans le bonheur le plus complet. Après la mort de cette première épouse, le Prophète, ,   ressentait toujours pour elle de l’amour, en disait du bien, se réjouissait à son souvenir. Cela lui valut d’ailleurs la jalousie de sa jeune épouse Aïcha, alors que la première épouse était dans sa tombe.
La première femme que le Prophète, , épousa après son veuvage était Sawda Bint Zamâa. C’était une femme âgée, qui ne se distinguait ni par la jeunesse ni par la beauté. Le Prophète, , voulu ensuite faire honneur au plus proche de ses Compagnons, Abou Bakr, en épousant sa fille, malgré sa jeunesse. La belle-alliance avec le chef d’une tribu était alors considérée chez les Arabes comme une forme d’honneur et de distinction. Ainsi, le Prophète, , lui demanda la main de Aïcha, alors qu’elle n’était pas encore en âge de se marier. Aussi, ne consomma-t-elle son mariage qu’après des années.
Le Prophète, ,épousa ensuite Hafsa Bint Omar, la fille du deuxième homme le plus proche du Prophète, , après Abou Bakr. Omar avait préalablement proposé la main de sa fille à chacun de ses deux amis, Abou Bakr et Othmane, qui ne lui donnèrent pas de réponse. Le Prophète,  ,l’épousa alors, honorant et distinguant ainsi Omar, comme il l’avait fait auparavant avec Abou Bakr, qu’Allah les agrée tous deux.
Ainsi, les quatre Compagnons les plus proches du Prophète, , remportèrent le lien de la belle-alliance avec lui. Entre Abou Bakr, Omar, Othmane et Ali, les uns lui marièrent leur fille, les autres épousèrent les siennes (Othmane et Ali).
Le Prophète, , a épousé également Oum Salama, après le martyr de son mari à Ohoud. Elle faisait partie des Emigrées, Mouhadjirates, dans le Sentier d’Allah et de celles qui donnèrent beaucoup pour l’Islam. Le Prophète, , voulut donc la consoler au sujet de son mari, en lui faisant une place parmi ses épouses. Lorsqu’il demanda sa main, elle s’excusa, prétextant son âge avancé et la charge de ses enfants. Le Prophète lui répondit : « L’âge avancé auquel tu es parvenue, j’y suis parvenu moi aussi et tes enfants sont aussi les miens. »
Il y a ensuite Safiya Binte Houyay, dont le père est Houyay Ibn Akhtab, le célèbre chef juif qui coalisa les tribus païennes contre le Messager d’Allah, , et qui l’affronta au cours de plusieurs batailles. Le père de Safiya était mort, sa famille avait péri. Le Messager d’Allah, , ne voulu pas l’abandonner à l’un de ses Compagnons. Il l’honora et l’épousa, afin de la réconforter dans sa détresse et lui faire oublier son malheur.
Il y a également Oum Habiba : Ramla, fille d’Abou Soufiane Ibn Harb, qui était le chef de la tribu de Qoraïch et le commandant de l’armée Qoraïchite à la bataille d’Ohoud contre le Prophète, , et à la bataille des Coalisés. Oum Habiba s’était convertie à l’Islam et avait émigré en Abyssinie avec son époux. Ce dernier céda alors à la débauche : il finit par délaisser son épouse et apostasier qu’Allah nous en préserve. Le Messager d’Allah, , voulut alors la consoler de ce malheur dont son mari l’avait frappé. Il envoya donc un message au Négus à qui il confia la mission d’annoncer leurs fiançailles puis de contracter leur mariage, malgré les grandes distances qui les séparaient. Le Prophète, , offrit à Oum Habiba une dot de quatre mille dirhams. Lorsque la nouvelle du mariage du Prophète Mohammed, , avec Oum Habiba parvint à Abou Soufiane, celui-ci dit, fier de cette alliance : « Il est l’homme par excellence, on ne peut lui faire courber l’échine ».
Il y a aussi Zaïneb Bint Djahch, dont Allah a relaté l’histoire et les motifs de son mariage avec le Prophète, , dans le Coran. Ce mariage est venu en fait annuler l’interdiction préislamique qui empêchait les parents adoptifs d’épouser l’ex-conjoint de leur enfant adoptif. Cette interdiction était alors répandue chez les Arabes. Elle résultait de l’importance accordée à l’adoption. Allah le Très-Haut révéla alors au sujet des enfants adoptés : « Appelez-les du nom de leurs pères : c’est plus équitable devant Allah [Coran 33/ 5]. »
Allah ordonna alors à Son Prophète, , d’épouser l’ex-femme de son fils adoptif, malgré la difficulté qu’éprouvait le Prophète, , à agir de la sorte et le bouleversement que cela allait susciter dans la société. Allah le Très-Haut dit : « Quand tu disais à celui que Allah avait comblé de bienfaits, tout comme toi-même l’avais comblé : ‹Garde pour toi ton épouse et crains Allah›, et tu cachais en ton âme ce que Allah allait rendre public. Tu craignais les gens, et c’est Allah qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zayd eût cessé toute relation avec elle, Nous te la fîmes épouser, afin qu’il n’y ait aucun empêchement pour les Croyants d’épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le Commandement d’Allah doit être exécuté [Coran 33/ 37]. »
C’est la même chose pour toutes les épouses. Chacune d’elles a son histoire et chaque mariage comporte une sagesse.
Entre autres sagesses, on peut citer le raffermissement des liens entre les tribus arabes grâce à la belle-alliance. Toutes ces femmes, exceptée Aicha, avaient déjà connu le mariage et n’étaient pas réputées pour une beauté extraordinaire. Si le Prophète, ,avait voulu épouser les plus belles femmes pucelles d’Arabie, leurs familles n’auraient pas hésité à se rapprocher de lui de cette manière. Mais lui cherchait par chaque mariage à résoudre un problème ou à panser une plaie. Que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui.
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En contemplant la vie privée du prophète ((que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)), on s’aperçoit avec une grande admiration qu’il a atteint un niveau de succès familial inégal et inédit ; et on s’interroge par la même occasion et avec une grande inspiration comment une personne, issue d’un milieu montagneux, désertique et aride, marqué par l’ignorance et l’anarchie, a pu avoir et éprouvé de tels sentiments.

En fait, le prophète ((que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)) était source inépuisable d’amour, de tendresse, de douceur et de sentiments affectifs et passionnels. Il ((que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)) représentait pour sa famille l’amoureux entreprenant ; il s’amusait avec ses femmes,  il cherchait à les divertir et les réjouir, il les comblait de sentiments chaleureux et affectueux ((que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)).

Rien qu’à titre d’exemple, il ((que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)) ne s’isolait jamais de ses femmes en période des menstrues, le moment où elles ont plus besoin d’une attention particulière et d’un signe d’amour et de bonheur : 
En effet, il a ((que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)) vu son épouse ‘A’ïcha en train de boire, et pour lui envoyer un signe d’amour et de tendresse, il lui a demandé de lui servir dans le même ustensile et il chercha intentionnellement à placer sa bouche, pour boire, juste au même emplacement sur le bord du verre…

Le prophète ((que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)) était aussi l’époux fidèle. Il n’a jamais oublié sa première épouse décédée Khadîdja : il ((que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)) parlait d’elle avec gratitude, vantait et lui reconnaissait ses bienfaits, traitait respectueusement ses proches et détestait furieusement la moindre méprise ou humiliation à leur égard. 
En effet, le prophète ((que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)) s’était mis en colère contre sa jeune épouse ‘A’ïcha qui, par jalousie, avait dit que Dieu lui avait substitué une épouse jeune à une épouse âgée (vieille).

Par ailleurs, et malgré ces grandes responsabilités et diverses attributions en tant que chef d’Etat, en tant que commandants des armées, et en tant que guide spirituel et moral, le prophète ((que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)) venait toujours en aide à ses épouses au foyer et veillait à valoriser la place de la femme et l’importance capitale que lui donne l’islam.

Al Aswad demanda à ‘A’ïicha ce que faisait le prophète ((que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)) au foyer. ‘A’ïcha lui répondit qu’il était ((que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui)) au service de sa famille, et lorsqu’il était temps pour faire la prière, il partait à la mosquée.

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Translated by dar altarjama

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Muhammad Ibn Içhâq a dit : « Khadîdja Bint Khouwaïlid était une commerçante, noble et riche, qui employait des hommes, pour s’occuper de son commerce.

Lorsqu’on l’informa de la sincérité des paroles du Messager d’Allah (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur Lui), de son intégrité et de ses belles vertus, elle lui envoya quelqu’un afin de lui proposer de travailler pour elle, pour mener une des ses caravanes en Syrie. En contrepartie, elle lui proposa de lui donner plus qu’elle ne donnait aux autres gérants. Elle envoya avec lui, l’un des ses serviteurs du nom de Maïssara.

Ils partirent donc vers la Syrie. Le Messager d’Allah (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur Lui) s’arrêta pour se reposer à l’ombre d’un arbre, près d’un monastère habité par des moines. Dès qu’un des moines le vit assis, sous cet arbre, il appela Maïssara et lui dit : « Qui est cet homme ? ». Maïssara lui répondit : « C’est un homme de Koreïch, un des habitants de l’enceinte sacrée ».

Le moine lui dit : « Aucun homme ne s’est assis sous cet arbre, mis à part un prophète ».

Le Prophète (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur Lui) vendit donc les marchandises qu’il avait ramenées avec lui, et acheta ce qu’il voulait acheter, puis il revint à la Mecque, accompagné de Maïssara.
On rapporte que Maïssara voyait, en cours de route, deux anges protéger le Prophète (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur Lui) du soleil, alors qu’il était sur son chameau.

Khadîdja était une femme noble et d’une très grande intelligence, et avait de plus de grandes vertus honorées par Allah.
Lorsque Maïssara l’informa de ce qu’il avait vu et entendu, elle envoya un émissaire auprès du Prophète (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur Lui) en lui disant, d’après ce que rapportent les historiens : « Ô mon cousin, je suis attirée par toi, par ta parenté, par la place que tu possèdes au sein de ton peuple, ton intégrité, tes grandes vertus et ta sincérité ».  Elle lui proposa alors le mariage.

Elle était l’une des femmes les plus nobles, les plus honorables et les plus riches de Koreïch. Tous les hommes de son peuple la convoitaient et désiraient marier avec elle.

Lorsque le Prophète (Que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) apprit cela, il en informa ses oncles. Ce fut Hamza, l’un de ses oncles, qui partit avec lui, à la maison de Khouwaïlid Ibn Asad, le père de Khadîdja, pour demander la main de cette dernière. Et c’est ainsi que le mariage fut conclu et qu’il (Que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) l’épousa. […] »

El-Bayhaqî a rapporté pour sa part d’après El-Hâkem que le Prophète (Que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait vingt cinq ans lorsqu’il épousa Khadîdja, tandis qu’elle avait, pour sa part, trente cinq ans.¹


¹L’article s’appuie sur la Biographie du Prophète (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur Lui) d’Ibn Kathir.

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« Et celui qui fait revivre ma Sunna m’aime. Et celui qui m’aime sera avec moi dans le Paradis. » Quel musulman et quelle musulmane ne connaissent pas ces mots du célèbre Hadith du Prophète (sur lui la paix) ? Et qui ne voudrait pas être en compagnie du Prophète dans le Paradis ? Et qui ne voudrait pas mettre en pratique la Sunna, c’est-à-dire « la voie du Prophète » (sur lui la paix) ?

Le problème c’est que trop souvent certains musulmans ont adopté une vision étriquée de « la Sunna du Prophète » (sur lui la paix). En effet, celle-ci est considérée par ces musulmans comme se constituant avant tout – voire presque uniquement – des faits de « manger avec ses doigts, manger en s’asseyant par terre, porter des sandales » et d’autres sunna de ce genre, qui relèvent des sunna ‘âdiyya ». Or la Sunna est constituée avant tout des « sunna ta’abbudiyya » (dont certaines sont obligatoires, d’autres fortement recommandées, d’autres conseillées). La Sunna, c’est ce que le Prophète a dit, fait et approuvé, et elle concerne, en tant que telle, tous les domaines auxquels est lié l’islam.
Voici ci-après, des paroles du Prophète où il a employé le mot « sunna » pour décrire certains de ces domaines :
Suivre la Sunna du Prophète à propos des croyances (‘aqâ’ïd) :
Le Prophète a dit : « … Et celui d’entre vous qui vivra verra de nombreuses déviances. Attachez-vous alors à ma Sunna et à la Sunna des califes bien guidés après moi (al-khulafâ ar-râshidûn) (rapporté par at-Tirmidhî). Ces déviances dont parlait le Prophète sont celles qui allaient surgir à propos des croyances, comme celles d’Ibn Sabâ qui ont conduit au kharidjisme etc., ou encore comme celles qui ont conduit au mutazilisme, etc.
Face à des déviances, qui concernent donc les croyances, le Prophète demande de s’attacher à la Sunna, donc aux croyances que lui il a enseignées. Suivre les croyances (‘aqâ’ïd) qu’a enseignées le Prophète, c’est donc suivre la Sunna du Prophète.
Suivre la Sunna du Prophète à propos de ce qui est purement cultuel (ta’abbudât) :
Le Prophète a dit : « Chaque fois qu’un peuple invente une innovation (bid’a), une quantité semblable de Sunna est enlevée de lui. Car s’en tenir à une Sunna vaut mieux que rajouter une innovation (bid’a) » (rapporté par Ahmad, hadîth dhaîf lada-l-Albânî, wa lâkin hunâka hadîth sahîh ladayhi, rawâhu ad-Dârimî, wa huwa fî ma’nâhu). Il s’agit ici de tout ce qui est purement cultuel, où il faut s’en tenir strictement à ce que le Prophète a fait, et où on ne peut rien rajouter sous peine de tomber dans la Bid’a. S’en tenir, dans le domaine du purement cultuel, à ce qu’a fait le Prophète, c’est donc suivre la Sunna du Prophète.
Suivre la Sunna du Prophète à propos des règles du droit (fiqh) :
Deux Compagnons étaient partis en voyage. L’heure de la prière arriva et n’ayant pas d’eau, ils firent la purification par la poussière (tayammum) et accomplirent leur prière. Mais ensuite, avant que l’heure de cette prière se termine, ils trouvèrent de l’eau. L’un se dit alors que la prière accomplie avec la purification par la poussière (tayammum) était suffisante. Mais l’autre fit les ablutions (wudhû) et refit la prière qu’il avait déjà faite après avoir fait la purification par la poussière (tayammum). Arrivés auprès du Prophète à Médine, ces deux Compagnons lui racontèrent ce qu’ils avaient fait. Le Prophète donna alors raison au premier et lui dit : « Tu as pratiqué la Sunna » (rapporté par Abû Dâoûd). Voici ce que nous avons appris être une « règle de droit » dans les « ouvrages de jurisprudence » : « On n’avait pas d’eau, on a fait la purification par la poussière (tayammum) et on a accompli la prière. Puis, avant la fin de l’heure de la prière, on a trouvé de l’eau. Il ne faut pas refaire cette prière. » C’est vrai : cela relève du droit. Mais c’est aussi une sunna du Prophète. Les règles du droit musulman sont, ainsi, soit directement, soit indirectement issues des paroles du Prophète (que ces règles concernent ce qui est purement cultuel ou ce qui est financier, ce qui est social, etc.). Suivre les règles juridiques (fiqh) qu’a enseignées le Prophète, c’est donc suivre la Sunna du Prophète.
Suivre la Sunna du Prophète à propos de ce qu’on pense et dit des autres, et de son comportement vis-à-vis d’eux :
Le Prophète avait dit à Anas ibn Mâlik : « Mon petit, si tu es capable d’avoir, chaque matin et chaque soir, le cœur pur de rancœur (« ghissh ») vis-à-vis de chacun, fais-le. Mon petit, cela fait partie de ma Sunna. Et celui qui fait revivre ma Sunna m’aime. Et celui qui m’aime sera avec moi dans le Paradis » (rapporté par at-Tirmidhî, hadîth dh’aîf wa lâkin yasluhu lil-fadhîlah wa lil-istish’hâd fil-hukm).
Où est notre mise en pratique de la Sunna par rapport à cette parole ? Les cœurs sont-ils purs de rancœur vis-à-vis de ceux que l’on côtoie ? Ou bien sont-ils pleins de ce qui fait de leur possesseur un « double visage » (dhu-l-wajhayn selon les mots du Prophète) ? En plus, c’est dans cette parole que se trouve justement la phrase que l’on aime répéter : « Et celui qui a fait revivre ma Sunna m’aime. Et celui qui m’aime sera avec moi dans le Paradis ». Où est-elle dans notre Communauté, la Sunna, sur ce point ?
Certains frères disent : « Par amour pour le Prophète, nous, nous portons des sandales qui ressemblent aux siennes plutôt que des chaussures européennes, de même que nous mangeons par terre plutôt qu’à table ». C’est un choix respectable pour ce qui relève de « sunna ‘âdiyya ». Mais le problème c’est que ces mêmes personnes, ensuite, vous racontent des rumeurs qu’elles ont entendues ici et là. Et quand vous leur dites que le contenu en est faux, elles vous récitent le proverbe : « Il n’y a pas de fumée sans feu ! »
Bravo. Tu considères que, par amour pour le Prophète, il s’agit de ne pas adopter des chaussures qui sont différentes du modèle de celles du Prophète. Mais ça ne gêne pas ta conception de l’amour du Prophète que d’adopter le proverbe « Il n’y a pas de fumée sans feu » bien que celui-ci contredise les paroles du Prophète ?
– En effet, le proverbe dit que s’il y a une rumeur, c’est qu’il y a forcément une vérité.
– Et le Prophète, lui, a dit qu’il y a des gens qui inventent des propos, que ces propos se répandent ensuite partout sous forme de rumeur sans que ce soit vrai, et que ces gens subiront dans leur tombe (al-barzakh) le châtiment d’avoir le visage sans cesse déchiré (rapporté par al-Bukhârî, hadîth n° 5745 et n° 1320). Le Prophète a dit aussi : « Il est suffisant, comme mensonge, qu’un homme répète tout ce qu’il entend » (rapporté par Muslim). Le Prophète dit : « Dieu (…) déteste le « qîla wa qâla » (rapporté par Muslim) (« qîla wa qâla » désigne les rumeurs et les on-dit). Le Prophète a dit encore : « Quelle mauvaise monture pour un homme que « za’amû » (« on dit que… ») (rapporté par Abû Dâoûd).
Et malgré toutes ces paroles du Prophète, on adopte l’autre proverbe la conscience tranquille… et on prétend être de ceux qui suivent le modèle du Prophète.
La vérité est là, affligeante : on s’est focalisé, en matière de Sunna du Prophète, uniquement sur la forme de ses chaussures, la couleur de ses vêtements, et le fait de manger par terre. Le reste, est devenu secondaire, à la limite de l’utile. Est-ce là la conception de la Sunna qu’avaient le Prophète et ses Compagnons ?!
Conclusion :
1. La Sunna concerne non pas seulement la façon de s’habiller, de manger et de boire, mais aussi et surtout les croyances, les règles juridiques, le fait de s’en tenir à ce que le Prophète a fait comme acte purement cultuel, le comportement vis-à-vis d’autrui, etc.
2. Certaines Sunna sont obligatoires, d’autres fortement recommandées, d’autres conseillées.
3. On ne peut pas – et cela relève de l’enseignement même du Prophète – considérer ce qui est conseillé comme étant primordial, et considérer ce qui est obligatoire comme étant secondaire !
4. Pour toute chose relevant du domaine de ce qui est purement cultuel (al-‘ibâdât), on ne peut rien faire que le Prophète n’ait pas fait, sous peine de tomber dans l’innovation religieuse (bid’ah). Par contre, pour ce qui relève du domaine de ce qui n’est pas purement cultuel (al-‘âdât), pratiquer la Sunna du Prophète revient à intégrer de nouvelles choses aux principes laissés par le Prophète (les « sunna ‘âdiyya »), même si le Prophète n’avait pas fait ces nouvelles choses.
5. Et si le Prophète avait, dans ce domaine des ‘âdât, pratiqué certaines choses liées à son époque à lui, on peut les pratiquer par amour pour lui, ce qui relèvera alors des « sunna ‘âdiyya » et sera source de récompenses pour un acte recommandé, comme on peut ne pas les pratiquer sans les mépriser. Ainsi, on ne doit pas mépriser une « sunna ‘âdiyya » telle que manger avec ses doigts – car c’est une chose qu’a faite le Prophète – , mais on ne doit pas non plus faire de reproche à ceux des musulmans qui choisissent de manger avec une fourchette dès qu’ils tiennent compte des « sunna ta’abbudiyya » du Prophète en la matière (entre autres utiliser sa main droite, ne pas manger de choses interdites dans les Hadîths, etc.).
« Pratiquer et faire revivre la Sunna du Prophète » « pratiquer l’excellent modèle (uswa hassana) que constitue le Prophète, c’est tenir compte de tout cela…
islamweb

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