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Archive for février 2012

 

Nul ne pourra jamais égaler le Prophète Mohammed () en générosité. Tout ce qu’il recevait, il le donnait aux autres et en retirait un plaisir plus grand que ceux qui recevaient ses présents. Jamais personne ne quittait sa maison les mains vides et il faisait toujours passer les besoins des nécessiteux avant les siens.

Sa générosité se manifestait de différentes façons. Parfois, il offrait un présent, d’autres fois, il empruntait une chose et la remboursait généreusement. Parfois, aussi, il achetait quelque chose et payait au vendeur plus que le prix demandé et d’autres fois, il donnait simplement en charité. Il acceptait les cadeaux qu’on lui offrait, mais en donnait toujours plus en retour.

De sa vie, le Prophète Mohammed () n’a jamais répondu non à aucune demande qu’on lui a faite. Il disait souvent qu’il n’était qu’un distributeur et un trésorier et qu’Allah était Celui qui donnait tout. Une fois, un homme vint le voir et aperçut son troupeau de chèvres, dispersé sur une vaste étendue. Il venait lui demander une aide [financière] et le Prophète Mohammed () lui donna, sans hésiter, tout le troupeau de chèvres. L’homme retourna chez son peuple et l’invita à embrasser l’islam, car Mohammed était si généreux, leur dit-il, qu’il donnait à la manière de celui qui ne craint pas pauvreté.

Une autre fois, un homme vint solliciter son aide à un moment où Mohammed () n’avait rien à donner; alors il dit à l’homme de faire en son nom un emprunt qu’il rembourserait lui-même plus tard. ‘Omar, qui était présent, demanda au Prophète Mohammed () si Allah ne l’avait pas chargé d’un fardeau trop lourd pour lui. Mohammed () demeura silencieux. Cependant, un autre homme, qui était lui aussi présent, offrit son aide au premier individu. Devant cette offre, le Prophète sourit largement.

Le Prophète Mohammed () était si généreux qu’il donnait toujours aux gens qui sollicitaient son aide; et même s’il n’avait rien à donner, il promettait de les aider plus tard, quand cela lui serait possible. À quelques reprises, il lui arriva d’acheter un article pour lui-même, puis de l’offrir en cadeau à celui qui venait de le lui vendre. Une fois, il acheta à ‘Omar un chameau qu’il offrit immédiatement en cadeau à ‘Abdoullah, le fils d’Omar. Une autre fois, il acheta quelque chose à Jabir et le lui redonna en cadeau.

Parfois, Allah faisait descendre Ses bénédictions sur la nourriture que partageait le Prophète () avec ses compagnons, ce qui faisait en sorte qu’elle se multipliait et que chacun avait de quoi manger à satiété. Au cours d’une bataille, 130 hommes accompagnaient le Prophète (). Il acheta une chèvre, l’égorgea et demanda que l’on fasse griller son foie. Lorsque le repas fut prêt, il en distribua à tous ses compagnons et en garda même une part pour ceux qui n’étaient pas présents.

Chaque fois qu’il était en possession de quelque chose, il ne trouvait de tranquillité que lorsqu’il l’avait partagé. Oumm Salma, son épouse, rapporta qu’un jour, en rentrant chez lui, le  Messager d’Allah () lui parut agité. Elle l’interrogea à ce sujet et il lui répondit que les sept dinars qu’il avait reçus la veille étaient restés sur son lit jusqu’au soir sans être distribués [en charité]. Et il ne se calma tout à fait que lorsqu’ils furent donnés aux pauvres.

Abou Dharr a rapporté qu’un soir, il marchait en compagnie du Messager d’Allah () lorsque ce dernier lui dit : « Abou Dharr : même si la montagne d’Ouhoud était transformée en or pour moi, je ne voudrais pas qu’il m’en reste un seul dinar après trois nuits, à part ce que j’en garderais pour payer mes dettes. »

Il n’était jamais satisfait tant que l’argent qu’il avait chez lui n’avait pas été complètement distribué. Une fois, il rentra chez lui en trombe après la prière, puis en ressortit presque aussitôt. Devant la surprise des gens qui le regardaient, il leur dit qu’il s’était rappelé, durant la prière, qu’il avait de l’or, chez lui. Craignant de l’oublier et de voir cet or rester chez lui durant toute la nuit, il avait couru jusqu’à sa demeure afin de demander à ce qu’il soit immédiatement distribué en charité.

Aussi, il payait régulièrement les dettes des personnes décédées et demanda à être informé de toute personne qui décédait en laissant des dettes afin qu’il les paie pour elle.

Chaque fois que Mohammed () croisait un indigent, il recommandait à ses compagnons d’être plus généreux et charitables. Ibn ‘Abbas a rapporté avoir entendu le Messager d’Allah () dire : « Le croyant n’est pas celui qui mange à sa faim alors que son voisin est affamé. » Abou Hourayrah a rapporté que le Messager d’Allah () a dit : « Le croyant est simple et généreux, tandis que la mauvaise personne est ignoble et aime tromper. »

Le Prophète Mohammed (), donc, était quelqu’un de si généreux et charitable qu’il ne gardait jamais aucun surplus pour lui-même et le donnait à tous ces gens qui venaient le voir pour solliciter son aide.

2012© IslamWeb ,Tous droits réservés

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Préparé par

le bureau de recherche de
Madar Al-Watan
 
Traduction et recherche des sources des hadiths
Abu Hamza Al-Germâny
Éditions
Madar Al-Watan
Publié par
Le bureau de prêche de Rabwah (Riyadh)
Exclusivité :
 
Nous tenons à remercier notre frère Mahmoud et notre frère Gilles Kervenn pour leur généreuse participation…
L’islam à la portée de tous !
Au nom d’Allah, l’infiniment Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Introduction
Louange à Allah seul, et que Son salut et Sa bénédiction soient sur le dernier des Prophètes…
Croire que le Prophète de l’Islam, Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), a opprimé et soumis la femme, a bafoué ses droits, l’a prise comme un objet de plaisir, s’est comporté envers elle tel un maître avec son domestique en ne l’écoutant pas, ni l’associant aux affaires publiques, sans la concerter ou lui demander son avis, mais qu’il lui ordonnait et qu’elle devait obéir, est une idée malheureusement répandue en Occident.
Ceci est l’image de Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dans l’esprit des Occidentaux et notamment celle concernant son comportement avec la femme. Cette image est sans le moindre doute erronée allant à l’encontre de la réalité. Elle fut vulgarisée et ancrée dans les esprits des Occidentaux par les religieux, les intellectuels, les médias et même les politiques. Ceci, pour écœurer les gens de l’Islam et de son Prophète. Cependant, il existe un groupe de personnes dont font partie des gens considérés comme des meneurs dans le domaine intellectuel, médiatique et politique, qui n’accepte pas cette fausse vision des choses et persiste à montrer la réelle conception de l’islam et de son Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Seulement, l’emprise du premier groupe sur les médias a rendu la voix du deuxième groupe presque inaudible voire sans aucune répercussion.
Si nous voulons connaître la conduite que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) adoptait avec la femme, il convient avant toute chose de lire sa biographie en étudiant ses paroles et son attitude envers elle, pour pouvoir ensuite juger en toute neutralité et objectivité.
Le statut de la femme avant l’Islam
 
En premier lieu, nous devons nous poser cette question : la femme jouissait-elle de droits avant l’Islam qui, ensuite, auraient été retirés par le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) après l’Islam ?
La réponse est non ! La femme ne possédait aucun droit avant l’Islam, mais l’Arabe, dans sa nature, détestait les filles, qu’il considérait comme un déshonneur. Ceci alla jusqu’à que certains Arabes d’avant l’Islam étaient connus pour enterrer les petites filles vivantes. Le Coran nous décrit cette situation, lorsqu’Allah dit :
 (Et lorsqu’on annonce à l’un d’eux la naissance d’une fille, son visage s’assombrit et une tristesse profonde, mais contenue l’envahit. Il se cache des gens, à cause du malheur qu’on lui a annoncé. Doit-il garder cette fille malgré la honte engendrée ou l’enfouir dans la terre ? Combien est mauvais leur jugement !)[1]
Avant l’Islam, s’il advenait à la femme de perdre son mari, elle était donnée en héritage à ses enfants et ses proches, si du moins ils le souhaitaient. Ils avaient libre choix de la remarier avec l’un d’entre eux, sinon ils pouvaient lui refuser tout remariage et l’enfermaient jusqu’à ce qu’elle meurt. L’Islam rejeta tout cela, et le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui fit valoir ses droits, comme nous pourrons le constater.
Avant l’Islam, la situation de la femme n’était point meilleure dans les autres communautés. En Grèce antique, la femme était considérée comme un misérable objet se vendant et s’achetant dans les marchés. Elle ne jouissait d’aucun droit civique, ni financier. Son mari, après son père, détenait un droit total sur elle, notamment sur son argent ; en aucun cas, elle ne pouvait l’utiliser sans son accord préalable. En Inde, lorsque la femme perdait son époux, elle n’avait plus de raison de vivre ; sa vie se terminait à la mort de son mari en s’immolant de plein gré sur son bûcher.
De même, si nous étudions la situation de la femme chrétienne au Moyen-Âge, nous remarquerons qu’elle vivait une situation pire que celles déjà citées. À tel point que les religieux se demandèrent si sa nature était humaine ou diabolique ? Voilà l’environnement dans lequel vivait la femme avant l’Islam. Qu’a donc apporté l’Islam à la femme ? Et qu’a apporté le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à la femme ?
Le statut de la femme en Islam
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) nous a informé qu’il aimait la femme et en aucun cas ne la détestait ni la dévalorisait. Il disait (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « De cette vie, j’ai aimé les femmes et le parfum, et on a rendu la prière agréable à mes yeux. »[2] Aussi, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) parla de l’égalité humaine des femmes avec les hommes en disant : « Les femmes sont les consœurs des hommes. »[3] En effet, tous les hommes proviennent d’une femme et d’un homme, et les femmes également ; personne n’est donc plus méritant que l’autre si ce n’est par la foi et les bonnes œuvres.
En France, en 585, lors du Concile de Mâcon, on se demandait : est-ce que la femme possède une âme ou pas ? Ils en conclurent que la femme était dépourvue de l’âme qui sauvait la personne du châtiment de l’enfer si ce n’est l’âme de Marie qui, elle, sera sauvée !
Par contre, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a été envoyé pour confirmer l’égalité entre l’homme et la femme concernant la foi, la pratique et les récompenses qui leur sont liées. Allah dit :
(Les soumis et les soumises à Dieu, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, ceux et celles qui endurent avec patience, se montrent humbles, donnent l’aumône, jeûnent, préservent leur chasteté et se remémorent souvent Dieu : à tous Dieu a préparé un pardon et une énorme récompense.)[4]
Allah dit également :
(Celui qui fait une mauvaise action sera rétribué par son équivalent ; et celui, mâle ou femelle, qui fait une bonne action tout en étant croyant, alors ceux-là entreront au Paradis pour y recevoir leur rétribution sans compter.)[5]
Lorsqu’Allah leur interdit de détester la naissance des filles en disant :
(À Dieu appartient la royauté des cieux et de la terre. Il crée ce qu’il veut. Il fait don de filles à qui il veut, et octroie des garçons à qui il veut. Ou bien il donne à la fois garçons et filles ; et il rend stérile qui il veut. Il sait et est capable de tout.)[6]
… le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) fit de même en proscrivant cet affreux comportement et encouragea l’éducation des filles et le bon comportement envers elles. En effet, il dit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Celui qui éduque deux filles jusqu’à ce qu’elles atteignent l’âge de la puberté, lui et moi, ressusciterons le jour de la résurrection de cette façon (et il joignit les doigts de sa main.) »[7] Ceci montre combien son degré est élevé et qu’il sera rapproché du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour la seule raison de s’être occupé de ses filles et pour les avoir protégées jusqu’à qu’elles aient atteint l’âge de la puberté et de la responsabilité. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit aussi : « Celui qui détiendra sous sa responsabilité trois filles ou trois sœurs, ou bien deux filles ou deux sœurs, puis se comportera bien avec elles en craignant Allah rentrera au paradis. »[8]
Au moyen de cette méthode encourageante, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) mit fin à une conduite ancrée dans les esprits des Arabes avant l’Islam, celle qui portait en aversion les filles en les considérant comme le symbole de l’impuissance et du déshonneur.
La femme et l’enseignement
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) encouragea les femmes à s’instruire en disant : « Rechercher la science est une obligation pour tout musulman. »[9] Cela concerne aussi bien l’homme que la femme. Une femme vint voir le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et lui dit : « Ô messager d’Allah ! Les hommes se sont emparés de toutes tes paroles, consacre-nous donc un moment pour que l’on puisse te rencontrer et que tu nous enseignes ce qu’Allah t’a appris. » Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Réunissez-vous ce jour-là et ce jour-ci. » Ce qu’elles firent aussitôt ; durant ces jours, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur enseignait ce qu’Allah lui avait appris.[10]
D’ailleurs, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), durant ses sermons et ses exhortations, s’adressait aux hommes comme aux femmes, puis s’adressait exclusivement aux femmes et leur consacrait quelques-unes de ses paroles. En d’autres termes, les personnes qui bénéficiaient le plus des paroles du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) étaient, sans le moindre doute, les femmes.
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) n’enfermait pas la femme à la maison, comme ils prétendent ! Au contraire, il lui a permis de sortir lorsqu’elle avait des choses à faire, mais aussi pour rendre visite à ses proches et ses amis, pour rendre visite au malade, etc. Il lui a également permis d’aller à la mosquée en disant : « N’empêchez pas les femmes d’aller aux mosquées. »[11]
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) aimait la compagnie de son épouse.
De plus, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) aimait la compagnie de son épouse lors des invitations et les refusait si jamais l’inviteur n’admettait pas sa femme avec lui.
Anas (qu’Allah l’agrée) raconte que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait un voisin persan connu pour ses mets délicieux. Ce voisin prépara un plat pour le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et le convia à sa table. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui dit : « Et mon épouse ? (En parlant de son épouse Aïcha, qu’Allah l’agrée) » Il répondit : « Non (je ne l’invite pas). » Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) rétorqua : « Je refuse donc. » Le voisin réitéra son invitation et le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui redemanda : « Et mon épouse ? » Il répondit : « Non (je ne l’invite pas). » Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) rétorqua de nouveau : « Je refuse donc. » Le voisin réitéra une nouvelle fois son invitation et le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui redemanda : « Et mon épouse ? » L’homme, après trois demandes consécutives, dit : « Je suis d’accord. » Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et Aïcha se levèrent et se suivirent mutuellement jusqu’à atteindre la maison de l’hôte. »[12]
Remarquez comment le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) refusa l’invitation de cet homme parce qu’il ne pouvait pas supporter s’imaginer manger sans la compagnie de son épouse.
Ce comportement fait partie de la bonne relation à avoir avec sa femme, du respect de ses droits et de la prise en compte de ses sentiments et de ses considérations.
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) incite à la tendresse envers la femme.
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) connaissait bien la nature féminine, il savait que les sentiments chez la femme exercent une influence plus grande que chez les hommes, sachant qu’elle est plus émotive et plus faible psychologiquement et physiquement. C’est pour cette raison que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) conseilla d’être tendre et patient avec elle, de ne pas trop tenir compte de ses fautes, car être dur avec la femme mène à la rupture entre les époux. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Veuillez du bien aux femmes. Elles ont été créées d’une côte et la côte la plus tordue est celle de la partie supérieure. Si tu cherchais à vouloir la redresser, tu la briserais, mais si tu la laissais ainsi, elle resterait tordue, je vous enjoins donc d’être bons avec les femmes. »[13] On trouve dans un autre hadith la version suivante : « Les femmes ont été créées d’une côte, si tu cherchais à vouloir la redresser, tu la briserais, conduis-toi bien avec elle et vous pourrez vivre ensemble. »[14]
Ce hadith montre quelle est la meilleure attitude à adopter pour que la femme puisse s’affermir et s’améliorer. Cette attitude ne passe que par la douceur, la délicatesse, la persuasion et la prise en charge. En effet, l’attitude qui consiste à vouloir changer la femme et l’améliorer par la violence et la rudesse ne mènera qu’à la multiplication des problèmes.
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) incite à subvenir aux besoins de la femme
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) incita les époux à dépenser pour leurs femmes selon leurs capacités. En Islam, subvenir aux besoins de la femme est une obligation prescrite à l’homme. Malgré cela, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) informa que l’homme est récompensé pour chaque dépense effectuée pour son épouse. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit à Sa’d Ibn Aby Waqâss (qu’Allah l’agrée) : « Tu ne dépenseras point un bien, en voulant par cette dépense le visage d’Allah, sans qu’on ne te récompense pour cela, même la nourriture que tu fais goûter à ta femme. »[15]
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit également : « Le meilleur argent est celui qui est dépensé par l’homme pour sa famille. »[16] On entend par « famille » sa femme et ses enfants. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « L’homme qui donne de l’eau à boire à son épouse est récompensé. »[17] Al-‘Irbâd Ibn Sârya (qu’Allah l’agrée), compagnon du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), après avoir entendu ce hadith, alla voir sa femme, lui donna à boire et l’informa de ce qu’il avait entendu du messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a rendu l’homme responsable de sa femme et de ses enfants le jour de la résurrection ; il dit : « Allah demandera des comptes à tout ceux qui avaient une responsabilité sous leur autorité : a-t-il bien assumé ses responsabilités, ou a-t-il été négligent ? Ceci, jusqu’à ce qu’il demande à l’homme s’il a bien assumé la responsabilité qu’il détenait sur sa famille. »[18]
L’exhortation du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) au bon comportement envers son épouse
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) montra qu’entretenir de bonnes relations avec les femmes était un signe révélant la noblesse d’esprit et la vertueuse attitude de l’homme. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur avec les femmes. »[19] De plus, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) interdit de frapper la femme : « Ne frappez pas les femmes. »[20] Il ordonna de patienter avec elle et de ne pas avoir de l’aversion contre elle en disant (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Le croyant ne doit pas détester sa femme, car si un comportement en elle lui déplaît, un autre lui plaira. »[21] C’est comme si le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ordonnait à l’homme de rechercher uniquement les atouts de la femme et ses bons côtés, sans s’attarder sur les bévues et les écarts de conduite, car cela, mène à la rupture et à l’animosité entre les époux.
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) autorisa l’épouse à porter plainte en justice, si son époux se comportait mal envers elle. Des femmes venaient voir les femmes du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour se plaindre du mauvais comportement de leurs maris ; le Prophète dit alors : « De nombreuses femmes se sont présentées chez la famille de Muhammad pour se plaindre de leurs maris ; sachez donc qu’ils ne sont en aucun cas les meilleurs d’entre vous. »[22]
Cela signifie que ces hommes qui se sont mal comportés avec leurs femmes et les ont offensées ne sont nullement les meilleurs hommes.
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), saisissant la faiblesse physique de la femme par rapport à l’homme et le fait qu’elle ne peut pas se défendre seule dans la plupart des cas, mit en garde contre ceux qui s’en prennent aux faibles, dont fait partie la femme, et les menaça en disant : « Ô seigneur ! Je mettrai dans la gêne ceux qui s’en prennent aux droits des deux faibles : l’orphelin et la femme. »[23]
Cela signifie que ceux qui s’en prennent à ces deux types de personnes ne seront point pardonnés, mais seront exposés à la gêne et au châtiment dans cette vie et dans l’au-delà.
L’ordre du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) de préserver les secrets du couple
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ordonna de garder les secrets des femmes en disant (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Le jour de la résurrection, parmi les personnes dont la situation sera des plus mauvaises auprès d’Allah, l’homme qui prend plaisir avec sa femme et la femme qui prend plaisir avec lui pour ensuite divulguer leur intimité (aux autres). »[24]
Ce hadith montre qu’il est interdit à l’homme de divulguer comment se déroulent ses rapports sexuels, les décrire en détail, comme il lui est interdit de divulguer tout autre secret confié par sa femme.
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a pris soin des exigences sexuelles de la femme ; c’est pour cette raison qu’il encouragea les maris à accomplir l’acte sexuel et à assouvir complètement les besoins de la femme pour qu’elle n’éprouve pas l’envie de voir un autre que son mari. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit : « Chaque fois que vous faites œuvre de chair, ceci est équivalent à une aumône. » Les compagnons s’écrièrent : « Ô messager d’Allah ! Comment pouvons-nous assouvir nos besoins sexuels et obtenir par là une récompense ? » Il répondit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « N’as-tu pas vu la personne qui accomplit l’acte sexuel de façon illicite ; cette personne ne récolterait-elle pas un péché ? De la même façon, celui qui accomplit l’acte sexuel de façon licite obtient une récompense. »[25]
L’interdiction du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) d’avoir de mauvaises suspicions à l’égard de sa femme
Parmi les honneurs que le Prophète rendit à la femme, on compte le fait qu’il interdit aux hommes d’avoir de mauvaises suspicions à leurs égards et de rechercher en elle un faux pas. Jâber (qu’Allah l’agrée) dit : « Le messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) interdit au voyageur de rentrer chez son épouse de nuit par surprise afin de la prendre sur le fait accompli et pour ambitionner de voir un faux pas. »[26]
Quel honneur plus grand peut être fait aux femmes si ce n’est celui d’interdire à l’homme, dont l’absence fut longue, de rentrer chez lui de nuit sans avoir préalablement prévenu sa femme ! Cela est interdit, s’il fait cela avec l’intention de l’espionner et s’il doute sur son comportement. C’est bien Muhammad qui a vraiment libéré la femme…
La tendresse du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) envers ses épouses Khadija et Aïcha
Quant au comportement du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avec ses femmes, il se distinguait par une intense sensibilité et douceur. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) aidait son épouse dans les tâches ménagères. Al-Aswad demanda à Aïcha, qu’Allah l’agrée : « Comment se comportait le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) au sein de sa famille ? » Elle répondit : « Il m’aidait dans les tâches ménagères, et lorsque retentissait l’appel à la prière, il allait à la mosquée pour l’accomplir. »[27]
Contemplez ce tableau aux couleurs romantiques et écoutez ces merveilleuses paroles entre deux époux, dont l’un est Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et l’autre Aïcha, qu’Allah l’agrée, et vous sentirez le degré de sensibilité et d’amour que l’épouse du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) éprouvait pour lui. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit à Aïcha : « Je sais lorsque tu es en colère (contre moi) et lorsque tu es satisfaite (de moi). » Elle dit : « Et comment sais-tu cela, ô messager d’Allah ? » Il répondit : « Lorsque tu es satisfaite, tu dis : « bien sûr, je jure par le Seigneur de Muhammad » et lorsque tu es en colère, tu dis : « non, je jure par le Seigneur d’Abraham » » Elle acquiesça et dit : je jure par Allah, ô messager d’Allah, il n’y a que ton nom que je puisse esquiver (en état de colère). »[28] Cela signifie que mon amour pour toi est ancré à jamais dans mon cœur et ne se transformera jamais.
Contemplez également ce beau tableau représentant le badinage amoureux entre les deux époux. Aïcha, qu’Allah l’agrée, dit : « J’accompagnai le Prophète dans un de ses voyages alors que j’étais encore une jeune fille mince et svelte, puis le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit aux gens : « Avancez ! » Ils avancèrent, puis il me dit : « Viens faire la course avec moi. » Nous fîmes la course ensemble et je le battis. Il ne m’en parla plus pendant un long moment jusqu’à oublier ce fait. Plus tard, lorsque je pris du poids et je forcis, je l’accompagnai une nouvelle fois dans un de ses voyages, puis il dit aux gens : « Avancez ! » Ils avancèrent, puis il me dit : « Viens faire la course avec moi. » Nous fîmes la course ensemble et cette fois, il me battit. Il ria en disant : « Cette fois j’ai pris ma revanche (de la première course perdue) ! »[29]
La fidélité du Prophète envers son épouse Khadîja, qu’Allah l’agrée, se perpétua jusqu’à sa mort. Anas (qu’Allah l’agrée) dit : « Lorsque un cadeau était offert au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), il disait : « Faites-le parvenir à cette femme, car elle était une amie de Khadîja. »[30]
On demanda au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) quelle est la personne que tu aimes le plus, il répondit : « Aïcha. » qui était son épouse.[31]
L’honneur rendu à la mère par le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) de l’Islam
Enfin, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) n’a point omis d’évoquer l’importance de la mère qui est volontairement oubliée par les organisations internationales qui prétendent défendre les droits de la femme. En effet, ces organisations ne respectent nullement les droits donnés à la mère et ne donnent pas d’importance à l’éducation des enfants. Par contre, lorsqu’un homme demanda au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Quelle personne mérite ma bonne compagnie ? » Il répondit : « Ta mère. » L’homme dit : « Et qui ensuite ? » Il dit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Ta mère. » L’homme redit : « Et qui ensuite ? » Le Prophète dit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Ta mère. » L’homme réitéra : « Et qui ensuite ? » Le Prophète dit (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Ton père. »[32] C’est ainsi que nous concluons la description de comportement du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) envers les femmes…
Et notre dernière invocation est la louange est à Allah, Seigneur de l’univers et que le salut d’Allah et sa bénédiction soit sur celui qui a véritablement respecté la femme, Muhammad, le Prophète de la plus belle des religions, l’Islam…
FIN

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Introduction

 

Le Prophète,

aimer et être aimé ?

 

De tous les sentiments profanes ou sacrés, l’amour est le plus doux et le plus sublime. Aimer son prochain procure à l’homme une multitude de bienfaits : sa personnalité s’épanouit grâce à l’amour et s’enrichit de nombreuses vertus telles que le dévouement, la loyauté, la fidélité, la générosité, la pudeur, la sagesse, l’équité, l’honnêteté…. L’amour développe également en lui de nobles comportements : tenir de bons propos, sourire à autrui, faire preuve de tolérance, savoir écouter l’autre et le consulter en retour en cas de besoin, fermer les yeux sur les défauts des gens, éviter de les mettre mal à l’aise et encourager les fautifs en nourrissant leur coeur d’espérance. Ce noble élan du coeur concentre véritablement en lui la quintessence des sentiments humains, car il implique le désir ardent et impatient de donner ou de rendre service, la gratitude, le sens de l’hospitalité, le respect de la dignité et de la sacralité de l’homme, la volonté d’introduire la douceur et la compassion dans son rapport au monde, le désir d’enseigner aux gens et d’éclairer leur vie par le savoir authentique et le souci de conformer ses paroles à ses actes. Il se manifeste aussi par la modestie, la propreté, une clémence constante, le goût pour la paix, le dynamisme, l’amour du travail bien fait, l’amabilité de l’expression ou encore un humour de bon aloi.

Toutes ces vertus, toutes ces qualités ont trouvé leur expression suprême en la personne de Muhammad fils de `Abdullâh, qui a su les faire siennes dans son coeur comme dans son comportement extérieur, dans sa vie privée comme dans sa vie publique. Il a su en être l’incarnation vivante à chaque instant de son existence dans son rapport au monde, que ce soit vis-à-vis de ses épouses, de ses enfants et petits-enfants, de ses compagnons ou même de ses ennemis.

Si Muhammad, la fierté de tout le genre humain, fait l’objet d’un tel amour dans tant de coeurs, c’est parce que tout être humain sain d’esprit ne peut que s’éprendre de la beauté où qu’il la rencontre. Ainsi le lui commande sa nature originelle.

Si Muhammad suscite tant de ferveur et d’affection à travers le temps et l’espace, c’est aussi en raison de l’amour profond et de la haute considération qu’il portait aux prophètes et messagers qui l’ont précédé. D’aucuns pourraient se demander à première vue pourquoi cette attitude justifie un surcroît d’amour à son égard. La réponse est simple. Nous savons bien qu’il est dans la nature humaine, depuis l’aube des temps d’éprouver de la jalousie et de l’hostilité entre semblables, ces sentiments générant opposition, reniement et dépréciations réciproques. De ces tares, le prophète de l’Islam est totalement et parfaitement exempt et pur. Loin de développer un sentiment de rivalité envers ceux qui en d’autres temps avaient été dotés des mêmes attributs que lui (l’élection divine, l’inspiration céleste, la transmission des messages divins et la perfection des moeurs), le prophète Muhammad a toujours rendu un vibrant hommage aux prophètes et envoyés qui l’ont précédé.

Il les aimait, car il voyait en eux des hommes venus proclamer haut et fort la vérité, répandant le bien et la beauté à la surface de cette planète, héritiers respectueux des livres saints et des messagers antérieurs.

Il est vrai que la moralité des prophètes atteint un degré si sublime de perfection qu’aucun être humain ordinaire, à savoir non élu ou inspiré, ne peut prétendre.

C’est là quelque chose d’incontestable.

Cependant, que les noms d’Abraham, de Moïse et de Jésus soient cités dans le Livre révélé à Muhammad, plus fréquemment encore que le nom de Muhammad lui-même, est une chose sans précédent.

Dans le Coran, on trouve en effet :

-1- 48 occurrences du nom d’Abraham.

-2- 136occurrences du nom de Moïse

-3- 36occurrences du nom de Jésus

-4- 4 occurrences du nom de Muhammad, auxquelles on peut ajouter une occurrence de la forme Ahmad. Au total donc, Muhammad n’est cité que cinq fois.

En terme de proportions, l’on voit bien que les mentions de Muhammad dans le Livre qui lui a été révélé sont étonnamment peu nombreuses comparées à celles d’Abraham, de Moïse et de Jésus.

En soi, cette répartition constitue une preuve tant sur le plan objectif que moral de l’authenticité de la prophétie de Muhammad. En effet, seul un véritable prophète, totalement voué à la vérité, proclamant courageusement ce qui lui est révélé sans rien en dissimuler, peut atteindre ce haut degré d’équité et d’impartialité dans sa transmission d’un texte saint qui accorde une telle prépondérance aux autres prophètes.

A ce premier constat sur la place de choix que le Coran réserve à l’évocation des autres prophètes, viennent s’en ajouter d’autres :

Tout d’abord, le Coran révélé par Allah au prophète Muhammad est le seul registre consignant le nom des principaux prophètes et envoyés, ainsi que leurs livres, leurs principes, leurs missions et leurs messages véritables.

Parfois, il évoque les messagers de façon générale, comme l’illustrent ces versets :

« Dis : Louange à Allah et paix sur ses Serviteurs qu’Il a élus !».

« Allah choisit des messagers parmi les Anges et parmi les hommes ».

« Ils sont auprès de Nous, certes, parmi les meilleurs élus ».

« Et il y a des messagers dont Nous t’avons raconté l’histoire précédemment, et des messagers dont Nous ne t’avons point raconté l’histoire».

Parfois, en revanche, l’évocation se fait plus précise et détaillée, comme le montrent ces deux passages tirés respectivement des sourates al-An`âm et Maryam :

«Tel est l’argument que Nous inspirâmes à Abraham contre son peuple. Nous élevons en haut rang qui Nous voulons Ton Seigneur est Sage et Omniscient. Et Nous lui avons donné Isaac et Jacob et Nous les avons guidés tous les deux. Et Noé, Nous l’avons guidé auparavant, et parmi la descendance (d’Abraham)(ou de Noé), David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. Et c’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants. De même, Zacharie, Jean-Baptiste, Jésus et Elie, tous étant du nombre des gens de bien. De même, Ismaël, Elisée, Jonas et Lot. Chacun d’eux Nous l’avons favorisé par-dessus le reste du monde ».

«Et mentionne dans le Livre, Abraham. C’était un très véridique et un Prophète. (…) Et mentionne dans le Livre Moïse. C’était vraiment un élu, et c’était un Messager et un prophète. Du côté droit du Mont (Sinaï) Nous l’appelâmes et Nous le fîmes approcher tel un confident et par Notre miséricorde, Nous lui donnâmes Aaron son frère comme prophète. Et mentionne Ismaël, dans le Livre. Il était fidèle à ses promesses ; et c’était un Messager et un prophète. Et il commandait à sa famille la prière et la Zakât ; et il était agréé auprès de son Seigneur. Et mentionne Idris, dans le Livre. C’était un véridique et un prophète et nous l’élevâmes à un haut rang. Voilà ceux qu’Allah a comblés de faveurs, parmi les prophètes, parmi les descendants d’Adam, et aussi parmi ceux que Nous avons transportés en compagnie de Noé, et parmi la descendance d’Abraham et d’Israël, et parmi ceux que Nous avons guidés et choisis. Quand les versets du Tout Miséricordieux leur étaient récités, ils tombaient prosternés en pleurant ».

Par ailleurs, la vocation universelle de la religion de Muhammad, religion qui s’adresse à tous les hommes quelle que soit l’origine ou la localisation, implique que le coeur de Muhammad, son âme et son esprit puissent accueillir tous les prophètes et tous les livres saints et qu’il fasse l’éloge de ses frères prophètes.

Bien que la mission prophétique ultime soit complète et parfaite, le Prophète a reçu l’injonction de suivre l’exemple des prophètes qui l’ont précédé, concernant les points fondamentaux de la croyance, les obligations de la foi et les valeurs morales :

«Certes vous avez eu un bel exemple [à suivre] en Abraham et en ceux qui étaient avec lui »

«Voilà ceux qu’Allah a guidés : suis donc leur direction », ici il est fait allusion à la série de prophètes et d’envoyés dont les noms ont été cités dans les versets qui précèdent directement celui-ci.

Le prophète Muhammad est donc aimé à la fois pour ses qualités et sa conduite morale qui confinent à la perfection, et pour la relation chaleureuse et éminente qu’il entretient avec les autres membres de la grande fratrie prophétique dispersés à travers les époques et les contrées, qui ont répandu la connaissance, la lumière et la vertu, depuis Noé jusqu’au Messie Jésus fils de Marie, que les bénédictions d’Allah et sa miséricorde soient sur eux tous.

A travers ces quelques lignes d’introduction, nous avons esquissé la nature des relations qui unissent les prophètes. Nous aurons l’occasion, dans les pages qui suivent de les étudier plus en détail et de constater, une fois de plus, le rang élevé que les élus d’Allah ont atteint par leur vertu. Ils nous proposent un modèle de sincérité, de fidélité et de grandeur qui devrait servir d’idéal à toutes les âmes nobles de par le monde.

Si en effet, Allah a choisi d’envoyer comme messagers à l’humanité, plutôt que des anges, des hommes pris en leur sein, c’est bien pour nous montrer que la perfection morale est accessible aux hommes et que ce n’est donc pas qu’une simple vue de l’esprit.

« Leurs messagers leur dirent : « Certes, nous ne sommes que des humains comme vous ».

« Dis : Je suis en fait un être humain comme vous. Il m’a été révélé (…)».

Si des êtres doués de la même nature, de la même constitution physique, des mêmes caractéristiques morales que nous, ont pu incarner à un degré inégalé l’essence même de l’amour, du respect et tissé entre eux des relations lumineuses pleines d’estime et de sincérité, c’est bien la preuve, qu’à notre modeste niveau, dans la mesure de nos capacités et selon la force de notre détermination, nous pouvons nous aussi aspirer à instaurer des relations fraternelles avec le reste des hommes, d’où la haine, la jalousie et le rejet seraient définitivement bannis.

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La différence entre la sounnah et le Coran

Le Coran est le fondement de la Loi islamique.  C’est la parole miraculeuse de Dieu, révélée au prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui), par l’intermédiaire de l’archange Gabriel.  Il nous a été transmis par tant de sources fiables que son authenticité historique est incontestable.  Il forme un livre en soi, tandis que sa récitation constitue une forme d’adoration.

Quant à la sounnah, elle est constituée de tout ce qui nous est parvenu du messager de Dieu en dehors du Coran.  Elle explique les lois du Coran ou les complète en les détaillant.  Elle fournit également des exemples pratiques sur l’application de ces lois.  On y retrouve des révélations directes de Dieu ou des décisions du Prophète qui furent confirmées ou approuvées par la révélation.  Par conséquent, la source de la sounnah est la révélation.

Le Coran est une révélation dont la récitation constitue un acte d’adoration, tandis que la sounnah n’est jamais récitée.  Mais il demeure que la sounnah est une révélation au même titre que le Coran et qu’elle doit être suivie et appliquée comme telle.  Le Coran a cependant la priorité sur la sounnah.  Le Coran est composé des paroles miraculeuses de Dieu, du début à la fin.  Quant à la sounnah, elle n’est pas toujours composée des paroles exactes de Dieu, mais plutôt de leur signification, expliquée par le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui).

La position de la sounnah au sein de la Loi islamique

Du vivant du messager de Dieu, le Coran et la sounnah étaient les deux sources uniques de la Loi islamique.

Le Coran contient les injonctions qui ont constitué, au départ, le fondement de la Loi, mais sans aller dans les détails ni dans la législation secondaire, à l’exception de quelques rares injonctions qui furent établies avec les principes généraux.  Ces injonctions ne peuvent être modifiées ni en fonction du temps ni en fonction des circonstances.  De même, le Coran contient les principes de la foi, établit les actes d’adoration, raconte les histoires des anciens peuples et fournit aux hommes une ligne de conduite morale.

La sounnah ne va jamais à l’encontre du Coran.  Elle explique les passages du Coran qui peuvent prêter à confusion, fournit des détails sur les passages rédigés en termes généraux et explique les injonctions coraniques.  La sounnah contient par ailleurs des injonctions qui n’apparaissent pas dans le Coran mais qui sont toujours en harmonie avec les principes coraniques et qui poursuivent les mêmes objectifs.

La sounnah est l’expression pratique du contenu du Coran et elle peut prendre plusieurs formes.  Parfois, elle se présente sous forme d’une action accomplie par le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui).  À d’autres moments, elle prend la forme d’une déclaration qu’il a faite en réponse à une situation donnée.  Parfois encore, elle prend la forme d’une déclaration ou d’une action d’un des compagnons qu’il n’a ni empêchée ni désapprouvée, sur laquelle il est demeuré silencieux ou au sujet de laquelle il a exprimé son approbation.

La sounnah explique et clarifie le Coran de diverses façons.  Elle explique, entre autres, comment accomplir les actes d’adoration prescrits par le Coran, de même que la façon d’appliquer les lois qu’il contient.  Par exemples, Dieu ordonne aux croyants de prier, mais sans mentionner à quels moments de la journée ni de quelle manière.  C’est le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) qui a enseigné la façon de prier aux musulmans.  Il leur a dit : « Priez comme vous m’avez vu prier. »

Par ailleurs, Dieu mentionne, dans le Coran, l’obligation du Hajj (pèlerinage) sans en expliquer les rites en détail.  Encore une fois, le Prophète a dit à ses fidèles :

« Prenez de moi les rites du Hajj. » (i.e. observez ma façon de faire et suivez mon exemple).

Aussi, dans le Coran, Dieu rend la zakat obligatoire sans préciser de quels biens, au juste, elle doit être prélevée.  Il ne mentionne pas non plus le montant minimal de biens à partir duquel la zakat devient obligatoire.  La sounnah, cependant, clarifie tout cela.

La sounnah précise certaines déclarations générales contenues dans le Coran.  Par exemple, Dieu dit :

« Voici ce que Dieu vous enjoint au sujet de (l’héritage à transmettre) à vos enfants : au fils, une part équivalente à celle de deux filles. » (Coran 4:11)

Il s’agit d’une règle générale, s’appliquant à chaque famille.  Mais la sounnah la précise davantage en y excluant les enfants des prophètes.  Le messager de Dieu a dit :

« Nous, prophètes, ne laissons aucun héritage.  Si nous laissons quelque chose, il s’agit d’une charité. »

La sounnah délimite certaines déclarations dont la portée n’est pas limitée, dans le Coran.  Par exemple, Dieu dit :

« …[et si] vous ne trouviez pas d’eau, alors ayez recours à de la terre pure et passez-en sur votre visage et vos mains… » (Coran 5:6)

Le verset ne mentionne pas jusqu’à quelle hauteur des mains il faut passer de la terre; est-ce jusqu’aux poignets ou jusqu’aux avant-bras?  La sounnah clarifie ce point avec l’exemple du Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui); lorsqu’il se retrouva dans cette situation, il se passa de la terre jusqu’aux poignets.

Parfois aussi, la sounnah met l’accent sur certains contenus du Coran ou fournit une législation secondaire pour certaines de ses lois.  Cela inclut tous les hadiths qui indiquent que la prière, la zakat, le jeûne et le Hajj sont obligatoires.

Un exemple où la sounnah apporte une législation secondaire pour une injonction coranique est la règle selon laquelle il est interdit de vendre des fruits avant qu’ils n’aient commencé à mûrir.  L’injonction coranique à la base de cette règle est la suivante :

« Ô vous qui croyez!  Ne dilapidez pas vos biens, entre vous, par pure vanité; mais faites des affaires par consentement mutuel. » (Coran 4:29)

La sounnah contient des règles qui ne sont pas mentionnées dans le Coran et qui ne viennent pas nécessairement éclaircir des choses mentionnées dans le Coran.  Un exemple de cela est l’interdiction de manger la viande d’âne et des prédateurs.  Un autre exemple est l’interdiction d’avoir pour épouses une femme et sa tante en même temps.  Ces règles, de même que les autres que l’on retrouve dans la sounnah, doivent être respectées.

L’obligation d’adhérer à la sounnah

L’une des conditions de la croyance en la prophétie est le fait d’accepter comme vrai tout ce que le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit.  Dieu a choisi Ses messagers parmi Ses adorateurs afin qu’ils transmettent Sa Loi aux hommes.  Dieu dit, dans le Coran :

« Dieu est plus à même de savoir à qui confier Son message. » (Coran 6:124)

Dieu dit également :

« Quelle est la mission des messagers sinon de transmettre le message en toute clarté? » (Coran 16:35)

Dieu a protégé Son messager de l’erreur, Il a protégé sa langue de toute parole qui irait à l’encontre de la vérité, et Il a protégé ses membres contre le fait de commettre toute mauvaise action.

De même, Dieu l’a protégé contre le fait d’approuver quoi que ce soit qui irait à l’encontre de la Loi islamique.  Il est la créature de Dieu la plus complète.  Cela est démontré par la façon dont Dieu le décrit, dans le Coran :

« Par l’étoile à son déclin!  Votre compagnon ne s’égare point et n’a pas été induit en erreur.  Et il ne prononce rien selon ses propres désirs. » (Coran 53:1-4)

Il est clair, à la lecture des hadiths, qu’en toutes circonstances, et même dans les circonstances les plus difficiles, jamais rien ne retenait le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) de dire la vérité.  Même s’il était fâché, il disait toujours la vérité.  Jamais il ne mentait, pas même par gestes, et jamais ses intérêts personnels ne le retenaient de dire la vérité.  Son seul et unique objectif était la satisfaction de Dieu, le Tout-Puissant.

Abdoullah bar al-Aas rapporte qu’il mettait par écrit tout ce que disait le messager de Dieu.  Puis, un jour, des hommes de la tribu de Qouraysh le lui interdirent en disant : « Quoi!  Tu écris tout ce que dit Mohammed alors que c’est un homme qui ne parle que sous l’effet de la colère et par satisfaction personnelle? »

Abdoullah b.Amr cessa alors d’écrire et rapporta leurs propos au messager de Dieu, qui lui dit :

 « Écris : car par Celui dans les mains duquel se trouve mon âme, rien d’autre que la vérité ne sort d’ici » (et il pointa sa bouche du doigt).

Le Coran, la sounnah et le consensus des juristes musulmans indiquent tous qu’obéir au messager de Dieu est obligatoire.   Dieu dit, dans le Coran :

« Ô vous qui croyez !  Obéissez à Dieu et obéissez au messager, ainsi qu’à ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité.  Et si vous vous disputez au sujet de quoi que ce soit, reportez-vous à Dieu et au messager si vous croyez (vraiment) en Dieu et au Jour dernier. » (Coran 4:59)


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