Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for juillet 2011

À cette époque, l’Arabie était divisée en trois sphères d’influence.  Le Nord vivait sous deux grands empires, l’empire byzantin chrétien et l’empire persan zoroastrien.  Ces deux empires étaient engagés dans une guerre perpétuelle et se trouvaient constamment à égalité, de sorte que ni l’un ni l’autre n’arrivait jamais à obtenir la victoire sur son rival.  À l’ombre de ces deux puissances vivaient les Arabes du Nord, divisés par leurs allégeances qui variaient au gré des circonstances.

Le Sud du pays était la terre des parfums arabes et était appelé « Arabie heureuse » par les Romains (ce territoire est couvert, aujourd’hui, par le Yémen et le Sud de l’Arabie Saoudite).  Il s’agissait, à ce moment-là, d’un territoire convoité.  La conversion au christianisme de Négus, empereur d’Éthiopie, avait créé une alliance entre Byzance et son pays et c’est avec l’approbation byzantine que les Éthiopiens avaient pris possession de ce territoire fertile, au début du sixième siècle.  Avant leur chute aux mains d’un conquérant impitoyable, cependant, les habitants du Sud avaient ouvert au commerce les déserts du centre de l’Arabie en introduisant une certaine organisation dans la vie des Bédouins qui servaient de guides à leurs caravanes et en établissant des comptoirs dans les oasis.

Si le symbole de ce peuple sédentaire était le boswellia sacra (arbre produisant une résine par la suite transformée en encens), celui des zones arides était le dattier; d’un côté, un produit de luxe et de l’autre, un produit de nécessité.  Personne n’aurait considéré la région du Hejaz – où nul oiseau ne chante et nulle herbe ne pousse, selon un poète du Sud – comme une zone à convoiter.  Les tribus du Hejaz n’avaient jamais connu ni conquête ni oppression et n’avaient jamais été obligées d’appeler aucun homme « Monsieur ».

La pauvreté constituait pour eux une protection, même si eux-mêmes ne se considéraient pas comme pauvres.  Car pour se sentir pauvre, il faut envier le riche alors qu’eux, ils n’enviaient personne.  Leur richesse, c’était leur liberté, leur honneur, leur noble descendance et l’unique art qu’ils connaissaient, c’est-à-dire la poésie.  Tout ce qu’aujourd’hui nous appelons « culture » se résumait, chez eux, à cet art.  À travers leur poésie, ils louaient le courage et la liberté, honoraient leurs amis et raillaient leurs adversaires, exaltaient la bravoure des hommes de leur tribu et la beauté de leurs femmes.  Ils psalmodiaient leurs poèmes autour d’un feu ou dans l’infinie étendue du désert, sous un vaste ciel bleu, attestant de la grandeur de cette minuscule créature humaine voyageant interminablement à travers les espaces désertiques de la terre.

Pour les Bédouins, les mots étaient aussi puissants que l’épée.  Lorsque des tribus ennemies se rencontraient sur le champ de bataille, il était d’usage, pour chacune, de faire venir son meilleur poète, qui louait alors le courage et la noblesse des siens et couvrait de mépris l’ignoble ennemi.  Ces batailles, dont le point culminant était les combats entre champions rivaux, relevaient plus du sport d’honneur que de la guerre, au sens où nous l’entendons aujourd’hui; c’étaient des moments de tumulte, de vantardise et de déploiements qui faisaient beaucoup moins de victimes que les véritables guerres.  Un des deux groupes finissait par s’emparer du butin et jamais le vainqueur ne poussait trop loin son avantage, car cela allait à l’encontre du concept d’honneur qui se devait d’être respecté.  Lorsqu’un des deux groupes reconnaissait la défaite, on comptait les morts de chaque côté et les vainqueurs payaient le prix du sang aux vaincus, afin de conserver un certain équilibre entre les forces relatives de chaque tribu.  Le contraste entre cette façon de faire et les pratiques de guerre d’aujourd’hui est frappant.

La Mecque, cependant, était, et demeure encore aujourd’hui, une cité importante pour une toute autre raison.  Car elle abrite la Ka’aba, la première Maison jamais construite pour que les hommes puissent y adorer le seul et unique Dieu.  L’ancienne Ka’aba avait longtemps été le centre de cette petite société.  Plus de 1000 ans avant que Salomon ne fasse construire le temple de Jérusalem, son ancêtre, Abraham, aidé de son fils aîné Ismaël, avait érigé les murs de la Ka’aba sur d’anciennes fondations.  Un certain Qousayy, chef de la puissante tribu de Qouraysh, avait établi une colonie permanente à cet endroit; c’était la cité de la Mecque (ou Bakka, comme on l’appelait).  Non loin de la Ka’aba se trouvait le puits de Zam Zam dont les origines remontaient également à l’époque d’Abraham.  C’est ce puits qui avait sauvé la vie du petit Ismaël.  La Bible raconte :

« Dieu entendit la voix du garçon et l’ange de Dieu appela Agar du haut du ciel et lui dit: « Qu’as-tu, Agar? N’aie pas peur, car Dieu a entendu le garçon là où tu l’as laissé.  Lève-toi, relève le garçon et prends-le par la main, car je ferai de lui une grande nation. »  Dieu lui ouvrit les yeux, et elle aperçut un puits. Elle alla remplir d’eau son outre et donna à boire au garçon. Dieu fut avec lui. Il grandit et vécut dans le désert où il devint un habile chasseur à l’arc. »  (Genèse 21:17-20)

Et dans les Psaumes, on peut lire :

« Lorsqu’ils traversent la vallée de Baca , ils la transforment en un lieu plein de sources, et la pluie la couvre aussi de bénédictions. » (Psaumes 84:6)

Les circonstances et l’époque favorisèrent le développement de la Mecque en centre commercial majeur.  À cause des guerres entre la Perse et Byzance, les routes commerciales du Nord entre l’Est et l’Ouest avaient été fermées, tandis que l’influence et la prospérité de l’Arabie du Sud avaient été réduites à néant par les Éthiopiens.  Le fait d’être un lieu de pèlerinage augmenta encore le prestige de la Mecque et celui des gardiens de la Ka’aba, tous membres de Qouraysh.  Leur noblesse – due à leur descendance remontant à Abraham, par Ismaël – leurs richesses et leur autorité spirituelle suffisaient à leur faire croire que comparer leur splendeur à celle de tous les autres peuples de la terre revenait à comparer l’éclat du soleil au scintillement des étoiles.

Mais les siècles qui les séparaient des grands patriarches et prophètes, conjugués à leur isolement dans le désert de la péninsule contribuèrent à l’apparition de l’idolâtrie parmi eux.  Ils se mirent à invoquer de petites divinités afin qu’elles intercèdent auprès de Dieu en leur faveur, s’imaginant qu’elles avaient le pouvoir de Lui transmettre leurs prières.  Chaque région, chaque tribu et, en fait, chaque maison possédait sa petite « divinité » personnelle.  Trois cent soixante idoles furent installées à l’intérieur même de la Ka’aba – la maison bâtie par Abraham et son fils pour l’adoration exclusive de Dieu – et dans sa cour extérieure.  Non seulement les Arabes adoraient-ils les idoles sculptées dans la pierre, mais ils vénéraient également tout ce qu’ils considéraient comme surnaturel.  Ils croyaient que les anges étaient les filles de Dieu.  Ils menaient des vies de débauche où l’ivrognerie et les jeux d’argent étaient monnaie courante, et où l’infanticide féminin allait de soi, les filles nouvellement nées étant régulièrement enterrées vivantes.

Read Full Post »

« Je l’ai vu lors d’une nuit de pleine lune et il portait une tunique rouge. Je me mis ensuite, tour à tour, à le regarder et à regarder la lune et voilà que soudain, je le trouvai plus beau que la lune. » (at-Tirmidhi)

Voilà comment Jabir Ibn Samoura a décrit le dernier des prophètes, le chef des pieux, le prince des croyants, l’Élu du Tout Miséricordieux – Mohammed, le Messager de Dieu.

Son visage était agréable, de forme arrondie et de teint clair.  Ses cheveux recouvraient ses oreilles.  Sa barbe était noire et drue.  Lorsqu’il était content, son visage s’illuminait.  Il ne riait jamais aux éclats, mais souriait largement.  Ses yeux étaient de couleur sombre, il avait de longs cils, et il possédait des sourcils joliment courbés.  Lorsque Abdoullah ibn Salam, le grand rabbin de Médine, le vit pour la première fois, il déclara qu’un visage aussi noble ne pouvait être celui d’un menteur.

Il était de taille moyenne, ni grand ni petit.  Il marchait légèrement incliné vers l’avant.  Il portait des sandales de cuir brun et ses pantalons lui descendaient jusqu’à mi-mollet et parfois, juste au-dessus des chevilles.

Sur son dos, et plus précisément sur son omoplate gauche, se trouvait le « sceau de la prophétie ».  Il s’agissait d’une tache de la taille d’un œuf de pigeon, à l’intérieur de laquelle il y avait des points ressemblant à des grains de beauté.  On disait des paumes de ses mains qu’elles étaient plus douces que le brocart.

On détectait sa présence à distance à cause du doux parfum qu’il dégageait.  On disait que ses gouttes de sueur étaient semblables à des perles.  Il est même arrivé que certains de ses compagnons récoltent sa sueur pour la mélanger à leurs propres parfums, ce qui rendait ces derniers encore plus sublimes.

Selon la doctrine islamique, si une personne voit le Prophète en rêve et que cette vision correspond parfaitement à la description que l’on en fait, c’est qu’elle l’a réellement vu, car aucun diable ne peut revêtir son apparence.

Le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) était du genre silencieux et pouvait passer de longues périodes sans parler.

Lorsqu’il parlait, il ne disait que la vérité et ce, d’une voix agréable à entendre.  Il ne parlait pas rapidement comme font beaucoup de gens de nos jours; il s’exprimait de façon très claire, afin que les personnes présentes arrivent à bien mémoriser ses paroles.  On a rapporté que son discours était si clair que quiconque aurait voulu compter ses mots aurait pu le faire facilement.  Ses compagnons ont rapporté qu’il n’était ni vulgaire ni indécent dans son langage.  Jamais il ne maudissait les gens ni ne les injuriait.  Tout au plus les réprimandait-il en disant :

« Mais qu’est-ce qui se passe (avec telle ou telle personne)? » (Sahih Al-Boukhari)

Le défaut le plus détestable à ses yeux était le mensonge.  Parfois, il répétait deux ou trois fois ses paroles afin de s’assurer que les gens aient bien saisi.  Ses sermons étaient brefs et quand il les prononçait, ses yeux devenaient rouges, sa voix montait d’un cran et ses émotions transparaissaient sur son visage comme s’il était entrain de mettre les gens en garde contre une attaque imminente de l’ennemi.

Il menait une vie très simple, sans aucune extravagance, et il détestait le gaspillage.  La vie d’ici-bas ne l’intéressait guère et il s’en détournait constamment; il la considérait comme une prison et non comme un paradis.  S’il l’avait voulu, il aurait pu obtenir tout ce qu’il désirait, car les clefs des trésors de la terre lui avaient été présentées, mais il les avait refusées.  Il ne voulait pas échanger sa part dans l’au-delà contre le monde d’ici-bas, car il savait très bien que ce monde-ci est passager et qu’il ne s’agit nullement de notre séjour permanent.  Il le prenait donc pour ce qu’il valait : un nuage qui allait vite se disperser.

Et pourtant, Dieu affirme, dans le Coran, qu’Il l’a enrichi :

 « Ne t’a-t-Il pas enrichi alors que tu étais pauvre? » (Coran 93:8)

’Aisha, son épouse, a déclaré :

« Il arrivait qu’un mois entier s’écoule sans que le feu ne soit allumé dans les maisons de la famille de Mohammed.  (Les membres de sa famille) subsistaient sur deux aliments : les dattes et l’eau.  Certains de leurs voisins, à Médine, envoyaient [à Mohammed] du lait de brebis, dont il buvait un peu avant de donner le reste à sa famille. » (Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim)

Selon ‘Aisha, la famille de Mohammed n’a jamais mangé de pain de blé à satiété durant trois jours consécutifs, du moment où elle est arrivée à Médine jusqu’à la mort de Mohammed (c’est-à-dire durant une période de dix ans).

Mohammed avait l’habitude de se lever la nuit pour prier son Seigneur et Lui exprimer sa gratitude.  Il priait parfois si longtemps que ses pieds enflaient à force de rester debout.  Lorsque l’une de ses épouses lui demandait pourquoi il priait Dieu à ce point alors qu’il savait que Dieu lui avait pardonné tous ses péchés, il répondait :

« Ne devrais-je pas me comporter en serviteur reconnaissant envers son Seigneur? » (Sahih al-Boukhari, Sahih Mouslim)

’Omar, l’un de ses compagnons, se remémorant les jours entiers qu’il passait avec la faim au ventre, a rapporté que parfois, le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) n’avait pas même de dattes desséchées pour satisfaire sa faim.

Abdoullah ibn Mas’oud, un autre de ses compagnons, a raconté qu’une fois, alors que Mohammed venait de se lever de son lit, les marques de son matelas, fait de fibres de palmier, étaient restées imprimées sur sa peau.  Abdoullah dit :

« Pourquoi ne nous laisses-tu pas te préparer un matelas plus confortable qui ne te blesserait pas de la sorte? »

Il répondit :

« Qu’ai-je à faire de ce bas-monde?  Je n’y suis que comme un cavalier qui se met à l’ombre d’un arbre pour un court instant et qui, après s’être reposé, reprend son trajet en laissant l’arbre derrière lui. » (at-Tirmidhi)

Divers conquérants, dans les annales de l’histoire, sont connus pour avoir répandu des rivières de sang et accumulé des montagnes de cadavres.  Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui), était connu pour sa grande indulgence.  Jamais il ne s’est vengé d’une personne qui lui avait fait du tort et il n’a jamais levé la main sur personne, sauf en temps de guerre et sur un champ de bataille.  Son indulgence s’est clairement manifestée le jour où il est revenu à la Mecque en tant que conquérant, après huit années d’exil à Médine.

Ce jour-là, il a pardonné à tous ceux qui l’avaient persécuté et qui les avaient forcés, lui et sa famille, à s’exiler dans les  montagnes aux premiers temps de l’islam.  Il a pardonné à ceux qui l’avaient accusé d’être un lunatique, un poète, un possédé.  Il a pardonné à Abou Soufyan, un de ses ennemis les plus acharnés, qui avait ourdi un complot contre lui, l’avait persécuté jour et nuit, de même qu’à sa femme, Hind, qui avait mutilé le corps de l’oncle du Prophète et qui était allée jusqu’à manger un morceau de son foie.  En effet, cette dernière avait commandé l’assassinat de l’oncle du Prophète à un de ses esclaves, lui promettant sa liberté en retour; ce dernier tua l’oncle en question et Hind mutila son corps.  Plus tard, ces deux ennemis embrassèrent l’islam en apprenant que Mohammed était disposé à pardonner à tous ceux qui se tourneraient vers Dieu.  Qui d’autre qu’un véritable prophète de Dieu pouvait posséder un caractère aussi noble?

Il pardonna également à Habbar ibn Aswad.  Lorsque Zaynab, la fille du Prophète, avait entrepris sa migration de la Mecque à Médine, les Mecquois avaient tenté de l’en empêcher.  Habbar était l’un d’eux.  Il avait fait tomber Zaynab de son chameau alors qu’elle était enceinte, ce qui lui avait fait perdre l’enfant qu’elle portait.  Il s’était enfui en Iran, mais Dieu avait décidé de le guider vers l’islam.  Alors il revint, se fit recevoir par le Prophète, reconnut ses torts, prononça l’attestation de foi, et le Prophète lui pardonna.

Avec la permission de Dieu, Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a accompli des miracles.  Il a fendu la lune en deux en la pointant de son doigt.  Lors d’un voyage mystique connu sous le nom de Mi’raaj, il a voyagé en une seule nuit de la Mecque à Jérusalem, sur un mont appelé al-Bouraq, y a mené tous les prophètes en prière, puis est monté à travers les sept cieux pour aller rencontrer son Seigneur.  Il a guéri des malades et des aveugles, et  il a exorcisé des personnes possédées par des démons. 

Et pourtant, il demeuré le plus humble des hommes.  Il s’asseyait, mangeait et dormait sur le sol.  On rapporte qu’un étranger arrivant à une réunion à laquelle il était présent n’avait aucun moyen de le reconnaître car il se fondait humblement parmi les gens.  Anas, l’un de ses serviteurs, a juré que durant les neuf années où il a été à son service, le Prophète ne l’a jamais corrigé ni blâmé pour quoi que ce fut.  Ceux qui faisaient partie de son entourage disaient qu’il était si humble que même une fillette de cinq ans pouvait le prendre par la main et le mener là où elle le souhaitait.  Il côtoyait les faibles, parmi les musulmans, visitait les malades et assistait aux funérailles de ceux qui mouraient.  Il avait pour habitude de rester à l’arrière des caravanes pour aider les faibles et prier pour eux.  Il n’hésitait jamais à accompagner dans leurs tâches une veuve ou un pauvre jusqu’à ce que ces derniers n’aient plus besoin de lui.  Il répondait aux invitations faites par des esclaves, même si ce n’était que pour manger du pain d’orge avec eux.

Il était le meilleur des hommes avec ses épouses.  ‘Aisha, l’une d’elles, a décrit à quel point il était humble :

« À la maison, [le Prophète] s’occupait de diverses tâches et aidait les membres de sa famille.  Et lorsque venait l’heure de la prière, il faisait ses ablutions et quittait pour aller prier.  Il réparait ses sandales et rapiéçait ses vêtements.  C’était un homme ordinaire, qui trayait ses brebis et vaquait à ses tâches quotidiennes. » (Sahih al-Boukhari)

Il était le meilleur des hommes envers les membres de sa famille.  Il avait une personnalité attachante qui faisait en sorte que les gens étaient attirés vers lui.

Tel était le noble Prophète de Dieu, que nous devons aimer encore plus que notre propre personne, et au sujet duquel Dieu a dit :

« Vraiment, vous avez dans le Messager de Dieu un excellent exemple (à suivre). » (Coran 33:21)

Read Full Post »

Le prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) est né à la Mecque, en Arabie Saoudite, aux environs de l’an 570 de notre ère.  Il est un exemple à suivre pour toute l’humanité, car c’était un homme des plus remarquables et ce, dans tous les domaines d’activités.  C’était un prophète, un dirigeant, un philosophe, un orateur, un soldat, un mari, un ami, un père, un neveu et un grand-père.  C’était un homme d’amour, de patience, de courage, de sagesse, de générosité et d’intelligence, et il a inspiré des millions de personnes à travers le monde et à travers les siècles.

Dans le Coran, Dieu dit qu’il a été envoyé comme une miséricorde aux peuples du monde :

« Et Nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour l’univers. » (Coran 21:107)

Sa mission prophétique a débuté alors qu’il avait quarante ans, aux environs de l’an 610 de notre ère, et s’est poursuivie jusqu’en l’an 632.  L’humanité, qui suivait alors la voie de l’ignorance, a été guidée sur la voie de la vertu par la grâce de Dieu.

Peu de temps avant sa mort, et alors qu’il faisait le pèlerinage (Hajj) à la Mecque, le prophète Mohammed a prononcé un sermon qui allait par la suite être connu sous le nom de « dernier sermon du prophète ».  Ce dernier sermon n’était pas qu’un rappel destiné à ses fidèles, mais aussi un important avertissement.  Il confirmait également la fin de sa mission prophétique.

L’année 10 de l’Hégire (i.e. du calendrier musulman) est considérée comme une des plus importantes pour trois raisons.  Premièrement, c’est l’année où le Prophète a prononcé son dernier sermon au cours de son pèlerinage d’adieu, à la Mecque.  Deuxièmement, c’est l’année où de nombreuses délégations sont venues faire la paix avec les musulmans.  Troisièmement, il s’agit de l’âge d’or de l’islam, où de nombreuses personnes se sont converties en acceptant le message que le Prophète avait prêché.

Le prophète a entrepris son pèlerinage d’adieu en l’an 10 de l’Hégire.  Ce pèlerinage est un des événements historiques les plus marquants pour les musulmans, car il s’agissait à la fois de son premier et de son dernier pèlerinage.

Le prophète Mohammed a prononcé son dernier sermon au cours du Hajj de l’an 632, au neuvième jour du mois de dhoul hijjah, qui est le douzième mois du calendrier lunaire.  Il se tenait sur le mont Arafat, devant des milliers de musulmans.

Le dernier sermon

Après avoir loué et remercié Dieu, le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a déclaré :

« Ô peuple!  Écoutez-moi attentivement, car je ne sais pas si, après cette année-ci, je serai encore parmi vous. Écoutez, donc, ce que je vous dis avec beaucoup d’attention et transmettez ce message à ceux qui ne pouvaient être présents parmi nous aujourd’hui.

« Ô peuple!  Tout comme vous considérez ce mois, ce jour, cette cité comme sacrés, considérez aussi la vie et les biens de chaque musulman comme sacrés. Retournez à leurs légitimes propriétaires les biens qui vous ont été confiés. Ne blessez personne afin que personne ne puisse vous blesser. Souvenez-vous qu’en vérité, vous rencontrerez votre Seigneur et qu’effectivement, Il vous demandera compte de vos actes.  Dieu vous a défendu de pratiquer l’usure [de prendre ou payer de l’intérêt], donc tout intérêt non-payé sera maintenant annulé.  Votre capital, cependant, vous revient.  Vous n’infligerez ni d’endurerez aucune injustice.  Dieu a décidé de rendre l’intérêt illicite, et tout intérêt qui était dû à Abbas ibn Abd’al Mouttalib sera maintenant annulé.

« Méfiez-vous de Satan, pour le salut de votre religion. Il a perdu tout espoir de ne pouvoir jamais vous amener à commettre les grands péchés; attention, donc, à ne pas le suivre dans les péchés mineurs. 

« Ô peuple!  Il est vrai que vous avez certains droits à l’égard de vos femmes, mais elles aussi ont des droits sur vous.  Souvenez-vous que c’est par la permission de Dieu que vous les avez prises pour épouses et que c’est Dieu qui vous les a confiées.  Si elles respectent vos droits, alors à elles appartient le droit d’être nourries et habillées convenablement. Traitez donc bien vos femmes et soyez gentils envers elles, car elles sont vos partenaires et elles sont dévouées envers vous. Il est de votre droit qu’elles ne se lient pas d’amitié avec des gens que vous n’approuvez pas, et qu’elles ne commettent jamais l’adultère. 

« Ô peuple!  Écoutez-moi bien : adorez Dieu, faites vos cinq prières quotidiennes, jeûnez pendant le mois de Ramadan, et donnez votre richesse en zakat.  Accomplissez le Hajj si vous en avez les moyens.  Toute l’humanité descend d’Adam et Ève.  Un Arabe n’est point supérieur à un non-Arabe, et un non-Arabe n’est point supérieur à un Arabe; et les Blancs ne sont point supérieurs aux Noirs, de même que les Noirs ne sont point supérieurs aux Blancs.  Aucune personne n’est supérieure à une autre, si ce n’est en piété et en bonnes actions. Vous savez que chaque musulman est le frère de tous les autres musulmans.  Vous êtes tous égaux.  Vous n’avez aucun droit sur les biens appartenant à l’un de vos frères, à moins qu’on ne vous ait fait un don librement et de plein gré.  Par conséquent, ne soyez pas injustes les uns envers les autres.

« Souvenez-vous, un jour vous vous présenterez devant Dieu et répondrez de vos actes.  Prenez garde, donc, ne vous écartez pas du droit chemin après ma mort.  Ô peuple!  Aucun prophète ni messager ne viendra après moi, et aucune nouvelle religion ne naîtra. »

« Raisonnez bien, ô peuple, et comprenez bien les mots que je vous transmets. Je laisse derrière moi deux choses : le Coran et mon exemple, la Sounnah. Et si vous les suivez, jamais vous ne vous égarerez.

« Que tous ceux qui m’écoutent transmettent ce message à d’autres, et ceux-là à d’autres encore; et que les derniers puissent le comprendre mieux que ceux qui m’écoutent directement.  Sois témoin, ô Dieu, que j’ai transmis Ton message à Tes serviteurs. »

C’est ainsi que le Prophète termina son dernier sermon et, alors qu’il se tenait près du sommet de Arafat, le verset suivant lui fut révélé :

« … Aujourd’hui, J’ai parfait votre religion pour vous et J’ai accompli Mon bienfait sur vous.  Et J’ai choisi l’islam comme religion pour vous. » (Coran 5:3)

De nos jours encore, le dernier sermon du prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) est transmis à chaque musulman partout à travers le monde et par divers moyens de communication.  On le rappelle aux musulmans dans les mosquées et lors de conférences.  En fait, les différents messages que renferme ce sermon concernent certains des droits les plus importants de Dieu sur l’humanité, et des hommes les uns sur les autres.  Bien que le Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) ait quitté ce monde, ses paroles demeurent toujours bien vivantes dans nos cœurs.

Read Full Post »

Pureté de l’intention dans le domaine mondain

Comme les paroles du hadith dont nous avons discuté dans la première partie sont de portée générale, nous pouvons en retenir qu’une personne peut être également rétribuée pour ses actions quotidiennes, à la condition que son intention soit bonne et que l’action en question ne soit pas interdite par la religion.  L’islam encourage, et parfois même impose, au niveau de la vie de tous les jours, certains comportements ou manières qui ont pour effet d’offrir une meilleure vie, tant au niveau personnel qu’en société.  L’islam a établi diverses façons d’accomplir plusieurs de nos activités quotidiennes, que ce soit notre façon de dormir ou de manger.  Si une personne accomplit ses activités quotidiennes en conformité avec la législation de l’islam, elle en sera rétribuée.

Cet aspect de l’intention nous donne la possibilité de transformer toute notre vie en acte d’adoration, à la condition que notre objectif soit la recherche de la satisfaction de Dieu.  En effet, une personne peut transformer toutes ses actions quotidiennes en actes d’adoration en purifiant son intention et en recherchant de manière sincère, à travers ces actions, la seule et unique satisfaction de Dieu.  Le Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :

« Aider une personne à grimper sur sa monture ou à y installer ses effets est un acte de charité.  Une bonne parole est une charité.  Chaque pas que vous faites pour aller accomplir vos prières est une charité.  Retirer un obstacle du chemin est une charité. » (Sahih al-Boukhari)

Gagner sa vie est aussi une action qui peut être rétribuée par Dieu.  Une fois, les compagnons du Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) virent un homme dont l’ardeur et le zèle au travail forçaient l’admiration.  Ils dirent : « Si seulement il travaillait aussi fort pour la satisfaction de Dieu… ».  Le Prophète répondit :

« S’il travaille pour subvenir aux besoins de ses jeunes enfants, c’est pour la satisfaction de Dieu.  S’il travaille pour subvenir aux besoins de ses parents âgés, c’est pour la satisfaction de Dieu.  S’il travaille pour éviter l’oisiveté et les vices qui l’accompagnent, c’est pour la satisfaction de Dieu.  Si, cependant, il travaille par ostentation et pour se faire une réputation, alors il travaille pour Satan. » (al-Moudhiri, as-Souyouti)

Une personne peut être rétribuée même pour les gestes qui vont de soi, s’ils sont accompagnés de la bonne intention.  Le Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :

«  Lorsque l’un de vous a des rapports avec son épouse, c’est un acte de charité. » (Sahih Mouslim)

C’est également le cas d’actions quotidiennes comme manger, dormir et travailler, de même que des traits de bon caractère comme la franchise, l’honnêteté, la générosité, le courage et l’humilité.  Ces actions, si elles sont accompagnées de la bonne intention, se transforment en actes d’adoration et d’obéissance envers Dieu.

Pour que ces actions quotidiennes méritent une rétribution divine, elles doivent répondre aux conditions suivantes :

A.    Elles doivent être licites.  S’il s’agit d’actions interdites par Dieu, la personne qui les commet risque d’être châtiée.  Le Messager de Dieu a dit :

« Dieu est pur et bon, et Il n’accepte que ce qui est pur et bon. » (Sahih Mouslim)

B.    Ces actions doivent être conformes à la Loi islamique.  La tromperie, l’oppression et l’injustice ne doivent pas en faire partie.  Le Messager de Dieu a dit :

« Celui qui trompe [les autres] n’est pas des nôtres. »  (sahih Mouslim)

C.    Ces actions ne doivent pas empêcher la personne de remplir ses obligations religieuses.  Dieu dit, dans le Coran :

« Ô vous qui croyez!  Ne laissez pas vos biens et vos enfants vous distraire du rappel de Dieu.  Ceux qui s’en laissent distraire, ce sont eux les perdants. » (Coran 63:9)

Ces deux articles nous ont fait découvrir à quel point ce hadith est important, de même que son rôle dans le concept d’acceptabilité des actions et de leur rétribution par Dieu.  Ce hadith nous fait également comprendre que le concept d’adoration, en islam, ne se limite pas au fait d’accomplir certains actes rituels ordonnés par Dieu, mais englobe toute la vie du musulman, faisant ainsi de lui un véritable serviteur de Dieu.

Read Full Post »

Comme les paroles du hadith dont nous avons discuté dans la première partie sont de portée générale, nous pouvons en retenir qu’une personne peut être également rétribuée pour ses actions quotidiennes, à la condition que son intention soit bonne et que l’action en question ne soit pas interdite par la religion.  L’islam encourage, et parfois même impose, au niveau de la vie de tous les jours, certains comportements ou manières qui ont pour effet d’offrir une meilleure vie, tant au niveau personnel qu’en société.  L’islam a établi diverses façons d’accomplir plusieurs de nos activités quotidiennes, que ce soit notre façon de dormir ou de manger.  Si une personne accomplit ses activités quotidiennes en conformité avec la législation de l’islam, elle en sera rétribuée.

Cet aspect de l’intention nous donne la possibilité de transformer toute notre vie en acte d’adoration, à la condition que notre objectif soit la recherche de la satisfaction de Dieu.  En effet, une personne peut transformer toutes ses actions quotidiennes en actes d’adoration en purifiant son intention et en recherchant de manière sincère, à travers ces actions, la seule et unique satisfaction de Dieu.  Le Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :

« Aider une personne à grimper sur sa monture ou à y installer ses effets est un acte de charité.  Une bonne parole est une charité.  Chaque pas que vous faites pour aller accomplir vos prières est une charité.  Retirer un obstacle du chemin est une charité. » (Sahih al-Boukhari)

Gagner sa vie est aussi une action qui peut être rétribuée par Dieu.  Une fois, les compagnons du Prophète (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) virent un homme dont l’ardeur et le zèle au travail forçaient l’admiration.  Ils dirent : « Si seulement il travaillait aussi fort pour la satisfaction de Dieu… ».  Le Prophète répondit :

« S’il travaille pour subvenir aux besoins de ses jeunes enfants, c’est pour la satisfaction de Dieu.  S’il travaille pour subvenir aux besoins de ses parents âgés, c’est pour la satisfaction de Dieu.  S’il travaille pour éviter l’oisiveté et les vices qui l’accompagnent, c’est pour la satisfaction de Dieu.  Si, cependant, il travaille par ostentation et pour se faire une réputation, alors il travaille pour Satan. » (al-Moudhiri, as-Souyouti)

Une personne peut être rétribuée même pour les gestes qui vont de soi, s’ils sont accompagnés de la bonne intention.  Le Messager de Dieu (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :

«  Lorsque l’un de vous a des rapports avec son épouse, c’est un acte de charité. » (Sahih Mouslim)

C’est également le cas d’actions quotidiennes comme manger, dormir et travailler, de même que des traits de bon caractère comme la franchise, l’honnêteté, la générosité, le courage et l’humilité.  Ces actions, si elles sont accompagnées de la bonne intention, se transforment en actes d’adoration et d’obéissance envers Dieu.

Pour que ces actions quotidiennes méritent une rétribution divine, elles doivent répondre aux conditions suivantes :

A.    Elles doivent être licites.  S’il s’agit d’actions interdites par Dieu, la personne qui les commet risque d’être châtiée.  Le Messager de Dieu a dit :

« Dieu est pur et bon, et Il n’accepte que ce qui est pur et bon. » (Sahih Mouslim)

B.    Ces actions doivent être conformes à la Loi islamique.  La tromperie, l’oppression et l’injustice ne doivent pas en faire partie.  Le Messager de Dieu a dit :

« Celui qui trompe [les autres] n’est pas des nôtres. »  (sahih Mouslim)

C.    Ces actions ne doivent pas empêcher la personne de remplir ses obligations religieuses.  Dieu dit, dans le Coran :

« Ô vous qui croyez!  Ne laissez pas vos biens et vos enfants vous distraire du rappel de Dieu.  Ceux qui s’en laissent distraire, ce sont eux les perdants. » (Coran 63:9)

Ces deux articles nous ont fait découvrir à quel point ce hadith est important, de même que son rôle dans le concept d’acceptabilité des actions et de leur rétribution par Dieu.  Ce hadith nous fait également comprendre que le concept d’adoration, en islam, ne se limite pas au fait d’accomplir certains actes rituels ordonnés par Dieu, mais englobe toute la vie du musulman, faisant ainsi de lui un véritable serviteur de Dieu.

Read Full Post »

%d blogueurs aiment cette page :